Archive du mois de mars 2004

29 mars 2004

Inside pHiLo

27 mars 2004

Fanfoline, de l’irréel à l’IRL

Si ce furtif clin de lune à travers les nuages avait arrêté le temps sur nos baisers, je n’aurais connu de sa voix qu’un bonjour murmuré sous la nuit.


La centrale à neurones bouillit cependant d’étendre le geste par les mots : deux bouches qui se rencontrent ne manquent jamais de stimuler les parties zénithales.

24 mars 2004

Amour : le dire et le faire

pHiLo : Le romantisme ? D’abord dans l’action et ensuite dans les mots. Trop de romantisme dans les mots, c’est l’endormissement assuré de la passion.

Sophie L. : D’accord pour l’action.  Faisons d’abord et parlons ensuite. Il est plus facile de romancer une bonne baise que de baiser une romance.

23 mars 2004

Académique nique

La salle était vide les jeudi pendant le temps de midi. Avant d’entrer, Vaouette prenait toujours le temps de lire quelques noms gravés dans le marbre commémorant, faculté par faculté, les morts-à-la-guerre.


Le prétexte c’était le Fazioli de concert, avec des touches en ivoire de mammouth et en ébène macassar.


Je jouais à six doigts des bouts d’After Virtue. Elle disait que c’était joli. Puis nous révisions nos gammes d’amour sur le plancher de la loge.


En nous rhabillant, nous descendions nous poster sous le buste de Sainte-Beuve pour lui faire promettre que cette salle resterait ouverte tous les jeudis de la vie. On lui disait “Si tu es d’accord, tu bouges pas”. Il était d’accord.


Le mariage de Vaouette, ça m’a retourné.


Il y eut cet épisode douloureux où, pour la caméra, son futur-ex devait me faire découvrir un nom propre en me donnant un minimum d’indices :

- Allez pHiLo, c’est une bête de sexe que tu as dû étudier sous toutes ses coutures. Si je te dis “Sainte-Beuve”, tu penses à qui ?


J’ai tourné la tête en direction de Vaouette qui avait déjà préparé un regard angélique à traduire par “Ose, même pour rire, et je te tue”.


Alors j’ai dit “Hugo” et je suis parti m’isoler sous l’escalier.


Je n’ai pleuré d’amour que celui-là.

20 mars 2004

Contexte

1.

L’à-lire et le lu communiquent dans le sens contraire à celui de la lecture. Ma main gauche s’alourdit des feuillets que lui glisse la droite.

2.

Parallèlement, chaque mot grappille une partie -fût-elle infime- de sa définition en fonction de la répartition du poids entre une main et l’autre. Une sorte de pondération positionnelle du sens.


3.

Je m’allonge et ne maintiens plus le volume que d’une main. Tiens, couché à gauche, je lis en montée. Couché à droite, c’est en descente, j’ai l’impression que cela me demande moins d’effort physique. Par intermittence, je dois faire rouler mon pouce pour dégager le texte qu’il masque ou pour tourner la page. A l’heure où l’on vous bricole des casques audio-vidéo-turbo, que n’a-t-on inventé une serre-tête qui vous maintiendrait un livre à portée de lecture, avec feuilletage automatique.


4.

Marrant, page 80, cette inscription de la main de Sécotine : “Koyaanisqatsi, vendredi, 22 heures, cinéma Le Parc, pHiLo”. Je l’avais appelée chez sa mère pour l’inviter et voilà cet instant voué à l’oubli consigné à la mine de plomb dans une biographie de Copernic qu’elle me prête des années plus tard.


5.

Sécotine m’a appelé ce matin. Je lisais. J’ai inscrit au crayon, page 212: “Tchekhov, ce soir, 20h15, Théâtre de la Place”. Quand j’en aurai fini avec ce bouquin, j’irai le replacer dans le château de papier chez Sécotine.


6.

Relira-t-elle, un jour, le destin passionnant du premier héliocentriste un peu foutu de démontrer ce qu’il avançait ? Et quel bon spectacle y aura-t-il à l’affiche ?

18 mars 2004

De l’effet à la cause

Combien peu de pourquoi il faut enchaîner pour en revenir à l’essentiel.

17 mars 2004

Eros et marécage

Au terme de je ne sais quelle course effrénée, je me retrouve fesses et bite à l’air. Mon gilet à mille poches est pourtant impec et mes godasses bien lustrées.


