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25 février 2008

Interview sexe : Lucie

Une belle journée. Premier lâcher de filles aux terrasses, certes en collants, mais déjà en jupes. J’opte pour la transparence, de son coté et du mien. Pas de longue négociation : j’aime les femmes qui savent que causer cul est la meilleure manière de faire connaissance sans arrière-pensée. Le surnom, qu’elle m’a demandé de choisir, ce sera «Lucie», rapport au soleil qui fit que nous dûmes nous pencher l’un vers l’autre en parlant afin de trouver une ombre, un abri pour nos yeux.

Tu es partie au ski cette année ?
Oui, ça se voit tant que ça ?

Un tout petit peu, il reste un contraste entre les yeux et tes joues.
A la montagne, ça vient vite mais plus on bronze vite, moins ça dure.

Et dis-moi, tu es partie avec ton homme ?
Oui.

Des enfants ?
[…]

Comment ça se passe en fin de pipe : tu sens qu’il va venir ou c’est lui qui prévient ?
Oui, il prévient.

Et ?
Je dois ajouter quelque chose ?

Et… dans la bouche ou sur son ventre ?
Ça dépend…

Ça, c’est un «ça dépend» à 99 fois sur son ventre pour une fois dans ta bouche… Y’a pas de honte, tu sais.
Mais non, mais ça dépend.

Ça dépend de quoi alors ?
Ben, c’est pas à chaque fois, quoi. Dans la bouche, c’est pour montrer plus d’amour.

Plus d’amour, c’est quand ? Les anniversaires, la St-Valentin ?
Ouais, par exemple.

Aussi quand il t’emmène au resto, quand il te sort en boîte ?
Resto, oui, en boîte, j’arrive pas à le sortir.

Un pépé foot-téloche ?
Non, lui c’est les poissons.

Noooooon ! Un aquariophile !
Quoi, toi aussi ?

Ah, non, pas du tout, mais si y’a bien un truc que j’imagine pas c’est une femme sexy qui fait jouir un aquariophile dans sa bouche !
Ah bon ? Quoi, pourquoi ?

Je n’ai jamais vu des demi-aquariophiles. Note, j’en rencontre pas tous les jours, mais c’est comme ça que je les vois, genre si t’es mordu poissons, t’es mordu complètement. Comme les mecs qui tunent leur bagnole. Tu manges tuning, tu dors tuning, tu rêves tuning, tu t’endettes tuning, et tu baises pas du tout parce que la baise c’est pas tuning.
Ben non, lui c’est pas à ce point-là…

Y’a combien de poissons chez toi ?
Oufti, j’sais pas. Des adultes y’en a, j’sais pas. Quelques centaines, je dirais.

Des centaines ? Mais attends, c’est énorme ! Des centaines de gros poissons ? Mais t’as combien d’aquariums ?
Haha, une dizaine.

Une dizaine ?!? Et donc, vous faites de l’élevage aussi, alors…
Pas moi, lui. Mais t’as pas le choix, t’as jamais des poissons sans qu’ils se reproduisent, alors faut bien que ça rapporte un peu. Il a des bacs et des lumières pour les alvins et des fois, il regagne pas mal d’argent avec ça.

Il pourrait en vivre ?
Non, mais s’il y avait une ou deux pièces en plus chez nous, il pourrait équilibrer, que ça rapporte autant que ça coûte.

Et vous baisez quand même souvent ?
Ben on a une vie… comment dire… tu sais, y’a les enfants, y’a […]

En gros, vous baisez pas souvent, c’est ça ?
Attends, non, mais je veux dire, y’a pas que ça dans la vie.

Non, mais de ça, y’en a assez dans la vie ?
Ça fait 8 ans qu’on est ensemble. Pour des gens qui sont ensemble depuis huit ans, je crois que oui, y’en a assez. En tout cas y’en a ce qu’il me faut.

Si je peux me permettre, et je veux surtout pas porter un jugement de valeur, mais là, t’as pas l’air convaincue toi-même…
Ah si, non, c’est vrai. Si tu penses que je suis en manque, tu te trompes. Pas du tout.

Pas en manque ?
Pas du tout.

Mais un peu plus, tu pourrais… non ?
Y’a des fois, c’est plus, et je n’ai rien contre. Et puis des fois, c’est moins et c’est normal.

T’es plutôt pour qu’il y en ait un peu plus ou plutôt un peu moins ?
Plus il y en a, mieux c’est mais je te dis, ça fait quand même un moment qu’on est ensemble…

Tu as déjà eu des écarts en huit ans ?
Hihi.

Quoi, tant que ça ?
Non, justement. Une fois, mais je ne referai plus jamais ça de ma vie.

Pourquoi ?
Un de ces tucs !

Quoi, un bon coup ?
Non, c’est pas ce que je veux dire. C’était dans ma tête, je ne suis vraiment pas faite pour ça.

Genre ?
Ben, c’est con, mais le jour où c’est arrivé, enfin après que ça soit arrivé, et bien j’ai fait un eczéma épouvantable, j’avais le visage complètement pris. Ça me démangeait de partout. Toute rouge et toute gonflée, j’étais.

Merde !
Tu l’as dit ! J’en avais sur tout le visage et sur les bras, t’imagines ? Comme si ça n’avait pas pu se mettre ailleurs, je sais pas, dans le dos ou sur les jambes…

Et ton homme, il s’en est aperçu ?
Ben oui évidemment. En plus, plutôt que de me demander «Qu’est-ce que tu as ?», il me demande « Qu’est-ce que tu as fait ?».

Et t’as dit quoi ?
Oufti, je te prie de croire que j’étais mal, hein. J’étais en piteux état, j’avais l’impression qu’il allait tout découvrir et me laisser tomber [...]

Au final, il a su ce qui s’était passé ?
Non, mais moi je le savais. Pendant des jours, j’ai pas dormi.

Et l’autre, tu l’as revu ?
Ben oui, c’est un collègue à moi, je le vois tous les jours.

Je veux dire, vous n’avez jamais remis le couvert ?
Ah, non, ça… Faut dire, on ne l’avait pas vraiment mis non plus…

L’a pas pu ?
Comme tu dis. Rien, rien, rien.

Tu l’as mal pris ?
Mal pris, c’est pas ça. Je savais déjà avant de commencer que je ne ferais sûrement jamais ça qu’une fois dans ma vie. J’espérais au moins que ce serait… un super bon coup, pour dire vulgairement. C’était le seul mec vrai sur lequel j’ai jamais fantasmé.

Et le grand jour, paf, plus rien…
Non, moi il m’excitait, mais c’est moi, je ne sais pas, je devais pas être son genre. Je suppose qu’il a dû avoir plein de filles super top et que je n’étais pas assez top pour lui… Mais de toute façon, c’est un con !

Aïe ! Un con… con ?
Ben oui. Tu vois, moi, il savait bien que j’étais pas du genre à me faire sauter dans tous les placards, il savait bien que c’était la première fois pour moi, il aurait pu quand même… je sais pas moi…

S’occuper de toi ?
Ben oui, au lieu de s’apitoyer sur lui qui bandait pas. C’est quand même pas la seule chose qu’on peut faire quand on est à deux dans un lit, non ? Et ben au lieu de se montrer un peu imaginatif, non, il fallait que la terre entière fasse une minute de silence parce qu’il pouvait pas. Je te jure, ça, j’ai jamais vu un con pareil.

Pourquoi tu lui as pas dit ?
Ben, il m’a fallu le temps pour m’en rendre compte.

De quoi ?
Ben que c’était un con.

Non, je voulais dire : pourquoi tu ne lui as pas dit que tu voulais quand même faire autre chose que pan-pan avec lui au lit ?
Tu rigoles ? Je lui ai dit, je me collais à lui, d’ailleurs j’ai presque joui, plusieurs fois, mais il me repoussait. Je te jure, il voulait que ce soit sa bite et rien d’autre. Ça, je lui en ai voulu.

