Archive du mois de juin 2005

30 juin 2005

Ma première image en 3D (stéréovision + anaglyphe)


Cliquez pour agrandir


"Si jamais les cloches de Saint-Pierre sonnent maintenant, tu vas rester comme ça toute ta vie", disait votre maman pour vous dissuader de loucher. C’est pourtant cela qu’il va falloir faire à présent si vous voulez voir la petite composition que je vous ai préparée en relief.


Le principe est simple : cliquez sur l’image ci-dessus, tenez-vous à 30 cm de l’écran et louchez de manière à fusionner les deux images.


Pour vous aider, commencez pas fusionner les deux O de l’inscription "philOgraph.be". Lorsque c’est fait, maintenez la position et décrispez-vous et laissez faire, patiemment. Vous commencerez à percevoir le relief de cette inscription sur trois plans différents. Lorsque vous êtes bien calé sur la vision stéréo, promenez votre regard sur le reste de l’image.


Si vous avez des lunettes bichromes (pour rappel :rouge à gauche, bleu à droite) voici la même image en 3D anaglyphique :


- Image anaglyphe -


Si vous avez des problèmes pour charger les images, en voici le lien direct : stéréo + anaglyphe

28 juin 2005

Arme pro-eBay

On ne compte plus le nombre de personnes qui ont égaré le sabre de Capone en moins de 5 minutes.

Moralité : On perd vite l’épée d’Al.

28 juin 2005

Si l’intimité n’est pas là…

Je lui hoche toujours bien le bonjour. C’est vrai qu’on a déjà causé une fois rapport au mousqueton usé qui lâcherait un de ces quatre, mais c’est tout. La seule pensée de bite qui m’aie traversé les couilles à son sujet concerne la finesse de ses jambes paradoxalement très musclées… à peine de quoi l’importer dans mon cinoche à branlette. Mais bon, y’avait pas encore de jambes si fines et si musclées dans mon cinoche à branlette, alors vous comprenez.

On est en intimité tous les deux. Et ceci n’a rien à voir avec cela.

Je ne connais d’elle que ses attitudes dans l’effort. Son nom ? Prrrt ! Son âge ? Prrrt ! Comment elle est en civil ? Prrrt ! On est en intimité de loin.

Parfois, tandis je me tirebouchonne dans la torcheuse dorsale, elle s’installe sur la pompe à silicone bio et le saint chrono se décarcasse toujours pour nous accorder une reprise de souffle les yeux dans les yeux. C’est là que ça se passe, doux et léger comme une meringue molle. Et n’allez pas me chanter que c’est parce que je suis beau : j’ai une bonne bouille de con, comme vous, plutôt même pire. L’intimité, on ne la provoque que de traviole, que pour du chiqué. La vraie belle grande et pure intimité advient. Point.

Ce midi, Miss Gambette taille la bavette avec Monsieur Gnîîî (un trapu sympa bourré de T.O.C.). Je m’arrête à leur hauteur alors que leur causette retombe. Je place mon index à l’oreille, façon planqueur du FBI et, de l’autre main, j’applique le plat de mon pouce en guise de sthétoscope sur le thorax de la souris

- Inspirez très fort, que je tente.

Elle sourit, soulève sa poitrine. Je déplace mon pouce de trois centimètres :

- Inspirez encore.

Elle bombe le torse de plus belle. A deux pas, l’Homme de Spy fait “Gnîîî” et sourit aussi, qui me voit venir (notez que c’est ici que les bûcherons d’Outre-Cognée se crissent de la gueule des z’heureuxpéens qui n’amanchent pas le français comme eux).

- Très bien, dis-je, et une dernière fois…

Elle fait siffler l’air qu’elle prend et roule des mécanibards, à présent. Je soulève mon pouce ausculteur, dérive vers les menus mamelons qui bandent sous son T-shirt et mime une tempête magnétique rayonnant desdits mi-melons en retenant à toutes forces feintes mon pouce d’aller lui scoper les stéthos à pleine empreinte.

Garce ! Elle ne se protège pas. Ce qui m’oblige à lui démontrer qu’un gentleman s’arrête avant le contact, parce que bon, j’ai passé l’âge des pouêt-pouêt. O.K., disons que j’essaie de m’en persuader, puisque vous tenez absolument à m’interrompre.

- Alors, c’est grave docteur ? qu’elle trépigne.
- Oui, c’est le sex-appeal qui vous gagne, mon enfant.
- Qu’est-ce que vous me conseillez ?
- Vous me ferez trois séries de 12 Pater rapides et trois séries de 12 Avé à pleine charge !
- Oui mon Père, abat-elle.

