29 octobre 2007

pHiLo fait cours de Belgique - #1 Préhistoire et Antiquité

LA PRÉHISTOIRE DE LA BELGIQUE

Vous oublierez aussitôt après l’avoir lu qu’en plein milieu du Paléolithique Inférieur, soit un peu moins qu’il y a un million d’années, des silex taillés retrouvés dans la Montagne Saint-Pierre, à Haccourt près de de Liège, attestent l’existence des tout premiers Belges-des-cavernes. Si l’on s’en tient aux preuves archéologiques, ces branleurs mettront environs 400.000 ans pour descendre de la montagne et s’installer, désormais armés du feu, dans la charmante et pittoresque vallée de la Meuse.

Vers -250.000, déjà réactifs aux moindres soubresauts de la mode internationale, les Belges se neandertalisent. L’un des derniers gourous de cette longue vague néandertalienne sévissait encore il y a 30.000 ans ; il s’agissait d’un individu de sexe masculin, de corpulence moyenne et râblée, âgé de 23 ans, connu dans le milieu sous le nom de «L’Homme de Spy».

Après cela, le Neandertal devenant has been grave, c’est le Belgo-Sapiens qui tient désormais le haut du galet. Au Néolithique, on le retrouve en train de tailler du silex à Spiennes. L’archéologie nous enseigne qu’il exploita ce lieu dès -4000 et ce, pendant plus de 3000 ans, c’est dire si le Belge est opiniâtre quand il tient un bon filon. Entre temps, en -1750, un mardi vers 11 heures, pris d’un besoin urgent, inaugurant un nouvel âge, le Belge coule son premier bronze. Une sorte de méconium si vous voulez.

Mais laissons les selles à la fosse septique et venons en aux Celtes et à leurs faux celtiques (les serpettes - Tsss, faut tout vous expliquer, bande de serrés du pète) qui peuplent nos contrées vers -500 et dont les luttes intestines pousseront ce tout petit cloaque qu’est la Belgique à déjà se scinder en de nombreuses tribus. Vers 150 avant Jean-Casimir de Nazareth, une chiée de tribus se partagent le bousin. Parmi eux, vous vous souvenez sûrement des Eburons et des Ménapiens, mais il y en eut d’autres, tels les Nerviens, les Aduatiques, les Trévires ou les Morins.

OÙ LA BELGIQUE ENTRE DANS L’HISTOIRE
Ce que le Belge sait de plus glorieux sur lui-même, il prétend le tenir de la Guerre des Gaules, mais en vérité, fainéant et mal renseigné comme il est, il s’est contenté de le lire dans «Astérix chez les Belges». Or Astérix est un Français et chacun sait, sauf le Français, qu’il n’y a pas plus con qu’un Français pour parler d’un Belge. Ainsi, la phrase de Jules César prétendant que «De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves» est passablement mal interprétée.

Voici la citation exacte dans son contexte.

Horum omnium fortissimi sunt Belgae,
propterea quod a cultu atque humanitate Provinciae longissime absunt,
minimeque ad eos mercatores saepe commeant,
atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important ;
proximique sunt Germanis qui trans Rhenum incolunt,
quibuscum continenter bellum gerunt.

Les plus forts de tous [les peuples de la Gaule] sont les Belges,
parce qu’ils restent très éloignés de la culture et de la civilisation de la Province [Romaine],
et parce que les marchands viennent rarement chez eux,
et [donc] n’introduisent pas ce qui contribue à efféminer [=ramollir] le courage ;
[et enfin parce que] ils sont proches des Germains qui habitent au-delà du Rhin,
avec qui ils sont continuellement en guerre.

Ainsi, le Belge de Jules César est avant tout une brute épaisse, endurcie par son inculture et son habitude du combat. Quand on sait combien Jules César se plaisait à faire l’apologie du vaincu pour glorifier ses propres victoires, l’on se rend compte combien nous, Belges, partions avec un handicap dans la course à la culture et à la civilisation. C’est qu’il était perspicace, le Julos : aujourd’hui encore le Belge dispose d’un système d’enseignement parmi les plus médiocres (mais les plus syndiqués – vague héritage de l’habitude du combat–) d’Europe. Les Wallons, en particulier, constituent le peuple du monde qui maîtrise le moins bien sa langue maternelle. Il suffit d’assister à une réunion syndicale d’enseignants pour se rendre compte qu’il s’y trouve un nombre absolument stupéfiant de réels analphabètes, incapables de parler ou d’écrire sans fautes. Ce n’est pas pour rien que l’on trouve en Belgique les meilleurs grammairiens de la langue française (dont Grevisse et Goosse pour ne citer que les plus célèbres) : c’est parce que nous en avons vraiment besoin.

