Archive de la catégorie 'Observations'

10 décembre 2007

Sur ta vulve

Sur ta vulve, avec application, j’écris du bout de ma langue en lettres déliées ces vers de Verlaine que tu m’as tellement dits et qui nous transportèrent si souvent vers des songes apaisés. Sur ta vulve, en rondes gracieuses à l’ancienne, j’épelle donc la Promenade Sentimentale et tu te déploies, grand nénuphar sur une eau calme.

Comment ! Tu te retiens de jouir ? Je recommence. En lettres gothiques cette fois.

14 mai 2007

La dadame

Elle : Vous arrêteriez la masturbation, vous seriez moins sourd.
pHiLo : Vous pratiqueriez la fellation, vous articuleriez mieux.

4 avril 2007

Par le chemin des feuilles mortes

Sécotine prend une taffe de cow-boy, siffle la fumée de côté et reprend son conte cannabique :

- Ainsi, la petite gouttière que nous autres humains avons sous le nez, c’est la marque du doigt que la Fée du Grand Silence a appliqué sur nos bouches quand nous étions dans le ventre de nos mères. C’est pour nous rappeler qu’il ne faut jamais dire combien nos pères ont mal baisé nos mères pour nous faire.

Et d’un index théâtral qu’elle ramène à sa bouche par le chemin des feuilles mortes, Sécotine mime le mutisme. A dix millimètres près, dirons-nous. Car la voilà qui se plante malencontreusement l’ongle dans la lèvre, à cet endroit si sensible où la peau devient pulpe. Mazette, tout ce sang ! Et faut voir comment ça enfle recta, bonjour le mérou.

Mais elle ne tchoûle pas Sécotine. J’y dis qu’elle a pas les lacrymales comme tout le monde et qu’à sa place, n’importe qui se roulerait la tête dans ses larmes en disant de vilains mots.

- Pleurer, c’est pas une affaire de glandes, qu’elle dit, c’est une affaire de sentiments. Et moi j’ai pas les sentiments inondables, j’ai le cœur sur pilotis.

1 mars 2007

A la masse

Elle est un petit peu ramassée (pas plus qu’un euro échappé d’une poche), belle comme un kilo de cerises. Et avec des épaules si proches l’une de l’autre qu’elle me donne à songer qu’à fond de chatte ma bite lui déboîterait le sternum.

Flibilibili, lui font mes dix doigts en l’air. Vous voyez, le petit geste du chirurgien à qui l’on vient d’enfiler les gants stériles ? Le même.

– Si c’est pour vous occuper de mon cas, je suis prise, qu’elle fait.
– Permettez que je m’enfiche, je dis.

10 septembre 2006

Chatte taillée, mouchette et balistique existentialiste

La mouchette passe entre la fille et moi. J’amorce un dégagement du buste et, à l’endroit d’où je retire mon nez, mes deux mains se rejoignent dans un grand clac ! qui ne fait pas clac ! parce que quand DJ Gisèle met le feu à la caserne Fonck à 120db, un grand clac ! ne fait que cloum ! La frange de la fille se soulève. Manquée la mouchette.

Y’a des filles, elles se sapent pour la fête, elles se maquillent pour la fête, elles se taillent la chatte pour la fête, puis en fait, ce qu’elles veulent, c’est poser le coude sur le zinc et se raconter au premier mec qui passe avec les oreilles qui clignotent.

Je vous ai jamais raconté mes oreilles ? Comme je vous le dis, un coup ça lume, un coup ça lume pas, un coup ça lume…

Faut jamais s’énerver, la vie est longue et l’on tire expérience de toute chose s’il l’on y consent, alors je l’écoute comme je peux à travers la fièvre tonitruante qui passe du trip-hop arabisant au bass-jazz-samba. Elle parle, que dis-je elle crie, nenni elle hurle, oui, elle s’égosille, en tendant son cou vers moi, comme pour raccourcir le chemin entre son cœur et mes pavillons. Elle m’explique à tue-tête comment, à peine pubère, elle avait consenti à se laisser abuser par un grand de 17 ans, et combien cela était ambigu pour elle, et combien ça lui avait gâché sa vie de n’avoir pas pu en parler à l’époque avec des personnes de confiance.

Encore la mouchette. Clac ! Enfin, cloum ! Manquée again. Ça l’agace un peu, la fille, que je chasse le ptérodactyle nain pendant qu’elle vide son sac, mais elle continue.

Les gens qui vident leur sac, z’avez remarqué ? Ils vident toujours le même. Je veux dire, aussi nombreux et divers soient les drames qui poussent les uns et les autres à remplir un sac, au final, c’est le même sac pour tous. J’ai pas su faire ceci, j’ai pas su dire cela, les gens me voient comme ci, mais en fait je suis comme ça, et j’ai eu une grande fêlure ici, du coup j’ai plus confiance là. Les gens à sac ne le remplissent que de choses terriblement simples. Il y a tant de soulagements laissés à moisir de l’autre côté d’un «il n’y a qu’à» que l’on ne se donne pas la peine de franchir.

