Archive de la catégorie 'Tatouage collaboratif'

16 juin 2007

Depuis

Une demi-heure. Je parviens à me mentir une demi-heure. Le temps que l’officiante picote au fin trident les contours du dessin, comme pour délimiter l’arène du supplice. Douze dards d’acier me hachent désormais le derme en micro-frites. Le mensonge décanté, reste la douleur, vive et fluide, gagnant par capillarité.

Je voulais que ça soit une femme qui me tatoue. C’est sérieux, une femme.

Je l’espionne dans le miroir, par-dessus mon épaule. Elle le sait.

La douleur monte, descend, se teinte, prend des postures. Qu’est-ce qui est insupportable ? Tantôt la douleur est nette et le seuil de tolérance est flou, tantôt c’est le contraire. Alors je fais le pari que la limite de ce qui est supportable flotte sur la douleur elle-même. J’ai mal, soit, mais avec optimisme.

Et plus la douleur fait sa cabote, plus les répits sont relaxants. Oh ! Voilà-t-y pas que me pète entre la glotte et les sinus, ce grotesque accès de fou rire qui me vient d’habitude –et jusqu’alors exclusivement– en réplique à l’orgasme et me secoue de frissons.

Ouh la la la la ! Comme je me crains, depuis.

12 juin 2007

Ces idées qui laissent des traces

23 juin 2006

Tatouage phase 5 : prise d’épaisseur

Souvenez-vous, le dernier stade de développement de mon tatouage, c’était ceci :

Après la phase 4 (revoyez toute la série ici), j’ai eu envie de soumettre le modèle de trigrenouille à un pro. Mon souci était avant tout technique : les traits ne sont-ils pas trop rapprochés et ne risquent-ils pas, à terme, de se rejoindre en se diffusant ?

Je suis allé poser la question au brillantissime Daniel DiMattia de Calypso Tattoo qui m’a dit que l’épaisseur du trait, c’était pas ça le problème. Hé là, mollo ! Un problème ? Quel problème ?

Il a regardé mon dessin d’un air du gars qui voit tout en un clin d’œil. Et, ô misère, il a tout vu en un clin d’œil : on ne le voit pas, mon tatouage !!! Exactement ce que je ne voulais pas entendre : trop d’espaces blancs ; un fouillis de traits ici et là qu’on ne comprend pas de loin ; pas assez massif ; pas assez d’aplats ; pas assez d’équilibre des espaces. Paf ! La gifle au bon endroit.

J’ai renvoyé les conseils du pro à Jer qui m’a fait puf-puf comme quoi il n’y avait que moi pour ne pas me rendre compte de cela. En gros.

Voyez, il avait déjà sa petite idée. En deux coups de cuiller à pot, il me retourne ceci :

Génial ! Voyez-vous la vulve au centre ? Voyez-vous la fourche de gland qui chapeaute le clitoris ?

Enfin, voyez-vous de l’ensemble jaillir un masque japonais ?

J’ai fait ici une rapide retouche pour accentuer cet effet :

Par ailleurs, la guirlande de champignons-mamelons qui fera partie de la bannière autour de mon mollet s’est garnie d’une participation supplémentaire. Une volée de merci fébriles à Stéphanie qui n’a pas son pareil pour faire coucou c’est moi :

La mycoplastie mammaire :

Pour rappel, la trigrenouille sera centrée sur le mollet. A l’arrière donc. Il reste à prévoir le “bandeau” qui fera le tour complet du tybia. La ligne inférieure de ce bandeau sera plantée de champignons-mamelons. Pour le corps du bandeau, je cherche l’inspiration du côté des arabesques géométriques répétitives. Si quelqu’un a de bonnes sources pour en trouver, je suis preneur.

6 avril 2006

Tatouage phase 4 : des nouvelles de vos seins

Alors voilà, 6 personnes ont jusqu’à présent offert le profil de leurs seins aux fins d’intégration dans mon tatouage. Jusqu’à présent, personne ne présente un profil de sein suffisamment souple et incurvé pour s’adapter en un corps de grenouille qui tienne la route (voir phase 2), c’est donc en psilos que seront transformés les mamelons reçus. Si cela vous tente, sautez sur votre appareil photo, l’appel tient encore quelques jours : philo@philograph.be

Trêve de blabla, voici les photos que l’on ma envoyées avec autorisation de publication. Le cadre de ces envois n’étant pas cul pour un poil, vous êtes priés de tenir vos doigts en doigtelière s’il leur prenait l’envie de faire wouf wouf dans les commentaires, vu ?

