Archive du mois de septembre 2008

22 septembre 2008

Je ne suis qu’un voyageur de commerce

Voilà pas le troisième aller-retour de ma main sur ses reins que sa peau, jusqu’alors de Téflon™, vire à l’humus chaud, engluant ma paume, épaississant de la sorte nos pensées au point que ces dernières, peu à peu, cessent d’être respectives.

Y’a des filles, à peine tu les envisages au bout de ta bite, déjà il fait tropical dans leur chatte. Elle, je mets mes couilles à découper en julienne qu’elle a, à cet instant précis, le fri-fri sur le 23ème parallèle.

Dénudez-moi dix centimètres carrés de femme, pas trop euclidiens si possible, et aussitôt mes doigts s’attaquent au problème du voyageur de commerce. Vous le connaissez, le problème du voyageur de commerce ? Vous choisissez quelques villes sur une carte, puis il faut trouver le chemin le plus court qui vous ramène à votre ville de départ en passant une et une seule fois par chacune des autres villes. Depuis l’Antiquité, on ne l’a pas encore trouvé, l’algorithme qui permet à coup sûr de s’épargner le calcul de chaque solution possible.

C’est ça que j’aime, moi, cette idée que chaque essai est une solution possible et que tant qu’on n’a pas épuisé toutes les solutions possibles, le mystère reste entier. Cela ressemble à ce que je sais de la chair et des sentiments. Et sans conteste, oui, dix innombrables, dix incommensurables centimètres carrés de femme sont déjà territoire de mystère. Aussi, du bout des doigts s’il le faut, ou de mon corps tout entier, je teste des chemins sur ce vallon de corps dénudé.

Erotisme et mathématique procèdent d’une même foi en les effets tangibles de l’abstraction, tel est l’état de ma réflexion lorsque mon sexe se voit vêtir d’une cape de joue, d’un foulard de langue, d’un chapeau de palais, d’un pompon de luette. Paré pour une randonnée alpine.

Qui mieux qu’un voyageur de commerce sait combien le chemin est court entre les Alpes et les Tropiques ?

12 septembre 2008

Office Suite

Mon petit bureau mezzaniné de chez moi, puis mon bureau fraîchement déménagé d’à mon boulot, à la demande de Christian Mistral, qui tenait la chtouille de Patrick Dion. L’est d’usage qu’on refile la chose à 5 personnes, mais pour forcer personne, je ne contamine que sur demande : solex[àt]H0TMAlL[p0int]com

11 septembre 2008

Nœud-pap’ est mort, vil nœud-pap’

Frictionnez une ouvrière à miel, il en vient des bulles. Faites pareil avec Mlle Anderson : nada.

Moralité : Abeille mousse. Pas Pam.

7 septembre 2008

Course avec le temps

7 septembre 2008

Arrêter…

Je n’ai jamais cherché que l’ivresse.

J’ai aimé, j’aime et j’aimerai pour l’ivresse qui toujours me gagne d’aimer. Et pour la même raison, je conjugue aux mêmes temps le sexe.

Mais la paradoxale solitude dont j’ai toujours eu besoin, je l’ai mêlée, vingt années durant, en vapeurs de cannabis, à l’air que je respirais. Je fus un banal fumeur de joints, comme tout le monde, à courser les hauteurs de l’esprit du plus profond des divans qui s’offraient à mon quotidien. Je finis au fil des ans par devenir un fumeur d’exception, dosant d’une précision alchimique les accès à ce qui était devenu désormais mon état second : la lucidité. Et croyez bien que je n’abusai point d’elle.

Pour le cannabis, j’arrêtai la cigarette. Pour le cannabis, j’arrêtai le sport. Pour le cannabis, je pris des risques aux douanes, au travail, en famille, en amitié.

Il n’y eut que la boxe, récemment donc, pour initier l’inversion de mon réacteur à THC. A force de progrès, je m’affrontai à des colosses de plus en plus exigeants côté souffle et qui, à leur insu autant qu’au mien, libérèrent les germes d’une raisonnable abstinence. Y’avait en effet eu ce match chez les dingos, à Lisbonne. Je m’étais dit «pas fumer avant».

