Archive du mois de août 2006

31 août 2006

Nombrilisme 2

Cet énoncé comporte très précisément quatorze mots de cinq virgule cinq lettres en moyenne.
31 août 2006

Nombrilisme 1

Ce texte contient
Deux fois Ce
Deux fois texte
Deux fois contient
Six fois Deux
Deux fois Six
Huit fois fois
Deux fois Huit

25 août 2006

Défilé


(video mpg 6 Mo)
24 août 2006

La fille du bureau 112

De face, la fille, elle disparaît. Quasi. Cachée entre ses profils.

J’ai toujours bien aimé les filles qui ont le visage en lame de couteau. Ça leur donne un air de salope magique, le genre qui pourrait te sucer d’entre tes cuisses presque jointes.

Combien elle fait, un mètre soixante sur la pointe des pieds ?

Les petites, ça aussi c’est mon truc. Ça m’entriquote d’autant plus que je n’en ai jamais échevelé, des vraiment petites. Des fois, je me vois couché sur le dos, avec une fille assise sur moi, tellement petite que son vagin ne pourrait pas accueillir toute ma bite. Alors, le buste bien vertical, en équilibre sur ma queue, elle ferait le grand écart, et je pourrais la lancer comme un moulin à prières.

Couille-en-galette ! La paire de dougoums qu’elle a !

Les gros seins, ignorant que j’en suis au delà d’un petit C, ça commence tout doucement à me tenter. Je crois même qu’en l’état de mon éducation sentimentale, ça me démange pour de bon. Puis ceux-là semblent si tumultueux à brasser…

Elle a l’air d’avoir du tempérament, j’y vais au bélier :

– Et sinon, vous, la fornic…
– Euh, dis, si je peux te couper, oui on m’a déjà dit que j’avais deux seins comme ça et que les petites, ça fait faire de la trottinette.
– Magnifique, alors je ne suis pas le seul ?
– Non, pas vraiment.
– Je suis le quantième, aujourd’hui ?
– Là, je prends mon office, tu as au moins l’honneur d’être le premier de la journée.
– Dites, vous m’avez coupé la chique mais j’avais les premières lignes d’un abordage du tonnerre, plutôt chaud-chaud.
– Oh non !
– Quoi ?
– Ne me dites pas qu’en plus, vous êtes vulgaire.
– Chatte, c’est vulgaire ?
– Horreur, vous n’alliez quand même pas me parler de ma chatte ?
– Vous m’avez bien parlé de trottinette.
– Quoi, ce n’est pas vulgaire, une trottinette !
– Et bien justement, je suis sûr que votre chatte n’est pas vulgaire non plus.
– La question n’est pas là.
– En effet, la question que je me posais, c’était de savoir si votre chatte…
– Mais il est fou ce type, il veut savoir des trucs sur ma chatte !
– Bon, alors parlons d’autre chose. Vous y connaissez quelque chose en moulins à prière ?

Et mine de rien, je parviens quand même à lui causer en long et en large de mon petit fantasme à moi. Tirerlirela.

Sauf que. Ô maudits cons de mecs êtes-vous tous, de m’avoir cassé mon coup avec la petite responsable du bureau 112 de la Cité Administrative. Crétins du boudin, que de tous fantasmer sur les petites en équilibre sur votre misérable moignon de bite. Je voudrais vous y voir, moi, à tenter de faire goûter une reprise en pizzicato tricoté main à quelqu’un qui s’en est fait jouer la partition à la meuleuse (allégez selon l’art).

Vous ne méritez pas votre genre !

12 août 2006

Sécotine et pHiLo au pays des rêves d’un fou (suite et prolongement)

Sécotine et moi grillons deux jours de repos sur les plages de Barcelone.

Au retour, quand le chef de gare nous explique qué lé trafic dou traino il est à l’arrêt dans oune quarto dé la France à cause d’oune asino qui a fait tomber lou traino, Sécotine s’exclame :

– Bah, si leurs sardines bouchent les ports, pourquoi leurs ânes ne feraient-ils pas dérailler les trains ?

N’empêche, l’idée de poireauter ne me plait guère, il fait suffocant, le matin vibre déjà, j’ai besoin d’air. D’air ?

– Hep, taxi ! A l’aérodrome le plus proche, par faveur.

Devant un Rally aile basse, un type coiffé d’un bob retroussé nous explique qu’il n’a pas le droit de véhiculer de passagers par delà les frontières et que, de toute façon, il n’a même pas de casques antibruit pour nous. J’y dis que tant pis pour le boucan et, après diplomatie commerciale, il me dit que vamos !

Retour vers les Bouches du Rhône.


