Archive du mois de septembre 2005

29 septembre 2005

Flying Calbute : Nadine et l’ogre [edit]

[Nadine dévoile les manigances préliminaires à ce post chez elle]

Sous sa casquette de chef du Bureau d’agréation des demandes d’encalbutage, pHiLo tel qu’en soi-même a statué comme suit :

Attendu que la demanderesse s’est pliée de bonne grâce au rituel d’altérographie philofessière ;
Attendu que la demanderesse n’y alla point de main morte sur le décompte des pixels ;
Attendu que la demanderesse prêta sans avarice son matériel cosmétique à l’exercice ;
Attendu que la demanderesse ajouta quelque frivolité froufroutée ;
Attendu que la demanderesse n’en est pas à son coup d’essai pour alourdir ma boîte-aux-mails par l’étendue du contenant (12 mégas d’images dans ma boîte, ça gravite) et mon souffle par l’intensité du contenu ;

Nous, pHiLo, déclarons Mademoiselle Nadine, blogueuse une heure par semestre :
a.- recevable pour investir de ses fesses le vénérable calbute ;
b. - fichûment bien fichue.

Je suis votre eau-grenadine,
Je suis votre ogre, Nadine.




26 septembre 2005

S’élever

Je la trouve à la buvette entourée de mecs cuirassés. Ça sent l’huile de bite (un dérivé hautement inflammable de testostérone) : une étincelle et c’est le gang-bang ! Elle me bricole un clin d’œil entre deux têtes et se laisse aduler quelques instants encore avant de moïser la meute vers moi promis.

Elle a fait léger : des Ray-Ban de beauf lobées, une veste en peau de requin pétrochimique, une ardoise de 120 mensualités au Crédit Jevoulemballe et un certificat d’immatriculation à son nom, pour un Cessna Skyhawk II à double commande. Je partage son excitation à ma manière.

Tandis que nous plaçons les nouveaux autocollants minéralogiques, le chef de piste me glisse entre hommes que cette pelouse en dos d’âne martelé est la piste d’envol la plus dangereuse de Belgique et que d’ici, pour s’approprier les grâces d’Eole, les pilotes doivent s’acquitter de trois décollages avec un instructeur embarqué. Il ajoute, entre francophones cette fois, que les femmes pilotes sont les plus mal formées parce que les hommes leur accordent toujours des faveurs sur le règlement. Il souligne cependant que Sun Hee, pour jeune qu’elle est, n’en est pas moins étonnamment une pilote aguerrie et que ses deux décollages écolés du matin lui suffiront sans doute. Well, well, well…

La minutieuse chorégraphie orchestrée par les 44 points de la check-list m’impressionne et me rassure un tantinet. Lorsqu’elle se concentre, Sun-Hee est l’être le plus autiste que je connaisse : en réponse à toute question, elle grommelle alors machinalement «pigé !» en mandarin, sans débander le front.

Rak pet’pet’’ tritirlipet’pet’… Vrrrrrrrr ! A l’est, Aléa jacte. Adieu gens inheureux, adieu monde mal sucé, adieu civilisation frustrée, je m’en remets au sort en espérant que la mort se laissera charmer aussi facilement qu’un chef de piste censé maintenir le niveau de sécurité plus haut que celui de la ceinture.

Sun-Hee m’explique dans la radio qu’on sentira tout de suite sur quelle bosse il faut décoller et que c’est impressionnant. Paf ! C’est ici qu’on décolle ? Tiens, non. Re-Paf, deux fois plus fort. Dingue, toujours pas. Boum ! Ce coup-ci, je manque d’y laisser deux molaires, mais ce n’est pas encore la bonne bosse. Enfin, il y a un flottement, puis un choc monstrueux qui fait waguer la carlingue tout en la propulsant dans la troisième dimension. Ce n’est pas un décollage, c’est une reprise de volée ! Le paysage se détache du train encore vibrant et plonge : l’altimètre gesticule désormais comme un agent de circulation en gants blancs. Je suis vivant, mais la trique m’est passée.

