Maintenant que la grippe est passée, voilà le retour annuel de la gangrène des blogs (et je sais de quoi je parle) : le questionnaire tournant. Z’irez voir les règles chez L’amas lisse, plus précisément ici. Moi, je ne fais pas six confessions, j’en fais seulement trois : une longue, deux courtes. Et pas question de passer le bâton merdeux à quiconque.
Confession première
Tous les vendredis, quand mes parents partaient pour leurs débats mao-marxistes aux quatre coins du pays, Mamounet, le petit fiancé de notre baby-sitter, venait dormir à la maison.
Dès la fin du film, c’est lui qui prenait le commandement des opérations.
- Je te fais une tisane et puis je mets les enfants au lit ? proposait-il.
- Oh oui Mamounet, ce serait formidable, répondait la baby-sitter.
Moi, j’allais le regarder préparer. Il faisait cela avec un soin extrême. Il mesurait d’un air inspiré la quantité de feuilles à placer dans l’infuseur, scrutait l’eau et le feu, repositionnait sans cesse la tasse, la soucoupe, le poëlon, la lavette afin que rien ne se déloge de sa perspective. Quand la vapeur s’élevait en produisant le son escompté, il versait d’abord un peu d’eau sifflante pour mouiller les herbes, marmonnait quelques mots –comptait-il, priait-il ?–, puis inondait la tasse. Et tandis que le liquide s’ambrait et s’imprégnait des saveurs de verveine ou de tilleul, de bergamote parfois, il écrasait consciencieusement des petits cachets blancs pour les incorporer au breuvage.
Plus j’y étais allé fort la fois d’avant, plus il écrasait de cachets blancs la fois d’après.
La baby-sitter, elle disait jamais bonsoir.
Elle buvait sa tisane et se mettait à ronfler dans la minute. Ensuite c’était toujours pareil : mon frère et ma sœur montaient tout seuls dans leur chambre. Moi, comme j’étais le préféré de Mamounet, il me gardait près de lui. Et quand le calme régnait enfin sur la maisonnée, il me lisait des histoires, en chuchotant de sa voix la plus douce, non sans glisser délicatement sa grosse bite dans mon trou de cul d’enfant.
Et moi, je gémissais, de plus en plus fort d’un vendredi à l’autre, pour que Mamounet augmente la dose de cachets blancs, qu’il l’augmente encore et encore afin qu’un jour elle crève, cette sale putain de baby-sitter. Je ne l’aimais pas, elle. Elle était malpolie. Elle disait jamais bonsoir.
Deuxième confession
Mon numéro de GSM est le +32 (0) 495 92 15 74 et je promets une longue conversation aux, disons, deux premiers qui m’appellent.
Troisième confession
Une des deux confessions précédentes est fausse.