Archive du mois de février 2008

25 février 2008

Interview sexe : Lucie

Une belle journée. Premier lâcher de filles aux terrasses, certes en collants, mais déjà en jupes. J’opte pour la transparence, de son coté et du mien. Pas de longue négociation : j’aime les femmes qui savent que causer cul est la meilleure manière de faire connaissance sans arrière-pensée. Le surnom, qu’elle m’a demandé de choisir, ce sera «Lucie», rapport au soleil qui fit que nous dûmes nous pencher l’un vers l’autre en parlant afin de trouver une ombre, un abri pour nos yeux.

Tu es partie au ski cette année ?
Oui, ça se voit tant que ça ?

Un tout petit peu, il reste un contraste entre les yeux et tes joues.
A la montagne, ça vient vite mais plus on bronze vite, moins ça dure.

Et dis-moi, tu es partie avec ton homme ?
Oui.

Des enfants ?
[…]

Comment ça se passe en fin de pipe : tu sens qu’il va venir ou c’est lui qui prévient ?
Oui, il prévient.

Et ?
Je dois ajouter quelque chose ?

Et… dans la bouche ou sur son ventre ?
Ça dépend…

Ça, c’est un «ça dépend» à 99 fois sur son ventre pour une fois dans ta bouche… Y’a pas de honte, tu sais.
Mais non, mais ça dépend.

Ça dépend de quoi alors ?
Ben, c’est pas à chaque fois, quoi. Dans la bouche, c’est pour montrer plus d’amour.

Plus d’amour, c’est quand ? Les anniversaires, la St-Valentin ?
Ouais, par exemple.

Aussi quand il t’emmène au resto, quand il te sort en boîte ?
Resto, oui, en boîte, j’arrive pas à le sortir.

Un pépé foot-téloche ?
Non, lui c’est les poissons.

Noooooon ! Un aquariophile !
Quoi, toi aussi ?

Ah, non, pas du tout, mais si y’a bien un truc que j’imagine pas c’est une femme sexy qui fait jouir un aquariophile dans sa bouche !
Ah bon ? Quoi, pourquoi ?

Je n’ai jamais vu des demi-aquariophiles. Note, j’en rencontre pas tous les jours, mais c’est comme ça que je les vois, genre si t’es mordu poissons, t’es mordu complètement. Comme les mecs qui tunent leur bagnole. Tu manges tuning, tu dors tuning, tu rêves tuning, tu t’endettes tuning, et tu baises pas du tout parce que la baise c’est pas tuning.
Ben non, lui c’est pas à ce point-là…

Y’a combien de poissons chez toi ?
Oufti, j’sais pas. Des adultes y’en a, j’sais pas. Quelques centaines, je dirais.

Des centaines ? Mais attends, c’est énorme ! Des centaines de gros poissons ? Mais t’as combien d’aquariums ?
Haha, une dizaine.

Une dizaine ?!? Et donc, vous faites de l’élevage aussi, alors…
Pas moi, lui. Mais t’as pas le choix, t’as jamais des poissons sans qu’ils se reproduisent, alors faut bien que ça rapporte un peu. Il a des bacs et des lumières pour les alvins et des fois, il regagne pas mal d’argent avec ça.

Il pourrait en vivre ?
Non, mais s’il y avait une ou deux pièces en plus chez nous, il pourrait équilibrer, que ça rapporte autant que ça coûte.

Et vous baisez quand même souvent ?
Ben on a une vie… comment dire… tu sais, y’a les enfants, y’a […]

En gros, vous baisez pas souvent, c’est ça ?
Attends, non, mais je veux dire, y’a pas que ça dans la vie.

Non, mais de ça, y’en a assez dans la vie ?
Ça fait 8 ans qu’on est ensemble. Pour des gens qui sont ensemble depuis huit ans, je crois que oui, y’en a assez. En tout cas y’en a ce qu’il me faut.

Si je peux me permettre, et je veux surtout pas porter un jugement de valeur, mais là, t’as pas l’air convaincue toi-même…
Ah si, non, c’est vrai. Si tu penses que je suis en manque, tu te trompes. Pas du tout.

Pas en manque ?
Pas du tout.

Mais un peu plus, tu pourrais… non ?
Y’a des fois, c’est plus, et je n’ai rien contre. Et puis des fois, c’est moins et c’est normal.

