Tatouage phase 3 : S’aplatir
“Et non, je n’en posterai pas de photo, il faut d’abord se prosterner et dire siouplé”.

“Et non, je n’en posterai pas de photo, il faut d’abord se prosterner et dire siouplé”.

Vous vous souvenez ? J’avais fait appel à votre talent pour réaliser mon tatouage (une bannière à base de grenouille) autour du mollet. Voici où l’on en est.
Ne manquez pas le dernier paragraphe : toute personne de sexe féminin dotée d’un appareil photo et d’au moins un sein peut encore apporter sa contribution.
Ainsi, j’ai d’abord reçu une petite salve de propositions de la part de mon bien-aimé Vicomte Raf. J’ai tout de suite flashé sur l’un de ses dessins et j’ai vraiment pensé que rien de mieux que cela ne pouvait arriver. A l’instant d’annoncer que j’avais trouvé auteur à ma grenouille, j’ai reçu une proposition d’une «admiratrice secrète», Laureline (là, du coup, c’est plus secret), qui m’a sacrément emmerdé.
Emmerdé parce que, coïncidence extraordinaire, l’idée de base de son dessin touchait un petit bout de moi de manière assez fulgurante. Pour ne pas m’éterniser en miauleries qui vous feraient dire «Mon Dieu que ce garçon est intelligent et sensible», disons que cela me correspondait vraiment bien. Notamment sur la question de la juxtaposition thèse/anti-thèse qui synthétise la voie d’une interprétation tierce, bref.

Proposition de Laureline
Quelques jours plus tard, j’ai reçu une troisième proposition, de Jer.

Proposition de Jer (détail)
Là, je me dis pouache. Son motif n’est pas celui que je préfère, mais sa technique, son inspiration et son talent m’imposent quand même l’idée que c’est avec lui que je veux poursuivre l’adaptation du dessin de Laureline.
Laureline accepte cette cavalière demande. Je crois quand même qu’elle ne m’en veut pas trop puisqu’elle m’a envoyé entre-temps un petit hommage rien que pour moi.
Je remets le dessin de Laureline au noir et à la plume vectorielle, je redresse la symétrie, et j’envoie le tout à Jer avec comme toute première instruction de chausser à la trigrenouille des doigts en forme de spermatozoïdes.

La base soumise à Jer pour modification
De mon côté, je bricole des spermatos assez poussifs :

Mes spermatos mal branlés
Jer, lui, c’est tout de suite le panache. Il me retourne la trigrenouille avec des doigts-spermatos à tomber raide, non sans adapter les pattes pour l’équilibre du dessin.

Les spermatos (bien branlés) de Jer
Il me propose également quelques variantes de spermatos. Je fonds sur le modèle naja.

Les spermatos de Jer : déclinaisons
Comme la discussion continue de courir en parallèle, je lui avais demandé d’étudier la possibilité de placer dans une des courbes de la trigrenouille un dessin caché, subliminal. Je voulais également savoir s’il était possible de doter l’épine dorsale d’une crénelure qui ne fasse pas trop crapaud. Voyez avec quel brio il interprète ces demandes : la crènelure qu’il applique à l’épine dorsale ressemble au premier centimètre du haut de la lame de mon couteau Laguiolle (modèle Aspic) ; il ressere la tête et ajoute une collerette aux grenouilles de profil pour leur faire une discrète tête de bite ; et d’un seul trait, il dote les yeux d’un iris plus expressif (pour la grenouille) et plus en forme de trou de bite (pour la tête de bite).

La grenouille à tête de bite
Au passage, je note que si l’on renverse le trait qui constitue le corps de la grenouille, on obtient une courbe qui ressemble à un sein.

Le corps renversé de la grenouille : un profil de sein
Je fais part de ce constat à Jer et à quelques personnes et reçois spontanément (ou sous la menace) quelques propositions de profils de seins. Dont celle-ci, de Volubilis, qui va vous dégoûter à jamais de l’injustice des gènes. D’ailleurs, permettez-moi une petite digression… Quoi, non ? Ah, bon. Z’êtes pâles, là ! Hein que ça vous la coupe, une poitrine aussi fristilipouetpouet. Bref, à mon grand dam, ni ses seins, ni ceux que j’ai sous la main ne se prêtent au profil (renversé) de la grenouille : pas assez inféodés à l’attraction terrestre.

