Archive du mois de décembre 2005

30 décembre 2005

Remonter les cascades

- Arrête de sourire, enculé, mais arrêêêête ! Bon, Migou, si pHiLo sourit encore, tu attends qu’il fasse son tir d’archer et tu lui fais «paf !» à la mâchoire. Pas méchant mais sec, pour qu’il comprenne.

Z’avez déjà vu les têtes de Bouddha sculptées en creux, qui continuent de vous regarder de face quand vous tournez autour ? Le nez à Migou, l’est tout pareil. Comprenez que ce type a écumé tout le circuit amateur et que son atout le plus ostensible est l’engagement dans le combat.

Moi, là où j’excelle, c’est dans l’analyse des interactions perturbées. Or boxer, c’est se vider. Tu te vides de toute ta force dans chaque coup que tu donnes, tu te vides de toute ta douleur à chaque coup que tu reçois et surtout, tu te vides de toute pensée pour libérer tes réflexes.

Et là, Migou, mandaté par l’entraîneur pour me filer une rouste bien précise selon un schéma dicté, je peux vous garantir qu’il ne le fera plus, le vide.

L’effet est immédiat. Désormais, Migou cesse de boxer. Il sautille, tournicote, se roule entre ses épaules, bref, il simule. Fondamentalement, il m’attend.

Dans cette posture, je dispose. Je le tiens en alerte par de petites feintes sur la faille qu’il espère, toutes les 5-10 secondes, pour ne jamais lui laisser oublier sa mission, ne jamais le laisser se vider.

Et le sourire me revient.

Nouvelle feinte ? Ses yeux s’arrondissent aussitôt, j’enchaîne. Je fais semblant d’amorcer un double gauche, ce qui normalement décuple mon défaut d’archer lorsque je n’y pense pas. Il va contrer en visant la mâchoire, il n’a plus que cela en tête. Pas con, j’avorte le double et je fais un lumbago du droit alors que lui s’est dégarni vers le bas. Bourf ! au plexus ! Il resserre les coudes. Putain de toutes les mères du Royaume, j’y fourgue un crochet du gauche, main ouverte et sans porter l’impact : je tiens à lui montrer qu’en plus d’avoir placé le coup, je l’avais calculé.

- Ouaiiiis, pHiLo. Ouaiiiis ! qu’il rauque, l’entraîneur. Quant à toi, Migou, tu as été blousé comme un enculé !
- Enculé, me forwarde Migou, tu progresses.

Pendant les étirements, l’entraîneur revient à la charge sur le ton de l’aparté :
- Faut arrêter de sourire quand tu boxes, tu dois avoir la mâchoire fermée à tout moment, c’est vital. Puis pourquoi tu souris ?
- J’sais pas, j’sais vraiment pas, que j’ai dit.

Mais en vrai je le sais, pourquoi je souris. C’est parce que je suis heureux. Puis je vais même vous dire jusqu’où ça va parce que ce n’est pas juste un petit bonheur pour faire joli en fin de ligne. Quand je me vide de tout, quand j’écope mon corps de toutes les énergies qui le baignent, quand je déshabille mon âme jusqu’à son schéma en fil de fer, je vois un être mathématisé depuis ses plus irrésolubles fondamentales pour un bonheur magnifique.

28 décembre 2005

Flying chausseur

Sécotine : Et toi, c’est bon ?
pHiLo : C’est bon mais ça manque de sauce, c’est un plat coordonné…
Sécotine : (soupir)
pHiLo : C’est toujours les coordonnés les plus mal saucés…

20 décembre 2005

Interview sexe : Rigoberta

Bon, pour la structuration de l’interview, oubliez. Je crois que je n’en aurai jamais le cœur. Ce coup-ci, ce fut encore au pif et je crois que c’est comme ça que je préfère le faire.
J’ai sauté sur elle en haut de l’escalator. Au rez-de-chaussée, nous causions déjà de la baise dans les lieux publics. L’enregistrement commence après 10 petites minutes de conversation. “Rigoberta”, cherchez pas, c’est sur un détail physique que je n’ai pas le droit d’expliquer.
Rigoberta a 26 ans et une stature longiligne ponctuée d’une poitrine tout en aplomb. Son visage respire l’intelligence et la vivacité d’esprit selon des critères qui me sont propres. Lorsqu’elle parle, l’espace entre ses commissures passe du simple au double… une gymnastique particulièrement attachante.

Voilà, tu disais…
Ben c’est complètement ça, quoi. On se reconnaît entre nous. Quand on s’accepte comme on est jusqu’au bout, il y’a quelque chose qui se marque quelque part en nous… Et ceux qui le remarquent, comme par hasard, c’est ceux qui l’ont aussi. Allez, regarde comment on se parle. T’aurais eu rien qu’un doute, que je parte en criant au violeur, tu ne m’aurais jamais demandé [imitant ma manière de parler] «Tiens, voilà une fille, je vais lui demander : bonjour Mademoiselle, vous me payez un verre, vous me racontez vos phantasmes, et comme ça, ce soir, je vais pouvoir me… gnn-gnn … en réécoutant»

Ah zut, je l’ai dit ça, que je me branlais après ? Je suis démasqué alors, haha !
Non, mais allez, ça tient à quoi, pour toi ?

