Archive du mois de juillet 2004

31 juillet 2004

Pour les achats d’or noir, attendez

Lao-Tseu (”Leu” pour les intimes pressés) qui, comme chacun le sait, parlait petit-nègre et très fort, désigna celui de ses disciples qui possédait un double séant pour faire tourner le couteau économe.

Moralité : Leu barrit : “Le deux-pètes roule éplucheur”.

30 juillet 2004

Leçon d’urbanisme

…aujourd’hui, le pâté de maisons.


29 juillet 2004

Dans mes bagages

Gilbert : Ecoute ça, c’est du Hillbilly.
pHiLo : Ça doit donner le tournis à la longue… D’ailleurs, ne dit-on pas : Hillbilly mène au rond-point.


F. : Et tout est à l’avenant.

pHiLo : …comme la poire du même nom.


Sun Hee : The flash avoids red eyes.

pHiLo : The ray dies, always… that’s light !


F. : J’ai jamais aimé les ‘tites bites.

pHiLo : C’est une chanson trop connue.

28 juillet 2004

La pause Jacuzzi

L’ingestion cadavérique m’étant devenue exceptionnelle par la simplicité de la coexistence (comprenne qui de draps), je ne tolère plus en ma chair que celle du cochon sous la forme très avancée -voire faisandée- de jambon Serrano (de Bergerac) et en préparation de porc laqué en milieu nouilleux.


Bref, vomir sous une pluie battante cette maudite charcuterie insidieusement placée dans un sandwich autoroutier à la composition illisible n’ensemença aucune joyeuse prophétie au sujet de mes vacances en Bretagne.


- On se casse ? me fit F. avant même que d’arriver.

- On nique à Saint-Nic et on file goûter le Mercure d’Or de Gilbert, d’abord ! régurgitai-je.


Et heureusement qu’on le fit dans cet ordre car le fameux Chouchen fabricoté par Gilbert est un alcool de contrebande dans le mauvais sens du terme : impossible de triquer en étant imbibé de ce breuvage, la natalité des Bretons doit certainement s’en faire l’écho les années de forte production.


Nous profitâmes néanmoins de la gueule de bois consécutatoire (c’est vous dire) pour nous traîner sous la pluie et le tonnerre de “Brest2004″. Devant le rassemblement de vieux gréements, je ne pus m’empêcher de songer honteusement à Manon qui aime tant les histoires de pirates.


Ce qui est magnifique dans cette ville, c’est que tant que l’on regarde la mer, on tourne le dos à la ville.


- Je crois que la fille de Gilbert a un faible pour toi, me glissa F. en aparté alors que nous sondions les cales d’un trois-mâts ukrainien de 109 mètres.

- Quel âge elle a, cette gamine ? chuchotai-je d’un œil bien à moi.

- Elle a trois ans de moins que nous, pauvre cloche.

- On reste ? poursuivit mon œil, celui-là même dont je vous causais pas plus tard que là juste au dessus.


C’est ainsi que nous descendîmes précipitamment vers le sud, F. n’étant finalement pas trop pour les parties à trois.


Nous glissâmes sur trois segments de l’Hexagone, de l’Atlantique aux Pyrénées, direction la Méditerranée. Au passage, la larme à l’œil et la culotte d’Anne Archet en bagage, je renonçai à m’attarder sur Bordeaux, le ciel d’Old Cola, de Z&T et de Beleg étant malheureusement constellé de cumulus peu engageants ; pareil à Toulouse où mon ventre palpita de renoncer à la caresse promise par les pinceaux de Bulle (j’espère que par là-bas, vos oreilles ont sifflé, chers voz’aut’)


C’est finalement la Camargue qui offrit aux étoiles le spectacle sans ombre de nos corps encore pâles et emmêlés. A l’instant de ranger mes valises, je trouverai un peu de sable dans les ourlets de mon pantalon encore long des embruns bretons, mais n’anticipons pas.


