Archive du mois de octobre 2004

31 octobre 2004

Au nom du Tango, de la pâte à crêpe et du Saint-Esprit

Je préparais la pâte à crêpe sur le balcon. Pour Heather l’Australienne, Eileen l’Irlandaise, Amanda l’écossaise, James l’apatride sans langue maternelle ni option sexuelle, Peter le dragon teuton, Lourdes la femme aux deux Huskies, “El Matador”, Michael l’ami de ma vie et F. l’amour du même métal. C’est chez moi que ça se passait parce que j’habitais au dernier étage, avec option ciel andalou.

24 œufs. Je ne sais plus combien de bouteilles de lait je mettais, mais la gigantesque poêle à paella (le genre qui occupe les quatre becs de gaz, voyez le modèle ?) dans laquelle je préparais la mixture était toujours dangereusement pleine quand j’arrivais à la bonne crêpabilité.

Comme on y parlait toutes les langues et que ça se passait tous les mercredis, j’avais surnommé cette assemblée Babel Wed’. Mais ne vous inquiétez pas, cela ne faisait rire que moi.

Sans secours électroménager, la seule technique pour éviter les grumeaux était la suivante : commencer avec une pâte ultra compacte et allonger progressivement ; la consistance optimale était atteinte lorsque je pouvais dessiner un grand O dans la pâte avec le manche de la spatule de telle sorte que le début du trait disparaisse à l’instant où la figure se referme. A force, j’avais le tour pour produire un mouvement régulier et rapide sans en foutre partout.

Eileen s’intéressa un jour à cette opération. Faut dire, c’était sensuel à crever, une telle surface de pâte à crêpe. Ça donnait envie de s’y vautrer nu.

Eileen, c’est la seule anglophone que je comprenais mieux en Espagnol qu’en Anglais. J’aime tes crêpes, ça donnait Oï phockin’ loïke yaor phockin’ craïpz.

Elle essaya de faire le O, mais comme la manœuvre manquait de vitesse, il se refermait au fur et à mesure. D’autres essayèrent, puis cela se convertit en une sorte de pictionary sur sables mouvants.

Quand revint mon tour, je mimai une sorte d’électrocardiogramme branché sur radar. Bon, j’explique. Avec le manche de la spatule, je dessinais, tel un traceur médical, une courbe dans la pâte, marquant chaque crête d’un bîp marmonné. De la tête, je scannais l’assemblée, dans un sens puis dans l’autre. Et lorsque mon regard croisait celui de F., j’augmentais frénétiquement l’amplitude du tracé dans la pâte et le volume du bîp.

Elle avait ce jour là un décolleté que tous les mecs choisirent comme point de fuite… sauf James qui entendait réconforter les Huskies en leur causant en patois autrichien, désolé de ne pas connaître une langue plus proche -au moins géographiquement- du Sibérien.

Je nettoyai le calame improvisé qui commençait à dégouliner et le tendis à F. Au délié de sa main et à son sourire en équateur, je compris d’emblée qu’elle dessinait un cœur. Elle n’en dessina en fait qu’un demi. Car, ramenant à toute vitesse la première courbe vers elle, nous dûmes constater qu’elle avait plongé le coté spatule et non le manche dans l’écritoire flasque.

Nous vîmes se déployer puis s’abattre sur 180° de l’assemblée, une splash laiteux, pas mieux que si un surfeur était venu faire un cut back dans la pâte.

Tout le monde pouffa. Les seins de F. se balançaient merveilleusement au printemps du Paseo Marítimo. Cet instant là fait partie de ma vie sexuelle, cherchez pas.

Il y a quelques jours, je lui frotte la résille, elle me botte la fesse, je lui ouvre une media-luna, elle me rend un fouetté de rose, Gotan Project à fond dans les couilles. Bandonéon et hyperbasse, putain l’ouragan auquel on se prépare, à dose papillon.

Renippés moins corrida, nous voilà à présent courant les ruelles pour y évaporer nos muscs. On s’arrête pour un oui ou pour une main au panier, on s’entr’engouffre, on se colle, on se lape, on s’empoigne.

Par où voit-elle en moi, je l’ignore… Alors que cet instant de fraîcheur rameute en moi, par résonance, un flot d’images insouciantes tirées des Babel weds’, elle me cancane le coin-coin d’Eileen : “Oï phockin’ loïke yaor craïpz”.

Une rafale de tic-tac-tic-tac plus tard, j’étais à la poêle.