Caro

Natacha

Pana

Sayuri (voir son blog)

Volubilis (voir son blog)

Ces mamelons ont été détourés et vectorisés. Ils sont dès lors adaptables à l’infini. Pour exemple, voici ma première esquisse d’adaptation en psilos :

Mais ne vous effrayez pas du résultat : Jer a déjà tracé un modèle de psilo beaucoup plus élaboré. Je dois encore aller voir un second tatoueur pour savoir quel niveau de détail l’on peut se permettre afin de fixer le modèle définitivement.

Par ailleurs, j’ai bricolé deux symboles autobiographiques un peu trop denses pour que je les détricote sous vos yeux mais qui se trouveront peut-être bien quelque part dans la bannière.

Au passage, voici la série de dessins que Vicomte Raf m’avait adressée :

Oh, et puis je ne vous l’avais pas encore dit, mais quelque part sur la bannière s’étendra ma devise :

31 mars 2006

Tatouage phase 3 : S’aplatir

“Et non, je n’en posterai pas de photo, il faut d’abord se prosterner et dire siouplé”.

28 mars 2006

Tatouage phase 2 : Mesdames et oiselles, à vos décolletés !

Vous vous souvenez ? J’avais fait appel à votre talent pour réaliser mon tatouage (une bannière à base de grenouille) autour du mollet. Voici où l’on en est.

Ne manquez pas le dernier paragraphe : toute personne de sexe féminin dotée d’un appareil photo et d’au moins un sein peut encore apporter sa contribution.

Ainsi, j’ai d’abord reçu une petite salve de propositions de la part de mon bien-aimé Vicomte Raf. J’ai tout de suite flashé sur l’un de ses dessins et j’ai vraiment pensé que rien de mieux que cela ne pouvait arriver. A l’instant d’annoncer que j’avais trouvé auteur à ma grenouille, j’ai reçu une proposition d’une «admiratrice secrète», Laureline (là, du coup, c’est plus secret), qui m’a sacrément emmerdé.

Emmerdé parce que, coïncidence extraordinaire, l’idée de base de son dessin touchait un petit bout de moi de manière assez fulgurante. Pour ne pas m’éterniser en miauleries qui vous feraient dire «Mon Dieu que ce garçon est intelligent et sensible», disons que cela me correspondait vraiment bien. Notamment sur la question de la juxtaposition thèse/anti-thèse qui synthétise la voie d’une interprétation tierce, bref.


Proposition de Laureline

Quelques jours plus tard, j’ai reçu une troisième proposition, de Jer.


Proposition de Jer (détail)

Là, je me dis pouache. Son motif n’est pas celui que je préfère, mais sa technique, son inspiration et son talent m’imposent quand même l’idée que c’est avec lui que je veux poursuivre l’adaptation du dessin de Laureline.

Laureline accepte cette cavalière demande. Je crois quand même qu’elle ne m’en veut pas trop puisqu’elle m’a envoyé entre-temps un petit hommage rien que pour moi.

Je remets le dessin de Laureline au noir et à la plume vectorielle, je redresse la symétrie, et j’envoie le tout à Jer avec comme toute première instruction de chausser à la trigrenouille des doigts en forme de spermatozoïdes.


La base soumise à Jer pour modification

De mon côté, je bricole des spermatos assez poussifs :


Mes spermatos mal branlés

Jer, lui, c’est tout de suite le panache. Il me retourne la trigrenouille avec des doigts-spermatos à tomber raide, non sans adapter les pattes pour l’équilibre du dessin.


Les spermatos (bien branlés) de Jer

Il me propose également quelques variantes de spermatos. Je fonds sur le modèle naja.


Les spermatos de Jer : déclinaisons

Comme la discussion continue de courir en parallèle, je lui avais demandé d’étudier la possibilité de placer dans une des courbes de la trigrenouille un dessin caché, subliminal. Je voulais également savoir s’il était possible de doter l’épine dorsale d’une crénelure qui ne fasse pas trop crapaud. Voyez avec quel brio il interprète ces demandes : la crènelure qu’il applique à l’épine dorsale ressemble au premier centimètre du haut de la lame de mon couteau Laguiolle (modèle Aspic) ; il ressere la tête et ajoute une collerette aux grenouilles de profil pour leur faire une discrète tête de bite ; et d’un seul trait, il dote les yeux d’un iris plus expressif (pour la grenouille) et plus en forme de trou de bite (pour la tête de bite).


La grenouille à tête de bite

Au passage, je note que si l’on renverse le trait qui constitue le corps de la grenouille, on obtient une courbe qui ressemble à un sein.


