Archive du mois de août 2005

27 août 2005

À l’enterrement de mon grand oncle

Moi : Je garderai toujours sa femme dans un petit coin de mon cœur.
Ma mère : Ah bon ? Pourquoi ?
Moi : De toute la famille, c’est la seule qui ne m’a jamais traité d’obsédé sexuel.
Ma mère : Tante Yu-Yu ? Mais elle est morte avant ta mue !

27 août 2005

Muscu, trois mois (à suivre)

(Pour Pimpeleu, qui me l’a demandé avec tellement de naturel qu’il eût été goujat de refuser)

Un mois : ICI

23 août 2005

Ma bonne à moi

Un an au moins que je préméditais le coup.

Je la voyais les mercredis après midi. Elle avait les R et les nibards roulés à l’huile d’olive, elle était bronzée jusqu’en janvier et ses cheveux sentaient les épices ou je ne sais quoi de poussiéreux et de savoureux à la fois. Elle avait des mains fermes comme je les aime. Je l’avais vue une fois chez elle décapiter deux poules, trempoter ses mains dans le collecteur de la gouttière puis écosser deux mannes de petits pois. C’était merveilleux, ces mains humaines, bonnes à tout, pas rendues précieuses par la crainte ou l’ignorance. J’étais sûr qu’en de telles mains, je comprendrais tout de suite ce qu’il faut faire avec une femme.

J’avais dix ans.

Mes parents ne lui adressaient jamais la parole sans baisser les yeux ni rire à l’excès au bout de chaque phrase. Un jour, d’humeur goguenarde, mon frère qui voulut briser le tabou sur la fonction de cette âme étrangère chez nous les mercredis après-midi, n’eut pas fini de dire «bonne» que clac ! A plat de paume !

Mon père a relevé la main pour lui en mettre une deuxième mais elle est intervenue :

- Non, s’il vous plaît.

Cette scène ! J’aurais voulu être à la place de mon frère, prendre la claque et être défendu par une femme qui a des mains faites pour mon corps et des seins faits pour mes mains. Je me serais alors réfugié dans ses bras. Elle aurait compris de quelle flamme je brûlais pour elle et elle aurait enfin osé me révéler la sienne et alors, oui, j’en suis sûr, j’aurais compris tout de suite ce qu’il faut faire avec une femme.

Mon frère, lui, avec la moitié de sa gueule en plein pogo, il ne se rendait pas compte de la chance qu’il avait. Il tchoûlait comme une fille.

Je la voulais cette femme, mais dans le fond, je n’étais pas con, je savais qu’elle n’allait pas devenir amoureuse de moi, se déshabiller et me laisser toucher ses nénés rien que comme ça, comme dans un film.

J’avais pourtant déjà essayé avec les petites de mon école, pour y aller avec les mains : je me postais sur la cabane en bois vert, je fixais une fille de la récré avec intensité et je l’envoûtais en silence : «Tu vas venir vers moi, tu ne vas rien dire, tu vas approcher tes lèvres, tu vas m’embrasser sur la bouche et je vais t’embrasser avec la langue, tu auras des nénés de femme et après, il se fera ce qui doit se faire. Et tout ça, trois, deux, un, maintenant !». Mais ça ne marchait pas. Je vous le jure, rien du tout. Pas même qu’elle s’approchait ou quoi, ça n’accrochait pas !

Je me suis mis à imaginer des trucs pour arriver à ses seins et qu’après je sache ce qui se passe quand la caméra passe sur le pied de lit, fait le compte des pièces effeuillées pour qu’on soit vraiment bien certain qu’ils sont à poil à fond, avec la quette et les nénés et tout qui se touche.

Le premier truc qui tenait vraiment la route, ça m’est venu alors que je m’étais allongé dans ma chambre et que je me triturais le tigeon en l’écoutant balayer dans le couloir. Le coup de bois du balai contre la plinthe résonnait dans ma tête avec un érotisme que je ne suis plus sûr de pouvoir m’expliquer à présent, mais vous mettrez l’idée qui vous vient sur mon compte.

