Archive du mois de juin 2006

29 juin 2006

La pipe Klop-klop™

A l’instant où cède la goupille, un borborygme caverneux retentit, digne du suce-bave des arracheurs de chailles. Mais si, vous savez bien, le petit tuyau spiralé qui vous écope sous la langue et fait tout haut le waowaow que vous articulez tout bas sitôt que le dentiste tourne le dos.

D’un coup, ça me frisque un fabuleux coup de blizzard sur le gland*. Dans la seconde, la crème fait irruption.

- Plouarf ! tousse Sécotine, je ne peux pas avaler, ça vient trop vite.
- Appuie moins fort, que je fais-je-t-il.

Elle m’empalate à nouveau la bite, place la buse molle en parallèle et presse gentiment la détente. Je sens à présent la chantilly qui, tout en gonflant les joues de Sécotine, me monte à la hampe, longe la fourche, cavite sous la couronne et part en turbulences vers la pointe de mon gland avant que de s’évanouir dans une succion infernale.

- OK, ça marche, qu’elle déglotte. On fera comme ça.

Tandis que Sécotine me reprend en pompignole à la classique, laissez-moi vous entretenir sans obligation d’achat sur quelques enjeux d’ordre technique. Ordoncques, le problème de la pipe chantilly est double. D’une part, une bombe de crème fraîche ne fonctionne qu’à la renverse. D’autre part, la buse à choupironner est très courte. Heureusement, l’industrie pétrochimique a fait de gros progrès dans le domaine des plastiques alimentaires et l’on peut aisément se procurer, de nos jours, pour une somme modique, un tube souple qui permet de faire jaillir la crème où l’on veut, comme on veut, sans attenter au maintient cul par-dessus de têtes du récipient sous-pression. Mais on cause, on cause et voilà que je suis sur le point de jouir. C’est que j’ai un récit en cours, moi.

- Je vais jouir ! confirmé-je.

Avec la maîtrise du soldat qui remonte son fusil les yeux bandés, pendu par les pieds, la tête dans un seau d’eau, Sécotine double ma bite du tube siliconé et presse la gâchette.

Le meilleur de la pipe, c’est les dix secondes qui précèdent le défouraillage, quand il n’y a plus rien à penser, plus rien à désirer, plus rien à contracter, quand votre esprit baigne tout entier dans la certitude d’un orgasme inexorable.

A vrai dire, la bite dans l’œil d’un cyclone chantilly, le temps ne roule plus pareil. Il y a un lissé supplémentaire, une dimension inédite. Je me souviens qu’en lâchant ma première salve, j’ai ouvert les yeux sur Sécotine qui fumait mon belge à tout berzingue et à fond de glotte. Je me souviens qu’ensuite, à la fin de son sprint de machine à coudre, elle a cessé de hocher le chef et a enfoncé la gâchette à pleine ouverture, déployant sur ma queue en crise mystique une interminable jupe de crème.

Sécotine s’est relevée, triomphante :
- Alors, ça t’a fait l’effet d’une bombe ?

* Tant qu’on y est, faites-moi le plaisir de vous sortir du crâne l’idée que le plaisir libidique ne va que dans le sens de l’échauffement. Allez donc vous faire fignoler, à ma santé, une feuille de rose conclue par un petit glaçon poussé dans le cul : vous ne regarderez plus jamais votre frigidaire sans rougir.

23 juin 2006

Tatouage phase 5 : prise d’épaisseur

Souvenez-vous, le dernier stade de développement de mon tatouage, c’était ceci :

Après la phase 4 (revoyez toute la série ici), j’ai eu envie de soumettre le modèle de trigrenouille à un pro. Mon souci était avant tout technique : les traits ne sont-ils pas trop rapprochés et ne risquent-ils pas, à terme, de se rejoindre en se diffusant ?

Je suis allé poser la question au brillantissime Daniel DiMattia de Calypso Tattoo qui m’a dit que l’épaisseur du trait, c’était pas ça le problème. Hé là, mollo ! Un problème ? Quel problème ?