Comment as-tu presque joui ?
En me masturbant contre lui.

A la main ?
Non, avec sa cuisse.

Lambada couchée…
Oui, hihi, la lambada couchée.

L’avait de belles cuisses ?
J’en sais rien, mais c’est tout ce qu’il avait de dur en tout cas, haha !

Et il t’a vue avec les boutons ?
Avec l’eczéma ? Oui. C’était pas sous forme de boutons, c’étaient des rougeurs.

Il a dû se dire qu’il l’avait échappé belle…
Pourquoi ?

Il a dû se dire que t’avais une grosse maladie vénérienne bien purulente…
Non, je lui ai dit que c’était de l’eczéma.

Qu’est-ce qu’il a dit ?
Ben, il s’apitoyait encore sur lui. Je te dis, il ne pensait qu’à ses petites misères, gros égoïste. D’ailleurs je lui ai présenté la chose pour qu’il s’imagine que c’était à cause de lui que j’avais ça.

Un eczéma de frustration ? Ça a marché ?
Je ne sais pas, de toute façon, j’étais plus très chaude pour faire de longues explications avec lui.

Et finalement, c’était pas un peu ça, un eczéma de frustration, non ?
Non, c’était mon sentiment de culpabilité, ça j’en suis sûre. Trop, trop de stress, je m’en voulais à mort.

Une sorte d’auto-contrainte à la fiidélité…
Oui. Sur ce coup-là, tous les éléments s’étaient donné le mot contre moi.

Haha. Bon, changement de sujet. Tu prends plus la bite dans le cul que le sperme dans la bouche ?
Alors ça, c’est pas terrible comme question… «Tu en prends plus dans le cul qu’au fond des amygdales ?». Et toi, tu… hm-hm dans le cul ?

Autant que possible, mais y’a un truc chez les filles, elles oublient souvent que les mecs ont un trou de cul et que le plaisir passe par là aussi.
Tu vas aussi avec les mecs, toi ?

Rien à voir ! Le plaisir, c’est le plaisir. Un bon doigt dans le cul pendant une pipe, c’est hors classement. Après, pédé ou pas, c’est autre chose.
Mais tu es aussi pédé ?

Non. Mais toi, t’as déjà mis le doigt dans le cul de ton mec ?
Non, mais je lui ai déjà fait un truc avec la langue, à cet endroit-là…

Il aimait ?
Pffff, non, pas du tout, j’ai eu l’impression que ça lui aurait fait le même effet si je l’avais mordu. Dès qu’il a senti que ça s’approchait, il s’est complètement crispé pour m’empêcher.

Et toi, tu aimais le lécher là ?
J’ai fait ça pour voir, par curiosité.

Il était propre-nickel ?
Oui, je crois. Il est propre en général.

Et lui, il te fait ça ?
Là ? Non, jamais.

Ça ne te manque pas ?
Faudrait qu’on me l’ait déjà fait pour que ça me manque.

On t’a jamais fait ça ?
Non.

Y’a d’autres choses qu’on ne t’a jamais faites ?
Non. A part les trucs de malades…

Et dans les classiques ?
Non, je crois que j’ai fini mon rodage de partout.

Déjà baisé dehors ?
Oui.

Devant du monde ?
Non. Ça, déjà, pour moi, ça commence à être les trucs de malades.

Dans des endroits publics ?
Non, ou alors dans la voiture, mais bien cachés.

Dans un ascenseur ?
Non.

Sur la plage ?
Oui.

Dans un grand magasin ?
Non.

Tu aimes la levrette ?
Oui.

Tu as un gode ?
Oui, mais je n’ai jamais changé les piles depuis la première fois. C’est pas mon truc, j’aime bien que ce soit chaud.

Déjà baisé dans un bain ?
Oui.

Dans un jacuzzi ?
Non. J’ai même jamais mis les pieds dans un jacuzzi.

Des positions debout ?
Oui.

Des positions la tête en bas ?
Quoi, levrette et trucs comme ça ?

Non, la tête vraiment en bas…
Debout, très penchée alors ?

Non, même pas avec les pieds par terre.
Quoi, sur les mains ?

Oui, par exemple, ou sur la tête.
Attends sur la tête ? Où tu vas ? Y’a des positions sur la tête ?

Ben oui.
Non, faut que tu m’expliques alors, parce que j’ai pas encore eu souvent l’occasion de faire l’amour avec un trapéziste, moi, haha… Quoi, c’est comme les mecs qui dansent du hip-hop, en tournant sur la tête ? Y’en a qui arrivent à baiser comme ça ? Hihi. Non, allez, c’est comment, je ne vois même pas…

Ben y’a plusieurs positions, mais le but, c’est le plus souvent d’arriver à faire un 69 vertical. Le plus simple c’est avec le matelas par terre, ton mec qui se met en chandelle contre un mur…
…la chandelle… quoi, en trépied ?

Oui, en trépied. Comme si il faisait le poirier contre un mur, mais en restant en équilibre sur sa tête et sur ses mains. Le mieux, c’est même de mettre les coudes au sol, comme ça c’est plus stable. Dès qu’il est en position, tu te mets comme ceci, à genoux, le bassin bien bas, comme ça toi tu peux le sucer et lui il peut te lécher aussi.
Comment il pleut me lécher ? [elle mime la position de l’homme]

Ah oui, s’il reste comme ça [face contre le sol], y’a pas moyen, mais si il tient bien en équilibre comme ça [sur ses coudes et ses avant-bras], no problemo pour faire une minette.
C’est juste pour faire de l’acrobatie quoi !

Non, parce que avec le sang qui monte à la tête, ça fait un sacré bon effet quand on jouit.
Mais t’es malade, toi !

Haha, t’as qu’à essayer. C’est pareil pour toi, la position marche aussi si c’est toi qui fais le trépied.
Dos au mur, hein, c’est ça ?

Ben oui, sauf si tu comptes lécher le mur, haha.
Et t’en as d’autres, comme ça ?

Ben pareil mais en faisant le poirier complètement. Là c’est plus physique, j’ai jamais tenu jusqu’au bout. Par contre, si c’est la fille qui fait le poirier, on peut carrément la soulever et la maintenir en l’air par les épaules.
Comme ça, retournée ?

Oui.
Mais elle risque de basculer…Et elle a que ta bite à morde pour se retenir…

Haha, non parce que tu la coinces quand même contre le mur.
Le mec, il doit être balèze.

Je ne voudrais pas me vanter, mais je ne te le fais pas dire, haha.
Haha… Tu sais le faire, toi ? Tu vas pas me dire non, je parie.

En effet.
Je m’en doutais.

Bon. Mais attends, le mieux, c’est avec une barre fixe.
«Oh tiens oui, justement, une position pour tous ceux et celles qui ont une barre fixe à la maison», hahaha…

Je te jure que ça vaut le coup. Faut que la barre soit assez haute. Tu te mets… ben… en position trapéziste, justement, tu vois ? Tu te suspends comme ça, par les genoux, tête en bas et tu as les mains libres pour agripper les fesses de ton homme…
Et le sang qui monte à la tête, ça te fait rien ?

Mais si justement, c’est ça qui est bon. C’est comme quand on t’étrangle un peu quand tu baises, tu sens tout de manière plus intense.
Ah ? Ben… euh… je ne sais pas, je ne me suis jamais fait étrangler.

Tu ne retiens jamais ta respiration, juste avant de jouir ?
La retenir, oui, mais pas me faire étrangler.

