Archive du mois de septembre 2006

27 septembre 2006

Interview Sexe : Gabrielle

Ça se passe dans les brumes narcotiques du Smoky à Maastricht. Je dis à la fille qu’elle n’aura qu’à venir avec son mec si elle ne me croit pas. J’en suis à jurer sur l’honneur que je ne vais pas la draguer pour qu’elle m’accorde une interview sexe. Le lendemain, Taverne Saint-Paul, je la trouve seule à l’heure dite, habillée et maquillée comme pour un casting “oeil de velours”.

C’est quoi pour toi être belge ?
Alors là ! Pffft ! Recalée. Belge ? Ça veut dire quoi à part pour les Flamand ? Les Flamands, c’est les seuls qui ont conscience d’être belges, et c’est pour ça qu’ils ne veulent plus l’être. Les wallons, j’sais pas, je crois qu’ils s’en foutent.

Tu fais du sport ?
Non, j’en fais plus. J’ai plus le temps. Avant je faisais pas mal de natation et du tennis. Mais là, c’est la vie.

C’est quoi pour toi être une femme ?
C’est tout ce qu’on dit et le contraire avec. Je sais pas, je ne pourrais dire qu’une banalité. Ça n’a rien d’exceptionnel d’être une femme, on est même plus que les hommes. Ouais, c’est rien de spécial d’être une femme, si on veut, mais faudrait pas le dire de manière banale. On pourra revenir sur la question ? Hahaha. Le temps que je trouve une bonne réponse.

Tu as déjà fait l’amour sur la plage ?
Tout de suite dans le vif du sujet… vlan ! Joli. Non, je dis joli.

Le vif du sujet ? Donc c’est oui !
Hé, mais oh ! Hahaha !

Je ne peux pas savoir ?
Ben… Bon, je te dis la vérité ?

Ben oui, sinon…
En fait, non. Dehors, je ne crois pas que je saurais, j’aime bien le confort. Si j’étais sûr que personne pourrait arriver, peut-être, mais comme ça, non.

Quand tu suces, tu sais faire des trucs particuliers ?
Quoi ?

Je sais pas, avec ta langue, avec tes mains…
Ben, je fais ça… normalement, je crois qu’il n’y a pas grand-chose à en dire.

Tu fais des trucs particuliers, au lit ?
Ah non, pas si c’est moi qui dois le dire ! C’est toi qui poses des questions !

Ouèye ! Y’a un monstre marin sous roche, là !
Non, sérieux, reste sérieux sinon, je ne saurais pas. Je suis claire.

OK. Je devine, OK ?
Ouuuais ?

Donne moi un indice.
Ouais, non, sinon c’est trop facile.

Et bien, donne-moi un indice pour trouver l’indice, comme ça ce sera moins facile.
Attends… Ouais mais ça va être trop facile. Bon, allez, mais bon : 100 % pur porc.

Porc ?!? Ouf ti, c’est pire que cochon, ça, porc ? Non, OK, j’ai rien dit. Pur porc… Saucisson pur porc !
Bien.

Saucisson, attends, tu aimes qu’on te tranche en rondelles ? Non. Ah oui, tu aimes bien les mecs qui puent de la gueule. Non, de la bite. Bon attends, saucisson, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Tu prends le saucisson comme gode ! Haha, non.
C’était un indice de l’indice de l’indice. Là tu as l’indice de l’indice. Tu dois trouver, c’est facile. Saucisson, le verbe.

Saucissoner ? Tu fais des trucs avec un couteau ? Ça a quelque chose à voir ?
Non. C’est plutôt comment on le fait.

Le saucisson ?
Oui, avec quoi on saucissonne.

Un couteau ?
Non, ce qu’on met autour quoi, allez ! Pense aux bas résille.

Ah, non. Les… Merde, comment ça s’appelle, encore, les ligatures, là, oui je l’ai… Donc quoi, le bondage ? Non. Le bondage ? C’est ça ? Tu te fais attacher, ah oui, saucissonner ! OK. Pour moi, saucissonner, c’est couper en rondelles, mais OK, pigé. Eh ben !
(sourire)

Tu aimes bien te faire attacher ?
En tout cas, je le fais, j’ai pas dit si j’aimais bien.