Il a regardé mon dessin d’un air du gars qui voit tout en un clin d’œil. Et, ô misère, il a tout vu en un clin d’œil : on ne le voit pas, mon tatouage !!! Exactement ce que je ne voulais pas entendre : trop d’espaces blancs ; un fouillis de traits ici et là qu’on ne comprend pas de loin ; pas assez massif ; pas assez d’aplats ; pas assez d’équilibre des espaces. Paf ! La gifle au bon endroit.

J’ai renvoyé les conseils du pro à Jer qui m’a fait puf-puf comme quoi il n’y avait que moi pour ne pas me rendre compte de cela. En gros.

Voyez, il avait déjà sa petite idée. En deux coups de cuiller à pot, il me retourne ceci :

Génial ! Voyez-vous la vulve au centre ? Voyez-vous la fourche de gland qui chapeaute le clitoris ?

Enfin, voyez-vous de l’ensemble jaillir un masque japonais ?

J’ai fait ici une rapide retouche pour accentuer cet effet :

Par ailleurs, la guirlande de champignons-mamelons qui fera partie de la bannière autour de mon mollet s’est garnie d’une participation supplémentaire. Une volée de merci fébriles à Stéphanie qui n’a pas son pareil pour faire coucou c’est moi :

La mycoplastie mammaire :

Pour rappel, la trigrenouille sera centrée sur le mollet. A l’arrière donc. Il reste à prévoir le “bandeau” qui fera le tour complet du tybia. La ligne inférieure de ce bandeau sera plantée de champignons-mamelons. Pour le corps du bandeau, je cherche l’inspiration du côté des arabesques géométriques répétitives. Si quelqu’un a de bonnes sources pour en trouver, je suis preneur.

20 juin 2006

L’acide d’écorne-oeil

Si les prévisions des volcanologues étaient précises, plus personne ne se retrouverait, impuissant, rattrapé par une coulée.

Moralité : Lave à l’heure n’atteint pas les nombreux désarmés.

18 juin 2006

Interview sexe : Pierrette

Vous vous souvenez des règles de cette série d’interviews ? Sachez que, pour une raison que j’ignore, un détail de la discussion liminaire a induit quelque tension dans l’entretien. Pas désagréable du tout, au demeurant, car –et je suis bien triste que cela ne soit pas reproductible dans cette transcription– sur le visage de Pierrette se déployait, à intervalles réguliers, un grand oiseau de pulpe rose, apaisant comme le matin quand le matin vous sourit.

Cette métaphore tricotée à la main en poil de cul de planche de chiotte de gare, est profilée pour vous gratouiller l’esprit tout au long de la lecture de cet entretien. Souvenez-vous donc, qu’après chaque phrase ou presque, Pierrette sourit large et doux et qu’elle est belle à se chier dans les chaussettes (vous, pas elle).

Houlà, la gaffe. 22 ? Bon, ben tu as l’air plus mûre que 22 on va dire. Ça rattrape ?
Non, hein, j’ai 26 ans, mais fallait dire 22.

Plus mûre que 26, aussi.
Bon, je ne dis pas mon âge, c’est tout.

Tu baises uniquement avec capote ?
Oui en théorie.

Et en pratique ?
Beeeeeeen…

Quand c’est sans, ça se discute ou bien c’est dans le feu de l’action ?
Non, je discute. Je lui demande s’il a fait un test récemment, s’il a baisé sans capote depuis le test.

Donc si le mec a fait un test mais qu’il a baisé sans capote depuis, c’est non ?
C’est non en théorie.

Et en pratique ?
Beeeeeeen… Hahhaha, hem !

Ton dernier test, c’était quand ?
Y’a trois, quatre mois, je crois.

Et la dernière fois que tu as baisé sans capote ?
Oh, dis, ça va. J’ai pas envie de stresser.

Tu te masturbes souvent ?
Souvent quand je suis amoureuse.

Raconte…
Haha, quand je suis amoureuse, ça me… haaan !

Et ?
Et ça fait du bien, quoi, normal.

C’est où que tu as fait l’amour la première fois ?
Chez ma tante.

