Vive l’avariée !
Après une vie d’amours clandestines,
les vieux amants décidèrent enfin de s’épousseter.
Après une vie d’amours clandestines,
les vieux amants décidèrent enfin de s’épousseter.
J’ai la tête dans le mur, les mains sanglées à la proue du lit et la bite ajustée entre les seins de F. lorsqu’elle me dit :
- Attends, détache-toi, j’ai une meilleure idée.
Chaque fois que F. a eu une “meilleure idée”, ma vie sexuelle a pris un tournant. De fait, cette simple parole manque de me faire jouir :
j’en suis réduit à me crisper des reins aux doigts de pieds en m’oxygénant à outrance pour ne pas faire un carton au Petit-Suisse.
Elle disparaît d’entre mes cuisses et j’entends son élégant pas de femme nue l’emporter vers la salle de bain. Avez-vous noté combien le pas des femmes nues est gracieux ?
Pendant que je mords dans la boucle de cuir pour dégager mon poignet je l’entends faire un drôle de “Sprouitch !” :
- Je l’ai essayé cet après-midi, c’est génial, c’est ma mère qui m’a demandé de le rapporter chez sa kiné après les vacances…
Elle semble s’affairer. Elle fait “ouah, ouooooh !”. Elle est prise d’un bref fou rire. Putain, putain, qu’est ce qu’elle mijote ? Je sens que ça va être ma fête. J’en ai un séisme dans les côtes qui ne doit pas manquer de mettre le plan-tsunami en alerte.
- Couche-toi sur le dos, me lance-t-elle lorsque je finis de me délier.
Elle revient munie d’une console jaune reliée par deux fils argentés aux patches collés sur ses fesses :
- Position A : trois impulsions d’un sixième de seconde par seconde. Position B : une impulsion d’une seconde, toutes les deux secondes. Tu n’auras qu’à dire, mon amour…
Me chevauchant désormais, embitée jusqu’à la garde, elle tourne le bouton de sa console et voilà que ses fesses sont prises d’un trot de compétition, ce qui la secoue de rires et me malaxe le nœud comme une pipe à deux langues.
J’ai bégayé des “B-B-B-AAAA, B-B-B-AAAA, B-B-B-AAAA” aussi longtemps que je pus avant que le diable en personne vienne m’écraser la poire à foutre.
Suce-moi les seins, qu’elle te dit. Tu dis oui. Poigne dans mes fesses, qu’elle te dit. Tu dis oui. Tape-moi le cul, tape, tape, tape, qu’elle te dit. Tu dis oui. Rentre-la moi. Mets-la moi. Prends-moi. Viens en moi… Tout ça, qu’elle te dit.
Et à tout tu dis oui.
Mais tu temporises. Toujours ! Tu dis oui et tu attends qu’elle se languisse avant d’obtempérer.
En amour, ne jamais joindre le geste à la parole, ça fait double emploi. Le oui que tu donnes baise déjà l’autre dans sa tête. Alors pendant quelques instants, tu peux agir en parallèle. Tu es deux à toi tout seul.
Les deux individus à côté de moi n’avaient pas de ticket. Le moins moustachu parlementa avec le contrôleur et l’affaire passa au bleu. Faut dire que l’autre était un ours brun de Sibérie et que son sourire à une demi-tonne de pression par centimètre carré faisait largement office d’abonnement pour deux. Sur une barge en surcharge d’au moins 300 pour cent, vous taquineriez un mec qui tient le King-Kong-des-steppes en laisse, vous ?
Moi, ça faisait un bon moment que je le trouvais un peu trop intéressé par mon gros sac rose, le toutou. Je vérifiai gentiment que mon bras n’était pas pris dans la boucle au cas où il voulût jouer à la baballe. Le dresseur voulut me rassurer :
- Nice bear, very kind friend… twenty years together.
Je considérai l’ours avec toute l’aménité dont je suis capable, constatant au passage que sa muselière en vieux pneu lui permettait quand même d’ouvrir la gueule grand comme ma tête, puis j’ai adressé une respectueuse chorégraphie des zigomatiques au dresseur qui se mit en devoir de me convaincre qu’il n’y eût point compagnon plus enviable que le sien :
- My bear smells so very good… Come on, smell him, put your nose and smell him …
Comme je manifestai quelque réticence, il enfouit sa tête dans l’épais poitrail du monstre et prit une profonde inspiration. L’effluve que cette manœuvre libéra était si épouvantable que l’on en put visualiser l’expansion sur les faciès qui se contractaient alentour.
La barge afflanquait la berge lorsque le mec se redressa. J’en profitai pour me laisser discrètement emporter par la foule vers la passerelle. Avant de poser le pied sur la partie asiatique d’Istanbul, je me retournai et aperçu le visage radieux et plein d’amour du dresseur, encore enivré des muscs de son ours.