(video mpg 3Mo)

La mission du jour comportant un gentil saut de clôture à la limite molle de l’effraction, il m’est contractuellement interdit d’en faire le récit. Butteroil est du genre spépieux, voyez-vous-t-il ? Ainsi soit-ce, il vous faudra me croire sur parole. Mission quatre : cochée !

***

Quand on loue des caisses qui coûtent en fraction de million d’euros, on s’attend à tous les gadgets richards possibles. Et on les a : sièges et volant chauffants, tableau de bord à reconnaissance vocale, pose-tasse réfrigérant, miroirs qui font fiat lux du fond des ténèbres, système de lecture de la pupille pour crier haro sur le pionceur, barillet escamotable armé de quatre parapluies, sono capable de modifier la tenue de route tellement ça kmpoumpfe… Et vous voulez que je vous dise ? Le mp3, c’est un truc de pauvres, y’en a pas dans le super-luxe. Cons de riches ! Et maudit sois-je d’avoir emporté mes galettes préférées en compressé. Maudit ! Car laissez-moi trois jours sans le frifri des jérémiades extracosmiques de Wim Mertens, sans une attaque aux tripes par Alicia Keys plongeant sous les graves, sans la douche électrique des apnées verbiâtriques de Boby Lapointe, laissez-moi donc trois jours sans nourrir mon oreille de ses mets favoris et voilà que la moindre cantatrice électronisée me gallinacie la chair et que la plus médiocre ligne de basse m’emporte le plexus, envers et contre moi-même.

C’était à prévoir : tandis que Sécotine et moi entrons dans la lumière noire du Gogo Nordisco, sur la route d’Ermenonville, je pars en transe free-style sur la piste, secoué par du Diam’s de la pire facture : le genre de musique chiée mille croches à la seconde par des machines à entuber l’amerde. Ainsi tassé-je, sur ce pauvre rap-FM, le menu «du philosophe» revisité tout poisson rien que pour moi et clapé plus tôt à La Table des Poètes. C’te décadence !

Si le bon vin fut pour l’esprit, la vodka-citron est pour le coude. Et vas-y que j’en flanque un petit coup (de coude) à la Pina qui a dû répéter son scénario de fin de soirée en suçant un tube de Gemey rouge. Merde, de près, c’est un cas dermatologique, cette crapaonne ! Si je la branche sur une partie en triangle, Sécotine va passer des heures à lui faire les boutons, je vois d’ici ma branlette, couché au panier. La petite auburn toute sèche, je la sens mieux, tiens. Puis j’ai l’air de l’amuser. Je m’approche au pas du torero. Un déhanché Travolté, trois pas en canard, un pet mimé façon comique troupier et hop ! demi-tour à la Claude François en faisant rebondir mon talon par terre. Sans me débuster, je roule ma tête vers elle : elle s’esclaffe !

Gloire à la rhétorique de l’ellipse qui, au dur labeur de la séduction tarabiscotée et au maintien du thermomètre dans le rouge lors du retour à l’hôtel, substitue deux pressions sur la touche Enter :

– Si tu as mal, dis-le quand même, hein ! que je fais à la fille auburn en écrasant mon gland sur sa rondelle, histoire de lui démontrer que la sodomie bien amenée est, petit a, sans douleur, petit b, nettement plus récréative que «chier à l’envers», selon ses termes.

– Tu devrais faire gaffe, commente Sécotine, avec le temps, ton petit laïus sur l’analgésie anale commence à ressembler aux boniments d’un arracheur de dents.

– Je pense que tu devrais noter la chose, dis-je à la fille auburn, quinze centimètres de ma bite sont dans ton cul et l’équipe de réanimation n’est toujours pas là.

– Laisse voir, qu’elle fait en se contorsionnant. Ah oui, ben chapeau, même pas mal. Le petit a, tu as gagné. Mais j’attends le petit b.

Pour les parties à trois, il faut savoir se concentrer. J’ai beau lui faire gonfler le clito gros comme un cul de boudin de zodiac, elle arrive pas à souffler dans la trompette pour lâcher les chiens, la petite sèche. Foutre au picolitre ! c’est un petit, petit, petit b qui se profile. Sait pas se concentrer, cette belette, voilà tout ! Et le premier qui cille, je mets son IP au ban.

– On change ? que je propose.
– En fait, dit-elle avec un brin d’hésitation mal feinte, ça me plairait de continuer un peu plus dans l’intimité avec Sécotine.
– Sécotine est pour, triomphe ladite telle qu’en soi-même. Le pHiLo n’aura qu’à se faire tout petit dans un coin et filmer en silence. Toc !

