La fille insère dans chacune de ses oreilles une petite dragée blanche et, d’un pouce qui tourne aussi scientifiquement que le mien lorsque je me branle à travers mes poches, sélectionne l’ambiance musicale qui allégera son inertie pour la séance à venir. Pîîîp, c’est parti, la voilà qui se déhanche à rythme soutenu sur son escalier à rester au rez.
Face à elle, en état de transparence maximale, je mange mes 10 kilomètres de ski de fond sur poudreuse magnétique, position 8.
Dans une salle de sport, le grand effort permet cela, la transparence. Faites-vous suer pour du vrai, avec engagement et conviction, et plus aucune fille ne s’offusque des regards que vous posez sur elle. Pourtant, croyez-moi, les souris qui s’en viennent crâmer indoor leurs éternels et fantasmatiques 3 kilos en trop, elles ont la peau sensible au moindre cillement dirigé vers elles.
Je ne manque donc rien de son cou qui se tend, de ses épaules qui se creusent de fins sillons, de ses seins qui prennent fièrement la houle, de sa bouche qui appelle, qui appelle… appelle-t-elle mes baisers ?… non, rien que de l’air, beaucoup d’air. Et mes yeux ne se détournent d’elle que pour mieux la retourner : les murs sont tapis de miroirs, me donnant à voir le meilleur d’elle-même.
J’entends par-dessus mon souffle ce petit roquet mal battu de Raphaël. Je me demande, petit a, comment il est possible d’avoir à la fois un aussi joli petit cul et d’aussi pathétiques goût musicaux, petit b, comment il est possible d’avoir à la fois un aussi joli petit cul et l’envie de le faire fondre.
Car oui, les steps, pour les filles, cela veut dire fonte des fesses.
Aussi, n’attends-je point le dégel : avant que nos cœurs ne trouvent le repos, je m’affaire dans le jacuzzi à lui placer une demi-livre excédentaire, bien réelle cette fois, dans son si joli petit cul.