Bon, je devine encore : tu adores ça, en fait.
T’as une chance sur deux, comment tu pourrais le savoir ?

Je ne le sais pas, c’est pour ça que je pose la question.
Oui, mais comment tu pourrais l’avoir deviné ? Tu fais «ouais, je vais deviner» comme si tu pouvais deviner.

Je devine par choix. Ce serait plus marrant si j’avais raison.
Même si c’est oui, ça veut pas dire que tu as deviné ou que tu as raison. Tu tombes dessus par hasard.

Non parce que si comptais sur le hasard, ça voudrait dire que je me fous du résultat quel qu’il soit tant que je tombe juste. Tandis que là, je choisis de croire que oui parce que ce serait plus marrant.
Pourquoi marrant ? C’est marrant ? T’as déjà attaché ta copine ? Tu l’as jamais attachée ?

Les mains dans le dos ou les menottes au lit, oui, mais bondage pour du vrai, jamais, juste pour les nœuds, une fois, mais pas du tout en situation, avec un copion et tout.
Ça t’a fait quoi ?

Ça aurait dû me faire quoi ?
Ben un fantasme .Tu possèdes la fille, quand elle est bien attachée.

Tu te sens possédée quand on t’attache ?
Sous contrôle, oui. Dépossédée de moi, mais pas possédée par l’autre, c’est ça que je veux dire.

Et qu’est-ce qui est bon ?
Ça. Ne pas être maître de ce que je fais. Me mettre au diapason de l’autre parce que je n’ai pas le choix.

Quel choix ?
Le choix ? Je sais pas. Ne pas avoir… Enfin, savoir que ça ne dépend plus de ce que je vais faire. Que le mec trouve son fantasme sans que je puisse le casser parce que je n’aurais pas fait ceci ou ça. Là, tout dépend de lui.

Et ton fantasme à toi ?
Pour moi, ça va loin, c’est quelque chose que j’ai vraiment appris à apprécier une fois et depuis, j’aime beaucoup moins si y’a pas ça. C’est presque une initiation. Une fois qu’on franchit le pas, on n’a plus tellement envie de revenir en arrière.

Et tu n’as…Je veux dire, comme ça, le plaisir peut vraiment être très très fort. Oui, plus que fort.

Genre, pas de corde pas d’orgasme ?
Ouuuais ? Non, pas à ce point là, mais rien à voir quand même. Rien-à-voir !

Et toute seule non plus ?
Ça, si. Ben oui. Je suis pas une obsédée de ça, mais si, toute seule, oui.

Oui mais attends, t’as déjà dû faire l’amour plein de fois avant de tomber sur un type qui a justement une corde et qui sait s’en servir…
Ah ouais ? Dommage !

Quoi, y’en a pas eu ?
Si mais pas plein, non plus.

Et jamais le grand-grand pied ?
Jamais ? Ah, non, mais si. M’enfin, jamais aussi fort quand même. Disons que maintenant j’en veux vraiment, parfois. Avant, j’avais assez vite terminé, hop, hop, vite que ça finisse. C’était du plaisir attendu qui venait dans les formes attendues. C’est pas que c’est pas bon, mais y’a pas trop de surprise.

Et qu’est-ce qui a changé avec la corde ?
Ben, je ne sais pas, ça me libère.

Magnifique !
Quoi, magnifique ?!?

C’est magnifique : on t’attache et ça te libère…
Oui, c’est un beau… Un beau je sais pas quoi, mais je vois ce que tu veux dire.

Tu as une éducation catho ?
Oui, je suis croyante.

La messe et tout ?
Rien qu’aux grandes occasions, mais dans ma tête, je suis pratiquante. Par exemple, je prie, par exemple. Souvent, je te jure. Et ça n’a rien à voir avec la corde, ceci dit.

Tes parents étaient stricts, question cul ?
Avec moi pour m’éduquer ?

Oui.
Oui, ça, super stricts. Officiellement, mon père croit toujours que je n’ai jamais été avec un garçon.