Nous fîmes un brin de courtoisie à Sun Hee (cf. “rent-a-camionnette” deux posts plus bas). Elle nous fit un accueil digne de sa générosité. Le repos lecture dans le jacuzzi vira en un concours de bouillons de bulles et de tourbillons. De mémoire de turbine triphasée à 1,9 cheval-vapeur, on n’en vit jamais autant dans ce spa.


- On se casse ? lançai-je en me rhabillant.


C’est ainsi que nous restâmes plus que de raison, F. n’étant finalement pas trop contre les parties à trois.


Quelques nuits inoubliables passèrent sur ces journées idylliques.


Nous languîmes nus en proportions inconstantes, prompts à augmenter les ratios pour un oui ou pour un oui, le duvet qui pelisse nos peaux nous invitant à jouir de la caresse du vent, de ce genre de petit orgasme discret murmuré à nos âmes.


Le dernier jour, par dessus son livre et sous ses cheveux désormais péroxydés par une lubie que je pris au mot et en en charge, Sun Hee, de son pinyin english aux R roulés me glissa :


- You bad boy ! Vely bad boy !


Rejoignant le rose ambré de sa vulve, ma langue croisa la langue de F. Ce dernier jour fut aussitôt converti en veille du dernier jour. Et pareil pour celui d’après. Les passions humaines sont moins prévisibles que le calendrier des Postes.


C’est finalement nos sexes usés qui rendirent les armes en premier. Un symbole ou l’autre acheva de me convaincre en boutade qu’il était temps de continuer notre périple. Les blondes boucles de F. battirent à nouveau à mesure que le Sud s’offrait à nous.


La vie ! La putain de beauté de cette putain de vie !


Jamais je ne mourrai, j’en suis sûr.

11 juillet 2004

Au lit d’aise

Tenez verticalement l’index de votre main droite à hauteur de votre bouche et maintenez la pression.

Vous bougez pas, je reviens * tout de suite.

Pendant mon absence, de votre main libre et en silence, je veux que :


1. Vous racontiez en commentaire une blague monstrueusement exécrable ;

2. Vous inscriviez également le titre d’un post qui vous plait sur ce blog.


*

Priez que Dieu existe et qu’il ne me fasse pas croiser trop souvent le tour des dopés, je l’aurais vachement mauvaise au retour sinon.


* Je me réjouis au passage d’emprunter cette porte spatio-temporelle annoncée par Mappy à 1,8km de Liège et qui me propulsera selon toute vraissemblance directement en France.

10 juillet 2004

Rent-a-camionnette

Mekanic dort à l’arrière, en chien de fusil, la tête abandonnée sur son pantalon roulé. Je me retourne souvent pour boire une gorgée-éclair de cette scène et m’y infuser. Sous le vaisseau glissent d’hypnotiques traits blancs qui nous guident à travers l’aube.


Le colis rentrait sans pépin dans le vide-poche du coupé BMW, mais les basses sonnaient comme je pète. Nous sommes donc partis en méga-van. Sono déconstipante, turbo laxatif… à nous l’infini !


Douze mètres cubes quand c’est vide, c’est Versailles. On y a couché un grand matelas.


- Montre moi tes seins avant que je te passe le volant, que je dis-je-t-il en arrivant à la frontière, histoire que bon, hein.


Le jour redevient jour, Mekanic redevient folle. “Legaliiiiize it, Cypress Hill will advertiiiiize it” qu’elle chante. Sa voix grave et grasseyante du matin accompagne à merveille les éraillements nasillards que je nous balance par paquets de 200 watts. Et puis elle trémole avec la juste dose de goguenardise sur le “why why why-y-y-y-y ” du refrain.


Je prends place dans le lit à réaction encore chaud.


Mekanic rassasie l’avaleur de CD et moi je nourris l’extrême peau de mes paumes avec l’image de ses seins. Je me branle. En songe. Les mains prises entre mon ventre et mes cuisses. Songe de masturbation ? Laissez tomber, je passerais deux heures à vous expliquer qu’il ne faut jamais s’éloigner du premier possible.