Oui, je crois qu’il y a quelque chose d’objectif, un signe concret. Le seul truc raisonnable que je peux imaginer, c’est un message transmis par phéromones. Des petites parcelles d’images mentales, composées avec un code chimique simple. C’est pas un truc qu’on a en plus que les autres. C’est comme pour la musique : tout le monde y est plus ou moins sensible mais certains sont plus réceptifs à la musiques classique et d’autres au blues. C’est pareil : certains captent plus les phéromones qui informent sur l’état sexuel de l’autre. Pour d’autres, ce sera… je ne sais pas moi… genre l’état de santé, l’humeur…
Une intuition, quoi…

Intuition… oui et non. Plutôt un élément qui génère, enfin, qui alimente l’intuition, qui l’oriente, une sorte de rappel d’un langage archaïque. Un truc qui nous annonce, quelques mètres à la ronde, pour préparer les rencontres. Bon, je commence l’interiew. Quand as-tu découvert ton clitoris ?
Ouf ti, depuis que je suis née. En tout cas, depuis que je sais parler. Je disais : «Mon kiri» et c’était mon clitoris, c’est vrai, je sais bien que c’est spéc’. J’ai jamais dit zizi-zézette. Chez nous on disait pénis, vagin, clitoris, cunnilingus… l’encyclopédie médicale, quoi.

Comment est-ce devenu un organe de plaisir ?
Ce l’est depuis toujours. Je me suis toujours penchée dessus, c’est pour ça que je suis si souple, hahaha.

Il n’y a pas eu un moment où tu as senti que ton clitoris devenait plus mûr ? Qu’il acceptait de plus en plus de traitements ?
Si, c’est pareil pour tout. Quand tu es petit, tu n’aimes pas l’alcool, tu n’aimes pas les chicons, tu n’aimes rien. Après, tu découvres les choses les unes après les autres.

Jamais d’affolement autour de ton clitoris, donc.
Tu veux dire quoi ?

Il n’y a pas une période, à l’adolescence par exemple, où tu as senti une accélération dans la découverte des sensations de ton clitoris ?
Ouais, si. Mais surtout, à l’adolescence, c’est l’obsession. Je ne pensais qu’à ça. Je voulais baiser avec tout le monde, tout le monde. Mais j’ai pas découvert plus de trucs sur mon clitoris. Ça me prenait que je baise avec un garçon sans me demander si c’était pour le sexe ou pour prendre mon pied… S’il y avait moyen, je baisais. Je voulais baiser, je baisais.

Le désir n’était pas lié au plaisir ?
Ce n’était pas un but. Le plaisir, il y avait des hauts et des bas, mais c’était pas pour jouir que je faisais l’amour. Le but, c’était de faire l’amour. Enfin, pas le but, l’envie.

Et maintenant ?
Oui, je dis «c’était», mais j’ai toujours fonctionné comme ça, encore maintenant.

Une bite, ça t’inspire quoi ?
Une belle queue, c’est une œuvre d’art. Vous avez une chance pas possible de pouvoir vous balader avec ça entre les jambes. Si j’en avais une, je ne saurais pas me tenir. On m’aurait demandé mon avis, moi, c’était garçon. Ah oui, je serais un mec avec une belle grosse queue, c’est sûr.

C’est vrai que tu as un petit air discret de garçon manqué, mine de rien.
Oui, c’est pas la première fois qu’on me dit ça. Pourtant…

Ben, oui, tes seins… C’est un sujet difficile à éviter, si j’ose dire. Alors ?
Alors quoi ?

Quelle tête ils font les mecs quand tu enlèves ton soutien-gorge ?
Je ne te les montre pas, hein ? Le plus…

Pas si tu n’y tiens pas…
C’est pas ça, mais nenni…

Attends, on ne va pas parler dans le vague, si ?
Mais non, mais si, de toute façon, il faudrait que je retire plein de trucs, j’ai plein de couches, là, ça le fait pas.

Bon, je ne savais pas qu’on monterait si haut dans l’abstraction, j’avais pas prévu, hahaha ! Alors, ces veinards, quelle tête ils font ?
On m’a déjà dit plusieurs fois que c’étaient les plus beaux qu’ils avaient jamais vus. Enfin, c’est pas pour me vanter, mais ils sont beaux. J’ai déjà posé et tout. Ouais !

Vraiment ? Je ne sais pas, je veux bien te croire mais j’ai un peu du mal à imaginer…
Hahaha, il faudra me supplier à genoux pour que je te les montre.

De toute façon, c’est trop tard, je ne veux plus les voir.
Tsss. Je t’enverrai une photo, si tu veux ? Tu veux ?

Moi ? Attends, c’est si toi tu veux… Moi, c’est tout juste si je ne m’en fiche pas complètement de tes seins, en fait.
Ah oui !

Genre si tu n’envoies pas la photo, je zigouille tout ton entourage dans l’ordre alphabétique…
Hahaha ! Bon, allez, pose-moi une question intelligente sur mes seins.

Une question intelligente ? Est-ce que le fait d’avoir –apparemment et en attendant un constat officiel– de très beaux seins n’incite pas tes amants à te sauter dessus et à ne plus s’occuper que d’eux ? Ou trop vite ?
THE question qui tue. Si. Il n’y en a pas beaucoup qui savent attendre le bon moment pour s’occuper des seins. Il y en a, tu as à peine accepté un baiser qu’ils sont déjà en train de te pincer le bout du sein, ça va pas.

