Sur le vol Liège-Bruxelles
Je savais que les masques à oxygène étaient logés dans le plafond mais là, la finition était parfaite. Impossible de dire où se trouvait l’ouverture.
Je trépignais d’excitation à l’idée de voir les hôtesses mimer les consignes de survie. Comme à la télé. Et pour tout dire, je me fichais pas mal du reste. Le décollage, le vol, tout ça me passait un peu par dessus la tête. A cinq ans, on se focalise parfois sur des chimères mais c’est ce qui fait une vie d’enfant, non ?
Les parents étaient autorisés à venir nous installer. L’heure venue, la voix du steward dans les haut-parleurs les invita à redescendre.
La fermeture des portes fut si impressionnante que j’en oubliai de faire signe par le hublot. Tout était comme je l’avais espéré. Ou presque.
J’étais paré, bien calé dans mon siège. Je n’attendais plus que le cirque des hôtesses.
Alors qu’un vrombissement sourd montait du plancher, une voix nasillarde criait on ne sait d’où : “Mesdames et messieurs, attention au départ, veuillez vous éloigner du quai, voie 11″
Introspections | 3 commentaires »
Un homme à poignée
Je pousse le levier à gauche, à fond dans le rouge. Je soulève.
En vision rasante, mon ventre est joliment velouté. Plus bronzé également.
Coté face du pouce, je me lisse les poils, jusqu’au pubis. Coté pile, je refous le bordel. Bientôt ma bite occupe le chemin. Je m’arc-boute alors légèrement afin de loger le bout de mon gland dans mon nombril. Le contact est amusant, la cavité se modelant à la forme de l’envahisseur et réciproquement.
La température se stabilise. J’abaisse le clapet. Les éclaboussures sur mes mollets me rappellent mes balbutiements de pisseur en short.
Parfum en gelée bleue. Clapotis aussitôt étouffé.
Les premiers instants c’est comme quand la mer et le sable se retirent sous nos pieds, sauf que c’est le contraire. Un coup de langue chaude sur la voûte plantaire.
Le fond émaillé est incliné de telle sorte que mes fesses subissent l’assaut à l’instant même où les interstices entre mes doigts de pieds se gorgent de mousse. Petit à petit, les omoplates.
Il s’agit à ce stade de respirer aussi lentement que possible afin de ne pas agiter l’onde.
En serrant les cuisses, ma queue roule des mécaniques, mon ombilic fait moins le malin, tout encombré et distendu.
L’inondation lente des muqueuses de mon anus est un régal sans pareil.
A présent, la marée aborde mon ventre, d’entre mes cuisses et par les flancs. Ma bite, inspirée par le génie civil, fait le pont entre la zone noyée et le rivage duveté. Je regarde mes poils jouer fièrement les roseaux avant de se transformer en algues dociles.
L’eau encercle désormais ma cicatrice natale en se resserrant. Boudinée par sa tension superficielle, elle monte légèrement plus haut que le trou mais lutte pour ne pas s’y écouler. La première larme qui succombe malgré tout à l’attraction de la pente, est la raison d’être de tout un bain. En effet, à cet instant particulier où, de concert, la peau de mon nombril est celle de mon bout de bite se laissent pénétrer de chaleur humide, je ressens mon gland comme une partie intégrante de mon ventre, comme si ma queue avait deux points d’ancrage en moi.
Inutile de psychanalyser cette vision, elle est vide de sens et ne se rapporte qu’à des sensations fugitives. Mais j’ai une pensée émue pour les pauvres mecs qui bandent convexe.
Sexe | 8 commentaires »
And the winner is…

VIDéO DU TIRAGE (2 Mo)
Comme vous le constaterez sur la vidéo, à cause des doublons, je n’avais pas assez de lettres pour tout le monde. Le deuxième H est donc un 8, le deuxième K est un %, le troisième N est un 5 et le troisième 2 est un =.