La dernière crêpe fut pour le sein qu’elle dégagea dans le but d’avorter là le gueuleton. Je croquai délicatement le centre du cataplasme pâtissier afin que son mamelon s’y érige. J’y appliquai la sauce chaude au chocolat…

Seigneur ! ma langue contournant son mamelon et se faufilant sous la crêpe par le trou afin d’y récolter l’ultime grain de cacao…

Cet instant là fait partir de ma vie spirituelle.

Dieu existe. Il était dans ma bouche.

29 octobre 2004

Poésie de branleur

Retrouvé ce "poème" d’écolier qui s’emmerde, dans la marge de mon cours de religion en rhéto (dernière du secondaire). Pour info, j’étais vierge et coyon veut dire couille en wallon.

Odelette à mes coyons

Cavaliers invertis
d’une arcure irrésolue
siamois zist et zest
entre lesquelles un chibre
et non le moindre : mien
bande et bande et bande encore
entêté qu’il est
d’essaimer vos trésors
tant et plus
je vous dois
tenter plus
je ne vous dois
je vous dois doigts et doigté
motte ou menton quand se pourra
à puncher, à puncher
-vous vous y entendez-
et si votre dû
est d’être à moi
sachez si vous le pouvez
que je m’en réjouis
m’en réjouis
m’en rejouis

27 octobre 2004

Un mail sans réplique

Alors il faut que je vous dise. Il pousse dans ma boîte aux mails, à l’engrais de ce blog, d’anonymes petits bouts d’âme, cédés pour le denier du culte intime. Coquins parfois, féminins toujours. Ou presque. Et là, voilà qu’aujourd’hui, un poilu me bazarde une confiote qui m’ébranle -et pour cause. Mesdames je vous souhaite d’en trouver un comme lui sur le chemin de vos cheminements car le sieur Marc est du genre à faire trembler les murs quand il entreprend une mamzelle. Lisez plutôt…
(Note perso : Domoo Arigator gozaï massu, Marc san !)

To : <philo@philograph.be>
From : "Marc" <marcjapan@free.fr>
Subject : Thèque tonique
Date : Wed, 27 Oct 2004 21:52:54 +0900

Cette histoire je te la donne.
Etrange, mais tu es la première personne à qui j’ai eu envie de confier cette expérience. Je te connais peu, tu ne me connais pas mais peu importe après tout. Toi pour qui la recherche de nouvelles sensations a l’air d’être une préoccupation de tous les jours, voici comme j’en ai découvert une samedi dernier.

23/10/04 08H15 GMT
Elle sort de sa douche. Son peignoir blanc contraste avec la couleur de sa peau. J’aperçois un sein lourd, je devine la douceur de l’intérieur de sa cuisse. Je ne bouge pas. Elle me regarde, me sourit, me rejoint.

23/10/04 08H25 GMT
Sa bouche s’est collée à la mienne.

23/10/04 08H30 GMT
Nos bouches sont collées à nos sexes.

23/10/04 08H40 GMT
Malgré la pénombre de ce début de soirée, je prends comme à chaque fois plaisir à ne rien perdre de l’évolution des expressions de son visage. Toujours la même succession, immuable. Un peu de douleur déjà.

23/10/04 08H41 GMT
A la douleur a succédé le relâchement.

23/10/04 08H45 GMT
Au relâchement, la concentration.

23/10/04 08H50 GMT
A la concentration, la retenue.

23/10/04 08H53 GMT
Elle sur moi, elle entretient un mouvement de va et vient régulier, mes mains maintiennent nos fronts joints, nos souffles se succèdent en opposition de phase.

23/10/04 08H55 GMT
Son visage se crispe, mes reins aussi.

23/10/04 08H56 GMT
Elle s’arrête, elle crie, mais un soudain sentiment d’angoisse nous prend. Nous ne bougeons plus mais je sens comme une onde grandissante qui nous fait osciller d’une manière indescriptible en parcourant nos deux corps. Je sens mon cœur battre, la lampe suspendue au plafond suit l’étrange trajectoire du pendule de Foucault. Des verres s’entrechoquent.

23/10/04 08H57 GMT
L’onde s’est dissipée, nous sommes redevenus immobiles et lourds. Un étrange silence nous entoure.

23/10/04 09H00 GMT
Nous avons joui, nous avons eu peur, nous bougeons pour la première fois depuis trois minutes. Plus jamais nous ne ressentirons cela.