Tu n’aimes pas qu’on te pince le bout des seins ?
Fort, non, en tout cas. Un petit peu, ça va, mais il faut respecter les étapes, sinon, tu as juste un gars qui te pince le bout du sein, quoi, tu vois ? Et tu te demandes pourquoi il fait ça, si c’est parce qu’il a envie de te faire mal, ou si c’est parce qu’il croit que ça te fait du bien ou je ne sais quoi.

Il faut quoi, pour que cela fasse du bien ?
Ce n’est jamais un truc vraiment «ouaaah !»… Parfois, ça accompagne juste une émotion que tu es en train de vivre à deux. C’est un bon moyen pour le mec de savoir si on est dans le même trip s’il a envie ce ça soit plus… au taquet.

Quelle est ta zone érogène la plus sensible, en dehors des classiques ?
Le bas du ventre et ici, les cuisses. Les fesses aussi et le cou. Et derrière les oreilles. Et les doigts de pieds, de ce côté-ci. Ma bouche aussi, ici autour.

Tu as eu beaucoup d’amants ?
J’ai plein, plein de choses à confesser, mon père. Je suis une fille de maintenant, quoi. Je veux avoir eu une vie avant de rentrer dans ce qu’on m’offrira.

Combien de tes amants ont négligé tes zones érogènes. Tes nombreuses zones érogènes ?
Ben, beaucoup quand même.

Plus de la moitié ?
Ouf ti, oui.

Combien t’ont demandé où tu aimais être caressée ?
Personne. Ça, on ne m’a jamais demandé.

Et tu aurais aimé le dire ?
Je ne chercherais pas à le dire pour le dire, mais si un mec est vraiment trop nul, je pourrais le dire s’il me le demandait.

Et pourquoi tu ne le dis pas toi-même ?
D’abord, tu ne sais pas tout de suite si un mec est nul. Puis la plupart du temps, ils se posent la question quand il est trop tard. S’ils se la posent, quoi !

Si c’est la majorité, peut-être que tu pourrais anticiper…
Tu te vois, toi, en train de dire à une nana «Ouais, je voudrais que tu me fasses une pipe comme ceci ou comme ça».

Peut-être pas comme ça, mais il y a moyen d’amener la chose discrètement…
Hahaha, non, moi, je ne pourrais pas. Si ça dure, oui, peut-être, mais le premier soir, tu te déshabilles et tu dis au mec «Moi, c’est ici, là, et puis là»… ciao, quoi !

Tu suces les yeux ouverts ou fermés ?
Moi, je ne suce pas, berk !

Sérieux ?
Nenni, hein. Haha, tu aurais vu ta tête…

Quoi ma tête ?
Tu t’es reculé : [imitant ma manière de parler] «Putain, c’est quoi cette folle ?».

Je ne me permettrais pas. Qu’est-ce qu’on disait ? Ouverts ou fermés, les yeux ?
Ouverts si le mec est bien réceptif, qu’il en remet un petit peu, là, tu vois… s’il se la joue un petit peu, ouaiiiiiiiis, ça, ça m’excite quand même de le regarder. Mais fermés… il faut que je réfléchisse. Si je ne regarde pas le mec, je crois qu’ils sont quand même un peu ouverts. Pas pour regarder ses poils ou quoi, mais je ne les ferme pas, quoi.

Tu n’as jamais su…
Ah si, attends, si, si, je les ferme. Il y a un moment où je les ferme. Quand je suce un mec pour la première fois et que je ne sais pas trop quand ça va venir… je les ferme quand je crois que ça va venir. Oui, je les ferme fort.

Ils le disent, les mecs que tu suces, quand ça va venir ?
Les étudiants, oui à 20 %, les ouvriers, non à 90%, hahaha ! Ouf ti, putain ! j’ai jamais répondu à des questions comme ça, tu me fais marrer.

Oui ou non ?
En général, oui, mon général.

Et pourquoi ils préviennent ?
Je suppose, pour ne pas me faire un coup comme ça, sans prévenir. Dans la bouche, j’aime pas trop. Ouais, pour faire plaisir, comme ça, mais c’est pas trop ma tasse de thé.

A ton avis, pourquoi est-ce qu’il savent qu’il vaut mieux prévenir pour ça alors qu’ils ne savent pas que tu as plein de zones érogènes.
C’est pas vrai, je crois que tout le monde le sait bien que les femmes ont plus de zones érogènes que les hommes.

Oui, mais ils ne les explorent pas, apparemment…
Ce n’est pas tout le monde, mais c’est vrai que ce n’est pas vite un réflexe. Le réflexe, c’est quand même les seins, les reins, les fesses, et puis…vas-y occupe-toi de moi, suce-moi, quoi.

Pourquoi, à ton avis ?
Ben, je ne sais pas. Pourquoi, pourquoi… tu le sais, toi ?

Je ne sais pas, mais j’ai des idées.
Quelles idées ?