C’était comment ?
Comment c’est chez ma tante ?

Non, la première fois…
Oui, ben j’avais compris. Ben, ça va, ça picote tout chaud mais ça va. C’est juste un peu… sec. C’était avec son locataire d’en-dessous.

Et pourquoi chez ta tante ?
Non, chez lui, mais c’est chez elle, la propriétaire…

Avec ou sans jouissance ?
Je ne sais plus. De toute façon ce n’est pas…

«…ce n’est pas le plus important. Nous les filles, on ne se focalise pas là-dessus»
Ben quoi…

Non, je voulais te provoquer, mais ça n’a pas marché.
Me provoquer sur quoi ?

Sur le côté «Je ne jouis pas, mais j’ai quand même du plaisir».
Ah… bon !

Bon, un coup dans l’eau. Tu as combien de positions pour te masturber ?
Une seule.

Tu me la décris ?
Tu veux ?

Si tu veux… Mais avec plein de détails alors.
Haha… Bon… Ben… il me faut ma couverture. Je fais une grosse boule avec et je me couche dessus…

Sur le d… ? Ah, non, sur le ventre !
Oui, comme ça.

Un peu comme pour une levrette.
Non, simplement couchée sur le ventre, avec mon bon p’tit cul qui remonte un peu à cause de la couverture. Et je reprends toujours un bout de la couverture pour me couvrir les fesses.

OK, je visualise. Cambrée ?
Oui, quand même.

Et tes mains ?
Les bras le long du corps, comme ça.

Et les mains ?
Ben… [elle fait le geste de poigner].

Tu poignes dans quoi ?
La couverture hein, pas moi. Je ne me ferais pas ça [repoigne] aussi fort. Non. Je fais plutôt… Ben… Ben, j’ai jamais parlé de ça et je crois que je suis un peu gênée. Pas gênant, je ne sais pas quoi.

Oh, une vierge de la confession. Tu vas voir, je vais y aller doucement, ça picotera pas tout chaud, comme tu dis. Y’aura pas de sang.
Haha, non mais bon. Et puis c’est enregistré, c’est pas… tu vois ?

Bon, je continue. Si tu dis «je passe», je change de sujet, ça va ?
D’accord, merci.

Bon, alors tu fais quoi avec tes mains ? Tu poignes dans la couverture et tu fais quoi ?
Je fais deux boudins et je fais comme ça, je masse.

Tu masses comment ?
Ben j’ai ce côté-là comme ça. Donc j’enroule un peu la couverture et je rapproche mes deux mains.

De quoi ?
De quoi ? Ben de quoi… d’elles-mêmes, quoi ! L’une de l’autre.

Et ta chatte dans tout ça ?
Ben, ma chatte… euh… comme tu dis…

…comment tu dis, toi ?
Non, rien, comme ça, mais c’est un mot que je ne prononce jamais.

Tu vas voir, on va y arriver. Donc jusqu’ici tu passes ton temps à t’essuyer les mains dans ta couverture. OK. Et tu allais me dire qu’à un moment tu sors un gros gode triphasé qui est branché sur le pylône…
Hihihihi. Non, c’est ça l’astuce : je fais aller mes mains comme ça et ça me prend un peu ici.

Tout près du clito, ou bien large ?
Large, large. C’est vraiment ici.

Ben mets les, parce que comme ça, je ne sais pas si c’est en haut, en bas…
Ben, donc normalement, je suis sur le ventre et ça fait comme ça.

Ah, oui. Marrant. Comme les trucs pour le drainage lymphatique, là. Tu vois ce que je veux dire ? Un truc de télé-achat avec deux rouleaux qui te pincent la peau.

Tu regardes pas le télé-achat, c’est ça ?
Pffffft, hahaha.

Quoi ?
Non, rien. Hahahaha.

Tu as fait la danse classique ?
Non, pourquoi ?

C’est tes pieds, ta manière de les poser. C’est quoi tes fantasmes ?
J’en sais rien… Ben c’est vrai.

T’as pas de fantasme ?
Si, je crois, mais c’est des trucs que je ne saurais pas exprimer, c’est trop compliqué.

