Vous vous souvenez ? J’avais fait appel à votre talent pour réaliser mon tatouage (une bannière à base de grenouille) autour du mollet. Voici où l’on en est.
Ne manquez pas le dernier paragraphe : toute personne de sexe féminin dotée d’un appareil photo et d’au moins un sein peut encore apporter sa contribution.
Ainsi, j’ai d’abord reçu une petite salve de propositions de la part de mon bien-aimé Vicomte Raf. J’ai tout de suite flashé sur l’un de ses dessins et j’ai vraiment pensé que rien de mieux que cela ne pouvait arriver. A l’instant d’annoncer que j’avais trouvé auteur à ma grenouille, j’ai reçu une proposition d’une «admiratrice secrète», Laureline (là, du coup, c’est plus secret), qui m’a sacrément emmerdé.
Emmerdé parce que, coïncidence extraordinaire, l’idée de base de son dessin touchait un petit bout de moi de manière assez fulgurante. Pour ne pas m’éterniser en miauleries qui vous feraient dire «Mon Dieu que ce garçon est intelligent et sensible», disons que cela me correspondait vraiment bien. Notamment sur la question de la juxtaposition thèse/anti-thèse qui synthétise la voie d’une interprétation tierce, bref.

Proposition de Laureline
Quelques jours plus tard, j’ai reçu une troisième proposition, de Jer.

Proposition de Jer (détail)
Là, je me dis pouache. Son motif n’est pas celui que je préfère, mais sa technique, son inspiration et son talent m’imposent quand même l’idée que c’est avec lui que je veux poursuivre l’adaptation du dessin de Laureline.
Laureline accepte cette cavalière demande. Je crois quand même qu’elle ne m’en veut pas trop puisqu’elle m’a envoyé entre-temps un petit hommage rien que pour moi.
Je remets le dessin de Laureline au noir et à la plume vectorielle, je redresse la symétrie, et j’envoie le tout à Jer avec comme toute première instruction de chausser à la trigrenouille des doigts en forme de spermatozoïdes.

La base soumise à Jer pour modification
De mon côté, je bricole des spermatos assez poussifs :

Mes spermatos mal branlés
Jer, lui, c’est tout de suite le panache. Il me retourne la trigrenouille avec des doigts-spermatos à tomber raide, non sans adapter les pattes pour l’équilibre du dessin.

Les spermatos (bien branlés) de Jer
Il me propose également quelques variantes de spermatos. Je fonds sur le modèle naja.

Les spermatos de Jer : déclinaisons
Comme la discussion continue de courir en parallèle, je lui avais demandé d’étudier la possibilité de placer dans une des courbes de la trigrenouille un dessin caché, subliminal. Je voulais également savoir s’il était possible de doter l’épine dorsale d’une crénelure qui ne fasse pas trop crapaud. Voyez avec quel brio il interprète ces demandes : la crènelure qu’il applique à l’épine dorsale ressemble au premier centimètre du haut de la lame de mon couteau Laguiolle (modèle Aspic) ; il ressere la tête et ajoute une collerette aux grenouilles de profil pour leur faire une discrète tête de bite ; et d’un seul trait, il dote les yeux d’un iris plus expressif (pour la grenouille) et plus en forme de trou de bite (pour la tête de bite).

La grenouille à tête de bite
Au passage, je note que si l’on renverse le trait qui constitue le corps de la grenouille, on obtient une courbe qui ressemble à un sein.

Le corps renversé de la grenouille : un profil de sein
Je fais part de ce constat à Jer et à quelques personnes et reçois spontanément (ou sous la menace) quelques propositions de profils de seins. Dont celle-ci, de Volubilis, qui va vous dégoûter à jamais de l’injustice des gènes. D’ailleurs, permettez-moi une petite digression… Quoi, non ? Ah, bon. Z’êtes pâles, là ! Hein que ça vous la coupe, une poitrine aussi fristilipouetpouet. Bref, à mon grand dam, ni ses seins, ni ceux que j’ai sous la main ne se prêtent au profil (renversé) de la grenouille : pas assez inféodés à l’attraction terrestre.

Volubilis à zéro G
En attendant que je trouve le profil de sein parfaitement adapté (rond sous le mamelon, en tremplin de ski au dessus), Jer me propose cette idée avec mamelon intégré à la courbe. Ce type a le génie du trait économe, vous ne trouvez pas ?

Magnifique, n’est-il pas ?
Pour fixer les esprits, ce dessin sera donc centré sur mon mollet et sera prolongé d’une bannière qui fera tout le tour du tibia.
DERNIER PARAGRAPHE :
OÙ JE VOUS DEMANDE DE VOUS DÉVOILER CHASTEMENT
Alors voilà, c’est ici que j’ai besoin de votre participation. L’idée de ce tatouage collaboratif me stimule de plus en plus et je voudrais qu’il implique un maximum de personnes. Messieurs, allez vous dégorger le chibre 5 minutes, je voudrais m’entretenir avec ces demoiselles un instant. Je voudrais que vous m’envoyiez le profil de l’un de vos seins, sur un fond contrasté. Si j’en reçois un qui se révèle adaptable (une fois renversé) en profil de grenouille (voir plus haut, le trait en rouge), il sera adopté pour le tatouage. S’il n’est pas adaptable, j’en recopierai le mamelon pour le placer sur le chapeau de l’un des nombreux psilocybes qui constitueront le reste de la bannière (à venir). Pour info, le psilo est un gentil petit champignon de prairie dont le profil figure un sympathique petit nichon psychédélique. Pour être honnête, je ne sais pas encore quelle taille auront les psilos, cela risque donc au final d’être assez réduit comme représentation, mais soit, nous sommes ici dans le rêve et le symbole, non ? Moi, oui, en tout cas.
P.S. : Les photos ne seront pas publiées (sauf autorisation contraire).
P.P.S. : Seules les photos personnalisées à même la peau seront prises en compte. Pas question que je me tatoue le nibard d’une photo de nymphette que vous aurez téléchargé sur www.matos-à-branlette.com. Vous prenez donc un feutre et vous inscrivez «Philo» (ou un dessin de grenouille ou votre nom, que sais-je) directement sur votre peau. Je serai intransigeant pour cette signature d’authenticité. Interdit aux moins de 18 ans. Merci d’avance : philo@philograph.be