Juste avant le lancer, j’ai vérifié ma petite feuille et constaté qu’il manquait un F. Il faudra bien me croire : je l’ai ajouté.
Le système de pêche par aimantation n’ayant pas fonctionné, j’ai opté pour la course des lettres : la plus éloignée du point de lancement gagne.
C’est donc le “C”, cette vieille fripouille au derrière poilu d’Old Cola, qui remporte l’appareil photo numérique. D’une courte tête sur le “=” de ma très chère Pao, dont j’écrirai le nom sur ma bite aussi vite que possible. Le troisième étant le “W”, soit Titus qui va recevoir une carte postale affubléé d’un jeu de mot désolant.
Pour la petite histoire, ce coquin de sort me permet de remercier Old Cola puisque ce dernier, lors d’un concours de mots-croisés chez Anne Archet m’avait attribué son gain : un petite culotte de l’auteuse, la deuxième de ma collection de “culottes de blogueuses” qui n’en compte pas plus mais n’en comprend que des illustres.
Choses de blog | 14 commentaires »
pHiLo fait cours de foudre
Aujourd’hui, c’est avec la foudre que je vais vous fatiguer les sphincters. Car non content de vous navrer avec mes habituelles âneries, j’ai décidé de vous faire chier de temps à autre avec un sujet issu du tout de mon cru.
Ainsi, si con que vous ayez le droit d’être, vous ne doutez pas un seul instant qu’une étincelle ne fait clac (ou paf ou crac, enfin un de ces bruits qu’on nomme à tout pet) que tant qu’elle produit de la lumière. Et vous avez raison à peu de choses près. Restons en là pour l’instant et voyons pourquoi une décharge électrique peut produire son et lumière.
C’est bête comme chou : trouvant par nature le chemin de moindre résistance (tout comme l’eau qui coule), les électrons présents à un pôle de la décharge se déplacent vers l’autre pôle moins chargé (c’est le côté équitable de la nature). Les molécules d’air, d’eau et d’autres particules en suspension qui constituent le pont de transfert pour les électrons absorbent une partie de l’énergie qui les traverse et s’échauffent. L’échauffement est si fort que les particules s’agitent à très haute fréquence, produisant de la lumière. L’échauffement est d’autre part si rapide que les particules traversées, subissant une dilatation brusque, produisent une onde de choc sur les molécules d’air avoisinantes. L’effet de cette onde de choc n’est autre que ce que la membrane de nos tympans nous rapporte comme étant un son.
Bien. Dès lors pourquoi nous arrive-t-il d’entendre d’interminables tonnerres (genre 10-15 secondes) produits par des éclairs qui ne durent pourtant qu’à peine presque rien, c’est dire si c’est peu. L’écho ? L’écho contre quoi, que diable ! Réfléchissez un peu.
Bon, ne réfléchissez pas trop : si votre anévrisme lâche maintenant, je ne suis pas couvert.
Le truc qu’il ne faut pas oublier c’est que le son (donc l’expansion concentrique d’une onde de choc dans les molécules d’air) se balade méchamment moins vite que la lumière.
Imaginons que l’éclair s’allume en tout point exactement au même moment (en fait, l’allumage progresse à la vitesse de 3000 à 4000 km/heure, voir chez Briographe), vous pouvez considérer à l’échelle de vos sens que les photons émis d’un bout à l’autre de l’arc vous parviennent au même moment (à 300.000 km/s, personne ne chicanera sur la photo finish des photons, pas vrai ?).
Mais le son lui, se répand à 300 mètres par seconde.
Cela veut dire que si la foudre crée un arc électrique dont un bout se trouve à 300 mètres de vous et l’autre à 3 kilomètres (dans les nuages), le son provenant de la molécule grillée la plus proche va prendre une seconde pour venir s’engouffrer dans vos portugaises, alors que celui de la molécule la plus éloignée prendra 10 secondes. Le tonnerre durera donc 9 secondes dans ce cas.