Je m’abandonne à l’ivresse d’être porté, fasciné et inconscient, délicieusement dépendant. Je ne parviens pas à situer la Sun-Hee que je connais dans ce personnage fantasque aux commandes de son avion ligné de vieux-rose. J’ai envie de crier wouuuuuhouuuuu à la façon d’un jeune cadre dynamique en remontée de benji, mais je fais semblant de tirer la substantifique moelle des caps que le chef de piste a colorés sur la carte, c’est plus classe.

A l’approche de l’Allemagne, tandis que je shoote à tout crin, Sun-Hee vire sur l’aile et me prozacque dans la radio : «Ladies and Gentlemen, double check your seatbelts, three-two-one, pHiLo is the pilot now».

Rien n’est plus détestable à amener qu’une coïncidence quand on se récite en belle posture. Mais après tout, ma vie, je ne vous la vends pas, alors pour le service après-lecture sachez apprécier les bienfaits de la vaseline. Or donc, il se trouve que la série 172 des Cessna, je l’ai chevauchée en habits Microsoft dès l’AT286 en 16 couleurs et que depuis le manche à balai USB avec retour de force et palonnier aux pieds, je vous pose ce coucou par VOR, les ailes pleines, sur un porte-avion en manœuvre par gros temps. Si à cet instant vous n’êtes pas bouche bée, je ne peux plus rien pour votre sens des convenances.

Pour tout dire, la plus grosse différence entre la simulation et la réalité, c’est le yo-yo des viscères dans les burpulences (si j’ose dire). Le reste, c’est vraiment à l’intuition. Et n’allez pas vous en faire des poèmes : si vous ne trouvez pas le sentiment de liberté dans votre quotidien, c’est pas avec 18 de tension aux commandes d’un bidon furax que vous le dénicherez, tout ça c’est des couilles.

Sun-Hee qui a reculé son siège jusqu’au fond de l’habitacle me demande d’éviter l’averse. Je remets du jus et je tire, direction les nuages. «Not this way », qu’elle dit. Vous saviez, vous, que certaines pluies s’évaporent avant de toucher le sol ?

Ça ouachotte, ça barloque, ça vanne, ça brimbale, ça loche, ça ballotte, ça hoche … C’est vous dire si mes pensées friponnes se refont une santé. Ceci dit, je découvre enfin l’irremplaçabilité de la gouverne de direction pour compenser les bourrasques latérales, mal rendues et trop facilement négociables aux ailerons dans Flight Simulator.

Mon casque-radio me crispant la mâchoire, nous échangeons voir. Dans cet instant où nous sommes livrés sans protection au vacarme terrorisant du moteur, le regard assuré et souriant de Sun-Hee vire à l’inquiétude. Z’avez remarqué combien, au-delà d’un certain niveau sonore, nous ne maîtrisons plus complètement notre esprit, soudain ouvert à nos sourdes terreurs ?

En retrouvant le contact radio, elle me demande ce que je ferais si un jour plus personne ne m’aimait. «All you need is TO LOVE» que j’ai répondu. Ce que nous ne maîtrisons pas de l’amour, soit l’amour de l’autre, l’écologie sociale y pourvoit.

Nous arrivons dans la verte banlieue de Cologne, Sun-Hee reprend les commandes et s’annonce à la tour de contrôle. Au bout de l’onde, le mec a l’air de comprendre tout ce qu’elle dit. Et là, je dis chapeau. Parce que moi, le jour où elle m’a dit «D’ya feel like havin’ sess with me ?», j’ai dû la faire répéter trois fois.

La nuit s’étire et se répand, que je ne vous raconterai pas tant elle ressemble aux séries Ikéa qui meublent le câble, dans lesquelles on se frotte mais d’où ne coule point le jus. Au retour, depuis le poste principal, je réussis sans affoler personne mon premier décollage. Au loin, je crois voir un cœur immense qui s’élève dans les cieux. Sous nous, un couple de cygnes fend la rivière d’un double V. On dit qu’il y a des cygnes qui ne trompent pas. Ô grâce de la vie, fais que ceux-ci soient infidèles.

21 septembre 2005

Des hache-aile

L’opératrice : C’est pour un colis national ? Ne quittez pas, je vous passe Madame Tahim.
Moi : Ô pourvu qu’elle se prénomme Justine…

20 septembre 2005

En découvrant la chambre d’hôtel

Sécotine : Tout p’tit, l’minibar !
pHiLo : Tu as pensé au silicone ?