Je me dis que la révolution sexuelle a conduit les femmes à assumer leur sexualité pour elles-mêmes, ce qui est un premier pas, mais il reste encore un stade d’expression et de visibilité à atteindre. C’est pas que c’est bon en soi que ça soit visible, mais comme l’érotsime pour les masses, c’est un érotisme fait par les hommes, pour les hommes, au moyen des femmes, la seule manière pour les femmes de diffuser les clefs de leur érotisme c’est de le proposer en concurrence avec celui des hommes, sur le même terrain : la pub, le cinéma, le porno, les bouquins, partout. Quand je te demandais tout à l’heure si tu parlais de tes zones érogènes aux mecs que tu rencontres, tu y as tout de suite pensé comme à une situation embarrassante. Je crois qu’il faut justement passer par là. Tu dis que tous les mecs le savent et tu vois qu’ils ne se branchent quand même que sur tes seins. Il doit y avoir un problème d’équilibre, de visibilité de tes attentes. Enfin, à toi… à toutes les femmes en général, je veux dire. Je suis sûr qu’il y a plein de mecs qui ne demandent que d’être de bons amants, mais pour cent fois où un ado entend «Oh, oui, suce ma bite bien profond», je ne sais pas combien de fois il entend «Oh oui, carresse-moi les cuisses, attarde-toi derrière mon oreille». Je crois vraiment que les femmes n’ont pas étendu leur révolution sexuelle à l’homme. Elles se sont arrêtées à elles-mêmes. Je trouve d’ailleurs que les lesbiennes font plus pour la visibilité de la sexualité féminine que les hétéros. C’est un domaine… si tu n’avances pas, tu recules. Je ne dis pas que les femmes doivent se répandre dans la pornographie, mais il y a d’autres espaces d’expression où elles pourraient gagner en consistance. Déjà, tous les témoignages à la con dans les magazines féminins, genre «Eté sexy : il veut me la mettre dans le cul, est ce que je vais avoir mal ?», c’est un truc qui mériterait la castration, si elles en avaient. Tout ce que j’ai lu dans ces magazines, c’était l’expression d’une sexualité vouée à la discrétion, genre «adaptons-nous pour faire le moins de vagues possible». Mais je ne sais plus pourquoi je raconte, ça, moi. Tu me posais une question ?
Oui, mais ce n’est pas grave. Je ne voulais pas t’énerver, hahaha.

Et t’es d’accord ou bien ce que je dis est complètement con ?
C’est pas con, mais pourquoi est-ce que la sexualité des femmes ne pourrait pas être effectivement quelque chose de discret ? Dans la nature des femmes, la sexualité peut très bien être aussi importante que celle des hommes sans que ça soit une raison de faire la une des journaux.

Je veux bien, mais il y a la nature des choses, ça, chacun s’en démerde à l’intérieur. Puis il y a son expression. Et c’est pas comme s’il n’y avait pas une expression de la sexualité féminine dans la société. Il y en a vraiment une, faite par les femmes elles-mêmes, mais je la trouve mal foutue, pas assez dense, pas ciblée sur les hommes ou pas assez quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Pas assez vraie, je crois.
Oui, mais tu comprends, c’est aussi dans la nature des hommes de croire que tout s’explique, qu’on peut mettre un mot sur tout, qu’il faut absolument dire les choses pour qu’elles existent.

Oui, c’est peut-être une question de temps alors, tu crois ? Que les hommes vont comprendre l’érotisme féminin à force, à tout petit feu ?
Ou peut-être que tout est bien comme ça. Qu’il comprennent ou pas, ça ne m’empêchera pas de prendre mon pied.

Explique-moi, quand tu jouis.
Tu veux que je t’explique quoi ?

Comment ça se passe… Comment tu aimes que ça se passe… Par exemple, est-ce qu’il y a un moment où tu sens qu’il est là, qu’il arrive et que tu ne pourras pas l’éviter ?
Ouaiiiiis, ça arrive ! C’est les grands jours ça…

Tu m’expliques ? Je veux des détails, des trucs vécus…
Ben je vais te raconter la dernière fois. Je l’avais bien-bien excité toute la matinée. Devant tout le monde, je me collais. Dans le train, partout. Dès qu’il y avait plein de gens collés à nous, je lui mettais la main, hop, sur le côté. Il me faisait des grands clins d’œil, mais il rougissait, j’adore. On devait retourner l’aprèm pour des trucs, ça je passe, toujours est-il qu’on a fini dans un local, à son étage, c’était un placard avec des fardes partout. On a juste enlevé le bas et on a baisé comme ça, debout, appuyés un peu sur les étagères, dans tous les sens. Il ne bandait pas très fort parce qu’il tremblait, mais ça allait, quoi, mais il a déjà bandé mieux que ça. Et ben, j’ai senti que ça lui prendrait du temps et que je pouvais vraiment me laisser faire, sans forcer. C’est vraiment venu comme quand on a allume la mèche d’une dynamite. C’est allumé, ça va exploser, t’as plus qu’à attendre.

Par rapport à un orgasme que tu t’arraches en te crispant complètement, c’est quoi la différence ?
Je ne suis pas crispée. Ça fait une belle différence.

L’orgasme est différent ?
Oui, c’est plus fort. Je prends mon pied plus en confiance, donc je peux vraiment me laisser baiser sans faire à ma manière.

C’est quoi ta manière ?
C’est moins… moins debout, hahaha. Je ne sais pas, moi. Je n’ai pas vraiment une manière. Je préfère quand c’est le mec qui me surprend. J’aime bien surprendre aussi, mais c’est toujours mieux de recevoir, quoi.

Tu peux me montrer un mouvement sexy que tu fais quand tu es assise sur un mec ?
Quand on fait l’amour ?

Ou alors quand tu épluches des patates…
Hahaha… Ben… comme ceci. Et regarde… Il y a ça aussi.

Joli…
Tu aimes ?