TOKYO (AP) - Le nord-ouest du Japon a été frappé samedi par une impressionnante rafale de puissants séismes. Ils ont fait au moins 13 morts et dix disparus, plus de 700 blessés, et ont contraint des centaines de personnes à fuir leurs maisons.
Des bâtiments se sont effondrés ou ont pris feu, l’électricité, l’eau ou le gaz ont été coupés, des routes se sont pliées comme du papier et un train à grande vitesse a déraillé.
Le premier séisme, et le plus puissant, s’est produit à 17h56 (08h56 GMT). D’après les calculs préliminaires, sa magnitude était de 6,8 (7,2 selon le Réseau national de surveillance sismique en France à Strasbourg). Son épicentre a été localisé à une vingtaine de kilomètres sous la surface de la terre à Ojiya, dans la préfecture (Etat) de Niigata, à environ 256km au nord-ouest de Tokyo. [...]
AP

 

 

Note de pHiLo : attention, ne tentez pas de reproduire cette expérience à la maison. Pour plusieurs raisons :
- Cinq minutes de préliminaires, sans entraînement préalable, c’est trop peu (considérez en homme averti que “bouche-sexe”, ce n’est déjà plus du préliminaire, mais du plat de résistance) ;
- Sans une bonne ventilation de la pièce, la respiration face à face en opposition de phase peut mener à l’asphyxie, chacun réinspirant tour à tour l’air expiré par l’autre ;
- Sous nos latitudes, la literie ne résiste pas à des coïts de magnitude supérieure à 2 (voire 1 pour le mobilier Ikéa et assimilé) sur l’échelle ouverte de Richter.

25 octobre 2004

Univers clos

La nuance rapproche chaque chose de son contraire.

21 octobre 2004

Où pHiLoGrApH vous anagramme

Y’a lurette que je me dis qu’il faut que je fasse un p’tit cadeau aux blogueurs de ma colonne de droite. Alors voilà, je vous le fais de la manière la plus consternante et pathétique qui soit, mes adorés quotidiens : pire qu’un collier de nouilles de fête des mères, pire qu’un cœur de Saint-Valentin en massepain, pire qu’un compliment bégayé dans une haleine d’ail, oui j’ai sombré… je vous ai tournicotés en anagrammes.
Les plus apitoyés d’entre-vous enverront leur contribution à ma rubrique “à fleur de peau” pour compatir à ma misère (bon, j’aurai essayé, bande de petzouilles !), les autres se contenteront de ne pas en rajouter, c’est suffisamment humiliant comme ça !
Au passage, vous noterez qu’une intruse s’est infiltrée dans la liste de mes victimes : le message subliminal que contient son anagramme est le suivant : “ouvrez donc un blog et je poste ici un strip à vous déchausser les ovaires”.
Et, coquetterie que je me pardonne pour ma peine, je passe en premier.

pHiLoGrApH :
High Poplar ("haut peuplier", la mienne est effectivement un peu pliée)
Ah ! Pop girl ! (tout à fait mon style)
Anadema :
Amen à "Da" (bénédiction russophile)
Anne Archet :
Chenet anar (attention à la flambée bord&eacutelique)
Tanne ce "rha !" (préservons la sérénité des ébats)
Acharne-net (ne l’excite-t-elle pas, le net ?)
Tranche-âne (castratrice  ! Ah merde, c’est nous les ânes !)
Baboon :
Bon boa (un con strict, or donc !)
Bernadette Frampaillon :
Bon flair départemental (origines paysannes  ?)
Fondrait préalablement (elle a des arguments pour vous éviter ce conditionnel)
Bulle :
Le Lub’(a-t-elle plus d’affinités avec le Lubéron ou avec le lubrifiant ?)
Cramoisi :
Arc moisi (à flèches empoisonnées)
Croisa mi (et jamais ne me reconnut)
Mica rosi (un peu pâlot même)
Lady Guy :
Ugly day (life is a bitch and then you… go to Bahamas)
Louison :
Oison lu (pas si oison, mais lue, oui)
Solo uni (sur un piano noir bien membré)
Soul on I (”âme sur moi”, on ne peut rêver mieux)
Oil on us (”huile sur nous “, vrrrrrr)
Maïa Mazaurette :

Attirez âme à mua (et pas la couverture à sua)
Riez, tam-tam à eau (mais pas trop elle est susceptible)

Christian Mistral :
Mr rail-antichrist (la coke, c’est pour assumer son virage vers l’athéisme)
Mil tirs antichars (prose et vers à boulets rouges)
Crissait rimant H-L ( faire consonner le hasch et les ailes, ça rend soupe au lait)
Smash irritant cil (tant d’efforts pour si peu ? Comme la littérature en somme)
Old Cola :
cool lad (”jeune mec cool” et non pas vieux dégazé)
Pierrick Prévert :
Prickier pervert ("pervert plus épineux"… impossible à trouver, en effet)
Princess Klopobek :
Bock plein, pocker SS  ! (quand sa majesté se saoûle à la bière, ses jeux dérapent)
Sainte-Ethique :
Inesthétique A (qui se meurt de ses 25 consœurs)
Sophie L. :
Oh ! Pliés (bandés ! même)

En vous remerciant, bonsoir.