C’est quoi que tu ne saurais pas exprimer ?
Putain, justement…

Quoi, c’est trop cochon ? C’est trop comp…
Non, c’est pas cochon. C’est parce que je ne sais pas comment j’y pense. Je ne sais même pas si on peut appeler ça des fantasmes.

Bon, trouve les mots.
Ah la la, attends… Non, je ne sais pas, je ne sais pas.

Je peux essayer de poser des questions pour que tu trouves un moyen de me le dire ?
Ouuuuais ? Quoi, pas de l’hypnose, hein ? Hahaha…

Non, je vais juste repartir de plus loin. C’est quoi pour toi un fantasme ?
Et ben voilà, attends. Les gens qui ont des fantasmes, ils savent dire : je veux faire ceci ou ça avec, je sais pas moi, un acteur, dans tel endroit, avec plein de gens autour ou sous un cocotier. Moi, c’est pas des histoires. Je ne sais pas comment je ressens, mais c’est pas… c’est pas un truc de pensée.

Hé, intéressant… C’est pas un truc de pensée ?
Non. Je ressens quelque chose, je ne sais pas où, je ne sais pas comment et ça m’aide à aller plus loin.

Vers quoi ?
Je ne sais pas. La jouissance ? Je ne sais pas.

Donc le fantasme, enfin, toi, tes fantasmes, c’est du ressenti, pour aller plus loin, pour jouir…
[acquiesce avec l’air de dire que ce n’est pas exactement ça mais qu’on ne dira rien de mieux aujourd’hui]

Mais le fantasme, tu le ressens quand tu es dans le feu de l’action ou bien ça peut arriver quand tu rêvasses toute seule sur une chaise ?
Oui, non, dans l’action. Uniquement dans l’action.

Mais le… Plutôt… Laisse moi réfléchir. Tu choisis de fantasmer, ou bien ça te tombe dessus ?
Ben, je ne sais pas. Bon quand je fais… enfin, la chose avec ma couverture, hein, tu… Bon, et ben, là, ça va. J’appelle l’état de fantasme et il vient, si tu veux. Quand c’est à deux c’est plus compliqué. Il y a des mecs qui me font des choses qui m’empêchent de me mettre dans cet état là.

Qu’est-ce qu’ils font ?
C’est pas technique ou quoi. Non. C’est comment l’ambiance se met, au moment où on commence. Des fois ça part bien dès le début. Même s’il s’y prend comme un manche, je peux me mettre à fantasmer.

Le fantasme, ce serait pas un état d’abandon, de laisser-aller, pour toi ?
Oui, c’est quéqu’chose comme ça. C’est se dépouiller, chaque fois un peu plus, se dire que la prochaine respiration, tu seras un peu plus loin. Oui, un truc comme ça.

C’est quoi l’orgasme, pour toi ?
Putain, ça aussi, c’est compliqué.

Et bien, commence par me dire ce que c’est l’orgasme d’un mec.
Ben vous, c’est simple. L’orgasme, c’est aller chercher l’excitation et paf. C’est super visuel chez vous. Il suffit de voir pour être excité. Et puis quand vous jouissez, ça se voit.

Et vous ?
Ben moi en tout cas, c’est pas pareil. Il suffit pas de chercher l’excitation. Non, on peut la faire monter. Enfin, on doit la faire monter en nous, mais ça suffit pas. Faut encore déclancher quelque chose en plus. On peut monter… On… Moi je peux être super super super loin dans l’excitation et pas arriver à la jouissance.

Et tu peux aller pas très loin dans l’excitation et jouir quand même ?
Ouais. Pas… Faut quand même un peu, hein, quand même, mais la jouissance peut venir avec un petite excitation et aussi bien ne pas venir avec une grosse excitation. Enfin, pour moi. Je dis pas.

Et le fantasme, il intervient quand tu décides de ne plus aller plus loin dans l’excitation et de commencer à chercher la jouissance ?
Je ne sais pas si c’est ça. C’est un peu… je sais pas. Moi je vois plutôt ça comme… Tu vois, c’est un peu comme quand tu fais un saut périlleux. Y’a un moment, tu montes, tu montes, puis il faut décider de faire la vrille au bon moment pour retomber au bon endroit.