Le corps renversé de la grenouille : un profil de sein

Je fais part de ce constat à Jer et à quelques personnes et reçois spontanément (ou sous la menace) quelques propositions de profils de seins. Dont celle-ci, de Volubilis, qui va vous dégoûter à jamais de l’injustice des gènes. D’ailleurs, permettez-moi une petite digression… Quoi, non ? Ah, bon. Z’êtes pâles, là ! Hein que ça vous la coupe, une poitrine aussi fristilipouetpouet. Bref, à mon grand dam, ni ses seins, ni ceux que j’ai sous la main ne se prêtent au profil (renversé) de la grenouille : pas assez inféodés à l’attraction terrestre.


Volubilis à zéro G

En attendant que je trouve le profil de sein parfaitement adapté (rond sous le mamelon, en tremplin de ski au dessus), Jer me propose cette idée avec mamelon intégré à la courbe. Ce type a le génie du trait économe, vous ne trouvez pas ?


Magnifique, n’est-il pas ?

Pour fixer les esprits, ce dessin sera donc centré sur mon mollet et sera prolongé d’une bannière qui fera tout le tour du tibia.

DERNIER PARAGRAPHE :
OÙ JE VOUS DEMANDE DE VOUS DÉVOILER CHASTEMENT

Alors voilà, c’est ici que j’ai besoin de votre participation. L’idée de ce tatouage collaboratif me stimule de plus en plus et je voudrais qu’il implique un maximum de personnes. Messieurs, allez vous dégorger le chibre 5 minutes, je voudrais m’entretenir avec ces demoiselles un instant. Je voudrais que vous m’envoyiez le profil de l’un de vos seins, sur un fond contrasté. Si j’en reçois un qui se révèle adaptable (une fois renversé) en profil de grenouille (voir plus haut, le trait en rouge), il sera adopté pour le tatouage. S’il n’est pas adaptable, j’en recopierai le mamelon pour le placer sur le chapeau de l’un des nombreux psilocybes qui constitueront le reste de la bannière (à venir). Pour info, le psilo est un gentil petit champignon de prairie dont le profil figure un sympathique petit nichon psychédélique. Pour être honnête, je ne sais pas encore quelle taille auront les psilos, cela risque donc au final d’être assez réduit comme représentation, mais soit, nous sommes ici dans le rêve et le symbole, non ? Moi, oui, en tout cas.

P.S. : Les photos ne seront pas publiées (sauf autorisation contraire).
P.P.S. : Seules les photos personnalisées à même la peau seront prises en compte. Pas question que je me tatoue le nibard d’une photo de nymphette que vous aurez téléchargé sur www.matos-à-branlette.com. Vous prenez donc un feutre et vous inscrivez «Philo» (ou un dessin de grenouille ou votre nom, que sais-je) directement sur votre peau. Je serai intransigeant pour cette signature d’authenticité. Interdit aux moins de 18 ans. Merci d’avance : philo@philograph.be

13 février 2006

Tatouage phase 1: Lecteur, ton tatouage en vrai sur la peau à pHiLo

- Je cherche à me faire tatouer une grenouille.
- Deux couleurs (noir et rouge) maxi. A priori, plutôt une seule.
- Un «dessin» de grenouille ne me convient pas. Je veux quelque chose de plus iconique qu’une simple représentation. Pour fixer les esprits, ceci et ceci, pour moi, cela commence déjà à être iconique, mais je reste friand de tout délire. 
- Je tiens à ce que l’on voie les doigts arrondis de la grenouille (bien qu’elle en ait quatre, je me contente de trois, c’est plus équilibré). Pas obligé que l’on voit les quatre pattes.
- Les places envisageables sont : bas du ventre (décentré), haut d’une fesse, cuisse ou mollet.
- Pour la cuisse et le mollet, je n’ai rien contre l’idée d’un bandeau avec arabesques ethniques, goths ou ce-que-vous-voulez. Je serais même plutôt chaud pour ça. Dans ce cas, il me faut trois postures/icônes de grenouilles différentes à relier. Pourquoi ne pas les cacher dans les arabesques ? Hein ? Ça, ça serait bath !
- Si quelqu’un(e) se sent l’âme à fignoler le projet avec moi, j’y file 50 euros pour un modèle de grenouille simple ou 125 € pour un bandeau à trois grenouilles + arabesques. C’est pas lourd, je sais, mais foutremol ! votre dessin sur la peau à pHiLo, c’est quand même king, non ?
- Si quelqu’un a un projet plus flashant à me soumettre qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.