D’accord, mais c’est le même principe, se désoxygéner le cerveau pour jouir plus fort. L’étranglement, c’est juste un peu plus radical, mais c’est la même chose. Ben la tête en bas, c’est entre la respiration que tu retiens et l’étranglement.
Moi je croyais que c’était pour le côté acrobatique.

Oui, aussi, mais pas que.
Ben, on en apprend tous le jours…

Oh, j’y repense, tu as dis tantôt que le mec avec qui tu avais… enfin avec qui tu n’avais justement pas… enfin bref, Monsieur eczéma, que c’était… je ne sais plus comment tu as dit… c’est le seul mec sur lequel tu avais fantasmé ?!?
Non, c’est pas le seul, mais c’est le seul accessible ? Sinon, c’est plutôt… enfin, comme tout le monde, quoi, des célébrités.

Le number one, c’est qui ?
Oh, Romain Duris. Lui, c’est… Hmmmmm, le rêve. Il est beau comme un dieu.

Je suppose que tu sais qu’il est tout petit…
Tout petit ? Mais non, il est pas tout petit.

Ah si, il est tout petit, mais vraiment ! On ne le sait pas beaucoup mais en vrai, il est tout petit.
Alllllllez, non ! J’ai jamais remarqué. Meeeerde ! Mais noooon, tu dis ça pour rire.

Pas du tout, il est tellement petit qu’au cinéma, on le fait jouer debout sur des caisses pour qu’il soit cadré à la même hauteur que les filles. Comme l’acteur américain, là, de l’Eglise de scientologie.
Tom Cruise ? Merde alors, ça je ne savais pas.

Et bien si. D’ailleurs c’est des caisses beaucoup plus larges pour Romain Duris, parce qu’il a un pied bot. Et aussi il a une maladie d’estomac super rare qui lui donne une haleine de marcassin même quand il vient de se brosser les dents.
Quel cooooooon, j’ai failli y croire, t’es vraiment con. Mon Romain Duris. Ça, ça m’aurait étonné qu’il soit tout petit. Imbécile, va !

Bon, allez, dis-moi un truc de cul que tu as déjà fait et qui va me choquer, ça sera le mot de la fin.
A mon avis, je ne vais pas te choquer.

Bon, un truc qui choquerait ta mère alors.
J’ai déjà avalé !

Nooooooon ! Hahaha ! Et alors, quelle impression ?
Ben on se fait tout une histoire, mais ça va. Je croyais que ça m’aurait fait vomir, et ben non. Pourtant, j’ai déjà vomi en sentant l’odeur d’une lavette.

Putain, je suis choqué !
Pour ça ?

A fond… Tu as quand même reniflé une lavette ! Quelle dévergondée !
Hahaha !

Allez, cloups, je coupe, merci, c’était chouette.

8 octobre 2007

Interview sexe : Iseult

Ça commence sur un banc de la Place Saint-Lambert, tandis que des gamins font de timides slidings avec leurs skate-boards contre les bordures de l’esplanade. Elle a le cou tendu vers un improbable rayon du soleil d’octobre lorsque je l’aborde. Un chemisier blanc, un collier de perles, une jupe-culotte à plis repassés au pressing, des chaussures plates immaculées et, surtout, un petit volant de dentelle sur ses bas coupés sous la cheville : elle respire le charme discret, donc terriblement excitant, de la bourgeoisie. Belle, fraîche, facile à aborder, ouverte à la communication, souriante, un régal exceptionnel. L’interview a lieu dans un salon de thé, à deux pas. Bien que la fin de l’interview ne le laisse pas paraître, j’ai son accord pour la publication. Une bonne part de la discussion a malheureusement dû être amputée, à sa demande, pour préserver son anonymat. Le surnom Iseult, c’est moi qui ai choisi.

Tu fais quoi pour avoir de si jolies jambes ?
Du squash. Et un jogging par semaine.

Squash et jogging ? Wow ! T’as du souffle alors !
Ça va, pas mal.

Ça te sert d’avoir du souffle quand tu fais l’amour ?
Des fois, oui, des fois.

Quelles fois ?
Hahaha.

Je ne peux pas avoir de détails ?
Je ne saurais pas dire comme ça. Faut que je réfléchisse. C’est trop général. “Des fois”, ça ne suffit pas comme réponse ? Y’a des fois, c’est plus comme ça [mime le sommeil], et d’autres où c’est plus [mime une sorte de branlette masculine très énergique].

Ça passe super bien, les gestes, en interview.
Ah oui, désolée. Ben tu feras comme si… [elle fait tourner l’index près de sa tempe, mimant, disons, l’intelligence, la perspicacité, voyez ?]. Hahahaha.

Admettons que tu aies très envie de moi…
Attends, j’ai pas envie de toi ! J’ai pas du tout env…

Admettons, j’ai dit.
Non, mais faut que tu le saches. Tu te fais pas d’illusions.

Admettons, c’est une hypothèse… Ça va, ça, une hypothèse ?
Oui, une hypothèse hypothétique, mais sans hypothèse, ne te fais pas d’idée.

Je vais jamais finir ma phrase. Admettons que tu aies envie de moi, d’accord ?
Bon, d’accord, admettons l’hypothèse hypothétique…

«D’accord ?». Tu as dit «Bon, d’accord ?» ? Ouf ti ! C’est dingue, on est pas là depuis trois minutes que t’as déjà envie de moi, je ne sais pas ce que je dégage, moi, aujourd’hui.
Hahahaha, je le savais !

Bon, allez. Admettons que tu aies très envie de moi, là maintenant. Si on se grouille, tu jouis dans combien de temps ?
C’est-à-dire ?

Et bien, mettons qu’il te prenne là tout de suite l’envie que je te fasse jouir. Il va falloir faire quoi, aller où, s’y prendre comment avant que tu prennes ton pied ? Genre, tu m’emmènes dans les toilettes, je te prends en levrette et ça dure 5 minutes ?
Oh, putain, non, pas dans des toilettes. Déjà, je ne fais jamais pipi hors de chez moi si je ne suis pas sur le point d’exploser. Faire l’amour là où tout le monde fait, beurk !

Et bien, dis-moi les étapes.
J’sais pas moi, ça m’arriverait pas un truc comme ça.

Et bien, imagine que ça t’arrive, là, maintenant : on fait quoi ?
Ben déjà, pas ici dans les toilettes, ça c’est sûr. Mais pas chez moi, mon mec fait son après-midi Playstation avec ses copains. Faudrait aller ailleurs.

Où ?
Je ne sais pas, moi. Pas chez une copine, je me vois pas, non.

A l’hôtel ?
Oui, à la rigueur.

Hôtel de passe ?
Non, ça doit être dégueu, plein de bestioles, ça doit puer. Je ne sais pas. Au moins un comme là, ici sur la place, tu vois où je veux dire ?

L’hotel Ibis ? OK, l’Ibis. Genre 80-100 euros. T’as ça sur toi ?
Hé, je ne vais pas à l’hôtel avec toi, faut que tu…

Au secours ! Je te dis d’imaginer. Imagine ! En fait, t’es une vraie obsédée, toi [elle fait des gros yeux outrés et un grand sourire]. On a l’hypothèse de départ, maintenant on voit la suite, c’est tout… Tu les as, les 100 euros sur toi ?
Ben non, j’ai même pas de quoi payer un verre. Je devais passer au Mister Cash. De nous deux, l’obsédé, je ne veux rien dire, mais… Hahaha

Donc, il faut aller au Mister Cash. T’as ta carte avec toi ?
Ben oui, je devais y aller. C’est la première chose que je comptais faire avant que… [elle nous désigne]

OK, Mister Cash… Y’a celui de la galerie, disons, ça fait 5 minutes. T’as les 100 euros sur ton compte ?
Ben… Oui… [Elle fait une mimique d’incompréhension]

Ben on fait le compte du temps qu’il faudrait avant que tu jouisses. Donc, 5 minutes pour aller jusqu’à la galerie…
La Galerie du Media Markt ? Y’a un Mister Cash ?