Dans le fond, ce que les uns font aux autres, je m’en fais des scoubidous. Et je vous promets que même les gousses qui se trilipotent la polipote, ça ne me travaille pas plus que si c’étaient des mecs. Je me bricole donc une gentille trique de croisière en me disant qu’à la première qui crie jusqu’à Hoût-si-Ploût qu’elle a bon-mon-dju-qu’elle-a-bon, je la culdnappe d’autorité et je la finis à la hussarde.

– Hou, hmm, hou… dit l’une des deux.

Je n’en attends pas plus. Je bondis, saisis la première croupe et me l’accule. Au grand galop des steppes, à la voltige mongole, yahaaaaa !

Mine de rien, elle me plaît bien. Caroline, elle s’appelle. Et ses fesses se remettent en place divinement quand on leur applique beaucoup d’amour à la fois et que ça claque.

Vous savez comment ça va, quand on baise. Y’en a un qui fait ho, l’autre qui fait ha, mais c’est pas ça qui compte. Ce qui compte, c’est la beauté intérieure.

En reconduisant la Miss auburn vers ses pénates perdues dans le petit matin, nous nous déportons vers le Parc d’Ermenonville. A la massette dans le mur désigné par Butteroil, mission cinq : cochée.

Hé, je déconnais pour la beauté intérieure. Ce qui compte, c’est combien de fois on remet le couvert avant de s’être sué à sec, bien sûr.

***

Personne ne lit pour du vrai dans les cafés. Chacun, son livre à la main, se montre lisant. L’être qui lit au café relit sans cesse, d’un coin à l’autre des pages, la même ligne qui crie par les yeux plats du lecteur à celui qui le voit : «Parlez-moi».

Aussi interromps-je la dame qui tient la pose face à un Fred Vargas :

– Ça vous va, vous, toutes ces tentes ?
– Je sais pas, qu’elle mindaude, je suis mitigée. D’un côté, ça permet de se faire une idée de la misère à Paris. D’un autre, ça casse le moral de tout le monde. A terme, ce n’est pas bon. Les Français ne s’émeuvent qu’un temps. Après, ils risquent de finir par détester tous les SDF. Et c’est Le Pen qui va récolter tout ça, c’est le paradoxe. Vous êtes Belge ?

Ils sont un peu élagués, les Français, ils croient que ça fait un sujet de conversation, être Belge. Gnagnagna, on ne vous connaît pas assez, gnagnagna, vous avez plein de gens talentueux, comme l’autre, là, comment déjà, Tintin, et gnagnagna nos amis belges, regnagnagna vous êtes plus pragmatiques que nous pour les drogues et pour l’euthanasie des vieux, et puis vous avez un humour que nous apprécions tellement.

– La réalité, c’est que les Belges sont cent fois moins pète-cul que les Français, madame. Et je ne dis pas cela QUE pour vous, croyez-le bien.
– Hahaha, humouuuur. J’adooore ! qu’elle fait.

Ce que j’aime, avec les Français, c’est que ça les fascine tellement de voir des francophonidés pas pète-cul, qu’il se lâchent plus avec nous qu’entre eux. Le Belge, c’est mieux qu’un ami pour le Français, c’est une thérapie. C’est pour ça que toutes les Françaises veulent se faire sauter par un Belge. Sinon, je n’explique pas pourquoi cette innocente dadame que je relance poliment sur la vie de ses fesses (histoire de causer, quoi), me regarde subitement avec une main dans le décolleté tandis que l’autre fait la houle sur la table.

Hep, hep, hep, c’est que je n’ai pas que ça à foutre, moi. Sécotine a décidé de rester au Victoria pour lire et dessiner, je suis seul pour la triple mission dont je ne vous dirai, une fois encore, que le minimum puisque par deux fois, elle impliqua une (minime) déprédation de monuments historiques.

Je téléphone le soir à Butteroil :

– Succès total, Monsieur Butteroil !

***

Y’a jamais de chute dans la vraie vie. Jamais. Et mal branlés sont ceux qui s’arrêtent avec nostalgie sur l’idée que les meilleures choses ont toujours une fin. Les meilleures choses n’ont pas de fin, elles ont des prolongements, ce n’est qu’une question d’attitude face à soi-même.

Tenez, vous voulez que je vous raconte un prolongement de cette aventure ?

Pendant ces 10 jours d’escapade, j’ai perdu quatre kilos. Si je ne les avais pas perdus, je ne me serais pas empressé de retourner faire un match de boxe pour voir si ma frappe avait gagné en vélocité. Ô si vous saviez quelle découverte ce fut d’entendre craquer ma paupière lorsque d’un crochet préparé sous ma garde, Seigneur Bastos, seul à battre Banania Koukour, m’écrasa son poing dans la gueule.