Et ta mère ?
Elle, c’est plus par les sentiments, qu’elle essaie de m’avoir. Le jour où je lui ai dit que j’avais une prescription pour la pilule, elle en a fait une maladie. Et au début, je prenais la pilule juste pour les hormones, j’avais un truc, enfin bon. Mais elle, elle a cru que j’allais me mettre à coucher avec tout le monde. Pour elle, c’est rien avant le mariage.

Donc en gros, faire l’amour, jusqu’ici, ça t’a toujours mise en opposition par rapport à ton éducation…
Euh… ouuuuais ? Non, c’est pas vraiment ce que je ressens. A la rigueur, oui, mais j’intellectualise pas le truc comme ça. Pourquoi tu demandes ça ? Je me doute bien, mais jaime bien savoir.

J’essaie de comprendre de quoi tu te libères quand tu te fais attacher.
Ah ouais…

Enfin, pas comprendre, j’ai pas besoin de comprendre, c’est juste pour me faire une idée.
Ah, d’accord.

Qu’est-ce que je dis ?
C’est quoi ton idée ?

Mon idée ? Dans ce que j’ai déjà entendu, je crois qu’il y a un point commun, mais j’ai pas encore eu le temps de te poser la question pour toi.
Ben dis-le, je te dirai.

Y’a un peu cette idée du plaisir du mec qui ne dépend plus de la fille, comme toi, mais y’a surtout le fait que la fille qui est attachée a un prétexte pour accepter plus de choses de la part du mec, comme si elle se donnait le prétexte d’être attachée pour n’avoir plus rien à refuser.
Hmmm… Hm hm !

C’est quelques discussions, j’ai pas étudié le truc en long et en large. J’ai l’impression que pour la personne qui se fait attacher, y’a souvent un troisième œil qui traîne quelque part.
Attention, qu’est-ce qu’il nous fait là, lui. Un troisième œil…

Non, c’est pas ça que je veux dire. Un œil extérieur, un peu. Mais non, c’est pas ça, comment je peux dire ? J’ai l’impression que la fille qui est là, coincée de partout, elle se montre à sa conscience genre «regarde, je suis attachée, tu vois bien que ce n’est pas moi, c’est lui». C’est dans ce sens là que je comprends le truc qui libère. Tu te retrouves prisonnière et à ce moment-là, tu n’as plus à te demander si tu es consentante : que tu résistes ou pas, t’as quand même plus le pouvoir d’empêcher le mec de te faire ce qu’il va faire.
C’est pas aussi compliqué que ça ! Je ne sais pas, je ne crois pas que c’est comme ça pour moi. Je vois ce que tu veux dire, mais moi, c’est plus concret que ça. La corde, c’est plus un accessoire. Comme y’en a, c’est peut-être plus les trucs à se mettre, ou bien faire ça à plusieurs. Ca n’a rien d’un truc psychiatrique, c’est bon, c’est tout, faut pas juger.

Juger ? Ouf ti non, je me suis pas expliqué comme il faut, alors. Non, c’est pas question de mettre une bonne note. J’avais juste l’impression qu’il y avait cette idée de dépasser un interdit en mettant en scène la possibilité de se dire qu’on y est pour rien. Tu vois, l’histoire de se libérer, ce n’est pas la première fois que je l’entends. Si on se libère, c’est de quelque chose. D’un interdit, non ?
Attends, tu sais comment ça se passe ou pas ? Tu sais pas comment ça se passe ! C’est pas le mec y m’attache et puis y me fait des saloperies et moi qui ai rien à dire. C’est super céré… C’est un… C’est comme une mise en scène, c’est vrai, mais je sais pas : quand tu fais l’amour tu rassembles pas tous tes problèmes pour essayer de jouir avec. La mise en scène, c’est au contraire pour échapper à tout ça, laisser toute ton éducation de côté justement. C’est pas pour que le mec se mette à t’agresser. T’as l’impression que c’est un truc sado ? Vas-y fais moi mal ?

Non, non, pas du tout. Je vois ça aussi comme un truc cérémonieux…
Non je voulais dire cérébral, mais c’est pas grave.