Mouchette ! C’en est trop, cette fois tu vas y passer !

La fille repère que je m’apprête à commettre un dix de der sur la personne du volatile milligrammé et tente de me devancer. L’air de celle qui va me montrer comment on fait une fois pour toutes et qu’on en finisse, elle met sa main comme ça, elle lance le coude par là et juste ici elle casse le mouvement, vous voyez ? Et bien, à «juste ici», y’a son verre de blanc qui prend aussi littéralement que mathématiquement la tangente, avant d’initier dans une remarquable apesanteur parabolique un vol en free style vers la pilosité bustale d’un type torse nu qui ventile sa transe dans un sifflet d’arbitre.

Manquée itou la mouchette, la revoilà plus fière qui volète en faisant puf-puf.

Le mec douché dégaine son t-shirt qui lui pend en jupette, s’en tamponne les zones humides et, imperturbable, le lance vers nous. Atterrissage précis sur le zinc, entre deux verres.

Jamais nous ne revîmes la mouchette.

Si la vie a un sens, il est dans l’infime possibilité que la mouchette ait été dégommée par le t-shirt imbibé de blanc. Hein, à quoi ça tient ! Non ?

10 juillet 2006

Une pulviflatuleuse

Sécotine : Elle est détestable, toute sèche à l’intérieur. Je parie qu’elle pète de la poussière.

3 juillet 2006

Entendu

- C’est qui en blanc ?
- C’est les Français.
- Et en jaune, c’est qui ?
- C’est les Brésiliens… Et en vert, c’est la pelouse.

7 juin 2006

Pas sage culottée

- Tac…tac…tac… Et puis : tacatacatac. Tout le temps, vous comprenez ? La journée, ça va encore, mais la nuit, j’en deviens folle, vous connaissez, là, la goutte sur le front, pareil ! A mon âge, ça va me tuer.

Elle reprend la poupée par les pieds et assène de grands coups de tête en plastique mou sur la boite bleue.

- Vous savez, que je risque, c’est du métal à l’épreuve de la vie urbaine, vous n’avez rien de plus contondant ?
- Nenni, hein, m’fi ! Tantôt, j’y ai cassé ma louche au premier coup. La poupée, elle tient. Et si elle ne tient plus, j’en ai encore toute une boîte dans le corridor, là.
- Si vous voulez, me posé-je, vous allez me chercher un couteau et je casse cet agayon pour vous.

Elle rentre dans sa maison, crie un truc en Wallon et, à l’instant où elle en sort, un gros couteau de table manque de l’estourbir, chuté du premier étage.

- Dji v’dimande èscuse, madame Marthe, dji n’vos avou nin veyou, crie l’envoyeuse.
- Nin veyou, nin veyou ! Eco on pô èt dj’esteu mwérte, madame Irma, awè !

Elle ramasse le couteau, me le tend et se replace devant sa porte.
Tandis que je tente de décapsuler ce gros vibreur bleu qui braille l’état du sémaphore pour les piétons aveugles, la vioque me demande si j’ai l’heure. Je dis que non. D’un revers de la glotte, elle renvoie la question au premier étage.

- Ne restez pas là, ironisé-je, des fois que Madame Irma vous envoie la pendule par le chemin du couteau.
- Oui, bon, ouibonne–t-elle, est-ce que vous y arrivez, m’gamin ?
- Regardez, quand je pousse comme ça, le bruit devient plus sourd, peut-être qu’en poussant encore…
- Deûs eûres cåzi èt d’mèye, grésille la vieille d’au-dessus par le parlophone.
- Et bien qu’est-ce que vous attendez pour pousser ? me harponne-t-elle. Tchoûkî don et fètes mi dès bokèts di c’måssi trigu ! A la demie, il faut que je rentre.

Je pousse, je tords, je gnnnnnnique sa gnnnnnace mais c’est du solide. Bien plus que le couteau, qui casse à l’endroit de l’inscription «Coutelleries Gembloutoises».

- Ne m’skettez nin l’couteau d’Madame Irma, dites donc !
- Je suis désolé, me désolé-je.
- Allez, merci m’gamin, vous êtes bien gentil, mais allez-vous-en, vous me faites perdre mon temps. Boudgî vos don d’là, j’vos prie.

Elle me chasse en levant au ciel le blanc jauni de ses vieux yeux bleu (dites ça trois fois) et reprend la trépanation de sa poupée contre la boîte à rendre fou.

- Deûs eûres èt d’mèye tot djusse, Madame Irma ! dit à présent le parlophone.
- Sacré sint nom di d’ju, dit Madame Irma qui s’en retourne à sa maison et ferme la porte sur ma bête gueule qui n’a pas une ébauche d’explication à vous fournir sur ce qui se passe dans sa vie à partir de deux heures et demie.