Oui, un petit truc mobile, ça fait quelques mois .
Où ça ?

Près de la porte tournante, en dessous de l’escalator quand tu viens de la nouvelle place. DONC ! 5 minutes pour aller tirer du pognon ? 5 minutes pour aller jusqu’à l’Ibis. On rajoute 5 minutes d’imprévus, ça fait 15 minutes avant d’être dans une chambre. Et puis ?
Ben, ça dépend de comment tu t’y prends pour me faire jouir, c’est toi qui sais. Hahahaha.

Combien de temps ?
Je ne sais pas moi. Faut les préliminaires, d’abord.

Habillés, déshabillés ?
Oui, un peu habillés, puis faut se déshabiller.

Combien de temps avant d’être à poil ?
Je sais pas. 10 minutes, un quart d’heure.

OK. Donc, t’as super envie de moi et on est déjà à une demi-heure avant d’être à poil… Puis y’a encore les préliminaires. Genre ?
Genre… aussi 10 minutes, un quart d’heure. Minimum. Minimum.

Donc, on est à ¾ d’heure. Les préliminaires, c’est quoi ?
Ben, les préliminaires, quoi.

On n’a jamais les mêmes idées là-dessus. Toi, c’est quoi, tes préliminaires ?
Ben s’embrasser, s’enlacer, échanger, être tendre…

Minette, branlette, tout ça, non ?
Oui, mais pas tout de suite. Faut se caresser encore.

Donc après les préliminaires, les caresses. 5 minutes ? 10 minutes ? 20 minutes ?
Oui.

Haha, oui-combien ? Malin, ça !
10 minutes, ça te va ?

55 minutes. Et puis alors seulement, une petite minette, c’est ça ?
Oui, ça j’aime bien.

Combien ?
Même pas dix minutes parce que ça me fait jouir super vite et je n’aime pas jouir comme ça.

Ah ?
Oui, tu te sens un peu… Je sais pas, j’aime bien être blottie pour la jouissance, pas comme ça toute seule avec le mec tout seul en bas, enfin… Oui, moi, je préfère que ça soit l’un contre l’autre, pas chacun de son côté. C’est plus fusionnel quand je peux le serrer contre moi, quand on est blottis l’un contre l’autre.

Ça fait… 55 et 10, une heure et 5 minutes. OK. Mais donc, t’as super envie de moi : donc tu veux me faire plaisir aussi, je suppose ? Tu me suces un bon coup… combien de temps ?
Moi, lécher un mec, pas tout de suite. Je fais pas ça de manière automatique.

Oui, mais t’as MEGA envie de moi, tu vas pas me faire poireauter trois mois avant de me sucer, si ?
Oui, je ne sais pas. Mais j’ai jamais léché un mec la première fois.

Tu dis lécher, c’est lécher, ou bien tu suces quand même ?
Pas comme… Oui, c’est sucer, mais normal, pas [elle mime un truc bizarre qui semble lui secouer la tête].

C’est quoi, je ne comprends pas ?
Ben une pipe pas… tu vois, le truc super rapide qui part dans tous les sens et le mec qui te fait aller comme il veut.

Ah, une pipe chiante, c’est ça ? Donc, non seulement, faut passer devant le notaire avant que tu suces mais en plus tu suces chiant. Hahaha !
Ouais, hé, c’est pas chiant. Je fais ça très bien, mais chacun sa manière.

Bien. Tu me lèches combien de temps ?
5 minutes, ça va. C’est déjà pas mal, non ?

5 minutes… De toute façon, c’est toi qui décides, c’est toi qui as envie de moi, non ? De toute façon, 5 minutes de pipe chiante, ça doit être un soulagement quand ça s’arrête. Hahaha ! Merde, c’était combien ?
Je ne sais plus. Une heure et…

Une heure 5, plus cinq. OK ! Et là, on commence un peu à baiser ou bien c’est l’heure de la prière ?
Haha, ben oui, les choses sérieuses commencent.

On fait quoi ?
Moi, c’est face à face, ça me va… et que je relève les jambes.

Missionnaire, quoi…
Non, je relève les jambes. Une à la fois et j’aime bien que le mec se redresse un peu. Qu’il prenne ma jambe sur son épaule. Comme ça, tu vois ?

Oui. Et je bouge comment ? J’ondule frotti-frotta ? Je tape clac-clac ?
J’aime bien les deux. Clac, clac, c’est surtout lui que ça excite mais j’aime bien ce qui peut l’exciter.

Qui ça, « lui»… C’est de moi qu’on parle. Donc je peux faire clac-clac pour m’exciter, j’en prends bonne note, merci. Donc si la pipe de mort de 5 minutes ne m’a pas mis le feu, je peux quand même faire clac-clac. Ah oui, là je dois être super excité, alors…
Merde, arrête hein ! Je suis pas une coincée, c’est toi qui tournes ça comme ça.

Je déconne. J’adore. La fellation syndicale et le missionnaire clac-clac…
Hahaha, moque-toi, moque-toi… Je parie que tu te traînerais à mes pieds.

Bon, et une fois qu’on a commencé, il te faut encore combien de temps avant de jouir ?
Ben on peut changer un peu de positions, c’est pas tout comme ça.

Levrette ?
Oui.

Toi au-dessus ?
Oui, d’ailleurs, ça j’aime beaucoup aussi.

En chien de fusil ?
Oui, aussi ?

OK, petit parcours-santé-Kama-sutra. Et tout ça, combien de temps ?
Je ne sais. Une demi-heure…

Et là, tu prends ton pied, c’est ça ?
Ben, euh… oui, c’est pas ça ?

OK. Donc, là, maintenant, tout de suite, tu as super méga envie de moi… Tu prends ton pied dans… une trente, et cinq et encore je ne sais plus… En gros, dans une heure et demie. Tu ne fais jamais plus vite ?
Une heure et demie ? Oui. Je crois que ce n’est même jamais aussi rapide. Je suis lente, j’aime bien que ça soit long. Quand j’ai envie de mon homme, en général, ça prend plus de temps que ça avant d’arriver à la jouissance.

Pourquoi, il s’y prend comme un manche ?
Non, il s’y prend bien. En une heure et demie, il y a déjà moyen de faire plein de choses. Mais, c’est avant. Moi, quand j’ai envie, je ne le dis jamais tout de suite. Des fois c’est dès le matin que j’ai envie et on le fait seulement le soir. Même, des fois, c’est pas le même jour.

Et pour moi tu feras même pas exception ?
Non, allez, rigole pas, je suis sérieuse…

Donc, tu ne baises jamais le matin ?
Si, ça arrive, mais ça n’a pas le temps de prendre toute la place que ça peut prendre. Ou alors, j’y pensais depuis la vieille. Mais si ça vient le matin, je préfère attendre.

Tu m’expliques ?
Ben, le désir, oui, y’a le moment où on commence à se mettre à deux, à se caresser, alors oui, ça va vite. Je veux dire, comme tout le monde. Même des fois en une demi-heure, c’est déjà arrivé. Mais quand je suis attirée pas lui, c’est aussi sans rien faire, en prenant du temps, en regardant l’autre, en vivant des bons moments avec lui avant de commencer.

Et quand ça prend la journée pour se mettre en place, quand le soir arrive, c’est obsédant ?
Un peu. Pas comme si j’avais les vapeurs ou quoi, mais oui, je me sens… enfin oui, des fois, c’est en peu ça : les vapeurs.

Et si le gars, il est pas top, ce soir là ?
En général, il est top, il sent.