La plaisanterie finie, elle rassemble sa serviette et sa bouteille d’eau, se soustrait et rejoint la barre à tractions. Non loin, le gnîîîanderthal avise ses haltères et go !

Bien sûr, je peux me tromper. Mais essayez de faire cela si l’intimité n’est pas là.

23 juin 2005

Gloup

- Je commence par la vallée ? s’enquiert-elle.
- Oh, oui, bouffe-la moi ! dis-je.

17 juin 2005

F. et la théière

Je prépare l’ambre mentholé dans ma nouvelle théière à un euro de chez Kung-Fu Import. J’explique à F. que je l’ai eue pour le dixième du prix à cause de son pied complètement squive. Elle m’écoute, me regarde. Cela n’a pas de sens pour elle.

Juste avant de la servir, mimant une japoniaiserie, je me recueille un instant puis pratique une flexion en soulignant mon geste par la parole :

- Attention, ma théière est là ! Une pause, une flexion…

F. ne pense pas comme on nous a appris à penser. L’idée que les choses de la vie (c’est à dire, la concernant, de la vie intérieure) se connectent aux choses du monde lui est étrangère. Quelle lubie me prête-t-elle, qui ne l’inquiéte ni même ne l’intrigue. F. m’écoute, me regarde, cela suffit à nouer notre intimité.

Plusieurs semaines après cette inauguration rituelle, je rattaque tout pareil. En versant le Chinese Gun Powder dans les mâchicoulis, je commente ma gymnastique :

- Attention, ma théière est là ! Une pause, une flexion.

En près d’un an, j’ai dû effectuer ce cérémonial hermétique une bonne vingtaine de fois et toujours, F. me regardait, m’écoutait. J’attendais.

Il y eut enfin ce soir d’anniversaire où notre table compta près de trois âmes par chaise. F. s’était calée à la lettre sur la méthode Assimil de sociabilisation que je lui avais concoctée pour l’occasion (au pays des aveugles…).

Le feu prit d’entre les mots fusés ; la fée Ganja joua les pompiers et les paroles cédèrent peu à peu, comme les alcools, une part aux anges. Voilà donc que monta l’eau de boudin, poussant chacun à se signer d’une conclusion pas trop lourde sur les neurones : “Bref, tout ça est bien intéressant”, “l’avenir dira qui avait raison”, “on en rediscutera”, etc.

Je sortis alors ma théière et m’adressai à F. en lui roulant des yeux bulle-de-champ’ :

- Là, y’a ma théière : arrêt, flexion.

Ça duré le temps qu’elle saisisse le jeu de mot. Ce qui s’est passé entre nous à cet instant ? La foudre elle-même manquerait de punch pour le rapporter. Contentez-vous d’admettre qu’il y a des trucs minuscules qui vous dépassent.

15 juin 2005

Muscu, un mois (à suivre)

14 juin 2005

Concours Underskin : les gagnants

Bon, j’ai tiré au sort les gagnant du concours UNDERSKIN. En fait, je les ai tirés à l’arbalète. Un confetti par participant posé sur la cible à dix mètres. M’a fallu 8 carreaux pour toucher deux noms et comme la batterie de ma caméra a mis ses chaussures Jemaretla avant que je tire, il faudra me faire confiance. De toute façon, je ne connais personne.

Le premier est Môssieur Jer.
Le second est Ma’ame Pimpeleu

Jer, c’est toi qui décides : le porte-clef éjaculobiteur ou l’illustration photographique par le truchement de ma bite (ma bite truche comme nulle autre) d’un concept, d’un mot, d’une expression de ton choix. Pimpeleu aura ce que tu n’auras pas choisi.

Et puis, parce que sa voix me fait blibli là où il est bon que la voix fasse blibli, j’envoie une carte postale avec un jeu de mots affligeant (thème au choix) à la personne qui, en retard malheureusement, a défini l’un des mots en utilisant tous les autres.

N’avez qu’à m’envoyer votre adresse par mail avec tout ce qu’il faut que je sache pour assurer la discrétion qui vous convient.

Quoi qu’il en soit, merci à tous ceux qui se sont fendus.

11 juin 2005

Recette de la soupe à mon cœur

Arrachez mon cœur, plumez-le et désossez-le. Placez-le dans une grande marmite d’eau bouillante avec un fer à cheval.