Volubilis à zéro G
En attendant que je trouve le profil de sein parfaitement adapté (rond sous le mamelon, en tremplin de ski au dessus), Jer me propose cette idée avec mamelon intégré à la courbe. Ce type a le génie du trait économe, vous ne trouvez pas ?

Magnifique, n’est-il pas ?
Pour fixer les esprits, ce dessin sera donc centré sur mon mollet et sera prolongé d’une bannière qui fera tout le tour du tibia.
DERNIER PARAGRAPHE :
OÙ JE VOUS DEMANDE DE VOUS DÉVOILER CHASTEMENT
Alors voilà, c’est ici que j’ai besoin de votre participation. L’idée de ce tatouage collaboratif me stimule de plus en plus et je voudrais qu’il implique un maximum de personnes. Messieurs, allez vous dégorger le chibre 5 minutes, je voudrais m’entretenir avec ces demoiselles un instant. Je voudrais que vous m’envoyiez le profil de l’un de vos seins, sur un fond contrasté. Si j’en reçois un qui se révèle adaptable (une fois renversé) en profil de grenouille (voir plus haut, le trait en rouge), il sera adopté pour le tatouage. S’il n’est pas adaptable, j’en recopierai le mamelon pour le placer sur le chapeau de l’un des nombreux psilocybes qui constitueront le reste de la bannière (à venir). Pour info, le psilo est un gentil petit champignon de prairie dont le profil figure un sympathique petit nichon psychédélique. Pour être honnête, je ne sais pas encore quelle taille auront les psilos, cela risque donc au final d’être assez réduit comme représentation, mais soit, nous sommes ici dans le rêve et le symbole, non ? Moi, oui, en tout cas.
P.S. : Les photos ne seront pas publiées (sauf autorisation contraire).
P.P.S. : Seules les photos personnalisées à même la peau seront prises en compte. Pas question que je me tatoue le nibard d’une photo de nymphette que vous aurez téléchargé sur www.matos-à-branlette.com. Vous prenez donc un feutre et vous inscrivez «Philo» (ou un dessin de grenouille ou votre nom, que sais-je) directement sur votre peau. Je serai intransigeant pour cette signature d’authenticité. Interdit aux moins de 18 ans. Merci d’avance : philo@philograph.be
…c’est pas pour me vanter mais il faisait splendide, je vous remercie (moi, c’est çui d’gauche).

C’est l’ébullition dans l’usine à méduses. Mon gland est en convulsion schizofrénétique depuis vingt bonnes minutes, j’ai la base de la bite qui part en gerce, mais j’ai la foi du Pithécanthrope lorsqu’il allume la flambée sous la pluie : je lime. Que dis-je, je limissime !
Au premier, Sécotine s’est vite désempafée, elle s’est abattue sur le flanc et, du plus fort de ses paumes compressées sur sa vulve, elle a étouffé le plaisir. Au second, sans lâcher la barre à laquelle elle était suspendue, elle a simplement tendu les jambes, elle m’a dit «bouge plus, bouge plus», puis elle a serré les fesses, les cuisses, les abdos et les dents.
C’est moi qui lui ai appris à laisser gonfler l’orgasme en elle puis à le figer juste avant qu’il n’explose. Le principe est cérébral, respiratoire et musculaire. Je vous réserve les détails techniques pour un prochain «Philo fait cours d’orgasme», mais sachez qu’il s’agit du contraire de tout ce qu’enseigne le tantrisme. Il y a en effet deux manières de retenir l’orgasme.
L’approche tao-tantriste privilégie un travail de réprobation sur les muscles impliqués dans l’orgasme. Pour avoir chipoté un peu avec ces méthodes, je peux vous dire que toutes visent à diluer l’orgasme sur des plus longues périodes et à transformer l’effet euphorisant puis vidant de l’orgasme en effet rassérénant puis énergétisant. Perso, je ne baise pas pour être bien : je vais bien donc je baise.
L’approche pHiLoïste vise quant à elle la mise sous pression des facultés orgasmiques par la méthode du racagnac : on laisse venir l’orgasme, on le tétanise, ce qui permet de repartir «de plus haut» et on recommence. Et comment tétaniser l’orgasme ? Plus question d’une domestication apostolique du périnée ou de la prostate. Que nenni ! Il s’agit au contraire de désengorger la zone sexojubilante en déclanchant un appel de sang tout autour. C’est-à-dire les fesses, les cuisses, le bas ventre et les dorso-lombaires, le tout étant d’apprendre à gonfler ses muscles plutôt qu’à les tendre. Au bout du compte, l’orgasme étant accepté dans ses premières manifestations, il produit son effet de sursensibilisation des zones érogènes, mais, ainsi court-circuité par le retrait du sang, il permet de repartir d’un cran plus haut, sans la frustration de n’en avoir pas profité.
A présent, la chatte de Sécotine n’est plus un simple tube de chair à l’orée cerclée d’un vague diaphragme musculeux : pour assurer la coulisse, je dois pénétrer chaque centimètre de son vagin comme on passe le gland dans un cul assoupli sans patience. Par ma bite, je la sens respirer, je me sens en elle du premier au dernier centimètre.
Bon, de toute évidence, côté usine à méduses, on frôle la fissure ! J’enclenche la post combustion. Sécotine qui n’y tient plus fait «Hîîîîîîîîîîîî» et se met à me dinguer autour du dard comme une trayeuse à mammouthe (la femme du mammouth).
Avant d’y passer tout entier, je me tire le chibre et «Flouashhhh» ! Un long fouet scintillant !
Vous en connaissez beaucoup, vous, des filles qui jouissent en «Hîîîîîîîîîîîî» ?


