Archive du mois de janvier 2008

29 janvier 2008

Mental moteur

J’avais le guidon le plus large de tout Amay. Pensez, le guidon tout complet d’une vraie moto adapté au vélo d’un gamin ! Du jour où mon frère me l’installa, monter la chaussée de Tongres cessa d’être un calvaire : quand pointait la douleur dans mes cuisses, je donnais un tour à la poignée des gaz et vroum ! ça grimpait tout seul.

Partout où me menait ma bicyclette à propulsion cérébrale, fusaient les mètres à ruban : combien. Tout le monde voulait savoir combien. Je disais que je ne savais pas, que je n’avais jamais compté. Mais sitôt qu’une mesure mal saisie soustrayait un centimètre à mon orgueil, je rectifiais.

– 72 centimètres ! s’incrédulisaient-ils tous.
– …d’envergure, complétais-je, histoire de ne pas garder pour moi toute la poésie de ces chiffres.

Ainsi, souvent, c’est à dos d’oiseau que je repartais.

Sûr, je ne pouvais pas tourner très serré avec un tel guidon et je me disais qu’il faudrait faire drôlement gaffe à ne pas griffer les voitures quand je les dépasserais sur l’autoroute, mais pour le reste, j’avais Amay, tout Amay, d’Ombret aux Mirlondaines et de Flône à Ampsin, autant dire le monde, à pas plus d’effort qu’un tour de poignet.

La poignée des gaz, à chaque fois que dans ma vie j’en eus le besoin, toujours je l’ai retrouvée. Et quand c’était pas dans ma tête, c’était dans mon froc.

25 janvier 2008

Joyeux anniversaire, Anne Archet

Ce post contient :
1- Un petit cadeau tout personnel ;
2- Les éphémérides anarchistes pour le 25 janvier ;
3- Un message subliminal (à ne surtout pas manquer, tout à la fin).

***

1 - PETIT CADEAU TOUT PERSONNEL

Photos prises à la dérobade lors de l’exposition “L’Enfer de la bibliothèque - Eros au secret”.

La BnF vue depuis la passerelle Simone de Beauvoir, au dessus de la Seine. Mortelle, la passerelle, en béquilles, par temps de pluie.

Espace de l’expo (détail)

De la main de Pierre Louÿs

De la main de Bataille

De la main d’Apollinaire

Dédicace d’une prostituée à sa fille (à lire absolument !)

Estampe du XVIIIème. Cela aurait pu s’appeler “Schopenhauer, vilain ! Laisse Madame Archet tranquille !”

Comment faire un répertoire des bonnes adresses

Livre d’or, de loin puis de près

2-EPHÉMÉRIDES ANARCHISTES POUR LE 25 JANVIER

Le 25 janvier 1894, un maçon anarchiste bricole un attentat au flingue contre le gouverneur de Barcelone.

Le 25 janvier 1901, meurt Hippolyte Lissagaray, commissaire de la guerre sous le gouvernement Gambetta, communard barricadeur en 1871 et sympathisant anarchiste bien que républicain.

Le 25 janvier 1923, Kurt Gustav Wilckens zigouille à Buenos Aires le colonel Varela, vengeant ainsi les 1500 ouvriers anarchistes patagoniens que ce dernier avait massacrés pour cause de révolte.

Le 25 janvier 1950 meurt John William Fleming, bottier et agitateur libertaire, membre de l’Anarchist Club de Melbourne.

Un 25 janvier des seventies naît, Anne Archet. [Aussi, puisque l'info vient d'elle, soyez certains que s’il y a bien un jour où il ne faut pas souhaiter le bon anniveraire à cette menteuse de génie, c’est le 25 janvier !]

3-MESSAGE SUBLIMINAL

Entends-tu, la nuit, remuer dans ton placard, l’âme de mon Flying Calbute ? L’entends-tu, hein, tu l’entends-tu-t-il ?

23 janvier 2008

Celles qui en ont !

Mlle Ju

Message perso : voici les deux premières des douze bonnes raisons, héhé.

Mlle Absurde & Mouette

Précision : Mlle Absurde & Mouette, c’est tout ou rien. Par correction, j’ai choisi la photo où elle n’enlève rien. L’autre, j’ose même pas vous raconter, holala.

A venir, Justine, si elle se décide à envoyer la photo de son décolleté avec pHiLo écrit en vrai sur sa peau et pas par Photoshop ;-)

Et qui d’autre osera encore ? Hmmm ?