Et l’orgasme, c’est le bon endroit ?
Ouais. Non. Non, c’est un peu le tout. Dès le moment où je décide de chercher la jouissance, si c’est le bon moment, c’est que ça commence déjà. C’est pour ça, ça peut être long la jouissance. Pas seulement le moment où ça y est, c’est aussi avant. Quand tu sens que tout va bien, que tu n’as pas à te faire de stress. Oui, c’est déjà un niveau supérieur par rapport à «Je suis toute excitée».

Combien tu as déjà eu d’orgasmes en une seule soirée ? Ton record…
Quatre je crois…

Et com…
… mais jamais à deux. A deux, ça me suffit d’un. Je suis pas… Je ne fais pas des records, je préfère que ce soit intense.

Pas abuser des bonnes choses ?
Non, mais c’est pas la même chose. Toute seule, c’est plus… C’est plus pour toi. A la rigueur, tu t’en fous un peu. A deux, je ne fais pas ça comme un jeu. Si, c’est aussi un jeu, c’est pas ça, mais je ne sais pas, à deux, ça a un sens, c’est plus un aboutissement, un truc à partager.

L’amour, c’est nécessaire ?
Pour faire l’amour ?

Oui.
Honnêtement, tu connais des filles qui savent faire l’amour sans être amoureuse ? A part des putes.

Euh, oui, mais je sens que c’est la question pour s’enliser. Je peux changer de sujet ?
Ben, c’est toi le chef.

Tiens, quand on fait l’amour, il y en a un qui est le chef ?
Ben, a priori, non.

Et a posteriori ?
Non, c’est mieux quand c’est 50-50. Si tu dois tout mener, c’est pas marrant. Il faut trouver l’équilibre, que ça soit un échange.

Tu as déjà simulé ?
Jamais. Alors là, jamais.

Hé, je suis pas ton mec, tu peux…
Mais non, je fais pas… Simuler pour quoi faire ? Je préfère discuter, ou bien juste passer un moment câlin mais… Non, jamais.

Tu as eu beaucoup de mecs ?
Non, je suis difficile et je prends mon temps.

Genre ?
Euh… (fait non de la tête).

Passe ?
Oui, j’aime pas. Compter ça, c’est vulgaire.

Oh, pardon. Tu m’excuses ?
Ca va, c’est pas toi, c’est moi.

Quand tu fais l’amour avec quelqu’un, tu t’aides un peu ?
Ça dépend.

De…
Ben si c’est… Si c’est rapide ou pas.

Je ne suis pas…
Si c’est… [elle tape énergiquement sa paume sur le rebords de la table]… là, oui.

Quand ça claque, quoi.
Haha, oui.

Et sinon, pas besoin ?
Non, quand c’est doux, je peux toujours trouver une position qui me va.

C’est quoi, tes positions préférées ?
Hmmm, j’aime bien quand je suis dessus. Couchée dessus, les mains qui me tiennent bien à la taille.

Ça t’arrive, pendant que tu fais l’amour, de t’arrêter, de sucer ton mec, puis de recommencer ?
[Fait non de la tête avec une mine ahurie]

Y’a co…
De toute façon, j’aime pas faire des pipes. Je ne fais ça que si le mec a une panne. Et si ça lui va pas, il peut aller se faire voir.

Wow ! Haha !
Ben oui. Je sais bien, mais voilà, j’aime pas, je vais pas me forcer pour être à la mode. Et puis ça oblige à avoir d’autres atouts.

Ma question suivante, vas-y…
Alors, mademoiselle, quels sont vos atouts, je vous prie. Alors mes atouts, monsieur, c’est que je fais tout le reste mieux que tout le monde. Hahaha.

Hahaha…
Mes atouts, pfff… Je passe.

Merde. Je peux pas savoir ?
Non, je dis ça comme ça. Puis tous les mecs sont pas obsédés par ça. Y’en a aussi des normaux qui aiment faire l’amour à deux, sans forcer l’autre à faire des trucs qu’elle veut pas faire.