18 octobre 2004

Clavardage

Diabolo dit : Elle refuse de haute lutte
pHiLo dit : et non pas "de haute montagne"…

[...]

Diabolo dit : mais je vais reprendre les rennes, tu vas voir !
pHiLo dit : Alors pour le père Noël, ce sera la mise à pied, haha !

16 octobre 2004

Haute pression

Je l’ai prise. Comme ça.

Elle a toujours aimé me provoquer. Même avant que nous devenions les drôles d’amants que nous devînmes.

“Comme ça”, ça mérite son contexte.

Nous étions loin de nous être complètement libérés l’un à l’autre (ces choses-là prirent le temps long de la confiance éprouvée -homo homine lupus-) et ces trois jours que j’avais passés à travailler sur son PC en son absence m’avaient littéralement enivré d’elle. Faire ma bouffe dans ses plats, chier en lisant ses revues, jouer à faire rouler les tiroirs de son bureau, découvrir au hasard de mon regard son univers de détails… Je n’en pouvais plus.

Le jour où elle est rentrée, on s’est trouvés comme deux cons bêtement retenus, chacun craignant de brusquer l’autre en manifestant trop d’intérêt à ces “retrouvailles”. Nous jouions à ne pas être en couple et nous ne connaissions pas encore toutes les règles. La soirée s’étira devant un navet et sous de chastes caresses dont je commençai par ailleurs à découvrir qu’elles sont bien souvent parmi les plus excitantes puisqu’elles stimulent l’affolement de certaines zones sans les apaiser par le contact.

Un gros kilomètre à pied pour rentrer chez moi. Trois fois j’ai joui sous les pans de ma veste.

Le lendemain, je revins terminer ma mise en page. Vers 10 heures, sous sa fenêtre, deux crieurs de la Batte se livrèrent à un duel. L’un nasillait “Qui c’est qui a les plus beaux léguuuuumes ? C’est Yo-yooooo !”, l’autre gutturait en français de ménapien “Alleï, voyez ces grrrrosses pommes, alleï !”.

Elle se révéla dans l’encadrement de la porte, tout doucement, comme une image qu’on télécharge aux heures de pointe.

Les filles ne sont vraiment à poil que dans les brumes animales du réveil -et c’est éphémère-, sans marque de vêtement, sans odeurs de crème ni de poudre, sans artifice de maintien, tout aux charmes qu’elles ignorent

Elle était à poil.

Elle m’a regardé comme pour contrôler que c’était bien moi, m’a dit qu’”ils” gueulaient vachement fort aujourd’hui, puis je l’ai entendue s’allonger dans le salon.

Sa peau encore moite de nuit faisait siffler le cuir ciré du divan au moindre mouvement. A chaque fois, mon cœur s’arrêtait de battre pour entrer en résonnance.

Elle me Karcherisait les tripes à l’adrénaline.

Je vins m’allonger derrière elle et la serrai très fort contre moi, des pieds à la tête, comme pour étouffer l’attrait qu’elle exerçait sur moi. Elle aimait cela. Elle se laissait écraser en résistant des fesses puis roulait sur le flanc pour s’alanguir à la tendresse et à la douce torpeur de l’instant. Ce charme se serait peut-être évanoui le temps que je me déshabille, aussi n’en pris-je pas le risque.

Lorsque je sentis mon esprit libéré de l’obsession du contact, je retournai à mes œuvres.

Plus tard je l’entendis se relever, elle vint à nouveau se poster dans l’encadrement de la porte.

- Un bain ? qu’elle fit.

Elle a amorcé un petit fléchissement de la croupe qui ne pesait pas plus lourd qu’un clin d’œil. C’en était trop.

Je me suis levé, elle a saisi à mon regard qu’il y avait de la course dans l’air et s’échappa en criant houuuuuuuuuuu, les côtes en apesanteur ! Je l’ai attrapée au pied des marches du salon.