Toujours est-il que je me suis dit qu’un bon coup de balai sur la tête devait pouvoir la mettre entre mes mains avides d’elle pour cinq bonnes minutes. Je l’attendrais d’en haut de l’escalier, et à travers la rambarde, paf !

Le scénario fut finalisé comme suit : j’attends un jour où mon frère est chez le voisin et où mon père promène les Chinois dans sa grosse voiture rouge, je laisse tomber un matelas d’en haut de l’escalier, je l’appelle pour lui demander de m’aider et quand elle se penche, je la maclotte. Elle tombe sur le matelas, je déboutonne son chemisier, je déchire son soutif et je touche ses seins. La suite suivrait.

Au fil des mercredis je peaufinais mon crime d’amour jusqu’à la préméditation la plus extrême. Une année au cours de laquelle je découvris qu’à force de plaisir, du jus vient de mon bout.

Vint ce jour de conjonction. Mon père était à l’étranger, ma mère était avec ma sœur au spectacle de fin d’année, mon frangin était en guindaille et, mélodie à mon coeur, le balai cognait contre la plinthe.

Le hic, c’était Angélique, avec qui j’écoutais du Renaud dans ma chambre. Pour bien faire, il aurait fallu que je gnioque Angélique aussi et ça, ce n’était plus raisonnable du tout.

Angélique, j’ai senti ses seins pousser contre mes coudes pendant tout le secondaire. Je les ai même vus une fois, à mi-parcours, quand son petit frère a sorti les dias des vacances à la plage.

Nous nous acoquinâmes longtemps d’amitié. Elle ne fut pas la première que j’embrassai, mais elle fut la première que j’embrassai avec amour, le jour où elle m’annonça, en confidents que nous étions devenus, qu’elle allait «le faire» avec Stedino.

Je m’étais ensuite recroquevillé contre elle et j’avais tremblé. Dix fois, je me suis dit : «L’occiput !». Juste, j’ignorais comment taper.

Stedino, si tu me lis : enculé de ta mère !

S’il savait comment j’en ai rêvé des coups de balai qu’elle donnait contre le mur du couloir, sa mère.

18 août 2005

Assurbanipal le débauché

11 août 2005

Le petit museau de Sécotine

Je tamponne le ventre encore essoufflé de Sécotine avec un gant de toilette chaud.

- Je te jure, jure-t-elle, tu fais ça avec un petit sourire de gamin de merde content de ses basses œuvres…

J’éponge mes derniers traits de foutre. C’est vrai que ça me fait sourire.

- Tu as remarqué, coqué-je à l’âne, le sperme devient plus transparent et plus liquide après une ou deux minutes.

- Oui, et plus froid aussi, expertise-t-elle. Mais je veux que tu m’expliques ce sourire que tu as toujours quand tu effaces tes méfaits sur moi.

- Ce que je sais c’est que je souris sur plusieurs registres. Le premier, celui qui domine mes pensées pendant que je t’essuie, est le plus burlesque. Je repense à cet instant où les sécurités pètent dans la chaudière, où mes couilles ont tous les manomètres dans le rouge et où il faut décider là tout de suite comment je vais défourailler. C’est tragique et grotesque à la fois, je vis ce choix comme celui de Sophie. Éjaculer sur ton ventre, puisque c’est le choix que j’ai fait, ça veut dire renoncer à jouir en toi ou entre tes seins ou dans ton cul ou dans ta bouche, en sachant que quelque soit mon choix, je ne saurai jamais comment j’aurais joui, à cet instant là, si j’avais pris une autre option. Cette idée de renoncement devient une obsession, ultra-brève mais typhonesque. Je la vis comme un drame, aussi intensément que je le puis, car je sais que ce qui s’annonce dans la tuyauterie va quand même m’exploser les sens. M’offrir un tout dernier tourment fixe en quelque sorte la balance des blancs : tout le reste ne sera que couleurs.