Je ne veux pas faire le malin, mais c’est quand même pas très très loin de ce que je dis.
Oui, je savais que tu allais dire ça. Mais c’est toi qui me parles d’éducation, je suis bien obligée de donner mon avis là-dessus. Mais quand je fais l’amour, y’a rien à faire, je ne pense pas à mon éducation, je ne mets pas mon éducation en scène, je ne me cache pas de quelque chose, rien !

OK. Raconte-moi comment ça se passe.
Attends, comment tu veux que je te raconte ça ? Tu veux que je te raconte une fois ? Non, hein ?

Non, dis-moi ce que je ne sais pas, ce que ça t’inspire.
C’est un truc de patience. Faut aussi être en confiance, ça t’apprend à te mettre en état de recevoir des surprises. Y’a les nœuds, c’est doux, la corde d’ailleurs, faut qu’elle soit douce, bien épaisse, bien lisse, faut qu’elle puisse coulisser dans certains nœuds. Mais c’est pas élastique du tout. Si tu tires, c’est tout de suite raide. Ça doit passer à certains endroits, d’une certaine manière. Tu bouges d’un côté avec les mains, ça tire ici, t’essaies d’étirer les jambes ça te presse quelque part à un endroit stratégique. Enfin, c’est comme je disais, c’est du concret, je ne sais pas comment dire ça. C’est pas parce que je me laisse attacher que je me laisse vomir dessus, ça n’a rien à voir, c’est pas humiliant.

Tu as quel âge ?
Hé, ça va, je ne dis pas que tu juges, c’est bon, j’ai compris, c’est juste que moi, c’est pas ça. Faut pas être susceptible comme ça.

Tsssss. Bien essayé.
Bien essayé quoi ?

Je ne suis pas susceptible, mais bon, y’a qu’à tester.
Quoi, tu crois pas que tu te trompes ?

C’est pas ça, je t’ai dit, c’était juste une idée, j’ai pas dit que j’avais une théorie.
Bien essayé quoi, alors ?

Quéééne embrouille, merde ! Haha, je ne sais plus, moi. Ah oui, «faut pas être susceptible», voilà.
Voilà quoi ?

Bon, carte rouge pour anti-jeu. Encore une fois, ce sera un coup de fouet.
Ben tu vois que t’as pas compris. Le fouet, j’aime pas ça.

OK ! Coup de batte, schlaaan ! Purée. Quoi, tu veux qu’on arrête ?
Tu vois ? T’es susceptible. Hahaha.

Bon, toi, j’ai l’impression qu’il ne faut pas te laisser réfléchir. T’es un chieuse, un peu ?
Moi ? Noooooon ! Haha.

Bon allez, des réponses, tu réfléchis pas. Ceci (je lui présente mes deux pouces bout à bout), tu avales jusqu’où ?
Là. (elle montre la moitié de mon premier pouce)

Quoi, juste le gland ?
Un peu plus bas, mais pas jusqu’au fond, je n’y arrive pas.

Tu t’entraînes ?
Non.

Ton mec n’a pas envie que soit plus ?
Booooo… non.

Tu acceptes qu’il te prenne sans chercher à te faire jouir ?
Comment, ça ?

Ben, par exemple, il se réveille, il se colle à toi, il t’enfile et puis hop, 30 secondes et il jouit.
30 secondes ?

Ou plus, mais sans rien faire pour te faire jouir. J’prends, j’te baise.
Ben a priori, dans un couple, si on fait l’amour, c’est un peu à deux, non ? Je sais pas, tu prends ta copine comme ça ?

Oui.
Oui ? Toi, tu fais ça ?

Ben oui.
Et tu fais quoi ?

Je l’attrape et hop !
Et hop quoi, comment ?

Ben je la coince, je me mouille la bite et hop !
Comme une pute ? T’en as rien à foutre d’elle ? Enfin, je m’excuse, c’est pas ça, mais toi, c’est comme si… Elle jouit pas du tout ?

Ben non, 30 secondes, même si elle voulait.
Tu sais jouir en 30 secondes ? T’es un éjaculateur précoce ?

Non, mais 30 secondes, bien excité, c’est dans mes cordes.
Et elle dit rien ?

