Je ne suis qu’un voyageur de commerce
Voilà pas le troisième aller-retour de ma main sur ses reins que sa peau, jusqu’alors de Téflon™, vire à l’humus chaud, engluant ma paume, épaississant de la sorte nos pensées au point que ces dernières, peu à peu, cessent d’être respectives.
Y’a des filles, à peine tu les envisages au bout de ta bite, déjà il fait tropical dans leur chatte. Elle, je mets mes couilles à découper en julienne qu’elle a, à cet instant précis, le fri-fri sur le 23ème parallèle.
Dénudez-moi dix centimètres carrés de femme, pas trop euclidiens si possible, et aussitôt mes doigts s’attaquent au problème du voyageur de commerce. Vous le connaissez, le problème du voyageur de commerce ? Vous choisissez quelques villes sur une carte, puis il faut trouver le chemin le plus court qui vous ramène à votre ville de départ en passant une et une seule fois par chacune des autres villes. Depuis l’Antiquité, on ne l’a pas encore trouvé, l’algorithme qui permet à coup sûr de s’épargner le calcul de chaque solution possible.
C’est ça que j’aime, moi, cette idée que chaque essai est une solution possible et que tant qu’on n’a pas épuisé toutes les solutions possibles, le mystère reste entier. Cela ressemble à ce que je sais de la chair et des sentiments. Et sans conteste, oui, dix innombrables, dix incommensurables centimètres carrés de femme sont déjà territoire de mystère. Aussi, du bout des doigts s’il le faut, ou de mon corps tout entier, je teste des chemins sur ce vallon de corps dénudé.
Erotisme et mathématique procèdent d’une même foi en les effets tangibles de l’abstraction, tel est l’état de ma réflexion lorsque mon sexe se voit vêtir d’une cape de joue, d’un foulard de langue, d’un chapeau de palais, d’un pompon de luette. Paré pour une randonnée alpine.
Qui mieux qu’un voyageur de commerce sait combien le chemin est court entre les Alpes et les Tropiques ?

Il existe quelques solutions élégantes, avec des algorithmes de fourmis qui laissent quelques phéromones virtuelles sur leurs traces…
Les algorithmes de colonie de fourmi, les algorithmes génétiques et les algorithmes de réseaux neuronaux, pour ingénieux qu’ils soient dans l’approche d’une résolution du problème du voyageur de commerce n’en restent pas moins des métaheuristiques d’optimisation c’est à dire des approximations. Certes, ils produisent des résultats très proches de la meilleure solution et parfois même LA meilleure solution, mais n’éliment pas la possibilité qu’une solution meilleure existe et, pire, “ignorent” quand ils produisent la meilleure solution.
Le but en l’occurrence étant de ne pas m’épargner sur une peau de femme, sus à la stochastique itérative, vive la systématique explorative ;-)
Il est vrai que le problème, mais aussi la beauté, des phénomènes d’émergence sont que des règles simples font émerger des comportements pour le moins complexes. Je partage ta vision sur l’impossibilité de savoir si une solution est la meilleure, cependant je note que l’approche systémique est plutôt sympathique dans la baise ; les feedbacks régulent l’apprentissage. Aussi, je pense que l’on peut s’accorder à dire que dans ces moments, l’ensemble fait plus que les parties :)
Les Roms, qui s’y connaissent en chemins détournés, estiment que ce n’est pas la destination mais la route qui compte …
“un chapeau de palais” c’est joli excitant. alors qu’une “cape de joue”, je sais pas pourquoi, ça m’évoque une tête de veau. mystères de la langue française…
Jer> En effet, tout lèche-main mène arôme.
Zizi>De la langue française ou des associations mentales propres à Monsieur Zizi (dont je me réjouis au passage de connaître la nouvelle adresse… )
“Qui d’autre qu’un voyageur de commerce sait combien le chemin est court entre les Alpes et les Tropiques ?”
Tu veux qu’on te réponde “Toi. Bien entendu, toi.”
J’ai bon?
Le titre répond déjà à cette question.
Bien entendu.
Mais ceci dit, je vais reformuler pour ne laisser aucun doute : “Qui mieux” est encore plus direct.
En tout cas, t’es balèze avec les mots. ça, y a pas à contester là dessus. D’ailleurs, c’est dur pour mon petit cerveau de tout comprendre, faut que je relise… un de ces jours !