Mardi, quand Mélanie m’a demandé mon avis sur ses chances de couver l’idylle emphytéotique avec son Jules, j’ai dit : “nulles”.
- La première fois que tu as couché avec lui, argumentai-je, tu m’as dit que tu n’aimais pas son odeur.
Vous auriez vu le visage radieux et plein d’amour du dresseur, perdu dans la foule…
Je dis pédé aux pédés.
Je dis nègre aux nègres.
Je dis youpin aux youpins.
Je dis cul-de-jatte aux cul-de-jatte.
Mais je dis imbécile aux cons,
qui pourraient s’offusquer.
Lundi. Il est 17 heures lorsque j’entre chez moi. Le temps de ranger ma veste et mon sac, d’allumer la radio, de presser six oranges et de passer le pressoir sous le jet, il est exactement 17 h 09. A cet instant, j’entends les derniers cliquetis de mon porte-clef qui oscille encore contre la porte.
Mardi nuit. J’installe mon télescope entre deux nuages pour observer le passage de la tache rouge sur Jupiter. Une heure nous sépare de l’aube. Les oiseaux chantent pour la première fois depuis le début de l’hiver.
Mercredi. Une sensation étrange anime les dernières brumes de mon sommeil. J’ouvre les yeux, la couverture gigote. Je jouis en me demandant depuis combien de temps F. me suce. Je me branle trois fois dans la journée en pensant à cet énigmatique délice d’amour.
Jeudi. Je récolte tous les copeaux de chocolat que F. a méticuleusement laissés au fond de la boîte de Spécial K.
Vendredi. Je ferme la vanne après ma douche. Une filet coule du troisième replis du rideau. Le temps que je me bricole une tête de loup devant le miroir, j’entends une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept gouttes. Pas une de plus. Avant que je me roule les couilles dans la serviette, le pommeau se vide en faisant deux fois slurp, comme tous les matins. Et comme tous les matins, je prévois chacun de ces événements avec une précision de l’ordre de la demi-seconde.
Samedi. Le thermomètre de mon atelier affiche 20° grâce au redoux et au manque d’isolation de la maison de mon voisin. Le quartier d’acajou pour mes deux prochaines guitares diffuse à nouveau ses fragrances d’Amazonie. Les feuilles à plaquage en bois de serpent et en palissandre de Rio se détendent de trois mois de presse sans gauchir.
Dimanche. Ma mère m’apporte un triple-V (véritable vaution verviétois-un gâteau d’enfer) de la Batte. Mes papilles bientôt crâmées par la divine mélasse caramélisée ressuscitent à chaque gorgée d’eau glacée.
Je suis fait pour la magie de ce monde.
Je l’ai identifiée à 100 mètres. Je me suis raidi. Enfin, ma bite s’est raidie mais comme on fait cause commune… Chez moi, c’est logé pas loin de la boîte à fantasmes : les filles au crâne rasé m’excitent.
- Tu es plus grand que sur ton blog, elle a dit.
- Tu es plus chauve que dans mes pensées les plus chauves, j’ai dit.
Elle m’a regardé sous toutes mes coutures, comme pour me reconnaître. Je lui proposai, afin d’apaiser ses défenses instinctives, de m’uriner dessus comme entre grands félins et qu’on n’en parle plus, mais la confiance fut apparemment gagnée avant que de.
- Tout ce qui suivra, fit-elle, est strictement interdit de blog, m’intima-t-elle.
Foutre-en-conserve ! Si vous saviez.
…et comme j’ai le droit de partager
mon cadeau-surprise :

- Si tu creuses bien la chose, dit-il, la plupart des gens s’interdisent de réaliser leurs fantasmes avec le secret espoir que cela constitue une entrave à la réalisation de ceux des autres. Et le couple à prétention fidèle cristallise à mes yeux l’horreur du mouroir à fantasmes, de l’extincteur pour tous les feux un peu fous de la libido.
- Je vais commencer par te mordiller la queue, fit-elle.
- C’est vrai, enchaîna-t-il, cimenter un couple sur la crainte que l’autre importe un peu de son plaisir d’une triangulation, c’est un désir de castration à peine dissimulé.
- Non, qu’elle reprit, je vais commencer par te donner une grande fessée ET PUIS je te mordillerai la queue.
- Le plus révélateur, poursuivit-il, c’est que ce modèle n’est appliqué qu’à la libido. En économie, ce serait un fiasco : impossible de créer de la richesse quand le souci de base est d’empêcher les autres d’en amasser. En écologie, ce serait la fin assurée des espèces : comment inventer la nouveauté quand l’énergie de l’individu se consume à empêcher les autres de proliférer.
