Gnnn-gnnn vs Aaah-Houh
Les clitoridiennes et les vaginales, entre nous, c’est de la couille. Y’a deux types de jouisseuses : les apnéistes et les hyperventilées.
Les clitoridiennes et les vaginales, entre nous, c’est de la couille. Y’a deux types de jouisseuses : les apnéistes et les hyperventilées.
Attends, tu vas voir, je vais te lécher les amygdales, de la glotte au fond des grottes, je vais te perpétrer dans toute ta vaginitude, je vais foutre la révolution dans ton orgasme scientifique, je vais te faire la guerre des tranchées, où ne pleuvront que des pluies chaudes, je vais te faire suer du oui-oui jusqu’à plus de jus, je vais te commettre au plus-que-parfait, je vais crier banzaï et te passer par le kamikasoutra, je vais me faire buffet de plaisirs à volonté, à volonté, à volonté, je vais t’honorer de ma fougue et de ma tendresse, je vais t’accoucher les contre-ut, mais putain de salopiaude, ôte ces escarpins rouges à pointe chromée qui me donnent envie de te plaquer ventre au mur et de t’enculer rapidos à la bave. Te voilà prévenue. Ainsi tu optes pour la solution romantique ? Trop tard, fallait le dire avant. Pas trop froid, le mur ?
Combien lui coûte l’effort de ne pas sombrer ? Car les coups que je lui assène en un crawl effréné m’asphyxient. Je vois arriver la tétanie, aussi inexorable que la fin d’un spaghetti que l’on tète.
Il est de ces instants d’exception, dans la folie de boxer, où l’opposition martiale devient aussi noble et grandiose que… disons… prenez Shakespeare, prenez Wagner, prenez votre première blessure d’amour, et tout le flamenco, prenez vos joies les plus tumultueuses, prenez ce que la mort vous a fait de douleurs, prenez tous vos drames et tous les petits mots qui vous ont fait cracher des rires au travers du chagrin, prenez la chiennerie de la vie et les mille appétits de la vivre, foutez tout ça dans une grande moulinette, balancez de l’éther, faites réduire, distillez, exprimez les principes actifs… Et ben encore plus noble et plus grandiose que dix barils de ce jus là, je vous dis, you understanding ?
Avant de risquer un seuil d’inoxygénation encore plus critique, je décide toutefois de cesser le feu.
Soit il a feinté, il est frais comme un gardon, il m’en colle une, je suis mort. Soit il est au bout du rouleau, je me dégaze le sang d’une grande bouffée d’air et hop ! Pétanque dans la gueule, à la pHiLo Fatal.
J’ai à peine localisé le bout de cerveau qui me sert à respirer, voilà le gars qui devient mou de l’œil. J’y fais la place, il choit comme un glaviot de foutre après la baise debout.
Je me tourne vers F., avertie de mon cœur comme nulle autre, et je borde d’un sourire aimant son angoisse de m’avoir su en danger.
Regarde-moi, comme je suis rude à mériter, et combien je te dois pourtant.
Qu’est-ce qu’aimer sinon faire un roman de soi pour le donner à vivre à l’autre ?
Sécotine : Il vient de Cappadoce.
pHiLo : Un invertébré, en somme.
F. m’ouvre les portes de Lisbonne. Il suffit que je pointe mon doigt dans une direction et F. donne vie aux colonnes de livres qui hantent son âme et sa maison. Elle me dit que sans mes questions, la ville lui donnerait moins riche à penser. Je lui dis que sans ses réponses, je ne serais qu’un bûcheron dans un pays de cailloux, non sans préciser qu’à l’occasion il m’arrive quand même de mieux torcher mes métaphores.
Dans les églises et les forts, elle se place dans les volumes, promène sa joue sous les jeux de lumière, s’imprègne des dispositions, date les statues et les tableaux, sonde l’écho et le bruit de fond, s’interroge sur les effets psycho-philosophico-physiologiques de l’architecture. Moi, je n’y cherche que les équilibres mathématiques, les codes et la coquinerie des petits détails qui dirigent l’imaginaire vers le fantastique. Nous opposons nos savoirs, nos conceptions, nos passions : nous nous aimons pour ce qu’aimer sent bon la discordance.
Sur les places, dans les parcs et les jardins, elle cherche les coins, les espaces oubliés, les parties sombres. Moi, je n’espère qu’un escalier escarpé, un carré d’herbe tendre, un arbre creux. Nous opposons nos corps, nos fantasmes, nos arts de jouir et de faire jouir : nous nous aimons pour ce qu’aimer sent bon le cochon.
Petite sauvagerie, ce dimanche, en un seul round. Mais de 8 minutes, soit l’équivalent de quatre rounds classiques d’affilée. Me suis entraîné pour 12 minutes, histoire de gérer le souffle.
Beaucoup plus stressant que le combat d’un round sans limite : ici, il faudra se donner à 80 % tout le temps puis à 100% sur les deux dernières minutes, sans jamais faiblir.
Suis à 84,2 kilos, 1m82 et demi (!), 11 % de graisse.
Moral au top. Libido cosmique. Météo favorable.
J’ai juste une question : je m’épile le torse ou pas ?
Sécotine prend une taffe de cow-boy, siffle la fumée de côté et reprend son conte cannabique :
- Ainsi, la petite gouttière que nous autres humains avons sous le nez, c’est la marque du doigt que la Fée du Grand Silence a appliqué sur nos bouches quand nous étions dans le ventre de nos mères. C’est pour nous rappeler qu’il ne faut jamais dire combien nos pères ont mal baisé nos mères pour nous faire.
Et d’un index théâtral qu’elle ramène à sa bouche par le chemin des feuilles mortes, Sécotine mime le mutisme. A dix millimètres près, dirons-nous. Car la voilà qui se plante malencontreusement l’ongle dans la lèvre, à cet endroit si sensible où la peau devient pulpe. Mazette, tout ce sang ! Et faut voir comment ça enfle recta, bonjour le mérou.
Mais elle ne tchoûle pas Sécotine. J’y dis qu’elle a pas les lacrymales comme tout le monde et qu’à sa place, n’importe qui se roulerait la tête dans ses larmes en disant de vilains mots.
- Pleurer, c’est pas une affaire de glandes, qu’elle dit, c’est une affaire de sentiments. Et moi j’ai pas les sentiments inondables, j’ai le cœur sur pilotis.