A fond, et ça tu sais le faire… genre ça…
Wow… Oui… comme ceci ?

Oui. Et comme ceci ?
Ouf ti, comment tu fais ça ? Remontre…

Ça ?
Oui. Ouf ti, c’est marrant. Comme tu rentres ton ventre. Comment tu fais ça ?

Tu appuies tes bras sur tes cuisses, tu tends, tu bloques le diaphragme et ça se creuse tout seul.
Ah ouais, comme ça.

Oui, et en fait, si tu es à genoux, ça creuse encore plus le ventre, en te penchant… c’est parce que là, on est assis. Et je te jure, quand tu fais ça à cheval sur un mec, sa bite suit le mouvement. On se sent vraiment aspiré par le haut, là. C’est divin.
Remontre encore une fois ? Et monte un peu ton pull.

Ah non, pas question, c’est le plus beau ventre du monde, j’ai plein d’épaisseurs, je t’enverrai une photo.
Hahaha, allez, montre… Ouf ti, j’adore ça, c’est vraiment terrible.

Une belle queue, pour toi, c’est circoncis ?
Circoncis, c’est pas laid, mais moi, j’aime bien jouer avec le prépuce. J’ai l’impression que c’est une partie un peu féminine chez vous, c’est un peu la même matière que nos lèvres. Mais la plus belle queue que j’ai vue, c’était quand même un arabe et il était circoncis.

Qu’est-ce qu’elle avait sa bite ?
Elle était bien rose jusqu’à la moitié et puis bronzée doré après. Et son gland ne faisait pas trop «champignon», je ne sentais pas le «clic» quand il pénétrait.

Merde, ça bipe. Vite, dernière question. Si la batterie coupe toute seule, je ne sais pas si elle garde le fichier.
Merde.

Dernière question, donc : tu as de quoi noter mon email ? Je veux la photo.
Ah, tiens, je croyais que c’est moi qui voulais. Alors ?

Bon, je coupe vite.

14 décembre 2005

De l’usage et de l’usure

Sécotine : Moi, une bite qui sent le savon, je trouve ça dommage, ça masque le vrai goût de la peau.
pHiLoGrApH : C’est bien connu : les filles, ça ne suce que si l’on sent l’cerf.

11 décembre 2005

pHiLo vs pHiLo

L’homme est un animal social et je me bats d’abord contre moi-même en boxant la tête de Mirceas-le-Triplé. Deux mille ans de civilisation bricolés sur une vague quête de la paix universelle, une enfance à m’entendre dire «Ne vous battez pas», une vie à savoir que le passage à la négociation physique mène au cachot, croyez-moi, tout cela pèse une tonne dans mon gant lorsque Mirceas-le-Triplé se retrouve sans garde, à une grosse demi-seconde de retrouver l’équilibre, à mi-détente d’un direct, d’un crochet ou d’un swing, au choix…

- Aaaaaah ! que je gueule. Je n’ose pas te la mettre.

Le Triplé, il a sa tête toute crispée, les muscles du cou tendus comme les haubans d’un chapiteau et il attend l’impact. Le temps se démultiplie, j’y accède avec une résolution et un piqué saisissants : je me vois dans toute ma nudité, gentil jusque dans le muscle, incapable de déclancher, même en simulacre, un geste qui a pour but de mettre mon partenaire à terre.

- Putain, t’es con, là ! qu’il fait. Tu pouvais m’en dérouiller une d’anthologie. Là-dessus, les pros font des K.O.

Faudrait pas voir notre instinct comme un monstre de férocité tapi dans nos tréfonds. Coller une bugne à un type qui ne vous a causé nulle colère relève d’une maîtrise insoupçonnable de nos tenants. Les ressources d’agression que je tente de débusquer en moi se dissimulent, je le sens, au bout d’une mécanique hautement protocolaire que je vais devoir apprendre à court-circuiter.

Mirceas, chacune de ses épaules, c’est comme votre tête. Quand il met son marcel, on dirait trois siamois à lui tout seul, mais le comique s’arrête là : lorsqu’il envoie dinguer le sac de frappe à l’entraînement, j’en ai une douleur analogique aux bourses.

Ce qu’il aime dans la boxe c’est les belles feintes, les beaux contres et les belles erreurs forcées par l’autre. Il me dit :

- On va refaire ce mouvement là, tu vas me refaire ta feinte, et ce coup-ci, tu me la mets parce que tu l’as bien mérité.

Du bout du parquet, le prof qui n’a rien perdu de notre petit manège me mime un «Snif !», soulignant l’air ému que je dois afficher face à une si noble proposition. Le Triplé refait son contre foireux, j’enchaîne avec le même faux-crochet qui l’envoie sur un pas de côté. Le revoilà offert sans garde, déjà rempli d’une douleur synthétique pour préparer celle qui va lui arriver 100% nature en pleine cloche… Putain de purée de fromage de bite à la farine de sperme ! Mon bras se trouve à nouveau gagné par cette pétrification molle, siphonné du jus de ses nerfs, asséché du muscle.

Le prof s’approche :

- N’attends pas qu’on te dise comment tu dois faire. Pour chacun, c’est un labyrinthe différent. Frapper un homme, c’est pour la survie. Ici, tu boxes, c’est pour l’art.