Je l’ai prise. Comme ça.

Eût-elle été accordéonnée, je lui aurais embouti les fesses jusqu’aux épaules. Je n’en voulais que pour moi. J’avais envie de me jouir tout entier en elle, et que ça soit rude. Je l’ai secouée, secouée, secouée. Plus ça claquait, plus le point d’extase de la pénétration (ce moment où la bite, tendue à l’extrême en bout de course repart dans l’autre sens, se rétractant partiellement dans ses propres replis) s’enfouissait en elle. Je l’envoyais à Tombouctou d’un coup de queue, je la ramenais à Liège d’une brasse, par les hanches. Je boutais, je tirais. C’était divinement furieux. Je m’appropriais tout, jusqu’aux sons.

Sans mot dire, je lui criais “Qui c’est qui a les plus beaux léguuuuumes ? C’est Yo-yooooo !” et elle renchérissait : “Alleï, voyez ces grrrrosses pommes, alleï !”.

A mon tour je lui Karchérisai les tripes. Mais au foutre, moi.

Pendant le bain, juste au dessus la mousse qui pétillait d’un petit bruissement, elle déposa ces quelques mots :

- C’était très tendre.

Je pris cela pour une ironie, gêné comme une séquence d’ADN. Mais elle insista :

- L’acte d’amour, chez les femmes, c’est un tout qui s’étale sur plusieurs jours. Et tout cela était très tendre.

13 octobre 2004

Merde !

La gare de Meur mène à ce rond point.

12 octobre 2004

Anne Archet n’est plus…

Je tenais à être le tout premier à vous l’annoncer :
Anne Archet est morte !
Et quel plaisir immense que de pouvoir vous faire cette révélation très très très très très longtemps à l’avance puisque la petite mère de peuples et grande timonière des masses ahuries se requinque actuellement à Rio pour un bon bail (cf. le message de “Jovette Guèvremont”).
Et moi qui m’apprêtais à faire fortune en vendant aux enchères sa petite culotte, millimètre carré par millimètre carré. Damned !
11 octobre 2004

Le coprokamikaze

Ferdinand qu’il s’appelle. Au bout de sa main droite qu’il te tendra dix fois s’il te croise dix fois dans la journée, la dernière phalange du petit doigt lui a poussé soudée, crochue à angle droit.

- 8 mètres cubes, qu’il me dit. Question capacité, je peux faire toute une tournée sans devoir vider.

Il s’adosse à sa pompe à merde bidouillée façon Mad-Max sur la prise de force de son tracteur et contemple amoureusement le gros tuyau noir qui se secoue au passage des sucées plus compactes. Faut voir ce regard. Tu ferais pas plus sweet devant ta Ferrari si ça faisait reluire autre chose que des dindons.

- Ça s’amorce tout seul. Suffit de veiller à récurer le piston tous les soirs pour pas que ça sèche.

Ainsi, de question en relance, je me constitue un brin de science dans le domaine du démerdage professionnel des fosses septiques. Ses explications sont l’occasion de commérages multiples sur les pratiques excrétatoires des habitants de notre patelin et je relève à peine la discorde qui l’oppose à la fermière-épicière pour des questions d’impayés.

Le soir même, je cause avec F. de cette entrevue magique et, un thème en appelant un autre, nous finissons par ressasser sous un déluge de rires notre vieux projet de mener des attentats à la bombe-à-merde (pyramide de 50 étrons parallèles dans un sac en kraft préalablement affaibli, un pétard “Pirat” truffé dans chaque étron, mise à feu par le sommet décalée d’une demi-seconde d’un pétard à l’autre pour maximiser la portée des projections et optimiser la terreur fécale : à l’effet "Splatch ! te voilà plein de merde d’un coup", nous préférons la prise de conscience des victimes du fait qu’elles vont se faire encaguer sans pouvoir y échapper).

La nuit, dans un rêve de pré-sommeil, je visualise Ferdinand complètement hystérique, dévalant ma rue à cheval sur ses huit tonnes de merde à roulettes, pointant son petit doigt maléfique vers la ferme-épicerie en contrebas et hurlant comme un damné : “Ferdinaaaaand, Akbar ! Ferdinaaaaand Akbar !”

8 octobre 2004

Le commerce en ligne à visage humain

Cet été, j’ai acheté en ligne un clavier qui s’est avéré incompatible avec mon matos. J’avais quinze jours pour le renvoyer sans frais mais j’ai dépassé ce delai d’un mois avant de me bouger le derche.