T’es pas une emmerdeuse, au lit, quand même ?
Non. Je crois pas. On me l’a jamais dit. Mais toi, tu crois que tout le monde fait des trucs comme ça, parler de sexe avec des gens ? C’est pas… Je suppose que t’es un tordu, toi, de ce côté-là.

Tordu, c’est quoi ?
Si, hein, je parie que oui.

N’empêche que tu réponds, ceci dit. Et que tu as dit oui.
Quoi oui ?

Et ben, oui pour répondre à mes questions.
Moi, c’était juste pour voir, mais n’empêche, toi…

Bon, Ok, je suis tordu. J’allais te raconter ma vie sexuelle, mais puisque tu ne veux rien savoir…
Oh, oh, oh, ça, tu fais bien, je risquerais de partir…

Bon, ben je vais couper alors, ça te va ?
Moi c’est bon.

12 juin 2006

Salade pour les songes

Au pays des fleurs carnivores, les cannibales sont végétariens.

7 juin 2006

Pas sage culottée

- Tac…tac…tac… Et puis : tacatacatac. Tout le temps, vous comprenez ? La journée, ça va encore, mais la nuit, j’en deviens folle, vous connaissez, là, la goutte sur le front, pareil ! A mon âge, ça va me tuer.

Elle reprend la poupée par les pieds et assène de grands coups de tête en plastique mou sur la boite bleue.

- Vous savez, que je risque, c’est du métal à l’épreuve de la vie urbaine, vous n’avez rien de plus contondant ?
- Nenni, hein, m’fi ! Tantôt, j’y ai cassé ma louche au premier coup. La poupée, elle tient. Et si elle ne tient plus, j’en ai encore toute une boîte dans le corridor, là.
- Si vous voulez, me posé-je, vous allez me chercher un couteau et je casse cet agayon pour vous.

Elle rentre dans sa maison, crie un truc en Wallon et, à l’instant où elle en sort, un gros couteau de table manque de l’estourbir, chuté du premier étage.

- Dji v’dimande èscuse, madame Marthe, dji n’vos avou nin veyou, crie l’envoyeuse.
- Nin veyou, nin veyou ! Eco on pô èt dj’esteu mwérte, madame Irma, awè !

Elle ramasse le couteau, me le tend et se replace devant sa porte.
Tandis que je tente de décapsuler ce gros vibreur bleu qui braille l’état du sémaphore pour les piétons aveugles, la vioque me demande si j’ai l’heure. Je dis que non. D’un revers de la glotte, elle renvoie la question au premier étage.

- Ne restez pas là, ironisé-je, des fois que Madame Irma vous envoie la pendule par le chemin du couteau.
- Oui, bon, ouibonne–t-elle, est-ce que vous y arrivez, m’gamin ?
- Regardez, quand je pousse comme ça, le bruit devient plus sourd, peut-être qu’en poussant encore…
- Deûs eûres cåzi èt d’mèye, grésille la vieille d’au-dessus par le parlophone.
- Et bien qu’est-ce que vous attendez pour pousser ? me harponne-t-elle. Tchoûkî don et fètes mi dès bokèts di c’måssi trigu ! A la demie, il faut que je rentre.

Je pousse, je tords, je gnnnnnnique sa gnnnnnace mais c’est du solide. Bien plus que le couteau, qui casse à l’endroit de l’inscription «Coutelleries Gembloutoises».

- Ne m’skettez nin l’couteau d’Madame Irma, dites donc !
- Je suis désolé, me désolé-je.
- Allez, merci m’gamin, vous êtes bien gentil, mais allez-vous-en, vous me faites perdre mon temps. Boudgî vos don d’là, j’vos prie.

Elle me chasse en levant au ciel le blanc jauni de ses vieux yeux bleu (dites ça trois fois) et reprend la trépanation de sa poupée contre la boîte à rendre fou.