Que n’ai-je origamisé cette anecdote du jour en reportant le bombardement coutelier tout à la fin afin de conclure sur une chute incisive ? Il se trouve que j’ai poursuivi ma route derrière une fille pantalonnée en fantôme de coton. Je me suis vu un instant sautiller nu dans sa foulée, tendant ma cuisse entre les siennes pour m’étourdir à la caresse alternée de ses enjambements. C’est-y pas mieux de finir en eau de gourdin ?

22 mai 2006

Lever la taque

Je viens de voir défiler 6 ans de ma vie avec un réalisme saisissant. Ô, ne croyez pas que je n’eus que de fières chevauchées de faïence. Je connus, moi aussi, comme tout le monde, la hite sifflante qui vous pèle la rose, la déchiquelette amère qui vous détartre l’antibouche, le décakage trop cuit qui vous fend la buse.

6 ans de ma vie revenus au jour par une lorgnette de 80 millimètres de diamètre.

C’est drôle, parfois, la vie, justement, quand on y pense. Vous croyez pendant des années que vous avez un tout-à-l’égoût et puis, un beau jour, vous vous rendez compte que vous avez une fosse septique et qu’elle est bétonnée par 280 litres de lingettes non biodégradables bien tassées.

24 avril 2006

Le bon choix

A l’instant même où, sous moi, retentit le barrissement d’un Gastroentéritus Rex, je constate que, supersaperlipopette, il n’y a plus de papier-fesse.

D’expérience, je sais que pour achever de me torcher nickel à la mode Mac Gyver, je dois faire l’offrande d’un calebard et de deux chaussettes aux canalisations. Il se trouve que, d’humeur printanière, je suis parti ce matin sans chaussettes, bite et couilles au libre sous le froc.

Ça m’a tout excité, après, de me balader torse nu sous ma veste. J’avais les tétons tout durs.

Puis c’était beaucoup trop d’entretien, cette chemise en lin.

11 avril 2006

En mortadelle

pHiLo : - La plupart des récits de vie laissent penser que l’existence est une sorte de parcours d’étapes que l’on franchit avec d’autant plus de brio que l’on choisit le chemin le plus direct vers l’étape d’après. Tout cela concourt finalement à donner l’idée que les individus n’exercent leur liberté qu’en sélectionnant parmi des options préétablies. Tu vois ? Et en étendant le même principe non plus à l’histoire d’un homme, mais à l’histoire des hommes, on en viendrait à croire que le temps pousse les sociétés selon une sorte de détermination fataliste. Ceux-là même, qui se réclament de Feuherbach, d’Hegel ou de Marx pour critiquer l’Histoire afin d’en révéler les agents de mutation, finissent trop souvent par doter l’évolution d’une direction transcendantale. Le même piège guette les darwinistes, les économistes, les sociologues, les marchands de chaussettes trouées, les pièces de 50 centimes d’avant en cuivre roux avec un tête de mineur dessus, les scarabées phénylcétonuriques abonnés à l’édition roumaine non-expurgée du Chasseur en Chaussettes, les castagnettes pour manchot qu’on tient dans sa bouche et qu’on fait claquer sur son front, ho, hé ?

Sécotine : - Je suis désolée, j’ai le cerveau en mortadelle, ce soir. Si ça ne t’ennuie pas, on ne pourrait pas juste baiser ?

11 mars 2006

F. et les livres

1. Pour peu qu’elle ait posé sa petite culotte sur un livre la veille, F. restera seins nus, plongée dans la lecture dudit livre, la journée d’après.

2. Un jour, F. prit sa douche en lisant, au bout d’un bras vaguement tendu hors du rideau, un bouquin tout gondolé. Elle déclara que la prochaine étape de notre évolution devrait nous bricoler un coude qui se plie dans l’autre sens, de façon à pouvoir lire sous la douche sans goutter hors du bac.

3. Les pieds de F. sont une sorte de vu-mètre littéraire. Sitôt qu’elle se plonge dans un livre, F. en interprète le texte en pianotant avec ses doigts de pieds.

4. F. classe ses livres dans l’ordre statistique des manipulations dont elle estime qu’ils feront l’objet, les catégories étant quant à elles alignées sur les périodes d’acquisition. Je fis remarquer que ce système de classement équivalait à faire une pile avec chaque série de livre qu’elle achète et à ranger chaque livre qu’elle cesse de consulter sur le haut de la pile dont il est issu. J’insistai bien entendu sur le fait que mon système serait mis à jour en permanence et automatiquement. Elle estima qu’il était tout à fait absurde de chercher à automatiser un système conçu pour compliquer la vie.

5. Parfois, F. me réveille la nuit et me demande si elle peut me lire du Verlaine. Il faut le savoir, Verlaine au grain nocturne des chuchotements de F., c’est bon comme une pipe finie en cravate de notaire. Aussi je dis oui (car je n’ai rien contre les pratiques de notables tant que ce n’est pas sur nos chaises). Et F. me lit du Verlaine, sans tourner de pages, dans le noir absolu. Je me rendors alors, aimé de partout.