T’es plutôt pour qu’il y en ait un peu plus ou plutôt un peu moins ?
Plus il y en a, mieux c’est mais je te dis, ça fait quand même un moment qu’on est ensemble…

Tu as déjà eu des écarts en huit ans ?
Hihi.

Quoi, tant que ça ?
Non, justement. Une fois, mais je ne referai plus jamais ça de ma vie.

Pourquoi ?
Un de ces tucs !

Quoi, un bon coup ?
Non, c’est pas ce que je veux dire. C’était dans ma tête, je ne suis vraiment pas faite pour ça.

Genre ?
Ben, c’est con, mais le jour où c’est arrivé, enfin après que ça soit arrivé, et bien j’ai fait un eczéma épouvantable, j’avais le visage complètement pris. Ça me démangeait de partout. Toute rouge et toute gonflée, j’étais.

Merde !
Tu l’as dit ! J’en avais sur tout le visage et sur les bras, t’imagines ? Comme si ça n’avait pas pu se mettre ailleurs, je sais pas, dans le dos ou sur les jambes…

Et ton homme, il s’en est aperçu ?
Ben oui évidemment. En plus, plutôt que de me demander «Qu’est-ce que tu as ?», il me demande « Qu’est-ce que tu as fait ?».

Et t’as dit quoi ?
Oufti, je te prie de croire que j’étais mal, hein. J’étais en piteux état, j’avais l’impression qu’il allait tout découvrir et me laisser tomber [...]

Au final, il a su ce qui s’était passé ?
Non, mais moi je le savais. Pendant des jours, j’ai pas dormi.

Et l’autre, tu l’as revu ?
Ben oui, c’est un collègue à moi, je le vois tous les jours.

Je veux dire, vous n’avez jamais remis le couvert ?
Ah, non, ça… Faut dire, on ne l’avait pas vraiment mis non plus…

L’a pas pu ?
Comme tu dis. Rien, rien, rien.

Tu l’as mal pris ?
Mal pris, c’est pas ça. Je savais déjà avant de commencer que je ne ferais sûrement jamais ça qu’une fois dans ma vie. J’espérais au moins que ce serait… un super bon coup, pour dire vulgairement. C’était le seul mec vrai sur lequel j’ai jamais fantasmé.

Et le grand jour, paf, plus rien…
Non, moi il m’excitait, mais c’est moi, je ne sais pas, je devais pas être son genre. Je suppose qu’il a dû avoir plein de filles super top et que je n’étais pas assez top pour lui… Mais de toute façon, c’est un con !

Aïe ! Un con… con ?
Ben oui. Tu vois, moi, il savait bien que j’étais pas du genre à me faire sauter dans tous les placards, il savait bien que c’était la première fois pour moi, il aurait pu quand même… je sais pas moi…

S’occuper de toi ?
Ben oui, au lieu de s’apitoyer sur lui qui bandait pas. C’est quand même pas la seule chose qu’on peut faire quand on est à deux dans un lit, non ? Et ben au lieu de se montrer un peu imaginatif, non, il fallait que la terre entière fasse une minute de silence parce qu’il pouvait pas. Je te jure, ça, j’ai jamais vu un con pareil.

Pourquoi tu lui as pas dit ?
Ben, il m’a fallu le temps pour m’en rendre compte.

De quoi ?
Ben que c’était un con.

Non, je voulais dire : pourquoi tu ne lui as pas dit que tu voulais quand même faire autre chose que pan-pan avec lui au lit ?
Tu rigoles ? Je lui ai dit, je me collais à lui, d’ailleurs j’ai presque joui, plusieurs fois, mais il me repoussait. Je te jure, il voulait que ce soit sa bite et rien d’autre. Ça, je lui en ai voulu.

Comment as-tu presque joui ?
En me masturbant contre lui.

A la main ?
Non, avec sa cuisse.

Lambada couchée…
Oui, hihi, la lambada couchée.

L’avait de belles cuisses ?
J’en sais rien, mais c’est tout ce qu’il avait de dur en tout cas, haha !

Et il t’a vue avec les boutons ?
Avec l’eczéma ? Oui. C’était pas sous forme de boutons, c’étaient des rougeurs.

Il a dû se dire qu’il l’avait échappé belle…
Pourquoi ?

Il a dû se dire que t’avais une grosse maladie vénérienne bien purulente…
Non, je lui ai dit que c’était de l’eczéma.