Ben si elle n’a vraiment pas envie, elle le fait comprendre, mais sinon, non. Ou bien elle rigole.
Et quoi tu l’aimes ou bien vous êtes juste comme ça ensemble ?

Ah non, j’en suis raide dingue, c’est toute ma vie.
Et ça te semble… Ça va, c’est normal… ouais ?

Oui. J’ai envie, j’essaie. Si elle ne se débat pas pour du vrai je…
M’enfin, à ce moment, là, je m’excuse, mais tu la considère juste comme un trou.

Oui, un peu.
Ben ça, je trouve ça dégueulasse. Non, c’est vrai, ça peut pas être, je sais pas. Ta copine, c’est pas un trou !

Oui, mais moi, à ce moment là, je me considère juste comme une bite.
Oui, ben je crois que c’est ça, je m’excuse. Et vous vous aimez, et tout ?

Ah, sérieux, je te jure que tu n’imagines pas. C’est même plus de l’amour, c’est une œuvre.
Une œuvre, ouais, faut voir, j’ai un peu du mal à le croire. En tout cas moi, moi, je saurais pas. J’aimerais pas ça. Elle… Bah, non. Putain, je m’excuse, ça me regarde pas mais ça me dégoûte.

Tu pense que elle, ça la dégoûte ?
Ah, je sais pas pour elle. Je sais pas. Apparemment, si y’a l’amour et tout, j’espère que elle, ça va. Mais c’est juste si c’était moi, non. Là, non, quoi !

Qu’est-ce qui est dégoûtant ?
Ben ça, rien que l’image du mec tout puissant qui se lève et crac, je prends, je jette, rien à foutre de l’autre, et puis va te laver le cul comme une conne…

Moi je te dis que ça t’arrivera.
Alors là, je te raconte pas comment je l’explose si il me fait ça.

Garanti et tu y trouveras quelque chose !
Quoi, que le mec peut traiter sa copine comme un trou ? Oui !

Non, que c’est un truc d’amour, je te jure. Tu fais pas ça avec une fille avec qui tu ne te sens pas libre, justement. Fais pas cette tête là, pour moi, c’est pas du cul, je te dis que c’est de l’amour.
Oui, ben, si il faut se libérer pour ça, hein !

T’as déjà pissé sur ton mec ?
Ah, ça, c’est pas pareil. Pas pareil du tout ! A partir du moment où les choses se mettent en place à deux, pour moi, on peut faire tout ce qu’on veut. Moi, ce qui me choque, c’est pas ce que tu lui fais, c’est que c’est toi qui prends tout pour toi.

[…]

Haha, bon, allez, j’en rajoute, mais merde, c’est pas compliqué quoi. Enfin, bon, changeons de sujet.
Ouais, je crois qu’il vaut mieux.

[...]

Tu es lesbienne à combien de pourcent ?
Zéro pourcent. Et toi, t’es pédé à combien de pourcent ?

Cinq… Dix pour pas faire coincé.
Allez, t’as déjà couché avec des mecs ?

Non.
Ah, tu me rassures.

Ça te rassure ?
Héééé, mais ça va pas avec des questions comme ça ? Haha ! Non, mais je ne t’aurais pas vu coucher avec un autre mec, c’est tout.

Ton mec il l’est à combien ?
Homo ? Lui, c’est 200% hétéro.

Il doit bien être tenté par des pratiques homos, non ?
Non, ça, y’a pas de doute.

Avec toi, je veux dire. Le… si tu vois ce que je veux dire.
Ah ! Pfffft, haha ! Oui, ben bon, voilà.

Et toi, ça te plaît ?
Non, en fait moi, je pense à mon éducation et comme je suis attachée, je subis tout comme une enfant de chœur…

Haha ! Bon, OK, tu vois, c’est toi qui reviens là-dessus.
Non mais je te dis tout de suite, parce que je vois venir les question après, avec les chiens, les chats, c’est non, avec les vieux et les morts non plus. Dans la boue, non. Quoi d’autres encore ? Haha.

Haha, bon, je suis sûr que ça va rien donner, je crois que je n’ai jamais été aussi nul, faudra pas m’en vouloir. C’est de ma faute, tu parles trop, j’aurais dû t’attacher et te bâillonner.
Moi ?