21 janvier 2008

MEN AT WORK

Bonjour les gens,
Pour le moment, le capot de mon blog est ouvert et moi je suis torse nu, couché en dessous, plein de camboui, les muscles en extrême tension, luisant de sueur musquée, rien moins…
Fichez pas trop de bordel ici pendant que je fais l’entretien des 100.000 kilomètres, promis ?
Envoyez-moi plutôt une image de votre décolleté avec un “pHiLo” écrit pile là où j’aurais normalement la bite si on faisait, disons, juste un peu connaissance…
Sauf si tu t’appelles René. Je ne suis pas un renésexuel.
[Et pas derrière l'oreille, le "pHiLo", je vous vois venir]
Chiche ?
Non, c’est fini les lectrices qui ont les couilles de faire ça. Ouais, fini, non ?
solex [àt] homail [pwain] com

9 janvier 2008

Le ménisque

Ses hautes guibolles arquées ajourent le paysage urbain d’un délicat ménisque où le temps paraît comme avancé d’une saison. Danse sa silhouette parmi la silencieuse fraîcheur de Liège, son pantalon-fuseau, bruissant d’entre ses fesses seulement, dicte à l’hiver sa place et promet le printemps à qui sait en gagner la perspective.
Je ne suis pas homme de foi, et j’aime à confronter aux sens les troubles qui adviennent par l’esprit. Et si vous savez bien dire ce que les femmes savent bien entendre, elles se font volontiers alliées à vos quêtes.
Aussi prenez vos tables des travaux et des jours et notez sur ma parole que le redoux sera torride.


(Magasin le plus proche, premier rayon désert)
6 janvier 2008

Clopin-caha

L’infirmière a scié mon plâtre et m’a lavé le pied. Purée de sensation ! Comment vous dire ?

Quand cette Marie-Madeleine de fortune a posé sur ma cheville ce linge imbibé de lotion fraîche, j’ai joui. Pas giclé, pas bandé, pas frétillé du slip, mais lisez bien quand même : j’ai joui ! De la jouissance sans orgasme, comme dans les légendes féministes post-soixante-huitardes, comme dans le numéro annuel de Marie-Claire spécial «Mal-baisées, pas notre faute», comme sur Doctissimo.fr rubrique «J’voudrais bien, mais j’peux point, ouin-ouin-ouin» : un vrai putain de mégabonheur physique, explosif façon champ de mines, qui partit de mon pied et gagna en cascade le reste de mon corps jusqu’à me chavirer l’esprit et M’assouvir majusculement.

Le pied !

Puis j’ai un plâtre de marche, à présent. A moi les grands espaces et le grand air à nouveau.

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Un plâtre de marche, c’est rien d’autre qu’une bottine de ski. Dormir avec une bottine de ski ? No problemo. Baiser avec une bottine de ski ? No problemo. Prendre un bain, harceler les passantes, faire de la muscu, pouçoter 200 bornes en autostop… avec une bottine de ski ? No problemo. Mais descendre pisser en pleine nuit, avec une bottine de ski, par un escalier qui est aussi raide que toi alors que t’es pas chez toi ? Même à raconter, ça fait pas un belle chute.

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Enfant, mon père me racontait l’histoire du tailleur de pierre qui est manchot. L’histoire du tailleur de pierre qui est manchot, c’est l’histoire d’un tailleur de pierre qui est manchot, qui tient son burin dans sa bouche et qui tape sur sa tête (avec le marteau qu’il a dans l’autre main, celle qu’il a encore, justment). Puis il aime ça, taper sur sa tête, parce qu’entre les coups, cha fait du bien. Tout était dans le «cha», évidemment, parce que quand mon père disait «cha», on comprenait que le tailleur de pierre avait les dents toutes cassées, puis comme mon père se mettait à loucher, on comprenait que le tailleur, ça le rendait marteau aussi, les coups de marteau, comprenez ? Mais ce que je veux dire, ça n’a pas grand-chose à voir avec tout ça : marcher avec mon plâtre de marche, sans les béquilles, sans devoir sautiller sur un pied, ça m’a rempli d’une joie indicible.

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Mon plâtre de pas-marche, mon plâtre d’à cloche-pied, mon plâtre de totale dépendance, cela fut, pendant 14 jours, comme échouer sur une île de tristesse dans cet océan de bonheur qu’est devenue ma vie depuis que j’ai renoncé à l’enfance. Ça m’a rajeuni. Je ne souhaite cela à personne. Toujours, je plaindrai les enfants.

2 janvier 2008

F. invente la brève de volant

Six heures du matin, 35 km/h, route nationale déserte, bande de gauche, trajectoire incertaine :

- Pour les grandes occasions, on devrait augmenter le nombre de grammes d’alcool autorisés dans le sang et interdire au gens qui boivent pas de prendre le volant.