Qu’est-ce qu’il a dit ?
Ben, il s’apitoyait encore sur lui. Je te dis, il ne pensait qu’à ses petites misères, gros égoïste. D’ailleurs je lui ai présenté la chose pour qu’il s’imagine que c’était à cause de lui que j’avais ça.

Un eczéma de frustration ? Ça a marché ?
Je ne sais pas, de toute façon, j’étais plus très chaude pour faire de longues explications avec lui.

Et finalement, c’était pas un peu ça, un eczéma de frustration, non ?
Non, c’était mon sentiment de culpabilité, ça j’en suis sûre. Trop, trop de stress, je m’en voulais à mort.

Une sorte d’auto-contrainte à la fiidélité…
Oui. Sur ce coup-là, tous les éléments s’étaient donné le mot contre moi.

Haha. Bon, changement de sujet. Tu prends plus la bite dans le cul que le sperme dans la bouche ?
Alors ça, c’est pas terrible comme question… «Tu en prends plus dans le cul qu’au fond des amygdales ?». Et toi, tu… hm-hm dans le cul ?

Autant que possible, mais y’a un truc chez les filles, elles oublient souvent que les mecs ont un trou de cul et que le plaisir passe par là aussi.
Tu vas aussi avec les mecs, toi ?

Rien à voir ! Le plaisir, c’est le plaisir. Un bon doigt dans le cul pendant une pipe, c’est hors classement. Après, pédé ou pas, c’est autre chose.
Mais tu es aussi pédé ?

Non. Mais toi, t’as déjà mis le doigt dans le cul de ton mec ?
Non, mais je lui ai déjà fait un truc avec la langue, à cet endroit-là…

Il aimait ?
Pffff, non, pas du tout, j’ai eu l’impression que ça lui aurait fait le même effet si je l’avais mordu. Dès qu’il a senti que ça s’approchait, il s’est complètement crispé pour m’empêcher.

Et toi, tu aimais le lécher là ?
J’ai fait ça pour voir, par curiosité.

Il était propre-nickel ?
Oui, je crois. Il est propre en général.

Et lui, il te fait ça ?
Là ? Non, jamais.

Ça ne te manque pas ?
Faudrait qu’on me l’ait déjà fait pour que ça me manque.

On t’a jamais fait ça ?
Non.

Y’a d’autres choses qu’on ne t’a jamais faites ?
Non. A part les trucs de malades…

Et dans les classiques ?
Non, je crois que j’ai fini mon rodage de partout.

Déjà baisé dehors ?
Oui.

Devant du monde ?
Non. Ça, déjà, pour moi, ça commence à être les trucs de malades.

Dans des endroits publics ?
Non, ou alors dans la voiture, mais bien cachés.

Dans un ascenseur ?
Non.

Sur la plage ?
Oui.

Dans un grand magasin ?
Non.

Tu aimes la levrette ?
Oui.

Tu as un gode ?
Oui, mais je n’ai jamais changé les piles depuis la première fois. C’est pas mon truc, j’aime bien que ce soit chaud.

Déjà baisé dans un bain ?
Oui.

Dans un jacuzzi ?
Non. J’ai même jamais mis les pieds dans un jacuzzi.

Des positions debout ?
Oui.

Des positions la tête en bas ?
Quoi, levrette et trucs comme ça ?

Non, la tête vraiment en bas…
Debout, très penchée alors ?

Non, même pas avec les pieds par terre.
Quoi, sur les mains ?

Oui, par exemple, ou sur la tête.
Attends sur la tête ? Où tu vas ? Y’a des positions sur la tête ?

Ben oui.
Non, faut que tu m’expliques alors, parce que j’ai pas encore eu souvent l’occasion de faire l’amour avec un trapéziste, moi, haha… Quoi, c’est comme les mecs qui dansent du hip-hop, en tournant sur la tête ? Y’en a qui arrivent à baiser comme ça ? Hihi. Non, allez, c’est comment, je ne vois même pas…

Ben y’a plusieurs positions, mais le but, c’est le plus souvent d’arriver à faire un 69 vertical. Le plus simple c’est avec le matelas par terre, ton mec qui se met en chandelle contre un mur…
…la chandelle… quoi, en trépied ?