- Deûs eûres èt d’mèye tot djusse, Madame Irma ! dit à présent le parlophone.
- Sacré sint nom di d’ju, dit Madame Irma qui s’en retourne à sa maison et ferme la porte sur ma bête gueule qui n’a pas une ébauche d’explication à vous fournir sur ce qui se passe dans sa vie à partir de deux heures et demie.

Que n’ai-je origamisé cette anecdote du jour en reportant le bombardement coutelier tout à la fin afin de conclure sur une chute incisive ? Il se trouve que j’ai poursuivi ma route derrière une fille pantalonnée en fantôme de coton. Je me suis vu un instant sautiller nu dans sa foulée, tendant ma cuisse entre les siennes pour m’étourdir à la caresse alternée de ses enjambements. C’est-y pas mieux de finir en eau de gourdin ?

2 juin 2006

Et pendant ce temps…

… chez Vicomte Raf

2 juin 2006

Minette en shadow

Au creux de ses jambes en M, ma langue effectue un rase-motte millimétrique de sa ligne carpaccio, d’une commissure à l’autre. Du point de fuite, ses yeux me retournent deux paumes qui roulent sur mes joues un coulis d’air tendre.

Surtout éviter le contact. Tout contact.

Par-dessous l’arche bâbord, ma main survole son ventre, porte l’ombre d’un mamelon à l’autre.

– Rapproche un p…
– Chuuut, cherche.

Oui, chuuut, mon ange. Ferme-la et cherche, cherche.

Regarde, à présent j’allonge et je module le trait aérien de ma langue, comme si la peau de ta chatte la retenait un peu. Regarde, ma main s’arrête à pétrir plus en profondeur. Le mime prend-il corps, mon ange ?

– Rapproche, je t’en supplie.

Je vois que oui. Ouh, que oui. Tu t’en décroupes, ma parole. Olé ! pas touché ! On reprend.

A présent, je vais y aller de mon attaque-alligator. Tu sais, ce truc que tu n’as toujours pas compris, que je fais avec ma langue. Regarde, ce n’est pourtant pas compliqué. Je la tords à 180 degrés, puis je la pousse à travers mes lèvres pincées. Hop ! En bout de course, elle se détord toute seule. Je la rentre en un clin d’œil, la tords à nouveau dans l’autre sens et c’est reparti. Zigwigligwiglip ! Pense, pense à la pointe de ma langue qui t’escrime le bouton. Pense au rythme métronomique de mes lapements. Pense à leur détente anarchique. Tu te souviens ? 50% de délice prévisible, 50 % de piment surprise. Comme la tente Décathlon. On la lance en l’air et clac ! Elle est montée. Une fois de guingois, l’autre fois à l’envers, mais montée, comme par magie.

– Pose-la, maintenant, pose ta langue, maintenant !
– D’accord, je la pose, maintenant.

Oui, mon ange, je vais te délivrer du supplice. Oui, infiltre mon âme, je vais l’imprégner de ta délivrance. Je vais apaiser tout le rose de ton corps en m’y appliquant. Crois-y, parce que j’y crois. Anticipe, déjà, parce que je vais le faire. Je vais vraiment le faire. Ma langue, je vais la poser pour de bon, je vais la glisser pour délier chacun de tes pétales, je vais l’enfoncer, l’enfoncer, l’enfoncer, jusqu’à te lécher, de la glotte à la vulve par le dedans. Je vais me déployer sur toi, en toi, te saisir de partout. N’en doute plus car c’est pour presque là, juste là, vois, on y est, là, ou presque, non ? Hein ? Hein ? Hein ?

- Hhhhhou, Hhhhhougm, ghhhhhhhîîîgn, ghhh, ghhh, Rrr’mhhaaaaaaouh (etc.*)

Hé ! Et bien non. Baisée, mon ange. Tu comprends pourquoi j’appelle-ça la mimette ?

* J’abrège pour vos voisins qui dorment sûrement et parce que, comme vous le savez, question owimélamoi, je ne suis pas du genre à fanfaronner. Et ben quoi, dites que oui, bordel, pourquoi vous vous regardez tous les uns les autres avec des airs de parler chacun un Chinois différent ?