T’es bien foutue ?
Est-ce que j’ai l’air d’être bien foutue ?

Oui, mais des fois y’a des mauvaises surprises. Au moins, tu as des jolies jambes.
Non, moi, il n’y a que des bonnes surprises, hahahaha.

Sérieux ?
Oui, c’est vrai. Je vais pas t’inventer des conneries.

C’est quoi la meilleure surprise ?
Ben, mes seins, ils ne sont pas aussi petits qu’on croit et bon, je ne vais pas me vanter mais ils sont super. Je les adore et je ne suis pas la seule.

Tiens en général, c’est le contraire, ils ne sont pas aussi gros qu’ils en ont l’air. Toi, c’est le contraire.
Hé oui !

En fait, si ! Je connais deux types de seins qui sont plus gros qu’il n’en ont l’air sous les vêtements. C’est les seins très fermes, qui gardent exactement le même profil quand la fille est debout ou couchée [elle opine discrètement] et il y a ceux qui ont une base large, tu vois ce que je veux dire ? [elle opine deux fois plus vite].
Oui, et bien moi, ils sont comme ça. Ils ne vont pas très loin en avant mais ils sont larges et ils sont bien durs.

Montre un peu comment ils sont larges ?
Ben regarde, ça c’est la couture de mon soutien-gorge, mais en fait ils partent de là.

Allez ! Ton soutien-gorge ne les prend pas entier ?
Celui-ci, non, mais comme il n’a pas de baleine, ça va. Regarde, ici, ça boudine un peu, c’est déjà mon sein.

Dingue, c’est vrai. Et au milieu ? Ne me dis pas qu’ils se rejoignent ?
Comme ça, non, mais si je mets les épaules un peu en avant, je peux coincer un Bic entre les deux, sans problème.

Une bite ?
Un Bic, pfff !

Rhôôô ! Nooooon ! Tu me le jure ?
Je te jure, regarde, là comme ça, si je fais ça, même sans soutien-gorge, ça tiendrait ! Hé, mes seins, quoi, c’est de famille !

Donc quand tu es debout toute nue, si tu es au garde-à-vous, l’avant de tes biceps pose sur tes seins.
Oui, comme ceci.

Et si tu te voûtes, ils se rejoignent et ça fait une jolie petite rigole ?
Hihi, une rigole, oui.

Et t’es sûre, sûre, sûre que t’as pas du tout envie de moi, parce que là, je… enfin, bon, je te crois mais j’ai du mal…
Tu ne me crois pas ?

Si, justement, je te crois, c’est pour ça que j’ai du mal. Enfin, je me comprends.
Oui, tu veux un verre d’eau ? Hahaha. Tu le veux où, le verre d’eau ?

Sur ton chemisier, si je peux choisir. Mon royaume pour une grande carafe d’eau sur ton chemisier !
Hahaha. Dommage !

Ben je vais faire “comme si”, puisque tu me condamnes à mourir dans l’ignorance.
Hahaha.

Bon, allez, OK. Pour ta punition, tu me montres jusqu’où tu as déjà sucé une bite.
[Je lui tends mon pouce comme un autostoppeur, elle désigne l’endroit, presqu’à l’opposé du pouce sur ma paume, genre un bon 10-12 centimètres]

Ah, ben quand même ! Je croyais que tu ne faisais que lécher de loin.
Oui, mais je ne la rentre pas toute droite, comme si je l’avalais. Je la recrolle [non-wallons, comprenez qu’elle la courbe] dans ma bouche.

Hé, c’est de la triche, ça !
Non, c’est pas de la triche. C’est doux l’intérieur des joues.

Ça vrai, ça. D’ailleurs, y’a peu de filles qui savent ça, que c’est doux, l’intérieur des joues…
Mais t’es quoi en fait, tu prépares des trucs pornos ?

Non. Comme je te dis. C’est pour mon blog. J’aime bien causer sexe.
Je sais pas… Tu parles toujours aussi facilement de ça ?

Oui. Toi aussi, note.
Ben pas toujours.

Bon, en fait, moi et mon copain Rocco, on est en train de faire un casting et on cherche une fille qui a des seins super durs et super larges.
Non, mais allez ! Et moi je peux te poser une question ?

Si y’a pas «combien» dans la question, ça va.
Hé ! Non, mais allez !

Oh, non pas ça. Je réponds pas, c’est nul comme question. Et toi, combien t’en as eu, des mecs ?
Toi, combien ?

Moi, je ne suis pas un extensif, je suis un intensif. T’en as eu plus que moi.
Ça m’étonnerait. Déjà, t’es plus vieux que moi.

Combien t’en as eu ?
Non, je ne le dis pas.

[...Grosse partie de discussion amputée à sa demande...]

Tu parles combien de langues ?
Français, Anglais. Un peu de Flamand.

T’es déjà allée dans combien de pays ?
Ouh ! Une vingtaine. Oui, je voyage beaucoup.

Parents friqués ?
Oui !

T’as pas honte ?
Non. Je devrais ?

Non, mais souvent les gosses de riches…
Et toi, t’en as honte ?

Un moment, oui, quand je l’ai découvert. Quand j’étais petit , je croyais qu’on était pauvres. Puis quand j’ai compris qu’ils étaient riches, il a fallu du temps, mais ça va, on s’y fait… Le plus loin que tu es allée ?
Djakarta.

Déjà couché avec un pas-blanc ?
Non.

La plus grosse bite que tu as eue dans ton lit, elle était comment ?
[Elle joint ses mains comme pour prier puis, gardant les poignets en contact, écarte les mains]

Raisonnable !
Et toi elle est comment ?

Quoi, quoi, quoi ? Tu peux répéter la question, s’il te plaît ?
[départ de fou rire] Non, je m’excuse. Je n’ai rien dit.

Tu me demandes quelle est la longueur de ma bite ?
Je n’ai rien dit. C’est toi quoi parles de ça…

Tu veux savoir ?
Quoi, c’est une grosse ?

Non, raisonnable aussi. Mais alors, je te la montre.
Là, ici ? Non ! Tu vas la montrer là ?

Viens voir, je te montre si tu veux.
Tu vas pas le faire. Tu vas pas le faire. Tu fais quoi ? Hein ? Tu fais quoi ? Non ! Tu vas vraiment le faire ici ? Non, attends, arrête, si y’a un copain de mon mec qui passe ici, je suis dans la merde.

Je vais pas la sortir, mais avec ma ceinture, je ne saurais pas ouvrir, tu verras rien. Si je vais comme ça tu pourras la voir, t’as que venir te mettre ici à côté.
Attends, et d’ici ? Putain, je vois rien.

Lève-toi, t’as qu’à faire comme si tu mettais ton sac à côté de moi.
Hihi, Ah ! Je vois ! Oui, j’ai vu !

Normal, non ?
Ben j’ai vu que le bout. Mais j’aime bien, t’es pas trop poilu, juste ce qu’il faut. Tu es circoncis ?

Non, c’est grave docteur ?
T’es pas circoncis ? Comment ça se fait ?

Ben, je ne suis pas circoncis, c’est tout.
Non, mais comment j’ai vu ton bout, si t’es pas circoncis ?

Ben, c’est qu’elle est retroussée. Elle est retroussée ? [Je me pinçote le bout] Ah oui. C’est quand elle est bien moulée en position par mon froc, ici.
Oui, mais si tu la retousses, après, ça ne se remet pas tout seul ?

Si, mais si elle est restée coincée dans mon caleçon comme ça. Si elle est bien logée, elle reste comme ça.
Et tu t’épiles ?

Je débroussaille, quoi. Pas avoir la grosse touffe qui remonte dessus. Et j’adore avoir les couilles toutes douces et toutes lisses.
C’est vrai ? Tu te rases là ?

Oui.
T’as pas peur de te couper ?

