Archive du mois de juin 2004

29 juin 2004

Porcherie rétractile

Lady Di me tend un formulaire. Dessus, y’a :


A- Fuck

B- Love

C- Caress

D- Kiss


*
*

"On coche quoi ?" qu’elle me demande. Je lui réponds :

-Cochons “Kiss” en D, Di !

27 juin 2004

Al Capone et moi

J’observe à distance un pensionnaire de Math Sup’ qui replie son matériel de camping. «Qu’est-ce qu’il fout ?» me demande Al Capone qui ne voit rien parce que ses jumelles lui échappent à chaque fois qu’il tend la main pour les saisir. Je lui réponds :

- Le Sup’ lisse deux tentes, Al.

25 juin 2004

Au ras de la moquette

Sécotine : Tu aurais pu te raser.
pHiLo : Tant que tu y es, demande-moi de décrocher l’alun.

24 juin 2004

La Fouine

F. accompagne un petit groupe qui s’en retourne. Le plancher s’éclaircit mais je suis encore assoiffé de transe. Je reste.

Mademoiselle Gros Seins m’invite. Cela devient une manie que je ne me lasse pas d’apprécier. Je la soupçonne d’ailleurs de faire avec moi son éducation aux croisements rapprochés : ses montées de pourpre et ses sourires fuyants du début, lorsque sa volumineuse poitrine se pressait sur mes avant-bras, ont peu à peu laissé place à des effleurements théâtralisés, s’immisçant comme une donnée savoureusement incontournable du jeu. Nous voguons donc quelques tangos avant que l’heure la rappelle au monde d’en bas.

Je migre au bar. A travers ma chemise mouillée, plaquée à ma peau comme un emballage sous vide, mes tétons dardés pointent la Fouine.

Maldiable ! si vous saviez comme elle m’attire et me paraît étrange, la Fouine. Elle est grande ou petite, je suis incapable de me prononcer. Elle a un long buste, de longues jambes, mais comment vous expliquer que le milieu de son corps n’est pas où on l’attend ?

Nous causons un peu, c’est la première fois, mais mon envie de danser atténue le relief des mots et celui du Rivaner.

Sans interrompre la discussion, je tends ma main vers la sienne. Inconsciemment, je n’attends pas une décision de sa part mais un réflexe. Gagné. J’ai désormais sa paume en otage, je l’entraîne vers la piste. Le temps de me rendre compte qu’elle a ôté ses chaussures en parlant, elle répond à mon regard en point d’interrogation qu’elle dansera pieds nus.

C’est d’une tendresse émouvante un joli pied nu au bout d’une jolie jambe. Puis elle est mignonne, la Fouine, elle a un air espiègle qui me botte.

J’ai envie d’embrasser ses paupières épaisses, de pincer entre mes lèvres le petit bourrelet charnu qu’elle a sous les yeux. Mais le tango nous prend et me distrait de mes pétillements. Néanmoins, je bande.

Le contact de mon gland contre son ventre ne donne rien de suave, j’évite donc après quelques essais.

Plus tard, au hasard d’un pas qui nous ramène près du bar, elle se dérobe d’une enjambée et saute dans ses chaussures. Les chaussures de Tango ça vous remonte une femme d’un étage.

A présent, le plis de son aine vient à l’occasion prendre l’empreinte de mon sexe sur tout son long.

C’est un jeu tout en subtilité et mine de rien, un peu osé. Il faut avoir l’aplomb de le proposer comme une épice légère et la finesse de n’en point abuser s’il est consenti. La Fouine n’y réagit ni avec effroi ni avec complaisance. Peut-être ne se rend-elle pas compte que je suis en grandes pompes dans mon bénard.

Cela ne me turlupine qu’à moitié. Mais quand même.

Nous dansons jusqu’au dernier souffle de bandonéon. Je ne suis plus qu’une loque.

De retour aux tabourets du comptoir, nous finissons nos deux petits blancs. Je plonge mes yeux en elle comme si elle venait de me sucer jusqu’à mon dernier chromosome. D’ailleurs je débande. Que c’est bon.

Elle retire ses chaussures et en redresse le nubuck à la gomme. Je décrasse quant à moi les semelles de cuir de mes Broadway. A l’instant où nous nous penchons de concert pour ranger ces accessoires précieux dans leurs bourses respectives, elle me glisse :

- C’était quand même mieux avec les hauts talons, non ?


C’est peut-être aussi pour cela que je ne suis pas pédé. Les mecs sont rarement aussi fins.