Rentrée brutale dans l’atmosphère. Elle veut du Tavel pour le soir, elle trouve du Tavel. Moi du diesel. Plus tard, il faudrait également que l’on s’arrête à Lyon pour dégotter des quenelles de brochet à la sauce Nantua qui tache les pompes. Ça pourrait être une casse-couilles, Mekanic. Mais que non.


Saint-Andiol. Je livre. 1000 bornes en moins de neuf heures. Tout s’explique.


Sun Hee est aussi belle et raffinée que sa voix le laissait supposer. Je suis sous le charme. Mekanic est sous le charme. Sun Hee est sous le charme de mon colis. J’ai un point d’avance. Elle me demande de poser. J’ose à peine, mais j’ose quand même. Encore un point.


La virée nocture au sommet du Ventoux se fait finalement à trois.


Pendant que mon boîtier argentique acquière sur une pose de plus d’une heure une image potable de la nébuleuse North America, Mekanic marque des points. Ça glousse et ça glougloute dans la camionnette.


Quand je range mon petit bordel d’astronome, je suis déjà éliminé : Sun Hee et Mekanik boivent à la bouteille. En même temps je veux dire, tous boutons défaits.


Le tango que je danse seul sur la table d’orientation, les picots de ma chair sifflant au vent glacial qui se lève, ne manque pas de les faire rire mais je ne trouve pas le joint pour m’incorporer dans leur soudure.


Je consacre mon dernier Joule disponible à remonter le frein à main devant le mas de Sun Hee. Pas la force de me laisser tomber plus loin que le matelas de Versailles.


Je me réveille le nez contre la paroi carrossée, le dos irradié par la chaleur de Mekanic. Quatre pieds nus dépassent du plaid. Moi je suis encore chaussé. Je sors prendre un panoramique de ce lieu idyllique alors que par derrière les Alpilles reviennent le soleil et le chant des oiseaux. Je ne peux m’empêche d’ajouter notre méga-van en bout d’image (utilisez la barre de défilement, faut tout vous expliquer).


Au retour, sur le Parking de Valence, s’interrompant souvent et longuement, Mekanic me décrit par petites bribes choisies les cochonneries qu’elle a faites avec Sun Hee dans mon dos. Au bout d’un de ses silences, je l’invite à retirer sa bouche de toute urgence.


J’aime bien me voir éjaculer.

9 juillet 2004

Les sept PC-Chapiteau

6 juillet 2004

Les entrevues d’Old Cola

Allez vous faire entrevoir chez les Grecs.

Je l’ai fait, c’est indolore :





(Si ça merde comme chez moi, réessayez plusieurs fois d’affilée, la machine finit par se souvenir que vous êtes plus obstiné qu’elle)


1 juillet 2004

La marque de paragraphe

§

Sa bouche s’entrouvre. J’entends sa langue se décoller de son palais. Puis un léger souffle nasal interrompt la manœuvre.
Ce mutisme agité qui précède les mots durs à dire.
Du dos de l’index, elle caresse le relief de ma grosse veine bleue. Cette ligne sinueuse semble convenir au fil des pensées qui l’occupent.
Me taire. Surtout me taire, trouver la juste absence.

- Il ne faut pas que tu le prennes mal…

On est des bêtes plus souvent qu’on ne le pense. On a gardé de longue lutte le souvenir qu’on ne blesse pas l’autre sans se mettre soi-même en danger. Pour passer au-delà de cette barrière, on a trouvé des rituels, des mises en scène, des conditionnements.
Nous sommes allongés sur le flanc, tête-bêche, en marque de paragraphe , échangeant nos cuisses comme coussins d’appoint. Dans cette position, tout finit toujours par se dire.

- …ce n’est pas vraiment toi que je désire…

Le silence qu’elle place ici est désormais du règne de l’animal social. Il est esthétique, mobilisateur, démoniaque. Cela fait partie du rituel.

-…c’est…

Et elle laisse à son doigt qui zigzague le soin de terminer sa phrase.
Dans cette position, tout finit toujours par se dire.