Le site de vente proposait un formulaire de réclamation en ligne dans le suivi de la commande. J’ai coché ce qu’il fallait cocher et j’ai expliqué mon cas dans les trois lignes réservées à l’expression libre. J’ai reçu une réponse automatisée me signifiant le refus de la firme de reprendre le clavier.

Bien décidé à ne pas rester avec ce truc inutile et cher sur les bras, j’opte alors pour une réclamation à visage (plus) humain : le fax. Que ceci vous donne des idées : l’humour, ça marche !

Dans l’ordre, mon fax, puis leur mail en réponse.

******* MON FAX DE RECLAMATION *******

Madame, Monsieur, Camarade syndiqué,

Il faut que je vous dise que je suis né coiffé. Peut-être l’ignorez-vous -tout le monde n’est pas spécialiste en natologie ni en proverbiologie-, mais cela signifie que j’advins au monde des hommes et du commerce en ligne tout en douceur, sous la protection d’un placenta intact et que, au regard de la sagesse populaire, ma vie s’en trouve indéracinablement placée sous le signe de la chance.

D’autre part, et cela, je ne le dois qu’à moi-même, j’obtiens toujours ce que je désire, dussé-je puiser dans mes réserves d’opiniâtreté.

Donc vos 30 pages de règlement pour me rappeler que les produits blablabla, que les délais blublublu et que la loi blobloblo… vous pensez bien que ça me fait autant d’effet qu’une chatouille que je me ferais moi-même.

Croyez bien qu’il en coûte à ma conscience de vous prendre un peu de haut, mais on va reprendre tout ça à ma sauce et vous allez voir que vous allez bricoler une exception rien que pour moi.

Vous m’avez donc envoyé un produit que votre site annonce erronément comme compatible avec mon matériel. Vous êtes donc responsable.

Quant à moi, j’ai dépassé d’un mois le délai de 15 jours pour vous retourner le produit.

On en est à 1-1.

Seulement voilà. J’ai une excuse. La postière de mon village est carrossée comme un compresseur à foutre équipé double piston huilé en V sans entretien, et la seule idée de me rendre dans son officine me déclenche un appel de sang dans le corps caverneux, ce qui convertit aussitôt mon expédition postale en un homérique rodéo-branlette.

Il se trouve que j’ai appris par mon voisin dont la libido est réduite à l’état de concept théorique par l’effet conjugué de l’alcoolisme aigu et de l’adaptation au milieu (sa femme ferait tourner au vinaigre une couvée de bonobos tant elle est débandante) que la belle fonctionnaire de nos Postes est actuellement en congé de maladie pour cause de grippe.

Considérant que la médecine allopathique moderne vous requinque de ce virus en 7 à 8 jours, nous avons donc une fenêtre d’une bonne semaine pour régler cette affaire.

Je vous propose ceci : on fait comme si de rien n’était, vous me remboursez le produit, vous en prenez le retour à vos frais et comme ça tout le monde est content. En tout cas moi.

En échange, je renoncerai à vous faxer page par page l’intégrale du Capital dans sa version russe préfacée par Fidel Castro lui-même (la préface étant aussi longue que le corpus lui-même)

Bien à vous, bise à Madame,
XXXXXXX

******* LA REPONSE DE LA FIRME *******

Date : Fri, 08 Oct 2004 13:40:29 +0200
To : XXXXXXXXXXXXX
From : XXXXXXXXXXXXX
Subject : Votre fax du 4 octobre

Monsieur XXXXXXX,

En deux ans d’existence, nous n’avons jamais fait exception à notre réglement.

Toutefois, nonobstant la totale irrégularité de votre demande, nous y accéderons par souci de productivité. Votre fax ayant provoqué une vague de fou rire en passant d’un bureau à l’autre, nous ne pourrions pas assumer une nouvelle réclamation de votre part.

Veuillez nous renvoyer le produit FAH1940-45 en remplissant le formulaire attaché. A la case "motif du retour", ne cochez rien et ajoutez "Accord de M. XXXXXXX"

Veuillez agréer, Monsieur XXXXXXX, l’expression de ma considération distinguée.

XXXXXXX
Responsable du Service Clientèle
XXXXXXX

7 octobre 2004

Bouvard et Pécuchet

Sécotine : Tu pourras pas venir ? Et ma boustifaille, alors ?
pHiLo : Ben, désolé.
Sécotine : Et ma beuverie, alors ?
pHiLo : Emma Bovary, c’est moi.