P.S. : Ceci est le compte-rendu écrit à l’issue de ma troisième leçon de boxe. Aujourd’hui, au cours de ma cinquième leçon, j’ai réussi à cadrer un direct du gauche de mon plein gré. La moitié de ceux que j’encaisse sans broncher, mais quand même, le coup est parti avec la certitude qu’il cognerait. Sur un visage amical.

Les études ne m’ont rien enseigné que je n’aurais pu découvrir ailleurs, autrement. A la boxe, j’apprends, pour la première fois de ma vie. Je découvre sous assistance qui et comment je suis, dans ces coins de moi-même inaccessibles par le biais. Cet après-midi, ivre des endorphines de l’effort, j’ai promené sur Liège un sourire philosophique. Je vous souhaite de m’avoir vu, gens de ce monde, j’étais magnifique.

10 décembre 2005

La tartine à bander du pauvre (recette aphrodisiaque de pHiLoGrApH)

Outre ses qualités gastronomiques incontestables, la tartine à bander du pauvre, fruit de mes tumultueuses recherches érotico-gustatives, produit des érections parfaitement exploitables à titre pénétratif voire coïtatoire. Veillez à respecter strictement les spécifications des ingrédients et leur dosage.

Disposez sur une assiette deux tranches fatiguées d’un bon pain mêlé. Pas trop sèches, pas trop fraîches. Sur chaque tranche, centrez un bâton de chocolat noir.

Offrez trente secondes de carrousel à votre préparation dans un magnétron à 850 watts.

A l’aide d’un couteau, étendez chaque bâton ramolli sur sa tartine en veillant à ne pas déchirer la mie.

Saupoudrez, à raison d’une cuillère à soupe rase par tartine, du sucre de canne cubain non raffiné à mouture épaisse. Si vous avez bien exécuté les étapes précédentes, le sucre ne fond pas. Il est en effet souhaitable de conserver chaque grain comme un îlot de douceur isolée dans un flot d’amertume chocolatée. Rien moins. Par ailleurs, le croquant du sucre occasionne, lors de sa mastication, de suaves vibrations dans la boîte crânienne.

Ne soyez pas snob : la tartine à bander du pauvre ne se boit pas avec de l’eau du robinet. Servez pour deux, accompagné d’une demi-bouteille de Champagne rosé brut.

Ensuite, faites-vous sucer une petite minute par une copine large d’esprit et vous voilà en érection. Merci qui ?

5 décembre 2005

Interview sexe : Emma

Ça faisait un moment que ça me trottait dans la tête : arrêter des femmes dans la rue, les isoler et les interviewer sur leur sexualité.
Voici la première entrevue. La retranscription de l’enregistrement est précise au mot près, à l’exception des élisions propres au langage parlé et de certains éléments trop précis supprimés à la demande de la personne. A sa demande également, j’ai retiré toutes les précisions de contexte (gestes, mimiques), ce qui me semble être un cap à tenir pour les interviews suivantes tant cela fluidifie la lecture.
Vous constaterez que je suis parti un peu dans tous les sens… En retranscrivant l’interview, j’ai pesté mille fois de n’avoir pas embrayé sur tel ou tel axe qui aurait donné un fil directeur à la conversation. Je tâcherai de m’en souvenir la prochaine fois.blockquote>

Comment je peux vous appeler pour cette interview ?
Je ne sais pas moi. Attendez… Je ne sais pas. Vous ne pouvez pas trouver un nom, vous ?

Vous préférez Gertrude ou Gwendoline ?
Non, c’est nul ça. Allez, Emma, comme […] Ça va, ça ?

Emma. Ok, Emma. Emma, vous avez quel âge ?
Quarante et un.

Hé, sérieux ?
Oui, je sais, mais non. J’ai quarante et un ans.

Vous êtes lesbienne ?
Ben non. Pourquoi ? J’ai l’air d’une lesbienne ?

Non, je ne crois pas. La première fois que vous avez vu un sexe masculin, c’était quand ?
Le tout premier ? Ça doit être celui de mon père ou de mon frère.

Quand est-ce que le sexe masculin vous a semblé devenir un organe érotique ?
Je ne sais pas moi… A quel âge est-ce qu’on sait ça ? 8 ans ? 9 ans ?

Et quand est-ce devenu érotique dans votre imaginaire…
Aaaah ! Pour moi ? Ça, c’est plus tard. Beaucoup, beaucoup plus tard. Il a fallu que j’en aie une en main, pour trouver ça beau. Ce qu’il y a, c’est qu’à l’époque, les rares sexes d’hommes que je voyais, c’étaient des sexes d’hommes mûrs. À la télé, hein. Je trouvais ça hideux, tout poilu, tout sombre… qui pendait complètement fripé.

Et quand est-ce que vous en avez eu une dans les mains ?
J’avais 21 ans.

Vous avez fait l’amour pour la première fois à 21 ans ?
Non, hein. J’ai couché ma première fois à 14 ans. Mais c’était… ça ne durait pas longtemps.

Sans plaisir ?
Sans jouir, mais pas sans plaisir. Et encore, jouir c’est vaste. M’enfin, je me posais des questions, quand même. Je devais faire quelque chose qui cloche. Mais je savais aussi que pour les garçons, il faut du temps pour apprendre.

Et la fois où vous en avez eu une en main ?
Et ben, j’avais 21 ans et c’était la première fois que je couchais avec un garçon plus jeune que moi. Il faisait très bien l’amour. Dès la première fois je savais qu’il y arriverait. Tout ce qui venait de lui me rendait heureuse. J’aimais bien tout, tout, chez lui. Tout ce qui venait de lui. Il me dorlotait…

Comment avez-vous joui avec lui, la première fois ?
Je ne sais plus, c’est venu petit à petit. C’était toujours mieux.