Bon, j’avais quand même fumé avant, mais je m’étais vraiment dit qu’il valait mieux ne pas le faire. Oui, c’est bien là que ça a commencé.

Après, ça a été comme un engrenage, j’ai rien vu venir. C’est insidieux, vous savez. Vous vous dites : non, je ne vais pas finir comme tout le monde, je vais pas flancher. Et bien si, j’ai été complètement dépassé : j’ai arrêté. Ar-rê-té ! Dù bïst cömprêhèndó ou bien ñëcêsïtàyùskí pàntömîmó ? Aujourd’hui, cela fait très exactement un an et une semaine que je ne fume plus.

M’auriez vu les matins, à l’époque où. Le temps de me désennocturner, de baiser un coup la fille qui était à côté de moi, de prendre une douche, de me laver les dents, hop ! c’était incontrôlable : je fumais mon p’tit pécot truffé. Et ben là, c’est tout aussi incontrôlable : pile là où je fumais, eh ben je fume plus. Finie ma petite fumette matinale, finie ma petite fumette mid-matinale, finie ma petite fumette post-matinale… Et pareil jusqu’au soir, pour recommencer de même le lendemain. Je ne fume plus. D’ailleurs, je ne fume tellement plus que je ne fume pas.

Tout cela pourrait être une belle histoire, mais je dois être honnête avec vous. On m’avait prévenu. Y’avait un risque énorme de passer d’une addiction à une autre. Au moment d’arrêter de fumer, je me suis donné comme jamais à la boxe et à la muscu… je m’étais même mis à la natation, pour ne pas succomber à de nouvelles tentations.

C’était trop beau.

Savez pas ce qui m’est tombé dessus ?

D’vinez pas ?

Putain, je cours à présent. Je cours. Je veux dire, maintenant, je me lève pré-désennocturné, je baise un coup la fille qui est à côté de moi. Je prends pas ma douche, je rebaise encore un coup la fille qui est à côté de moi, des fois qu’elle ait pas bien fait la différence entre son rêve et le premier coup, je me lave les dents et… je m’en vais courir.

Alors je cours comme un con. J’ai mon petit short. J’ai mes petites chaussures. J’ai mon petit singlet. Et je cours. Je fais Hmpfff avec mon nez, je fais Pfiouuuuuu avec ma bouche pendant qu’avec mes pieds, je fais chouip-chop-chouip-chop-chouip-chop à travers la campagne… Je crois qu’on peut pas mieux dire ce que c’est courir. Je sais c’est con.

Le résultat, c’est que plus rien ne m’essouffle que courir.

Mon truc, c’est ça : je vais tout droit. Quand ça fait mal ici, je continue. Quand ça tire là, je continue. Quand ça commence à chauffer dans les poumons, je continue. Et quand ma gorge est prise par la lave, tel un vagin tuméfié par une compétition de décoïtlhon, j’accélère jusqu’à essorer mes muscles de leurs derniers joules. Alors enfin, je fais demi-tour, et c’est là que courir commence, qui jusqu’à ce point n’était que… continuer. Courir, c’est quand tu prends le courant de ton cerveau pour faire aller tes pieds.

Je ne voudrais pas jouer les revenus de tout, car mon but dans la vie est justement de me perdre, aussi ne tenterai-je pas de vous dire laquelle, du cannabis ou de la course, est l’ivresse la plus appétissante. Ce que je sais pour moi, c’est que celle du cannabis, j’ai fait le tour de tous ses plaisirs. Elle m’est devenue un peu fade.

Je vous souhaite de toujours trouver les drogues qui enivrent et embellissent votre vie.

P.S. : Et le premier qui me parle de se laver les dents avant de baiser un coup est une chiffe molle : la minette au dentifrice, les mousmées, z’aiment pas ça.