17 septembre 2005

Une nouvelle adepte, une nouvelle étape

Belette s’est enfin convertie à la doctrine du Calbute : les fesses à l’air.
Ainsi donc, c’est décidé : elle est encalbutable.

13 septembre 2005

My underpants over London

Dans les tables du Calbute, la doctrine est formelle : toute demande d’enfilage ne sera prise en compte que si la demanderesse se plie au protocole de calligraphie pHiLofessière. Ceci dit -et je soumets la question à votre vote en commentaire-, poser en petite tenue constitue-t-il une exception valable ?

En résumé, pouvons-nous nous satisfaire de dérouter le Flying Calbute vers Londres sans savoir sur quelles fesses il se posera ? Voyez et votez, je vous prie, chers lecteurs !

[Et gardez-vous d'être discourtois sous prétexte que cette Belette est outre-emmanchée : elle cause le VanDammento (hihi) aussi bien que vous ]

12 septembre 2005

L’allène d’eBook

A force de puer de la gueule comme un lombric, on finit par perdre ses amis.
Moralité : l’haleine de ver, ça isole !

12 septembre 2005

Le secret (pourtant public) des préliminaires

Nous remontons l’allée centrale du château de Jehay. Je regarde les splendides adolescentes en bronze qui trempent leur chatte dans les fontaines ; Raton m’explique de long en large comment il baise sa femme. Raton, c’était le copain de tout le monde, tellement partant pour tout qu’il ne s’est pas vu devenir con, à l’âge de l’être pour son propre compte. Oh, pas un con de foire, juste un con commun –conus vulgaris-, comme vous et moi quand on oublie que ne pas être un con, c’est pas un don, c’est une lutte.

- Je te jure, pHiLo, je lui ai toujours fait des préliminaires d’enfer, les doigts, la bouche, les vibros, tout.

Ô grâce, que ces gamines sont magnifiques. Raton est tout à son tourment :

- Et puis, reprend-il, il y a quelques jours, j’entends dans le couloir ma femme qui cause au téléphone, et juste comme je fais attention à ce qu’elle dit, j’entends «Au lit, toute seule ça va, mais avec Raton, j’y arrive plus».

- Ah ! Ça par exemple ! que je risque.

Vous ne le savez pas, mais je suis un diplomate d’exception tant qu’aucun signe ne m’invite à la franchise absolue. Con ou pas, responsable ou pas, chacun a le droit de vivre sa douleur comme il l’entend, fût-ce dans l’ignorance de son carré de vérités. Le nez dans sa merde, l’humain réagit de deux manières : l’un cherchera la compassion qui l’encouragera à tenir la pose indéfiniment sans s’enfoncer plus, l’autre attendra le petit coup de kick sur l’occiput pour y plonger la tête une bonne fois pour toutes.

- Ça n’a pas l’air de t’étonner, s’indigne-t-il.

Là, vous conviendrez avec moi qu’il voulait son petit coup de kick sur l’occiput, pas vrai ?

- Ecoute, Raton, je t’assure, t’es un mec super chouette à vivre et ta femme, je peux même te dire qu’à vos débuts, elle m’a lâché que t’étais un bon coup.

- Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer alors ?

Je m’accoude à la cuisse de la pucelle la plus offerte :

- Baiser une fille, dis-je, les premiers coups, c’est la magie du charme, de la découverte, de la technique. Rien qu’avec ça, en soignant les préliminaires et avec un peu de gymnastique, tu peux marquer à jamais la mémoire d’une souris, même si t’es un con.

Il lutte discrètement contre la fusion de ses sourcils, je poursuis :