Tandis que Sun-Hee inventorie avec délectation le contenu de la trousse de secours, Kynie fait siffler la corde à sauter autour d’elle. Emmitoufflée dans une couverture, F. tend son visage aux rayons crus du soleil pré-printanier. Plus loin, dans l’allée, Catherine et Patricia répètent des enchaînements.
Moi, je m’échauffe en faisant des tractions sur une branche basse. Je me dis que si mes voisins passent leur tête par-dessus la haie, ça va encore jaser. Pourvu qu’ils la passent !
Le jour où Sun-Hee m’a présenté à Kynie, elle a dit : «Et ça, c’est pHiLo. C’est lui qui vient de commencer la boxe. Mais ne le tue pas avant qu’il t’ait fait un cunni, tu raterais le meilleur*». J’ai bien vu qu’elle était tout aguichée, Kynie, mais les conditions de la rencontre firent que nous n’eûmes guère le temps de causer minette.
Le lendemain, Sun-Hee me téléphona pour me dire que Kynie avait très envie de me revoir, si possible en compagnie de ses deux amantes, Catherine et Patricia. «Un brelan de gouines à lécher, me dis-je, pourquoi pas ?». Sauf que ce n’était pas entre leurs cuisses qu’elles voulaient m’essayer, mais au bout de leurs poings. Comme on se fait des films, parfois, hein ?
Kynie pose la corde et enfile un long T-shirt sur lequel est inscrit en lettres d’arc-en-ciel : «GIRL : Gay In Real Life».
- Time now ! qu’elle dit.
Sun-Hee, nous invite à éviter toute forme de pitié. F. nous rappelle que les urgences fonctionnent au ralenti le dimanche. Cat sort un petit gong de son sac et Pat le fait sonner d’un très élégant revers fouetté du pied.
Je demande ici votre plus grande attention. Suivez-bien, ça va aller très vite, ce sont les poings qui parlent :
- Gniock, crouik, krumpf ! (Kynie)
- Pokkk, krumpf, fuishhh ! (pHiLo)
Bon, je parie que vous n’avez pas suivi, bande de moules. Je vous le fais en replay : Kynie ne fait aucune mise à distance, elle me rentre tout de suite dedans avec un double du gauche (Gniock dans les dents, Crouik dans le pif) et enchaîne avec un direct du droit (Krumpf à l’arcade, à deux doigts de mon piercing). De mon côté, la tête en feu, je lui dérouille un crochet à la mâchoire à travers sa garde (Pokkk) et lui pète l’oeil droit d’un direct (Krumpf) avant qu’elle s’étourdisse dans le laurier (Fuishhh).
Ouip, mes petits pères, je l’ai mise K.O. dès la première salve, après environ 4 secondes de combat. Un vrai K.O. avec les yeux qui font jack-pot : je n’en suis pas peu fier. Et ne venez ouin-ouiner sous prétexte que c’était une fille, que la différence de stature physique, quand même, tout ça… Moi, je ne vois qu’une chose. Y’a quelqu’un qui m’ouvre au sang trois fois sur trois coups : c’est plus une femme, c’est de la boxe. Et à la boxe, s’il y a une ouverture, tu y fourres ton poing. Elle l’a fait. Je l’ai fait. Moi, mieux qu’elle, c’est tout.
* J’ai pris la liberté de traduire ces propos rien que pour vous, je tenais à ce que vous n’en manquiez pas un mot.
PS : Les dégats sur moi :


