Un point pour moi, balle au centre
Moi : Je veux plus que ton bien, je veux mieux que ton bonheur, je veux… ton extase orgasmique.
Elle : Tu veux me baiser, quoi.
Moi : Ne ramène pas tout au sexe, je te prie.
Moi : Je veux plus que ton bien, je veux mieux que ton bonheur, je veux… ton extase orgasmique.
Elle : Tu veux me baiser, quoi.
Moi : Ne ramène pas tout au sexe, je te prie.
Moi : Ça va faire combien de temps, qu’on se connaît… un mois ?
Elle : Oui, un mois.
Moi : Et en un mois, on a baisé combien de fois ? En arrondissant à 10 unités près, disons 10 fois ?
Elle : pHiLo, nous n’avons jamais baisé ensemble !
Moi : C’est ce que je dis : en arrondissant à 10 près, nous avons baisé 10 fois. Mais moi, je regarde le verre à moitié plein.
Elle : Il n’est pas à moitié plein, le verre, il est complètement vide. Et d’ailleurs, je ne bois jamais dans le verre des autres.
Moi : Ne dis pas…
Elle : Je te coupe : je dis « Fontaine » si je veux et je ne bois que du vin.
Fais risette à Pierre et Marie !
Moralité : Ris aux Curie !
C’est ma nouvelle drogue. Je me déguise en crétin aérodynamique et je vais faire pfiou-pfiou pendant 10 kilomètres autour de chez moi. J’ai la panoplie complète : des godasses que quand t’arrêtes de courir dedans elles font encore deux pas pour toi, des bandes réfléchissantes aux mollets pour ne pas me faire scrawer par les voitures sur les portions carrossables, une montre qui fait bip pour dire « Allez, hue ! » et bip-bip pour dire « Hélà, hôôô », un traceur GPS, et mon fidèle bigophone qui prend le relais de l’iPod lorsque ce dernier déclare forfait après un programme MixColor à 30° et deux heures de séchoir.
Y’a cette grande fille aux articulations en chewing-gum tiède qui me sonne parfois. Tu cours ce soir ? C’est toujours oui, je cours tous les soirs où elle sonne.
On s’est connus à cause de son chien qui a un problème d’ordre psychosexuel avec les joggeurs, genre il a dû se faire sodomiser par un lévrier quand il était tout chiot. La douzième fois qu’elle est venue le retirer d’entre mes guiboles en criant «Nooooooon ! Paaaaaas les lacets du monsieur !», elle m’a dit «Demain, je fermerai la barrière, c’est promis».
Le lendemain, à la place du clébard, il y avait elle. Aérodynamisée pour un parcours pfiou-pfiou.
Avant qu’elle m’emboîte le pas, on s’est fait la bise. C’était magique. J’avais la peau des joues glacée en surface, anesthésiée, mais dessous, ma chair était bouillante et réceptive, si bien que ce chaste contact me laissa la sensation de recevoir sur ma langue l’empreinte de ses lèvres.
Nous courûmes côte à côte, et bon sang que ce fut charmant. Les grandes filles aux articulations en chewing-gum tiède, c’est fabuleux, ça court tellement souple que ça décolle à peine du sol. Résultat : un cul exceptionnellement musculeux. Et ne vous attendez pas à ce que je justifie ce taste-fesse autrement que par l’équation suivante: le jogging force la concision des propos et le geste est moins dommageable pour le souffle que la parole.
Hier, tandis que nous empruntons le chemin des miradors, en contournant le grand gagnage où viennent paître les chevreuils de la région, elle évoque sa jeunesse et me désigne pas moins de 4 endroits où elle a perdu sa virginité, ce qui finit pas provoquer mon étonnement.
– Oh ! s’exclame-t-elle, à chaque fois que je fais l’amour avec un nouveau garçon, j’ai l’impression d’être déflorée.
– Si tu les choisis de calibre croissant, peut-être n’est-ce pas qu’une impression, dis-je.
Passent quelques pfiou-pfious contenus avant que son souffle parte en saccades puis en un inextinguible fou-rire. Et voilà que sous notre nez, le taillis égrène une horde de sangliers. Des gros, des petits, des noirs, des roux, des bossus, des froussards, des furax, des décidés, et même un qui ressemblait à mon prof de physique, des trotteurs, des sauteurs, des couçi-couça, des lisses, des rêches, des qui ont l’air de ne pouvoir dire que Grumpf, des snobs, des rigolos, des qui font comme les poissons quand ils sautent hors de l’eau, là, tout frétillants de partout avant de refaire un petit rond plus loin, des champions du monde de tout-droit-sans-regarder-ce-qui-se-passe-autour, des homosexuels refoulés, des caricatures de sangliers, des ectoplasmes de sangliers, des sangliers-gare, des sangliers, quoi, tout plein, relançant chacun les rires de plus belle et laissant au final, dans l’air bleu de l’entre chien et loup, un délicieux parfum de fauve. De sauvagerie. De sexe. D’amour.
Il y eut cet instant fugace, quand nous reprîmes nos esprits, où nous nous trouvâmes comme deux amants qui se relèvent de leurs premiers ébats. Il faut même parfois beaucoup et rudement copuler pour gagner cet instant, cette complicité de la rentrée dans l’atmosphère.
Un jour, il ne serait que justice que je paie pour cet immonde privilège qu’est ma vie, qu’est mon bonheur. Pensez donc, une fille sublime s’offre à me suivre et voilà que me tombe entre les mains la clef pour lui faire rire des sangliers !