“5 films érotiques”
Merci à Mactuitui de me refiler ce gangrèstionnaire que j’aurais envoyé péter sans ménagement s’il ne me donnait l’occasion de placer cette petite annonce :
-Je recherche tout Divx de porno antérieur à 1970 (ou postérieur mais en noir et blanc alors). Inutile de me dire où les chercher, je voudrais les recevoir de quelqu’un qui les a.
-Je recherche tout Divx de porno russe en v.o.
-Je recherche un film qui s’appelle Kung Fu Sexcrime, probablement tourné à Hong-Kong dans les années 80.
Tous à vos mains et à vos jus à présent :
Kung-Fu Cockfighter (1976)
Le joyau le plus rare de ma collection, en v.o. mandarin. Du kung-fu et du sexe avec la naïveté désopilante de l’expressionnisme hong-kongais des années 70. Pas bandant à proprement parler mais poilant et plein de bonnes idées. Je suis persuadé que Hulk, dont la série commença une année après la diffusion de ce film en est tout droit inspiré. La phase de transformation de Hulk est la réplique à peine améliorée de la phase d’érection de Kung-Fu Cockfighter. J’adore l’idée du mec qui craque son froc en bandant…
Super imaginatif :
- Pénétrations vues de l’intérieur de la chatte (trucage par maquette caverneuse en carton pâte ou un truc comme ça).
- Lors de la pénétration, la bite de KFCF envoie des éclairs et le tonnerre gronde, ça fait rêver.
- Ejaculation sous pression (trucage au tuyau d’arrosage ou un truc comme ça).
- Une chatte qui émet des signaux lumineux (trucage au godemiché-lampe de poche ou un truc comme ça).
- Une chatte qui lance des objets contondants (trucage par montage rapide).
Apple Knockers and the Coke Bottle (1949)
Film dont la populosphère se complait aujourd’hui encore à croire qu’il est le porno de Marilyn Monroe alors qu’il fut en fait interprété par Arline Hunter, qui devint playmate de Playboy quelques années plus tard. Il n’empêche que ce court film (un quart d’heure à tout casser) est particulièrement édifiant. Un gringalet rachitique qui n’a pas dû boire son huile de foie de morue quand il était petit est assis sur un divan. Une femme s’approche, se fout à poil. 69. Pénétration missionnaire. Levrette. Branlette espagnole. Ejaculation pectorale. Et enfin le mec la caresse. Ravie (je suppose), la femme s’en va chercher UNE boisson, qu’elle ramène sur un plateau, pour le mec. Le porno d’aujourd’hui n’a pas fondamentalement révolutionné le genre, pas vrai ?
Caligula (1979)
Peplum porno absolument exceptionnel. À montrer dans les écoles au cours de civilisation latine tellement le fait historique y est bien illustré et attrayant. Il s’agit donc de la véritable histoire du règne de Caesar Caius Caligula qui, entre autres joyeusetés qui attisèrent la colère du Sénat, se tapait toutes ses sœurs (quand il ne les prostituait pas à sa cour) et fit même de l’une d’elles, Drusilla, son épouse de fait, après l’avoir enlevée à son mari, Lucius Cassius Longinus. Et je vous passe sa passion pour la copulation hippogyne.
Deepthroat (1972)
Le premier vrai grand film porno (long métrage au format 35mm) avec diffusion internationale dans des salles commerciales classiques. En fait, il y en eût un autre avant mais qui se souvient de «Behind the green door» avec Marilyn Chambers ? Deepthroat fut à l’origine directe de nombreuses polémiques –sur le classement officiel des films, sur la censure, sur la moralité, sur la liberté d’expression, etc.– qui secouèrent le Sénat américain lors du passage de Ford à Carter. Les scènes d’engorgement profond ne sont pas scabreuses pour un poil (pas de vomissements, pas de forçage de la part du mec). Notez que Linda Lovelace a touché 1000 dollars pour ce film qui reste à l’heure actuelle, le film le plus profitable (gain/investissement) de toute l’histoire du cinéma mondial. Par ailleurs, après avoir revendiqué haut et fort le droit à la libération et à la pornographie, Linda Lovelace s’est complètement rétractée et a rejoint un mouvement féministe anti-porno, révélant qu’elle avait été exploitée et abusée pendant toute la période d’effervescence du film.
Toute la vague des remakes porno de films pas porno (fin 80’s)
Du genre RamboX, DallaX, Fucked with the wind, Some like it XXX… des trésors qui dorment en VHS dans les video-clubs en attendant qu’un érotomane passionné les balance sur internet.
Tous les pornos d’avant 1960
Après 14-18, les bordels de campagne s’étant disséminés et sédentarisés jusque dans les provinces, on a vu se développer une gamme importante de matériel à connotation érotique et notamment de courts extraits filmés de scènes de copulation destinés à divertir ces messieurs lors des soirées en maison close. Tous ces films sont empreints d’un caractère libertin bon enfant et d’un brin de subversion. Mais le genre est assurément né dès que le premier libertin (fortuné) eut une caméra dans les mains, c’est à dire dès les origines de l’image animée puisque l’on sait que bon nombre de systèmes cinématiques rudimentaires (avant le cinéma des frères Lumière - 1895) montraient déjà des actes sexuels explicites. Parfois on rencontre des perles d’imaginitativité tant du point de vue fantasmatique que dans la mise en scène. Je prétends d’ailleurs que le montage alterné convergent (juxtaposition de deux actions simultanées se tenant dans deux lieux différents et dont les protagonistes finissent par se retrouver en un même plan) n’a pas été inventé en 1901 dans “Stop the thief” (premier film de poursuites) puisqu’un film anonyme de 1900 montre une scène de copulation entrecoupée d’inserts dans lesquels on voit un mari qui rentre manifestement chez lui et qui finit par se retrouver là où sa femme baise. À signaler également qu’à cette époque, le schisme entre pornographie homo et hétéro n’avait pas encore opéré, ce qui permettait bien plus de figures artistiques qu’à présent.
Dans les modernes, il n’y en a que quelques uns qui retiennent mon attention pour leur caractère innovateur. Genre la série des College Fuck Fest. J’aime le concept de The Van aussi (repris par the Bang Bus) mais tous ces trucs virent toujours à porno bas de gamme sans imagination par emballement commercial… Le fantasme communicatif est finalement une sauce rare.