Les dégâts sur Kynie :

Le chaînon manquant entre la bombe atomique de poche et la danseuse serpentaire du Titty Twister vient enfin d’être découvert. Mademoiselle Volubilis, c’était donc vous !
Gens de Montréal, ce dimanche 19 mars à 10 heures du matin, un texte issu de ce blog sera lu sur CISM 89,3 FM par Patrick Dion.
Si quelqu’un pouvait me l’enregistrer (cassette audio, minidisc, mp3, je suis compatible tout format -assertion non sexuelle-) et me le faire parvenir, j’en serais foutrement content.
Cela passera également en direct sur le net par Real Audio Player, mais je n’ai pas encore vérifié la possibilité d’enregistrer par ce biais. L’adresse de la radio est : http://www.cismfm.qc.ca/.
Je compte sur vous ?
Mais pourquoi Tolga me fait-elle cette si gentille dédicace en se cachant l’oreille ?
- Craint-elle de succomber à mon chant de sirène ?
- Lui a-t-on mordillé le lobe toute la nuit ?
- Subit-elle un rejet à la suite d’une greffe du visage ?
Merci à vous, Tolga. En réponse à PhiloPecto, j’ai bien tenté de bricoler un TolgaTibia, rapport à vos ébats cyclistes, mais je sens mieux Tolga.
1. Pour peu qu’elle ait posé sa petite culotte sur un livre la veille, F. restera seins nus, plongée dans la lecture dudit livre, la journée d’après.
2. Un jour, F. prit sa douche en lisant, au bout d’un bras vaguement tendu hors du rideau, un bouquin tout gondolé. Elle déclara que la prochaine étape de notre évolution devrait nous bricoler un coude qui se plie dans l’autre sens, de façon à pouvoir lire sous la douche sans goutter hors du bac.
3. Les pieds de F. sont une sorte de vu-mètre littéraire. Sitôt qu’elle se plonge dans un livre, F. en interprète le texte en pianotant avec ses doigts de pieds.
4. F. classe ses livres dans l’ordre statistique des manipulations dont elle estime qu’ils feront l’objet, les catégories étant quant à elles alignées sur les périodes d’acquisition. Je fis remarquer que ce système de classement équivalait à faire une pile avec chaque série de livre qu’elle achète et à ranger chaque livre qu’elle cesse de consulter sur le haut de la pile dont il est issu. J’insistai bien entendu sur le fait que mon système serait mis à jour en permanence et automatiquement. Elle estima qu’il était tout à fait absurde de chercher à automatiser un système conçu pour compliquer la vie.
5. Parfois, F. me réveille la nuit et me demande si elle peut me lire du Verlaine. Il faut le savoir, Verlaine au grain nocturne des chuchotements de F., c’est bon comme une pipe finie en cravate de notaire. Aussi je dis oui (car je n’ai rien contre les pratiques de notables tant que ce n’est pas sur nos chaises). Et F. me lit du Verlaine, sans tourner de pages, dans le noir absolu. Je me rendors alors, aimé de partout.
Chaque année, à la même époque, des p’tits zoiseaux viennent rater leur onze septembre sur la fenêtre de ma chambre. Peut-être, il y a une turbulence chronique aux abords de la façade, ou bien une bifurcation soudaine d’une ligne de champ magnétique terrestre sous la maison, je ne sais pas.
Chaque année, à la même époque, les chats de mes voisins se donnent rendez-vous sur mon paillasson et attendent, la tête en l’air.
Ainsi va la vie.
Pimpeleu ? L’accent pointu des bobos parisiennes ? Paris du sud, alors ! Du grand, grand sud ! Le Paris qui va jusqu’au Rhône, au moins ! Allez donc écouter sa jolie voix sur Allô pHiLo (voyez la colonne de droite) et dites-moi d’où vient cet accent…
Côté accoudoir, le sofa est moulé à l’empreinte d’une vie inavouable de solitude et d’ennui. Traître velours dont le lustre, toujours, dénonce les habitudes. Sur la table basse dorment à jamais quelques livres d’une jeune femme d’aujourd’hui : La posibilidad de una isla traduit du Houellebecquistanais, un polar en Catalan, un vieux magazine Hola avec en couverture Doña Letizia qui a l’air d’avoir une sacrée envie de gerber.