- Ou bien alors, hésita-t-elle, je te ferai un massage aux huiles essentielles et je t’assouplirai le trou de cul avec mes pouces.
- Tu vois, renchéri-t-il, le calcul de la fidélité est vicié dès le départ. L’enjeu caché n’est jamais avoué bien qu’il soit partagé par les deux membres du binôme. Même si chacun a en lui l’idée qu’à l’extrême limite, s’il fallait déroger à la règle, le mal serait moindre si…
- …Voilà, interrompit-elle, d’abord un massage, un assouplissement et puis je m’occuperai de ta queue.
- Ecoute, intervins-je, tu me feras tout ce que tu veux, mais dis à ton mec de la fermer.
A la teneur des dialogues près, que vous m’excuserez d’avoir un tantisoit enjolivés car le sieur pérorait avec encore plus de vacuité, voici comment je niquai ma première chance de baiser à trois.
Lady Bi (aucun lien avec Lady Guy) est une vicieuse.
Je ne m’en suis vraiment rendu compte
que lorsqu’elle a flouté notre conversation MSN
en vue de son postage ici même :

Pipe et civilisation
La pipe… quelle remise en jeu, à chaque fois, de la civilisation et de l’ordre qui la gouverne. Ce qu’il nous faut de foi machiste en la domestication des femmes pour oser glisser dans leur bouche cette partie somme toute bien tendre de notre carcasse quand on sait par ailleurs tout ce qu’elles s’estiment en droit de nous reprocher en nous abordant par la métadialectique des genres. Car n’oubliez pas que les dents sont les dernières dagues concédées à notre espèce par l’évolution pour le combat rapproché, lorsque les ongles, les mains, les pieds et les genoux ont cédé sur la ligne de front. Du “Slurp - tu aimes ça, hein, mon cochon !” au “Gniak ! - vengeaaaaance, connard !”, il n’y a que l’épaisseur de notre bite et celle du code civil qui punit l’émasculation par surprise.
Pipe et solitude existentielle
La pipe… l’expérience absolue de la frustration. Comprenez bien cela, mesdames et oiselles. Vous nous sucez et vous pensez nous prodiguer votre serpentaire tendresse dans le présent de l’instant et par le bout de votre langue, quand en fait, à votre insu, vous nous jouez de l’orgue à fantasmes, nous projetant dans des désirs de caresses toujours plus vertigineuses, d’enfouissements toujours plus tourbillonnants, de veloutés toujours plus suaves. Nous avons ontologiquement un coup d’avance sur votre rock’n roll buccolabialopalatal qui se révèle toujours, comprenez-le bien, toujours, en-deçà de nos espoirs. Et nous avons l’obstination de croire qu’un jour, un beau jour, vous décoderez par un lien magique, la partition fellatoire nirvanesque que nous composons au fil de vos pauvres coups de bave. Car notre aboutissement pipal serait que vous ne soyez plus qu’une abyssale gorge torique en révolution sur elle-même, musculeuse et sphinctérisée de partout, en dépression modulée, ondulante, ondoyante, aspirante et, et… Enfin, rien de ce dont la meilleure suceuse du monde est capable car la chose n’est pas à portée humaine. Mais il n’y a que vos satanés palais de velours pour nous rapprocher de notre dixième cercle pour la crémation infernale. Donc, finalement, continuez comme si je n’avais rien dit. Oui, comme ça. Un peu plus vite quand même s’il vous plaît et un peu plus miel et un peu plus long aussi et un peu plus… Vous voyez un peu comme ça nous prend ? Changez pas de main, camarades suceuses : comme le Shaddocks, pompez, pompez !
Pipe et dent bleue
La pipe… un peu de science-fiction. Imaginez un instant. Ma télépathiette bluetooth dissimulée dans la boule de mon piercing décode mes images mentales suscitées par la turlute de Mademoiselle Pompignole. Aussitôt, l’engin transmet la trame de cette image à la télépathiette bluetooth que Mademoiselle porte moulée dans sa boucle d’oreille. Celle-ci sert d’antenne pour réémettre ces trames, à la fréquence des synapses concernées, en direction du cortex de Mademoiselle Pompignole, prenant le pas sur ses propres images mentales, et la guidant ainsi vers l’exécution automatique de mes moindres desiderata. Ah ! A quand la fée thélépathiette dont on se demandera après comment on pouvait s’en passer avant ? Bon, et puis rien n’empêchera Mademoiselle Pompignole de mettre sa télépathiette bluetooth en mode Master quand lui viendra le sang de se faire chauffer la rirette : vous ne nous ferez pas croire que ce ne sont que nos pauvres coups de bite qui vous emmènent les doigts de pied à hue et à dia et vous font crier "Oh, oui, encore Brad, encore Brad", alors que nous nous appelons tous Roger, comme tout le monde.