18 juin 2004

Ξ

11:15, restate my assumptions :


1. Sex is the language of human nature.

2. Everyone around us can be represented and understood through his/her fantasies.

3. If you graph these fantasies, erotism emerge. Therefore : there is erotism everywhere in human nature.

16 juin 2004

Flying Calbute n°2, sur la ligne de départ


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Avant les séances d’essai du mulet de l’écurie pHiLoGrApH, Mlles Mekanic & Diabolo ont tenu a réaliser les photos officielles du Flying Calbute 2. Ça a commencé gentil-gentil entre quatre murs avant que l’idée de pousser le nez dehors fasse son chemin. Ainsi, armées de deux parapluies argentés qui tenaient plus du four solaire que du réflecteur, elles m’ont installé sur la Passerelle afin de me faire poser devant 150 des 200 personnes que je croise tous les jours.


Meka : Toi, tu passes la main en dessous.
Diab : D’ac’.
Meka : Et moi je la mets par dessus.
Diab : D’ac’.
Meka : Moi, c’est un peu comme deux abricots trop mûrs. Et toi ?
Diab : Moi, c’est tout dur, on dirait du jambon.
Meka : Du jambon ? ! ?
pHiLo : Saint-Almodovar, faites que ça dérape  !

pHiLo : Ça va pas aller, je vais encore bander.
Meka : Mais non, tu vas être impressionné.
pHiLo : C’est ce que je dis, je vais bander.
Meka : Et alors ?
pHiLo : Ben, Liège c’est une petite ville et je passe tous les jours ici pour aller bosser.
Meka : Bah… Tu bandes, tu bandes pas, tu bosses quand même, non ?
Diab : Et en plus, si tu bandes, tu bosses, ça saute aux yeux.

14 juin 2004

Post-Synchro, phase 2

Le principe est simple.

Il y a 10 blogueurs. L’un d’eux, c’est moi.

Il y a 10 posts. L’un d’eux est de moi.


A vous d’attribuer chaque texte à son auteur.


Si vous ne me retrouvez pas, ne revenez plus.

8 juin 2004

Venus en transit

…ce matin, dansant dans les

turbulences athmosphériques.

Télescope 255mm avec filtre pleine ouverture

+ webcam (un peu crasseuse)

Video au format WMV - (2Mo)

7 juin 2004

Apprendre à plonger

Deux ombres au dessus de la Passerelle et cette idée de n’aller ni d’un côté ni de l’autre. Bientôt, la Meuse sous toi ne débite plus que ton adrénaline.

Etranges moments que ceux où ta meule à songes absorbe un peu de réalité dans sa mouture… Plus tard, au trébuchet d’orpailleur, tu dégageras les pépites et les paillettes de cet alliage instable.


Lorsque la pointe de ma plume touche la peau de Xista, la mise en abîme s’impose d’elle même : voyez où je sombre.


4 juin 2004

Ne pas vendre la peau de Xista avant de…

Bon, c’est vrai, c’est parti d’une réplique un peu mufle de ma part :



Mais le retour n’est pas piqué des vers non plus :


Dans un souci de pacification uniquement, j’ai cédé aux menaces. Rendez-vous est pris. A suivre ;-)

2 juin 2004

In memoriam

Ma vie, entendez celle qui fait que je me sens en construction, n’existe qu’en deux temps.

Le premier, celui de l’instant, qui brasse le sens et les sens dans une chaotique surabondance, est avant tout celui de l’incertitude. Ainsi, au présent de l’immédiateté, je suis incapable du moindre tri, demeurant obstinément inaccessible à la question morale ou à la raison. Dans cet étrange univers, trait d’union entre le Tic et le Tac, “il” (m’)arrive des choses, et quelqu’un vit ces choses, c’est tout ce que je peux garantir.


Le second temps, de la nuit bien souvent, de la solitude toujours, est celui qui concrétise ce que je suis, discerne ce que je pense, décide ce qui est mon choix, sélectionne dans les évènements dont mon présent fut témoin ceux qui relèvent de mon fait.


De ce fait, ma mémoire est un bien étrange grenier. Vous n’y trouveriez que quelques grosses malles, là où d’autres empilent, classent, étiquettent, recoupent des milliers de données.


J’ai cru jusqu’il y a peu que j’avais une capacité de mémoire simplement restreinte. J’ai d’ailleurs perdu l’habitude de m’attendre à y trouver ce que j’y cherche au point que, pour être précis, je n’y cherche plus rien : ma mémoire est devenue essentiellement récréative ; quand elle se manifeste, j’assiste, je déguste, c’est la fête.


Je perds assez vite le lien qui me raccorde aux évènements et celui qui ces raccorde ces derniers entre eux parce que ces liens me sont inutiles. Je n’intellectualise pas. Cela constitue, en terme d’espace-mémoire, une faramineuse économie.


Cependant j’ai pris conscience que cette économie n’était qu’apparente. Pour un événement donné, à mesure que ma mémoire des enchaînements s’étiole, celle des sensations s’étoffe. Et si sous cet angle, je zoome jusqu’à perdre tout contexte, le sens de ce que je suis est dans la résolution et dans le piqué des détails.