Je ne la voyais pas comme ça, Maria.
Pour tout dire, je ne l’ai vue qu’en photo. Quand Sun-Hee, gouine de mon cœur, m’a balancé Maria en string sur MSN, j’en ai pas dormi. Dingue ce que ce cul m’excitait. Trois fois, je suis redescendu, j’ai rallumé le PC et je me suis frénétiquement déglandé quelques traits de jute.
A présent, nous sommes là, F., Sun-Hee, Kynie et moi à attendre dans le salon que Maria sorte au bras de son père.
De sa chambre, elle crie qu’on peut prendre tout ce que l’on veut, que tout ça, de toute façon, ne servira plus jamais à rien. Comme elle s’adresse à nous en Espagnol, que seuls F. et moi comprenons alors que nous sommes ceux qu’elle connaît le moins (vous suivez ?), j’ai la très étrange sensation que ces mots s’adressent surtout à son père, peut-être même comme un reproche. Mais je vous concède que je ne parierais pas une molaire sur cette interprétation flash.
Quoi qu’il en soit, avant de traduire l’invitation à chiner de Maria, j’empoche le magnifique candélabre en marbre et laiton. Kynie regarde poliment si rien ne l’intéresse ; Sun-Hee, elle, fixe le divan, pleine de douleur :
- It is so sad, so sad.
Ils sortent enfin. Mon Dieu que c’est monstrueux. Elle est vraiment habillée en mariée et son père est en spencer ! La mine déconfite, Sun-Hee et Kynie s’en vont faire l’accolade à Maria, saluent révérencieusement son père qui dit «Vale, vale, yes, me too» à tout comme un qui pige rien.
Et nous voilà tous, en deux temps trois mouvements, embarqués dans une Mercédès noire à double banquette en vis-à-vis, modèle Sultan Pétrodollar, qui nous guide à l’ombre des remparts d’Avignon jusqu’au pied de la rue Vieille Juiverie.
Ce que j’ai vu ensuite m’a bouleversé à jamais.
Les hôtes se sont installés dans l’Église. Après un petit quart d’heure, un cassettophone à poignée rétractable a entonné la marche nuptiale à une vitesse incertaine, Maria est entrée au bras de son père, fier et droit comme une flûte, elle s’est arrêtée, son père lui a ôté son voile, l’a couchée devant l’autel, et lui a entièrement rasé le crâne à l’aide d’une tondeuse manuelle.
Il régnait un silence sombre et frigorifique.
Sun-Hee a chialé d’abord. Puis Kynie. Puis la mère de Maria. Puis Maria. Puis quelques autres. Puis juste après, tout le monde chialait sauf moi, en gros. Sûrement un truc liturgique que j’ai pas saisi à temps.
Y’a une cornette qui est sortie je ne sais d’où et que quelqu’un a posée sur le scalp blanc de Maria tandis qu’on la relevait.
Le curé a récité des trucs en latin, comme si ça donnait de la profondeur au mythe de Dieu pour lequel des êtres désespérés, parfois, se consacrent, faute d’avoir pu goûter aux richesses du mystère la vie. Deux femmes ont emmené Maria hors de l’église sans que le curé s’arrêtât de curéer. Plus personne ne reverra Maria pendant trois ans.
Je tiens toute croyance mystique (dogmatique ou en libre-service) pour une forme de pathologie volontaire que des gens s’infligent pour s’empêcher d’accéder aux voix de l’Univers. Car il suffit en effet d’observer la vie, le monde et nous-mêmes pour s’apercevoir que toutes les clefs sont à portée de main. Juste il y a sacré foutu paquet de clefs et de serrures. Puis même si un jour se lève où l’on aura finalement trouvé la bonne clef pour chaque serrure, on se rendra compte qu’on n’a pas assez de cases dans le cerveau pour faire lien entre tout ce qui fait le Tout. Vous voyez ? Il suffit de le dire connement pour que ça ait l’air aussi con.
Pourquoi Diable faudrait-il remettre du rite, du drame et du sacrifice sur tant d’évidence ? Putain, un si joli petit cul !
P.S.: Une photo de voyage pour une impatiente :