Non. Comme toi.
Moi, c’est pas moi, c’est l’esthéticienne. J’oserais jamais, t’es fou !

Et entre les coups ?
Ben j’y vais souvent.

Et sinon ? No Gilette, no minette ?
Hahaha !

Ton mec il ne s’arrange pas les poils de la bite ?
Non, mais ce soir, je crois que ça va changer.

Merci qui ?
Hahahaha ! Tu dis rien, hein ! Et si tu me recroises un jour, si je suis avec lui, on se connaît pas, hein ? Tu tiens parole ?

Si tu me montres tes seins !
J’en ai déjà fait assez pour aujourd’hui, je crois que je vais m’arrêter là.

Quoi ? Tu vas pas tomber dans les pommes parce que t’as vu…
Non, je te jure.

J’arrête ?
Je sais pas si c’est bien, j’ai pas trop envie que ça finisse sur ton blog.

[...]

27 septembre 2006

Interview Sexe : Gabrielle

Ça se passe dans les brumes narcotiques du Smoky à Maastricht. Je dis à la fille qu’elle n’aura qu’à venir avec son mec si elle ne me croit pas. J’en suis à jurer sur l’honneur que je ne vais pas la draguer pour qu’elle m’accorde une interview sexe. Le lendemain, Taverne Saint-Paul, je la trouve seule à l’heure dite, habillée et maquillée comme pour un casting “oeil de velours”.

C’est quoi pour toi être belge ?
Alors là ! Pffft ! Recalée. Belge ? Ça veut dire quoi à part pour les Flamand ? Les Flamands, c’est les seuls qui ont conscience d’être belges, et c’est pour ça qu’ils ne veulent plus l’être. Les wallons, j’sais pas, je crois qu’ils s’en foutent.

Tu fais du sport ?
Non, j’en fais plus. J’ai plus le temps. Avant je faisais pas mal de natation et du tennis. Mais là, c’est la vie.

C’est quoi pour toi être une femme ?
C’est tout ce qu’on dit et le contraire avec. Je sais pas, je ne pourrais dire qu’une banalité. Ça n’a rien d’exceptionnel d’être une femme, on est même plus que les hommes. Ouais, c’est rien de spécial d’être une femme, si on veut, mais faudrait pas le dire de manière banale. On pourra revenir sur la question ? Hahaha. Le temps que je trouve une bonne réponse.

Tu as déjà fait l’amour sur la plage ?
Tout de suite dans le vif du sujet… vlan ! Joli. Non, je dis joli.

Le vif du sujet ? Donc c’est oui !
Hé, mais oh ! Hahaha !

Je ne peux pas savoir ?
Ben… Bon, je te dis la vérité ?

Ben oui, sinon…
En fait, non. Dehors, je ne crois pas que je saurais, j’aime bien le confort. Si j’étais sûr que personne pourrait arriver, peut-être, mais comme ça, non.

Quand tu suces, tu sais faire des trucs particuliers ?
Quoi ?

Je sais pas, avec ta langue, avec tes mains…
Ben, je fais ça… normalement, je crois qu’il n’y a pas grand-chose à en dire.

Tu fais des trucs particuliers, au lit ?
Ah non, pas si c’est moi qui dois le dire ! C’est toi qui poses des questions !

Ouèye ! Y’a un monstre marin sous roche, là !
Non, sérieux, reste sérieux sinon, je ne saurais pas. Je suis claire.

OK. Je devine, OK ?
Ouuuais ?

Donne moi un indice.
Ouais, non, sinon c’est trop facile.

Et bien, donne-moi un indice pour trouver l’indice, comme ça ce sera moins facile.
Attends… Ouais mais ça va être trop facile. Bon, allez, mais bon : 100 % pur porc.

Porc ?!? Ouf ti, c’est pire que cochon, ça, porc ? Non, OK, j’ai rien dit. Pur porc… Saucisson pur porc !
Bien.

Saucisson, attends, tu aimes qu’on te tranche en rondelles ? Non. Ah oui, tu aimes bien les mecs qui puent de la gueule. Non, de la bite. Bon attends, saucisson, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Tu prends le saucisson comme gode ! Haha, non.
C’était un indice de l’indice de l’indice. Là tu as l’indice de l’indice. Tu dois trouver, c’est facile. Saucisson, le verbe.

Saucissoner ? Tu fais des trucs avec un couteau ? Ça a quelque chose à voir ?
Non. C’est plutôt comment on le fait.

Le saucisson ?
Oui, avec quoi on saucissonne.

Un couteau ?
Non, ce qu’on met autour quoi, allez ! Pense aux bas résille.

Ah, non. Les… Merde, comment ça s’appelle, encore, les ligatures, là, oui je l’ai… Donc quoi, le bondage ? Non. Le bondage ? C’est ça ? Tu te fais attacher, ah oui, saucissonner ! OK. Pour moi, saucissonner, c’est couper en rondelles, mais OK, pigé. Eh ben !
(sourire)

Tu aimes bien te faire attacher ?
En tout cas, je le fais, j’ai pas dit si j’aimais bien.

Bon, je devine encore : tu adores ça, en fait.
T’as une chance sur deux, comment tu pourrais le savoir ?

Je ne le sais pas, c’est pour ça que je pose la question.
Oui, mais comment tu pourrais l’avoir deviné ? Tu fais «ouais, je vais deviner» comme si tu pouvais deviner.

Je devine par choix. Ce serait plus marrant si j’avais raison.
Même si c’est oui, ça veut pas dire que tu as deviné ou que tu as raison. Tu tombes dessus par hasard.

Non parce que si comptais sur le hasard, ça voudrait dire que je me fous du résultat quel qu’il soit tant que je tombe juste. Tandis que là, je choisis de croire que oui parce que ce serait plus marrant.
Pourquoi marrant ? C’est marrant ? T’as déjà attaché ta copine ? Tu l’as jamais attachée ?

Les mains dans le dos ou les menottes au lit, oui, mais bondage pour du vrai, jamais, juste pour les nœuds, une fois, mais pas du tout en situation, avec un copion et tout.
Ça t’a fait quoi ?

Ça aurait dû me faire quoi ?
Ben un fantasme .Tu possèdes la fille, quand elle est bien attachée.

Tu te sens possédée quand on t’attache ?
Sous contrôle, oui. Dépossédée de moi, mais pas possédée par l’autre, c’est ça que je veux dire.

Et qu’est-ce qui est bon ?
Ça. Ne pas être maître de ce que je fais. Me mettre au diapason de l’autre parce que je n’ai pas le choix.

Quel choix ?
Le choix ? Je sais pas. Ne pas avoir… Enfin, savoir que ça ne dépend plus de ce que je vais faire. Que le mec trouve son fantasme sans que je puisse le casser parce que je n’aurais pas fait ceci ou ça. Là, tout dépend de lui.

Et ton fantasme à toi ?
Pour moi, ça va loin, c’est quelque chose que j’ai vraiment appris à apprécier une fois et depuis, j’aime beaucoup moins si y’a pas ça. C’est presque une initiation. Une fois qu’on franchit le pas, on n’a plus tellement envie de revenir en arrière.

Et tu n’as…Je veux dire, comme ça, le plaisir peut vraiment être très très fort. Oui, plus que fort.

Genre, pas de corde pas d’orgasme ?
Ouuuais ? Non, pas à ce point là, mais rien à voir quand même. Rien-à-voir !

Et toute seule non plus ?
Ça, si. Ben oui. Je suis pas une obsédée de ça, mais si, toute seule, oui.

Oui mais attends, t’as déjà dû faire l’amour plein de fois avant de tomber sur un type qui a justement une corde et qui sait s’en servir…
Ah ouais ? Dommage !