Par ailleurs, vu qu’un éclair est rarement rectiligne et qu’en plus la quantité d’énergie absorbée (et relibérée en son et lumière) par les molécules d’air varie d’un point à l’autre sur le trajet de l’arc, le tonnerre ne pas un uniforme “Paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaf” mais un modulé “Broumbouloudouboumdoulouboulouboum”.
Et la foudre qui tombe, il n’y a pas mieux comme chute.
pHiLo fait cours de... | 5 commentaires »
Albédo d’un éclat de rire
Sa bouche est si large que ses commissures errent, décolorées, en périphérie floue, le moindre sourire les expédiant hors-cadre. Au gré de mes prouesses d’amuseur, 32 ombres de moi se projettent dans mon angle mort.
Observations | 3 commentaires »
Concentration et ions
Elle fait preuve de tant d’assiduité qu’elle cartonnerait au pH-mètre.
Jeux de langue | 5 commentaires »
Acné saturnine
Il était devenu tout pâle, je me souviens de ça. Et de sa mâchoire inférieure qui vibrait en bout course. Un sourd aurait pu croire qu’il disait “wawa” tous les deux mots.
- Tu cafteras pas, hein ? qu’il wawata fébrilement.
Moi, je faisais tout ce qu’il disait, tout ce qu’il voulait. Le flingue, il m’avait laissé tirer avec, ce n’était pas rien. Puis à neuf ans, on ne balance pas son grand frère.
- Promis, juré, que j’ai promis-juré.
Il avait l’air de penser que ça pouvait être grave. Mais il devait surtout imaginer l’engueulade qu’il se prendrait si jamais les parents apprenaient. Parce qu’en plus, le flingue, c’était un secret, il ne l’avait dit qu’à moi.
On a redescendu la colline à grandes enjambées.
Moi, j’étais tout à mon bonheur d’avoir pu disposer d’un engin pareil, sans consigne, avec le droit de dégommer tout ce que je voulais. Sans compter que la légende des plombs Diabolo, boursouflés trois fois et profilés en pointe pour une meilleure pénétration dans la cible, me laissait rêver que ce pistolet à air comprimé valait bien un vrai gun. Bref, un de ces moments qui marquent l’existence.
Des années plus tard, alors que mon sport quotidien consistait à percer de gros boutons blancs un peu partout sur ma gueule, je repensais souvent à cet instant où le Diabolo sortit de mon genou, dans une boule de sang séché.
Introspections | 3 commentaires »
Le concours pHiLo2004 est terminé… [EDIT]
Choses de blog | 12 commentaires »
Débouchage et engorgement
Sécotine : Tu m’ôtes les mots de la bouche !
Moi : C’est pour faire de la place…
Sécotine : Ooooh ! Toi, t’as une idée derrière la tête qui finirait bien derrière mes amygdales.
*
Chez Sécotine, la parfaite maîtrise de la langue présente de palpitants effets, le moindre n’étant pas celui de savoir répliquer. Fût-ce ad hominem.
Observations | 2 commentaires »
Concours pHiLoGrApH (dernier rappel)
Bon, je ne voudrais pas avoir l’air de vous presser mais il manque *strike*12*/strike* 8 participants pour que le prix soit un appareil photo numérique et il vous reste *strike*3*/strike* 2 jours. Donc mardi à minuit, je clôture. À bon entendeur. Et puis je vous le dis tout de suite, je suis très déçu qu’aucun sein n’ait montré le bout de son nez…
Choses de blog | 10 commentaires »
Matez ma tique
On passait par deux. La prof de maths annonçait nos sujets, tirés au hasard :
- pHiLo a “Théorie des ensembles”. Kim a “Systèmes métriques et non métriques.”
Bien des années plus tard, ces derniers mots tournent encore dans ma tête :
“Qui m’assiste aime mes triques et non m’étrique”.
Jeux de langue | 3 commentaires »