Je me suis vu pris dans un piège à fauves mais à ma grande surprise, seul mon froc en aura fait les frais, dérobé par devant et par derrière, façon Chippendale.


Me voilà en train passer un cours d’eau à gué. Fond vaseux. Plus j’avance et plus l’extraction de mes pieds est pénible.


Sous l’eau, des ombres affleurent puis regagnent le bourbier. Jamais deux fois la même silhouette.


Je fais ce rêve quelques fois par an, depuis que je suis petit comme ça.


Avant que j’en prenne les rênes, la suite était invariablement composée de douleurs diverses infligées à mes mollets immergés. Douleurs supportables mais terriblement inquiétantes dans la mesure où je n’ai jamais pu en identifier l’agent.


Un jour que j’en causais avec Feu-Michou (toujours mort : mort bourré, mort pété, enfin mort, quoi), il me dit :


- Pour un mec comme toi, le plus important dans ce rêve, c’est pas les pieds dans l’inconnu, c’est la bite à l’air.


Ça m’a chipotrotturlupiné… Au point que je me disciplinai un bon bout d’âge à me raconter ce rêve en m’endormant pour rôder consciemment des épilogues moins cauchemardesques et tenter leur acquisition en phase paradoxale.


Depuis, plusieurs fois par an, pendant que je passe cul nu la rivière au lit boueux, la sœur de Feu-Michou, profilée comme une anguille, sensuelle jusqu’à plus-d’mots, jaillit de l’onde pour s’engorger ma bite, avec mille de ses clones.


J’ai toujours su bricoler avec ce qu’on me donne.

16 mars 2004

Un roseau qui tape

Abattre une cheminée. Burin, massette, marteau de carreleur. Je tape, je tape. Le futur se réduit à l’objectif, l’univers aux moyens déployés pour y parvenir. L’esprit consigne dans l’hypnose qu’il s’administre pour soutenir l’effort toute l’absurdité de son potentiel inexploité. Une machine capable de s’abstraire dans l’intimité de la matière, des forces, de la vie, du temps et des lois qui les gouvernent… soudain mobilisée à taper.


A force, on finit même par taper intelligemment.

14 mars 2004

Facettes

Chez positive thinking :


Chez Alexielle :

13 mars 2004

Ménagerie

12 mars 2004

De peluche en peluche

Sécotine : Prends pas tes airs Teddy Bear avec moi !

pHiLo : C’est quoi des airs Teddy Bear ?

Sécotine : T’as jamais vu des airs Teddy Bear ?

pHiLo : Juré, je n’ai jamais vu déserter d’Ibère.

10 mars 2004

Le lait de la tendresse

Je me retirerai pour éjaculer sur ton ventre, que j’ai grognamouré. Le ton tenait lieu de point d’interrogation.

Elle empoigna fermement ses seins, m’invitant à leur appliquer un examen de linguistique. C’était un oui à ma question.


Périodiquement, j’ondulais à contretemps. L’endurance d’un jeune baiseur sous licence d’apprentissage était à ce prix : stopper la coulisse et offrir un ventre dur, dès que je sentais s’affoler le yaourt. Elle aimait bien ça, Vaouette. D’ailleurs elle me demande encore, parfois, de rester là, assis, bandé-béton des abdos aux genoux, pendant que, embitée jusqu’entre les hanches, elle singe du bassin la marche des Barbapapas.


L’idée de jouir sur un corps, c’est un truc d’amour, je prends le risque de le dire. Il est malheureusement vrai qu’à l’intention près, cela peut également être un acte de mépris ou de vulgarité. Mais mon intention n’était qu’amour, tenez vous le pour dit.


J’attendis le dernier miaulement de Vaouette.


J’empoignai ma queue d’entre ses cuisses et défouraillai droit devant, la gorge offerte aux dieux.


Lorsque je rouvris les yeux, un trait de diamants en gelée reliait son pubis à sa paupière gauche. Elle riait, rayonnait.


Je regardais quant à moi ce chemin d’orgeat, fasciné par la beauté du parcours qu’il traçait, transporté par le plaisir qu’il semblait matérialiser.


L’idée de jouir sur un corps, c’est un truc d’ego, aussi. Mais n’allez pas le crier sur tous les toits.