Quoi, y’en a pas eu ?
Si mais pas plein, non plus.

Et jamais le grand-grand pied ?
Jamais ? Ah, non, mais si. M’enfin, jamais aussi fort quand même. Disons que maintenant j’en veux vraiment, parfois. Avant, j’avais assez vite terminé, hop, hop, vite que ça finisse. C’était du plaisir attendu qui venait dans les formes attendues. C’est pas que c’est pas bon, mais y’a pas trop de surprise.

Et qu’est-ce qui a changé avec la corde ?
Ben, je ne sais pas, ça me libère.

Magnifique !
Quoi, magnifique ?!?

C’est magnifique : on t’attache et ça te libère…
Oui, c’est un beau… Un beau je sais pas quoi, mais je vois ce que tu veux dire.

Tu as une éducation catho ?
Oui, je suis croyante.

La messe et tout ?
Rien qu’aux grandes occasions, mais dans ma tête, je suis pratiquante. Par exemple, je prie, par exemple. Souvent, je te jure. Et ça n’a rien à voir avec la corde, ceci dit.

Tes parents étaient stricts, question cul ?
Avec moi pour m’éduquer ?

Oui.
Oui, ça, super stricts. Officiellement, mon père croit toujours que je n’ai jamais été avec un garçon.

Et ta mère ?
Elle, c’est plus par les sentiments, qu’elle essaie de m’avoir. Le jour où je lui ai dit que j’avais une prescription pour la pilule, elle en a fait une maladie. Et au début, je prenais la pilule juste pour les hormones, j’avais un truc, enfin bon. Mais elle, elle a cru que j’allais me mettre à coucher avec tout le monde. Pour elle, c’est rien avant le mariage.

Donc en gros, faire l’amour, jusqu’ici, ça t’a toujours mise en opposition par rapport à ton éducation…
Euh… ouuuuais ? Non, c’est pas vraiment ce que je ressens. A la rigueur, oui, mais j’intellectualise pas le truc comme ça. Pourquoi tu demandes ça ? Je me doute bien, mais jaime bien savoir.

J’essaie de comprendre de quoi tu te libères quand tu te fais attacher.
Ah ouais…

Enfin, pas comprendre, j’ai pas besoin de comprendre, c’est juste pour me faire une idée.
Ah, d’accord.

Qu’est-ce que je dis ?
C’est quoi ton idée ?

Mon idée ? Dans ce que j’ai déjà entendu, je crois qu’il y a un point commun, mais j’ai pas encore eu le temps de te poser la question pour toi.
Ben dis-le, je te dirai.

Y’a un peu cette idée du plaisir du mec qui ne dépend plus de la fille, comme toi, mais y’a surtout le fait que la fille qui est attachée a un prétexte pour accepter plus de choses de la part du mec, comme si elle se donnait le prétexte d’être attachée pour n’avoir plus rien à refuser.
Hmmm… Hm hm !

C’est quelques discussions, j’ai pas étudié le truc en long et en large. J’ai l’impression que pour la personne qui se fait attacher, y’a souvent un troisième œil qui traîne quelque part.
Attention, qu’est-ce qu’il nous fait là, lui. Un troisième œil…

Non, c’est pas ça que je veux dire. Un œil extérieur, un peu. Mais non, c’est pas ça, comment je peux dire ? J’ai l’impression que la fille qui est là, coincée de partout, elle se montre à sa conscience genre «regarde, je suis attachée, tu vois bien que ce n’est pas moi, c’est lui». C’est dans ce sens là que je comprends le truc qui libère. Tu te retrouves prisonnière et à ce moment-là, tu n’as plus à te demander si tu es consentante : que tu résistes ou pas, t’as quand même plus le pouvoir d’empêcher le mec de te faire ce qu’il va faire.
C’est pas aussi compliqué que ça ! Je ne sais pas, je ne crois pas que c’est comme ça pour moi. Je vois ce que tu veux dire, mais moi, c’est plus concret que ça. La corde, c’est plus un accessoire. Comme y’en a, c’est peut-être plus les trucs à se mettre, ou bien faire ça à plusieurs. Ca n’a rien d’un truc psychiatrique, c’est bon, c’est tout, faut pas juger.

Juger ? Ouf ti non, je me suis pas expliqué comme il faut, alors. Non, c’est pas question de mettre une bonne note. J’avais juste l’impression qu’il y avait cette idée de dépasser un interdit en mettant en scène la possibilité de se dire qu’on y est pour rien. Tu vois, l’histoire de se libérer, ce n’est pas la première fois que je l’entends. Si on se libère, c’est de quelque chose. D’un interdit, non ?
Attends, tu sais comment ça se passe ou pas ? Tu sais pas comment ça se passe ! C’est pas le mec y m’attache et puis y me fait des saloperies et moi qui ai rien à dire. C’est super céré… C’est un… C’est comme une mise en scène, c’est vrai, mais je sais pas : quand tu fais l’amour tu rassembles pas tous tes problèmes pour essayer de jouir avec. La mise en scène, c’est au contraire pour échapper à tout ça, laisser toute ton éducation de côté justement. C’est pas pour que le mec se mette à t’agresser. T’as l’impression que c’est un truc sado ? Vas-y fais moi mal ?

Non, non, pas du tout. Je vois ça aussi comme un truc cérémonieux…
Non je voulais dire cérébral, mais c’est pas grave.

Je ne veux pas faire le malin, mais c’est quand même pas très très loin de ce que je dis.
Oui, je savais que tu allais dire ça. Mais c’est toi qui me parles d’éducation, je suis bien obligée de donner mon avis là-dessus. Mais quand je fais l’amour, y’a rien à faire, je ne pense pas à mon éducation, je ne mets pas mon éducation en scène, je ne me cache pas de quelque chose, rien !

OK. Raconte-moi comment ça se passe.
Attends, comment tu veux que je te raconte ça ? Tu veux que je te raconte une fois ? Non, hein ?

Non, dis-moi ce que je ne sais pas, ce que ça t’inspire.
C’est un truc de patience. Faut aussi être en confiance, ça t’apprend à te mettre en état de recevoir des surprises. Y’a les nœuds, c’est doux, la corde d’ailleurs, faut qu’elle soit douce, bien épaisse, bien lisse, faut qu’elle puisse coulisser dans certains nœuds. Mais c’est pas élastique du tout. Si tu tires, c’est tout de suite raide. Ça doit passer à certains endroits, d’une certaine manière. Tu bouges d’un côté avec les mains, ça tire ici, t’essaies d’étirer les jambes ça te presse quelque part à un endroit stratégique. Enfin, c’est comme je disais, c’est du concret, je ne sais pas comment dire ça. C’est pas parce que je me laisse attacher que je me laisse vomir dessus, ça n’a rien à voir, c’est pas humiliant.

Tu as quel âge ?
Hé, ça va, je ne dis pas que tu juges, c’est bon, j’ai compris, c’est juste que moi, c’est pas ça. Faut pas être susceptible comme ça.

Tsssss. Bien essayé.
Bien essayé quoi ?

Je ne suis pas susceptible, mais bon, y’a qu’à tester.
Quoi, tu crois pas que tu te trompes ?

C’est pas ça, je t’ai dit, c’était juste une idée, j’ai pas dit que j’avais une théorie.
Bien essayé quoi, alors ?

Quéééne embrouille, merde ! Haha, je ne sais plus, moi. Ah oui, «faut pas être susceptible», voilà.
Voilà quoi ?

Bon, carte rouge pour anti-jeu. Encore une fois, ce sera un coup de fouet.
Ben tu vois que t’as pas compris. Le fouet, j’aime pas ça.

OK ! Coup de batte, schlaaan ! Purée. Quoi, tu veux qu’on arrête ?
Tu vois ? T’es susceptible. Hahaha.