Et vous l’avez épousé…
Haha, oui, oui, oui, je l’ai épousé.

Et vous êtes toujours mariée…
Hé oui.

Combien de fois l’avez-vous trompé ?
Non. Je l’ai trompé mais ça, je préfère ne pas en parler.

6 fois ?
Oui, moins quand même. Deux ou trois fois mais je n’en suis pas fière.

Ça n’a pas marché ?
C’est plus compliqué que ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait sereinement en se disant que ce sera sans lendemain. C’est pas juste pour le sexe. J’avais besoin de revivre quelque chose, besoin d’autrement. C’était comme une pulsion plus forte que ma volonté et je m’en suis voulu, après.

Rien de marquant, sexuellement, lors de ces escapades ?
Non, rien. Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait et je préfère tout oublier.

Ça a produit quel effet dans votre couple ?
Beaucoup de souffrance. Je ne lui ai jamais rien dit mais il a beaucoup souffert. Il est très jaloux, il m’aurait prise pour une putain, je n’aurais pas tenu le coup, j’ai toujours tenu à lui. J’ai vu un psy à ce moment là, sinon, j’aurais tout détruit et je ne sais pas comment ça aurait fini, autrement.

Et sexuellement, ça a produit des effets ?
Oui, j’ai fini par accepter ses fantasmes. Je suis restée très classique pendant les premières années avec lui. Lui, il lui fallait plus de fun mais j’étais un peu beaucoup classique. À cause de cela on s’est déchirés. J’ai dû me forcer beaucoup pour entrer dans son univers et c’est à ce moment là que je suis allée voir ailleurs.

Et ailleurs, vous avez cherché vos propres fantasmes ?
Peut-être, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je n’ai rien trouvé de bien. Rien qui valait tout le mal que je lui ai fait.

Ça vous arrive quand vous vous endormez de repenser à la liste, dans l’ordre chronologique, de tous vos amoureux, depuis le début ?
Oui. Oui, je fais ça, vous aussi ? Ah c’est drôle, ça ! Oui, je fais ça.

Et vous faites des catégories aussi ? Ceux avec qui vous avez couché ou pas couché, ceux qui étaient beaux ou pas beaux, ceux qui…
Oui, oui. Ceux qui avaient de belles épaules, ceux qui embrassaient bien, ouiii…

Il y a une catégorie aussi pour ceux après votre mariage ?
Hmmm. Oui… aussi.

Quelle est la catégorie qui constitue le meilleur départ pour la masturbation ?
Je ne crois pas que je me masturbe comme ça. Laissez-moi réfléchir. Non, jamais comme ça.

Qu’est-ce qui constitue un bon départ pour la masturbation ?
Moi, ça vient quand je suis bien relax. Quand les enfants sont partis avec leur père et que je sais que je pourrai me regarder une cassette sans qu’on me dérange.

Porno ?
Non, jamais. Peu importe le film. C’est quand je suis allongée, au calme, avec une couverture sur moi. Surtout si on n’a pas fait l’amour depuis un moment.

Ça part d’une image mentale ou d’une sensation ?
Une sensation. C’est souvent en faisant un petit mouvement des cuisses que je sens qu’il y a un appel de ce côté-là. Et ça n’arrive que quand j’ai le temps de le faire sans stress, c’est cool hein ?

Vous commencez comment ?
Je me referme un peu sur le côté. Je pose mes mains sur mes genoux et je me frotte les cuisses l’une sur l’autre.

Comme ça ?
Oui, mais couchée sur le côté, évidemment. Les cuisses frottent plus et je les bouge comme ceci. Je ne mets pas ma tête en arrière, non plus, je la mets un peu comme ça. Il faut que je sente ma mâchoire contre mon épaule.

Et puis ?
Ben la plupart du temps, ça vient très vite.

Et quand ça prend plus de temps ?
Sinon, je glisse mes mains entre mes cuisses.

Les deux mains ?
Les deux ? Oui, les deux. Souvent. Souvent les deux au début puis une seule à la fin.

Avec les deux mains, vous faites quel mouvement ?
Attendez… faut pas qu’on puisse me voir… Comme ça. Un peu comme ça et un peu comme ça, en fait. Si on me voit, j’ai l’air maligne, moi.

Et quand c’est avec une main ?
Là… attendez, parce que c’est plus… attendez. Comme ça, vous avez vu ?

Euh, pas trop. Plutôt comme ça, ou plutôt comme ça ?
Non, comme ça.

Avec les doigts qui écartent la vulve ?
Pas vraiment écartée. Je serre les cuisses et y’a juste ces deux doigts-ci qui passent vraiment entre les lèvres.

Vous touchez votre clitoris ou bien vous le contournez ?
Je ne touche pas directement. Soit je fais des pressions un peu à travers tout mon pubis, comme ça, ou alors je passe un peu mes doigts entre mes lèvres et je vais me caresser tout autour.

Vos petites lèvres sont très sensibles ?
Oui. Mais j’aime quand même bien sentir la langue, tout doucement.

La pointe de la langue ou le plat ?
La pointe, tout doucement.

La pointe dure ou la pointe ramollie ?
Comment, ça ?