Oui, en trépied. Comme si il faisait le poirier contre un mur, mais en restant en équilibre sur sa tête et sur ses mains. Le mieux, c’est même de mettre les coudes au sol, comme ça c’est plus stable. Dès qu’il est en position, tu te mets comme ceci, à genoux, le bassin bien bas, comme ça toi tu peux le sucer et lui il peut te lécher aussi.
Comment il pleut me lécher ? [elle mime la position de l’homme]

Ah oui, s’il reste comme ça [face contre le sol], y’a pas moyen, mais si il tient bien en équilibre comme ça [sur ses coudes et ses avant-bras], no problemo pour faire une minette.
C’est juste pour faire de l’acrobatie quoi !

Non, parce que avec le sang qui monte à la tête, ça fait un sacré bon effet quand on jouit.
Mais t’es malade, toi !

Haha, t’as qu’à essayer. C’est pareil pour toi, la position marche aussi si c’est toi qui fais le trépied.
Dos au mur, hein, c’est ça ?

Ben oui, sauf si tu comptes lécher le mur, haha.
Et t’en as d’autres, comme ça ?

Ben pareil mais en faisant le poirier complètement. Là c’est plus physique, j’ai jamais tenu jusqu’au bout. Par contre, si c’est la fille qui fait le poirier, on peut carrément la soulever et la maintenir en l’air par les épaules.
Comme ça, retournée ?

Oui.
Mais elle risque de basculer…Et elle a que ta bite à morde pour se retenir…

Haha, non parce que tu la coinces quand même contre le mur.
Le mec, il doit être balèze.

Je ne voudrais pas me vanter, mais je ne te le fais pas dire, haha.
Haha… Tu sais le faire, toi ? Tu vas pas me dire non, je parie.

En effet.
Je m’en doutais.

Bon. Mais attends, le mieux, c’est avec une barre fixe.
«Oh tiens oui, justement, une position pour tous ceux et celles qui ont une barre fixe à la maison», hahaha…

Je te jure que ça vaut le coup. Faut que la barre soit assez haute. Tu te mets… ben… en position trapéziste, justement, tu vois ? Tu te suspends comme ça, par les genoux, tête en bas et tu as les mains libres pour agripper les fesses de ton homme…
Et le sang qui monte à la tête, ça te fait rien ?

Mais si justement, c’est ça qui est bon. C’est comme quand on t’étrangle un peu quand tu baises, tu sens tout de manière plus intense.
Ah ? Ben… euh… je ne sais pas, je ne me suis jamais fait étrangler.

Tu ne retiens jamais ta respiration, juste avant de jouir ?
La retenir, oui, mais pas me faire étrangler.

D’accord, mais c’est le même principe, se désoxygéner le cerveau pour jouir plus fort. L’étranglement, c’est juste un peu plus radical, mais c’est la même chose. Ben la tête en bas, c’est entre la respiration que tu retiens et l’étranglement.
Moi je croyais que c’était pour le côté acrobatique.

Oui, aussi, mais pas que.
Ben, on en apprend tous le jours…

Oh, j’y repense, tu as dis tantôt que le mec avec qui tu avais… enfin avec qui tu n’avais justement pas… enfin bref, Monsieur eczéma, que c’était… je ne sais plus comment tu as dit… c’est le seul mec sur lequel tu avais fantasmé ?!?
Non, c’est pas le seul, mais c’est le seul accessible ? Sinon, c’est plutôt… enfin, comme tout le monde, quoi, des célébrités.

Le number one, c’est qui ?
Oh, Romain Duris. Lui, c’est… Hmmmmm, le rêve. Il est beau comme un dieu.

Je suppose que tu sais qu’il est tout petit…
Tout petit ? Mais non, il est pas tout petit.

Ah si, il est tout petit, mais vraiment ! On ne le sait pas beaucoup mais en vrai, il est tout petit.
Alllllllez, non ! J’ai jamais remarqué. Meeeerde ! Mais noooon, tu dis ça pour rire.

Pas du tout, il est tellement petit qu’au cinéma, on le fait jouer debout sur des caisses pour qu’il soit cadré à la même hauteur que les filles. Comme l’acteur américain, là, de l’Eglise de scientologie.
Tom Cruise ? Merde alors, ça je ne savais pas.

Et bien si. D’ailleurs c’est des caisses beaucoup plus larges pour Romain Duris, parce qu’il a un pied bot. Et aussi il a une maladie d’estomac super rare qui lui donne une haleine de marcassin même quand il vient de se brosser les dents.
Quel cooooooon, j’ai failli y croire, t’es vraiment con. Mon Romain Duris. Ça, ça m’aurait étonné qu’il soit tout petit. Imbécile, va !