Je m’interromps, remonte la couverture sur Sécotine, juste sous son petit museau qui rosit déjà.

- Le deuxième registre de mon sourire est un hommage ému au plaisir que tu viens de me donner. La vision de mon foutre, sa quantité, les courbes, les traits et les points qu’il dessine, sa disposition sur toi, prolonge en écho quelques dimensions de mon orgasme. Je vois et je vis ce tableau comme une scène de crime, qui contient en quelque sorte le code d’un événement passé encore chaud.

Lentement, ses yeux qui me fixent virent au vague.

- Et le troisième registre de mon sourire, conclu-je, est anticipatif car je sais que lorsque j’éponge mon foutre sur ton ventre, tu me regardes, tu t’interroges, tu me demandes de te raconter, je te raconte. Et lorsque je finis de t’essuyer et que je remonte la couverture, je sais où aussitôt ta main file.

Dénoncée par surprise, sous la couverture, la main de Sécotine bat le record du monde du 60 centimètres vulve-épaule.

- Pauvre cloche ! gronde-t-elle. Puisque c’est comme ça, je vais saloper tout ton travail.

Son souffle se réchauffe aussitôt.

- Si tu as encore des couilles… qu’elle précise.

7 août 2005

Donner de la toile

5 août 2005

Histoire vraie

Je n’ai pas compté, mais au pif, c’est la cinquième tartine de foie gras que la mémère lance au clébard du resto.

- Mais comme c’est épatant ! C’est ex-tra-or-di-naire ! qu’elle glousse, tandis que le dogue clapète sa grosse gueule trois-quatre fois en l’air pour s’envoyer gober le méga-toast d’un trait.

Pépère, qui jusqu’ici n’a pas bronché, rétracte les coudes un chouia et aussitôt, un des trois commis de table s’avance, enjambe le cul du chien et réajuste le niveau de pinard au trait du verre.

Sans quitter la scène des yeux, Sécotine me glisse :
- Nous allons assister à un pic dramatique sous peu. La vieille n’a plus de pain. Elle vient de faire mine de couper un bout de foie gras pour le filer au chien et son bonhomme a tiqué. Il a fait un regard vachement sec, l’as-tu vu ? Elle s’est ravisée, mais observe bien, à présent, comme elle est contrariée.

Sécotine est capable de me plonger dans son univers en moins de temps qu’il ne vous en faut pour rouler un carton de joint. Quand elle parle à mi-voix, son timbre grave et chaud fait vibrer quelque chose, un os, ou peut-être un nerf, dans mon thorax. Je vous dis ça, notez, ce n’est ni romantique ni particulièrement agréable, c’est simplement un phénomène remarquable, comme il en est d’autres. Par exemple, ma mère, quand elle criait, je pouvais l’entendre par les coudes, en les posant sur la table de la cuisine, mais je vous expliquerai ça une autre fois.

- De leur côté, poursuit-elle, les trois mandaïs ont parfaitement saisi la scène et se demandent ce qu’ils doivent faire. Leur boulot, c’est «La femme manque de pain, j’apporte du pain». Or, la réaction du mari les a fait hésiter tous les trois, et l’hésitation de l’un renforce celle de l’autre, et ça vire à la panique inhibante, et maintenant, regarde, ils sont terrorisés à l’idée d’agir. Résultat, la mémère se sent encore plus contrariée et, probablement, commence-t-elle à se demander pourquoi les commis de table restent inertes, comme s’ils prenaient position en faveur du mari. Tu vois comme ça monte de manière exponentielle ? Voilà au moins 15 secondes que la paranoïa s’est emparée des regards. Les trois larbins et la vioque, un carré de frousse et de foies jaunes, ils sont tous en train de délirer, de se faire des films, de se demander comment tout ça va se terminer et qui va morfler.