Ben, comme ceci ou comme ça ?
Ah… ramollie, je crois. Je ne me suis jamais posé la question.

Plusieurs hommes à la fois, ça vous branche ?
Oh, oh ! Oui. Deux hommes, moi. Mon mari et un homme noir, un africain. Ça, c’est oui tout de suite. Mais bon.

Et quand vous vous masturbez, vous pensez à ça parfois ?
Oui.

Le Noir, il est comment ?
Tout, tout, tout noir, ha ha ha ha ha ! Tout brillant, tout musclé, avec de longues jambes et des fesses bien rondes.

Vous imaginez plutôt la pénétration ou les caresses ?
Surtout des caresses. Mais aussi un peu de tout.

Qui vous pénètre en premier ? Votre mari ?
Oui.

Avec le sexe de qui jouissez-vous ? Celui du Noir ?
Quand je jouis, il n’y a plus personne. Il y a un moment où ce n’est plus du tout des fantasmes qui me passent dans la tête. Je ne pense plus à rien, je sens mon corps qui devient comme une plume.

Quelle est la différence entre l’orgasme en solo et l’orgasme avec votre mari ?
Toute seule, c’est plus léger. Il vient de partout, du bas de mes cuisses jusqu’aux épaules. Ici, je sens vraiment que je me détache et que toute cette zone ici, jusqu’à mes seins, s’élève… ça… je ne sais pas comment dire… ici, ça fait un peu comme ça, comme quand on n’arrive plus à respirer, mais c’est bon. Quand c’est en faisant l’amour, c’est plus dans la tête. C’est physique aussi, mais c’est plus dans la chaleur, dans la plénitude… j’aime bien me serrer à lui et qu’il me serre, ça me fait du bien, c’est là qu’il y a le plus d’amour. C’est vraiment de l’amour.

Vous aimez qu’on vous prenne brutalement ?
Non, je déteste ça.

Et vous l’acceptez dans quelles circonstances ?
Quand il est vraiment trop stressé. Sinon, quand je lui dis de faire doucement, il comprend quand même.

Et vous simulez ?
Parfois oui, parfois non.

Quand vous simulez, il le sait ?
Oh oui, C’est pas dans le sens de «lui faire croire que», c’est pour l’exciter, il le sait.

Vous vous sentez comment après ?
Ça va. Je sais bien que pour les hommes, ce n’est pas toujours facile. Ça fait partie des hommes.

Racontez-moi la dernière fois que vous avez fait l’amour…
[…]

L’éjaculation sur vous, ça vous fait quoi ?
Ça va, je prends toujours une douche après.

N’importe où sur vous ?
Oui, ça ne me dérange pas.

Dans la bouche aussi ?
Hm hm. Mais pas sur la langue. Je ne sais pas sortir ma langue, je trouve ça vulgaire.

Quand vous jouissez, vous aimez bien qu’on y aille énergiquement ?
Des fois oui, des fois non. Ce qu’il faut c’est que ça ne change pas. Des fois ça me stresse les changements, ça peut faire partir complètement mon excitation. Une hésitation au mauvais moment, ça me fout tout par terre.

Vous avez des trucs pour jouir plus fort ?
Quel genre de truc ?

Des trucs à vous, des pensées qui vous stimulent à coup sûr, des positions qui ne ratent pas…
C’est jamais infaillible. J’aime bien être immobilisée, que ça soit dur de bouger, même mon derrière. Ses mains sur mes fesses, qui poignent fort, j’aime ça. Qu’il me serre par derrière à hauteur d’ici, sans écraser mes seins, avec l’autre main par en dessous qui me caresse, que je sois prisonnière.

Comment se décide la manière dont ça se passe ?
C’est un peu comme ça tombe. Soit il est très directif, soit ça se passe plus cool.

Vous n’êtes jamais directive ?
Non. Non.

Le meilleur, dans l’amour, c’est quoi ?
C’est l’amour qui dure toute la vie.

Vous voulez me poser une question ?
Non, j’ai pas de… ah, si… Pourquoi vous m’avez choisie, moi ? Je suis curieuse.

J’avais envie de commencer avec une jolie femme aux alentours de la trentaine. Bon, ne le répétez pas, mais je vous mettais 30 ans à tout casser. Aussi, vous aviez l’air pressé des gens qui flânent.
Alors là, je ne flânais pas, j’allais […].

À mon avis, c’est loupé. Vous ne m’en voulez pas ?
Non, c’était chouette. Bizarre mais chouette.

Si vous mettez à Zéro l’émotion sexuelle que vous avez en faisant vos sandwiches et à 10 celle que vous avez quand vous sentez que l’orgasme arrive… vous êtes montée à combien au plus haut pendant qu’on discutait?
Vous pouvez répéter la question ?

A Zéro, c’est aucune excitation, calme plat. A 10, l’orgasme arrive gros comme un camion. Vous êtes montée à quel niveau ? Le plus haut, dans cette discussion…
Hmmm, quatre. Oui, quatre.

Et quand vous sentez le truc, là, dans vos cuisses, avant de vous masturber, vous êtes à combien ?
Hi, hi… Cinq… Ou bien pareil, c’est pas vraiment la même chose.

Et moi, à votre avis, je suis monté à combien ?
Pareil, je dirais. 5 peut-être. Hein ? Combien ?

Un gros 5, on va dire… avec une grosse veine toute bleue, hahaha… On coupe ?
Hm hm.