Si l’inconscient collectif des francophones de Belgique révèle autant de complaisance à l’égard de Jules César, c’est qu’il fut le premier, et hélas le dernier à nous laisser croire que la Belgique pouvait être la composante d’un tout grandiose, pérenne et homogène : la Gaule. Il ne faudra attendre qu’Auguste pour déjà voir la Belgique faire partie d’un plus petit tout, la Gallia Belgica, certes plus grande que la Belgique d’aujourd’hui, mais les siècles qui suivirent ne firent qu’accentuer la tendance au morcellement, si bien qu’un beau jour, il fallut recoller mille royaumes, duchés et autres principautés microscopiques pour parvenir à faire un pays qui ne serait rien plus que… minuscule.

* * *

A suivre : le Moyen-Âche, une fois !

Dans les prochains épisodes, vous apprendrez, dans le désordre,que :
- Après la chute de l’Empire, les Romains mettront plus de 1500 ans à revenir en nos contrées, profil bas cette fois, tellement bas qu’on les enverra chercher le charbon dans nos mines… ce dont ils se vengeront en inventant Claude Barzotti et les embouteillages de Fiat, klaxxon coincé en position «Le soleil bri-bri-brille», une fois tous les quatre ans à l’occasion de la coupe du monde de Coup-de-boule-comment-tu-parles-à-ma-sœur.
- La Belgique n’est ni la fille ni la petite sœur de la France, mais sa mère ! Oui, bande de troufions d’outre-Quiévrain, sa mère !
- La Belgique, plat pays, est le passage rêvé entre le nord et le sud de l’Europe, d’où sa grandeur et sa misère… sa raison d’être et de ne pas être à la fois.
- Et encore mille détails qui vous permettront de comprendre pourquoi moi, Belge affranchi de ma belgitude, je jouis comme vous respirez.



8 commentaires

  1. Commentaire de pHiLo fait cours de Belgique : Blogging The News :

    [...] Et vous allez en apprendre des choses ! [...]

  2. Commentaire de Brad-Pitt Deuchfalh :

    C’est marrant de parler de “les luttes intestines” après les “selles de la fosse septique” (sans C)

  3. Commentaire de toto (from Lugdunum ) :

    Une petite précision :
    Astérix est universel ; il est le symbole de la résistance à l’oppression.
    Il défend son territoire , ses coutumes, sa langue , et n’en se laisse pas compter.
    Astérix n’est pas Français pour autant , mais un homme libre.

  4. Commentaire de pHiLoGrApH :

    Brad-Pitt Deuchfalh> Quand il y a dans le même paragraphe
    -fosse septique (merci pour la correction)
    -serre pète
    -lutte intestine
    -cloaque
    -pousser
    -bousin
    -chiée
    peut-être n’est-ce pas un hasard… ;-)

    Toto (from Lugdunum )>J’oubliais en effet de préciser que les Français sont très, très, très, très premier degré ;-)

  5. Commentaire de J. :

    La montagne saint-Pierre et l’homme de Spy !
    N’oublie pas non plus les grottes de Han, le monde sauvage d’aywaille et Blegny mine, d’accord ?
    Et ce bon vieux Notger …

  6. Commentaire de toto (from Lugdunum ) :

    Philo…

    La guerre des Goals n’aura pas lieu et….
    “Il y aura de la langue de sanglier pour tout le monde ! ”

    http://www.mage.fst.uha.fr/asterix/belges/vanends.png

  7. Commentaire de Jer :

    Et Rahan, le surfeur peroxidé des Ages Farouches (http://www.rahan.org), avec son épluche-frites en tibia de mamouth, il était Wallon ou Flamand ?

    Un peuple capable de survivre un trimestre sans gouvernement est définitivement le plus brave d’Europe ! Tu as fini de me convaincre Philo,
    Et c’est pourquoi
    je voudrais…
    Je voudrais être belge
    (Musique: Nino Ferrer “Je voudrais être belge” 1966)

  8. Commentaire de amokryte :

    la belgique mère de la france ?
    bon ok, je dirai plus jamais que les français sont des fils de pute

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