Je ne vous le cache pas, rapporter les propos de Sécotine quand elle se pique de m’entraîner dans ses visions parallèles directes (rien trouvé de plus synthétique comme formule), n’est pas chose aisée. Comment vous dire ? Je n’accède à cette vision que dans un état de conscience légèrement modifiée dont le carburant est, justement, le flux savamment maîtrisé de ses mots.

- Oublie ceux qui flippent, dit-elle en changeant désormais la couleur mélodique de ses phrases. Oublie-les et concentre-toi sur le pépère. Lui, au contraire de sa femme, c’est un vrai bourgeois, à l’ancienne. Il n’a rien capté de se qui se trame dans la tête des trois commis parce qu’il les ignore totalement. Il n’y a qu’un vrai bourgeois à l’ancienne pour pouvoir faire à ce point abstraction de trois types qui sont payés pour prolonger de leur action le moindre de tes gestes et qui font le pied de grue pendant deux heures autour de ta table. Lui, il voit juste qu’avec un minimum d’effort, à peine un froncement des sourcils, il a fait cesser un manège qui l’agaçait. Peu importe que sa femme enrage. Pour le coup, il a même l’air étonné de sa propre efficacité. Quand sa femme a lancé les premières tartines de foie gras au chien, il n’a même pas levé les yeux, il restait à pinailler dans son assiette. As-tu remarqué qu’il réagissait étonnement peu pour un type qui voit un chien plus lourd que lui venir claper de la bouffe en vol à 30 centimètres de sa tronche. Parce que la vielle, tu as dû t’en rendre compte, prenait sciemment le risque de balancer la tartine sur lui.

Moi, quand je me mets dedans tout seul, je ne parviens qu’à importer les autres dans des rêveries dont je suis l’acteur et le percepteur principal, et généralement pour leur faire subir des expérimentations à caractère bital. Sécotine, elle, elle se démultiplie et elle se projète dans la tête des autres, elle fait le point de la situation par une description fine, puis elle prend le contrôle par le récit et ne procède qu’à des dérives lentes. Vous savez, de celles, comme sur les navires, que l’on ne perçoit qu’en laissant flotter derrière soi des balises pour en observer la prise d’angle.

- Ça y est, reprend-elle, regarde, le chef de salle avise un des commis et lui fait signe d’amener du pain. Il se décide enfin à y aller. Mon Dieu, vois-tu la terrible déconfiture qui se marque sur la face du pépère ? Non, mais vois-tu ça ? Quel retournement de situation ! Tiens, voilà le pain qui arrive. Regarde comme elle est réjouie à présent, comme elle triomphe. Et elle ne cache pas qu’une partie de sa satisfaction tient à la déconfiture de son mec, ça se voit, c’est évident. Ça y est elle reprend le foie gras, elle prend le couteau à tartiner. Tu vas voir, regarde bien son air, vois-tu combien elle lui en veut de s’être sentie frustrée et isolée par le couac des mandaïs ? Oui, regarde bien, elle va lui lancer la tartine en pleine figure. Même sa main en tremble. Oh, ça va être terrible, le chien va sauter sur le vieux et si ça se trouve, il lui bouffera le nez avec.

La mémère fignole sa tartine avec la générosité d’un plafonneur avise le monstre. Et… Hop !

[Sécotine a sa manière et, à relire ceci, je dois bien avouer que, traduite par mes mots, je n’en rends pas l’emprise. Mais tout deux, on aime bien les fins salopes]

3 août 2005

pHiLo, tu es…

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1 août 2005

Un cul branché


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Prévenante, Moiselle WireD, comme fille : au cas où son cavalier trouverait le temps long à la besogner en levrette, elle s’est fait tatouer un petit oiseau hypnotique au bas des reins.

N’empêche, Wired, merci pour ce petit exercice de calligraphie, mais j’avais dit sur le cou. Le cou, c’est pas compliqué, non ? Y’a autre chose que le cul dans la vie, bordel de bite à l’émeri !