[…]

19 septembre 2006

Nâdiya, solide comme le…


Arrêtez de faire l’amour, faites-la taire !
17 septembre 2006

Sa fève rua dans le Do

L’on sonna une fois le glas pour le bègue du département «bacs à glaçons». Puis on le sonna encore et encore, si bien que cela étonna.

Moralité : À l’aire «glacières», les re-glas scièrent.

14 septembre 2006

Les nuits d’une demoiselle

Les nuits d’une demoiselle, par Colette Renard (mp3, 2Mo)
10 septembre 2006

Chatte taillée, mouchette et balistique existentialiste

La mouchette passe entre la fille et moi. J’amorce un dégagement du buste et, à l’endroit d’où je retire mon nez, mes deux mains se rejoignent dans un grand clac ! qui ne fait pas clac ! parce que quand DJ Gisèle met le feu à la caserne Fonck à 120db, un grand clac ! ne fait que cloum ! La frange de la fille se soulève. Manquée la mouchette.

Y’a des filles, elles se sapent pour la fête, elles se maquillent pour la fête, elles se taillent la chatte pour la fête, puis en fait, ce qu’elles veulent, c’est poser le coude sur le zinc et se raconter au premier mec qui passe avec les oreilles qui clignotent.

Je vous ai jamais raconté mes oreilles ? Comme je vous le dis, un coup ça lume, un coup ça lume pas, un coup ça lume…

Faut jamais s’énerver, la vie est longue et l’on tire expérience de toute chose s’il l’on y consent, alors je l’écoute comme je peux à travers la fièvre tonitruante qui passe du trip-hop arabisant au bass-jazz-samba. Elle parle, que dis-je elle crie, nenni elle hurle, oui, elle s’égosille, en tendant son cou vers moi, comme pour raccourcir le chemin entre son cœur et mes pavillons. Elle m’explique à tue-tête comment, à peine pubère, elle avait consenti à se laisser abuser par un grand de 17 ans, et combien cela était ambigu pour elle, et combien ça lui avait gâché sa vie de n’avoir pas pu en parler à l’époque avec des personnes de confiance.

Encore la mouchette. Clac ! Enfin, cloum ! Manquée again. Ça l’agace un peu, la fille, que je chasse le ptérodactyle nain pendant qu’elle vide son sac, mais elle continue.

Les gens qui vident leur sac, z’avez remarqué ? Ils vident toujours le même. Je veux dire, aussi nombreux et divers soient les drames qui poussent les uns et les autres à remplir un sac, au final, c’est le même sac pour tous. J’ai pas su faire ceci, j’ai pas su dire cela, les gens me voient comme ci, mais en fait je suis comme ça, et j’ai eu une grande fêlure ici, du coup j’ai plus confiance là. Les gens à sac ne le remplissent que de choses terriblement simples. Il y a tant de soulagements laissés à moisir de l’autre côté d’un «il n’y a qu’à» que l’on ne se donne pas la peine de franchir.

Mouchette ! C’en est trop, cette fois tu vas y passer !

La fille repère que je m’apprête à commettre un dix de der sur la personne du volatile milligrammé et tente de me devancer. L’air de celle qui va me montrer comment on fait une fois pour toutes et qu’on en finisse, elle met sa main comme ça, elle lance le coude par là et juste ici elle casse le mouvement, vous voyez ? Et bien, à «juste ici», y’a son verre de blanc qui prend aussi littéralement que mathématiquement la tangente, avant d’initier dans une remarquable apesanteur parabolique un vol en free style vers la pilosité bustale d’un type torse nu qui ventile sa transe dans un sifflet d’arbitre.

Manquée itou la mouchette, la revoilà plus fière qui volète en faisant puf-puf.

Le mec douché dégaine son t-shirt qui lui pend en jupette, s’en tamponne les zones humides et, imperturbable, le lance vers nous. Atterrissage précis sur le zinc, entre deux verres.

Jamais nous ne revîmes la mouchette.

Si la vie a un sens, il est dans l’infime possibilité que la mouchette ait été dégommée par le t-shirt imbibé de blanc. Hein, à quoi ça tient ! Non ?