- Mais jusque là, tu n’entres que dans sa chatte, à la souris. Si tu veux rentrer dans sa vie et garder une sexualité exaltée, les préliminaires, ça commence dès que tu as fini de jouir, pour la fois d’après. Tu vois, les filles, elles chassent comme nous, elles baisent comme nous, elles fantasment comme nous, mais la vie qu’on fait à deux c’est pas deux fois la même, parce qu’on n’est pas faits pareils. Tous les mecs qui malbaisent leur femme nient un truc, c’est que leur femme leur donnent le mode d’emploi pour les épanouir sexuellement. Elles le répètent pourtant au point qu’ils s’en plaignent : «Passe du temps avec moi, emmène-moi de temps en temps au restau, fais-moi un sourire le matin, demande-moi comment ça va au boulot, accompagne-moi au magasin sans faire la gueule, fais-moi des fantaisies, surprends-moi, prends des initiatives et laisse-moi en prendre, passe l’aspirateur quand tu as le temps, montre à tes potes que je compte pour toi, serre-moi dans tes bras très fort, parle-moi de ce que tu ressens, explique-moi comment je suis belle, rassure-moi, protège-moi, sois un homme, prends mon avis en compte, laisse-moi le volant, séduis-moi encore, …». Et même si la tienne n’est pas bavarde, elle ne dit pas autre chose quand elle souffle du nez pour que tu lèves les pieds devant le balai qu’elle passe. Tu ne peux pas nier, j’ai vu la scène chez toi il y a deux ans. Vous aviez quoi… un an de mariage ?

Il baisse les yeux, l’air consterné du gars qui a cherché d’un pôle à l’autre ce qu’il avait au bout du pif.

- En somme, dis-je, il ne te manque qu’un ingrédient pour les préliminaires. En plus des doigts, de la langue et des vibros, il te faut un tablier. Ta femme, tu ne la feras pas grimper aux rideaux qu’elle a passé l’après-midi à démonter, nettoyer, sécher, repasser, puis remonter, c’est humain.

10 septembre 2005

Triade greco-japonaise

Lili-Adèle est sujette à un phénomène peu commun. Quand on lui met un parfum japonais sous le nez, elle se met à compter jusqu’à 10. Rien de bien grave, me direz-vous. Sauf qu’elle prononce «un» une fois, «deux» deux fois, «trois» trois fois, etc. Autant dire qu’à 10 ça devient homérique.

Moralité, moralité, moralité : Il y a de l’Eau d’Issey ? Lili-Adèle, au 10, c’est l’Iliade et l’Odyssée !

5 septembre 2005

Un mystère résolu (4/4)

(patience : 600Ko)

Vous ne connaissez pas encore le Flying Calbute ?
Prenez place ici .

4 septembre 2005

pHiLo dans la cible à crocs

Voyons Pimpeleu ! Est-ce bien raisonnable ?

1 septembre 2005

Les seins de Dora

Dora pose sur son GSM quatre doigts alignés, comme pour en prendre le pouls ; peut-être sonde-t-elle l’imminence du prochain tremblement de table. Je le sens mieux qu’une bague de fiançailles qui me gigoterait dans le trou d’cul : chez Dora, le destin s’annonce en vibrant.

Son grand décolleté en forme de cœur, délicatement rebrodé en concentrique, laisse apparaître une faille d’abduction où plongent deux tumultes de chair au grain doux. Eût-elle le trognon en pierre qu’il serait à coup sûr en fusion, là, tout au fond.

- Les Chinois, dis-je, ils ont tout une poésie pour explorer l’espace qui sépare ou rassemble les choses.

Je choppe son GSM sur la table et pointe l’antenne vers son décolleté :

- Imagine quel univers nous gagnerions à ne pas laisser notre esprit s’obséder par la cohérence des liens qui occultent l’espace.

Les mains de Dora, dépossédées de leur sceptre à régner sur l’ennui, cherchent une place. Pas à plat, pas jointes, pas en poings, mais comment diable ?

- Pourtant, alourdis-je, objectivement, les zones dégagées par les pièces brodées sont nettement plus riches en informations. Seulement, quelque chose de fondamental dans notre culture nous dirige vers la recherche des lignes et nous amortit l’éveil aux vides, aux surfaces, aux volumes.

Je prends mon air de margoulin qui accepte par avance la claque qui se profile dans sa gueule à douze contre un et, aux seules fins d’étayer mon propos -n’en doutez pas !-, je glisse l’antenne du bigophone dans la pointe de son décolleté.

Tandis que je continue de sombrer dans ma théorie de fin d’after, ses mains trouvent refuge à épouser ses seins, le maintien gagnant son équilibre dans la manifestation d’une pudeur incertaine, presqu’interrogative.

- OK ! fais-je au grand dam des pompiers de pourpoint. Maintenant, quart d’heure américain ! Tu tiens le GSM, je tiens les seins.