Lorsque le fer à cheval devient mou, c’est que mon cœur est cuit. Attaquez à la moulinette.

9 juin 2005

Sur la Route des Trente-Six Tournants

J’ai freiné et j’ai abaissé ma vitre. Plusieurs mecs étaient là, brosse de rue à la main et perle au front, à évacuer une volée de sacs de cent kilos de patates tombés de la benne, éventrés sur le tarmac.

Nonante-neuf fois sur cent, j’ignore ce que je vais dire à l’instant même où j’ouvre ma bouche. Là, ce fut le cri du cœur :

- Purée !

7 juin 2005

Va laver ton ego, malpropre !

Le très haut degré de baisabilité de cette donzabelle ne plaide pas en faveur de la paix des méninges. Le bus pourrait rouler à l’électricité qu’elle fait monter dans l’atmosphère.

Quand elle a gravi le marchepied, la configuration des regards a brusquement changé. Certains hommes se sont mis à tousser pour justifier un repositionnement qui permettrait de mieux cadrer Miss Biche ; d’autres se piquèrent d’un intérêt subit pour le bouton d’arrêt ou pour le marteau à casser les vitres ou pour l’extincteur ou pour je ne sais quoi qui se trouvait non loin d’elle ; les femmes accompagnées firent ration double de gestes et de mots pour s’assurer que pépère ne se détournerait pas pour mater la bombasse ; les femmes seules rangèrent leurs yeux dans leur sac, bien au chaud avec leur amour propre.

Pauvre petiote. Pauvre chérie qui sent tellement la bite que personne ne la regarde vraiment, chacun se demandant avec envie à quoi peut bien ressembler la vie d’une salope. Je crois que c’est ça, une salope : une fille que nous jugeons suffisamment vulgaire, donc à notre portée, pour nous projeter en elle avec toutes nos bassesses et tous nos inaveux. Notre culture de l’ego, depuis le bonobos jusqu’au punaisé de la bible, repose pour une large part sur la recherche de victimes expiatoires. Essayez d’établir une définition qualitative de la salope : elle ne représente que ce dont vous vous sentez capable vous-même et contre quoi l’on vous a appris à lutter.

Si elle était descendue par mon côté, je lui aurais susurré un mot gentil, pas trop dans la séduction, un truc sincère et mesuré, j’aurais improvisé au feeling.

Mais elle est descendue de l’autre côté comme une salope.

6 juin 2005

À la cubaine (4 cm)

Il est habillé comme un Roumain de l’époque où la seule monnaie qui ne se dévaluait pas entre la maison et l’épicerie était le paquet de Kent. En s’installant au bar, il scrute mes Broadway en relevant un sourcil dubitatif, ouvre son grand cabas en toile cirée et me sort une paire de 44:

- Made in San Telmo, pura vaqueta. Muy cheap.

L’année passée, je m’étais toussé jusqu’en Allemagne chez un chausseur spécialisé dans la grolle de danse. Mais ses chaussures de tango étaient trop brillantes, trop toc, j’avais renoncé. Là, c’est du vrai, qui sent encore les tanins et le fond de cale, j’érectionne des mirettes.

- How much, combien, quanto ? que je lui polyglottise sans m’épargner.
- Primo, you try los zapatos, you dance, and then I tell you quanto.
- OK, que je ni une ni deux.

Ma première impression, avec ce genre d’échasse aux pieds, c’est que la dernière fois que j’étais debout, j’étais encore assis. Je me sens là-dedans comme une bite dans un pot de vaseline. Inutile de tester, j’y vais à l’instinct : mon prix, le sien, synthèse, réajustement, sa femme est malade, mes douze enfants ont la scarlatine, rigolade, silence, coup de bluff, rebiffade…

- Olé, m’affaireconclue-t-il à trois chiffres.

Il me considère désormais avec l’affection du connaisseur :

- You will see : if good zapatos, then good tango. And if good tango, then good fuck. This : very very very good zapatos.

Plus tard, adonné à un corps-à-corps pulpeux que m’accorde une très jolie miss dodue (que je surnomme secrètement “La Vénus Demi-Lourd”), je me sens l’envie de la pousser contre un mur, de lui enchatter ma bite, juste comme ça, pour punition d’être trop bonne à désirer, et de la schlika-schliquer sans ménagement
en criant “Good zapatos, good fuuuuck !”.

Quand j’étais tout petiot, je mettais les chaussures à talon de ma mère et je bandais comme un taurillon, je m’en souviens comme si c’était psychanalysable.