Comment je zigouille les femmes #1
Je suis souffleur de verre. Alors après le travail, j’aspire au calme.
Si je déroule tous mes souvenirs, ça fait un fil pas plus long que de chez moi à l’usine, en passant par chez la coiffeuse. Elle aurait été cordonnière, la coiffeuse, j’aurais été bien chaussé, mais donc, je suis bien coiffé. A l’exception de maman, nulle autre femme que la coiffeuse n’a posé ses mains sur moi. Ah si, j’oubliais. Il y a eu cette fille de mon école, quand j’avais 15 ans mais ça a été très rapide et un peu sec, sur ma joue. Ça a fait un sacré clac ! C’est parce que j’avais soufflé très fort dans son cou, voir si ça pourrait faire bâiller son chemisier, que je lui voie ses dessous. J’étais quand même passé chez elle après la classe pour m’excuser. J’avais trouvé un beau déchet de cristal, gros comme une poire, à côté de l’usine. Je le lui ai offert en disant que c’était le plus gros diamant du monde. Elle l’a pris en souriant et m’a dit qu’elle me pardonnait. Je lui ai demandé si ses parents étaient déjà rentrés. Elle a secoué la tête pour dire non. Depuis, elle est devenue très dispersée, comme fille, sur une pelouse prévue à cet effet, à l’ombre des urnes du colombarium. Personne a jamais su qui a fait le coup. J’aurais bien aimé revenir, après l’incendie, voir si le cristal s’était ramolli, là où je l’avais foutu. Ç’aurait pu faire une belle pièce, le moulage en cristal de la prune d’une fille de quinze ans.
Je ne suis jamais allé dans une femme avec ma floche, on m’a toujours dit que c’était chaud. Ça doit être effroyable.
C’est pour ça que la coiffeuse, je préfère, comme plaisir. C’est tiède et cérébral : elle shampouine tellement bien que ça mousse des deux côtés du crâne, dessus et dedans.
Au fait, j’ai déjà des petits cheveux qui repoussent, dans ma nuque. Là, il serait temps qu’elle rouvre son salon, ça va faire presqu’une semaine, maintenant. C’est à cause de sa dernière apprentie.
C’est une fille, impossible de lui faire comprendre un truc simple. Par exemple, jeudi, justement le jour où on l’a retrouvée morte avec le bas de son ventre éclaté comme si elle s’était foutu une mine antichar à la place d’un Tampax, et bien je rentrais de l’usine et elle, elle finissait chez la coiffeuse. Et vu qu’elle habite sur mon chemin, on a marché de front et elle s’est mise à causer.
Tout de suite, je lui ai dit que j’avais pas à la tête à ce qu’on me parle, après le travail. Mais elle comprend rien cette fille. Et blablabla et blablabla, elle a continué. A la fin, j’ai dit «Ta gueule, mais ta gueule !».
Elle a dit un truc de femme de film comme quoi les gros mots, ça la chauffait. Moi, je m’en foutais, je voulais qu’elle la ferme, alors j’ai redit «Ta gueule, ta gueule, ta gueule, poufiasse». Et plus je lui disais ça, plus ses yeux devenaient grands. A cet âge là !
On est arrivés devant chez elle, et elle m’a fait signe de venir. Je lui ai dit que j’avais encore jamais trempé dans une femme, alors j’allais pas commencer avec de la gamine même pas bien poussée de partout. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais on est devenus comme deux choses attirées l’une par l’autre.
Elle a ouvert la porte, elle s’est couchée par terre, elle a retiré sa jupe et son slip et elle m’a dit de lui sucer sa moule. C’est plus comme de mon temps, les filles de quinze ans.
Elle m’a dit où je devais mettre ma langue. Elle ma dit ce que je devais faire avec. Puis elle a plus arrêté de dire des mots, plein, plein, plein de mots. J’ai répété avec insistance : «Ta gueule», mais ça percutait pas. Elle me disait de continuer, que ça l’excitait.
A un moment, elle m’a dit de la prendre, qu’elle était bouillante. Juste pour voir, j’ai soufflé dans sa moule. Et pour souffler, j’ai du métier. Ça a fait un sacré clac !