Bon, allez, dis-moi un truc de cul que tu as déjà fait et qui va me choquer, ça sera le mot de la fin.
A mon avis, je ne vais pas te choquer.

Bon, un truc qui choquerait ta mère alors.
J’ai déjà avalé !

Nooooooon ! Hahaha ! Et alors, quelle impression ?
Ben on se fait tout une histoire, mais ça va. Je croyais que ça m’aurait fait vomir, et ben non. Pourtant, j’ai déjà vomi en sentant l’odeur d’une lavette.

Putain, je suis choqué !
Pour ça ?

A fond… Tu as quand même reniflé une lavette ! Quelle dévergondée !
Hahaha !

Allez, cloups, je coupe, merci, c’était chouette.

9 février 2008

Lâcher le morceau

Maintenant que la grippe est passée, voilà le retour annuel de la gangrène des blogs (et je sais de quoi je parle) : le questionnaire tournant. Z’irez voir les règles chez L’amas lisse, plus précisément ici. Moi, je ne fais pas six confessions, j’en fais seulement trois : une longue, deux courtes. Et pas question de passer le bâton merdeux à quiconque.

Confession première
Tous les vendredis, quand mes parents partaient pour leurs débats mao-marxistes aux quatre coins du pays, Mamounet, le petit fiancé de notre baby-sitter, venait dormir à la maison.

Dès la fin du film, c’est lui qui prenait le commandement des opérations.

- Je te fais une tisane et puis je mets les enfants au lit ? proposait-il.
- Oh oui Mamounet, ce serait formidable, répondait la baby-sitter.

Moi, j’allais le regarder préparer. Il faisait cela avec un soin extrême. Il mesurait d’un air inspiré la quantité de feuilles à placer dans l’infuseur, scrutait l’eau et le feu, repositionnait sans cesse la tasse, la soucoupe, le poëlon, la lavette afin que rien ne se déloge de sa perspective. Quand la vapeur s’élevait en produisant le son escompté, il versait d’abord un peu d’eau sifflante pour mouiller les herbes, marmonnait quelques mots –comptait-il, priait-il ?–, puis inondait la tasse. Et tandis que le liquide s’ambrait et s’imprégnait des saveurs de verveine ou de tilleul, de bergamote parfois, il écrasait consciencieusement des petits cachets blancs pour les incorporer au breuvage.

Plus j’y étais allé fort la fois d’avant, plus il écrasait de cachets blancs la fois d’après.

La baby-sitter, elle disait jamais bonsoir.

Elle buvait sa tisane et se mettait à ronfler dans la minute. Ensuite c’était toujours pareil : mon frère et ma sœur montaient tout seuls dans leur chambre. Moi, comme j’étais le préféré de Mamounet, il me gardait près de lui. Et quand le calme régnait enfin sur la maisonnée, il me lisait des histoires, en chuchotant de sa voix la plus douce, non sans glisser délicatement sa grosse bite dans mon trou de cul d’enfant.

Et moi, je gémissais, de plus en plus fort d’un vendredi à l’autre, pour que Mamounet augmente la dose de cachets blancs, qu’il l’augmente encore et encore afin qu’un jour elle crève, cette sale putain de baby-sitter. Je ne l’aimais pas, elle. Elle était malpolie. Elle disait jamais bonsoir.

Deuxième confession
Mon numéro de GSM est le +32 (0) 495 92 15 74 et je promets une longue conversation aux, disons, deux premiers qui m’appellent.

Troisième confession
Une des deux confessions précédentes est fausse.

3 février 2008

Diversion écossaise

Tu sens bon l’odeur de l’hiver ramené à dos d’humain dans une pièce chauffée. Il en vient de chaque bâillement de ton manteau, il en vient de tes cheveux, il en vient de tes moufles, il en vient encore de la petite culotte en épais coton que tu poses sur ma table de nuit.

Et ton visage de craie qui vient manger la chaleur de mes lèvres, est-ce pour faire diversion ?

Car en moins de temps qu’il n’en faut à la dame de la radio pour dire qu’il fera un temps de saison ce 3 février, j’ai ma queue au chaud en toi et mes couilles rafraîchies par tes fesses.