Bon, toi, j’ai l’impression qu’il ne faut pas te laisser réfléchir. T’es un chieuse, un peu ?
Moi ? Noooooon ! Haha.

Bon allez, des réponses, tu réfléchis pas. Ceci (je lui présente mes deux pouces bout à bout), tu avales jusqu’où ?
Là. (elle montre la moitié de mon premier pouce)

Quoi, juste le gland ?
Un peu plus bas, mais pas jusqu’au fond, je n’y arrive pas.

Tu t’entraînes ?
Non.

Ton mec n’a pas envie que soit plus ?
Booooo… non.

Tu acceptes qu’il te prenne sans chercher à te faire jouir ?
Comment, ça ?

Ben, par exemple, il se réveille, il se colle à toi, il t’enfile et puis hop, 30 secondes et il jouit.
30 secondes ?

Ou plus, mais sans rien faire pour te faire jouir. J’prends, j’te baise.
Ben a priori, dans un couple, si on fait l’amour, c’est un peu à deux, non ? Je sais pas, tu prends ta copine comme ça ?

Oui.
Oui ? Toi, tu fais ça ?

Ben oui.
Et tu fais quoi ?

Je l’attrape et hop !
Et hop quoi, comment ?

Ben je la coince, je me mouille la bite et hop !
Comme une pute ? T’en as rien à foutre d’elle ? Enfin, je m’excuse, c’est pas ça, mais toi, c’est comme si… Elle jouit pas du tout ?

Ben non, 30 secondes, même si elle voulait.
Tu sais jouir en 30 secondes ? T’es un éjaculateur précoce ?

Non, mais 30 secondes, bien excité, c’est dans mes cordes.
Et elle dit rien ?

Ben si elle n’a vraiment pas envie, elle le fait comprendre, mais sinon, non. Ou bien elle rigole.
Et quoi tu l’aimes ou bien vous êtes juste comme ça ensemble ?

Ah non, j’en suis raide dingue, c’est toute ma vie.
Et ça te semble… Ça va, c’est normal… ouais ?

Oui. J’ai envie, j’essaie. Si elle ne se débat pas pour du vrai je…
M’enfin, à ce moment, là, je m’excuse, mais tu la considère juste comme un trou.

Oui, un peu.
Ben ça, je trouve ça dégueulasse. Non, c’est vrai, ça peut pas être, je sais pas. Ta copine, c’est pas un trou !

Oui, mais moi, à ce moment là, je me considère juste comme une bite.
Oui, ben je crois que c’est ça, je m’excuse. Et vous vous aimez, et tout ?

Ah, sérieux, je te jure que tu n’imagines pas. C’est même plus de l’amour, c’est une œuvre.
Une œuvre, ouais, faut voir, j’ai un peu du mal à le croire. En tout cas moi, moi, je saurais pas. J’aimerais pas ça. Elle… Bah, non. Putain, je m’excuse, ça me regarde pas mais ça me dégoûte.

Tu pense que elle, ça la dégoûte ?
Ah, je sais pas pour elle. Je sais pas. Apparemment, si y’a l’amour et tout, j’espère que elle, ça va. Mais c’est juste si c’était moi, non. Là, non, quoi !

Qu’est-ce qui est dégoûtant ?
Ben ça, rien que l’image du mec tout puissant qui se lève et crac, je prends, je jette, rien à foutre de l’autre, et puis va te laver le cul comme une conne…

Moi je te dis que ça t’arrivera.
Alors là, je te raconte pas comment je l’explose si il me fait ça.

Garanti et tu y trouveras quelque chose !
Quoi, que le mec peut traiter sa copine comme un trou ? Oui !

Non, que c’est un truc d’amour, je te jure. Tu fais pas ça avec une fille avec qui tu ne te sens pas libre, justement. Fais pas cette tête là, pour moi, c’est pas du cul, je te dis que c’est de l’amour.
Oui, ben, si il faut se libérer pour ça, hein !

T’as déjà pissé sur ton mec ?
Ah, ça, c’est pas pareil. Pas pareil du tout ! A partir du moment où les choses se mettent en place à deux, pour moi, on peut faire tout ce qu’on veut. Moi, ce qui me choque, c’est pas ce que tu lui fais, c’est que c’est toi qui prends tout pour toi.

[…]

Haha, bon, allez, j’en rajoute, mais merde, c’est pas compliqué quoi. Enfin, bon, changeons de sujet.
Ouais, je crois qu’il vaut mieux.

[...]

Tu es lesbienne à combien de pourcent ?
Zéro pourcent. Et toi, t’es pédé à combien de pourcent ?

Cinq… Dix pour pas faire coincé.
Allez, t’as déjà couché avec des mecs ?

Non.
Ah, tu me rassures.

Ça te rassure ?
Héééé, mais ça va pas avec des questions comme ça ? Haha ! Non, mais je ne t’aurais pas vu coucher avec un autre mec, c’est tout.

Ton mec il l’est à combien ?
Homo ? Lui, c’est 200% hétéro.

Il doit bien être tenté par des pratiques homos, non ?
Non, ça, y’a pas de doute.

Avec toi, je veux dire. Le… si tu vois ce que je veux dire.
Ah ! Pfffft, haha ! Oui, ben bon, voilà.

Et toi, ça te plaît ?
Non, en fait moi, je pense à mon éducation et comme je suis attachée, je subis tout comme une enfant de chœur…

Haha ! Bon, OK, tu vois, c’est toi qui reviens là-dessus.
Non mais je te dis tout de suite, parce que je vois venir les question après, avec les chiens, les chats, c’est non, avec les vieux et les morts non plus. Dans la boue, non. Quoi d’autres encore ? Haha.

Haha, bon, je suis sûr que ça va rien donner, je crois que je n’ai jamais été aussi nul, faudra pas m’en vouloir. C’est de ma faute, tu parles trop, j’aurais dû t’attacher et te bâillonner.
Moi ?

[…]

18 juin 2006

Interview sexe : Pierrette

Vous vous souvenez des règles de cette série d’interviews ? Sachez que, pour une raison que j’ignore, un détail de la discussion liminaire a induit quelque tension dans l’entretien. Pas désagréable du tout, au demeurant, car –et je suis bien triste que cela ne soit pas reproductible dans cette transcription– sur le visage de Pierrette se déployait, à intervalles réguliers, un grand oiseau de pulpe rose, apaisant comme le matin quand le matin vous sourit.

Cette métaphore tricotée à la main en poil de cul de planche de chiotte de gare, est profilée pour vous gratouiller l’esprit tout au long de la lecture de cet entretien. Souvenez-vous donc, qu’après chaque phrase ou presque, Pierrette sourit large et doux et qu’elle est belle à se chier dans les chaussettes (vous, pas elle).

Houlà, la gaffe. 22 ? Bon, ben tu as l’air plus mûre que 22 on va dire. Ça rattrape ?
Non, hein, j’ai 26 ans, mais fallait dire 22.

Plus mûre que 26, aussi.
Bon, je ne dis pas mon âge, c’est tout.

Tu baises uniquement avec capote ?
Oui en théorie.

Et en pratique ?
Beeeeeeen…

Quand c’est sans, ça se discute ou bien c’est dans le feu de l’action ?
Non, je discute. Je lui demande s’il a fait un test récemment, s’il a baisé sans capote depuis le test.

Donc si le mec a fait un test mais qu’il a baisé sans capote depuis, c’est non ?
C’est non en théorie.

Et en pratique ?
Beeeeeeen… Hahhaha, hem !

Ton dernier test, c’était quand ?
Y’a trois, quatre mois, je crois.

Et la dernière fois que tu as baisé sans capote ?
Oh, dis, ça va. J’ai pas envie de stresser.

Tu te masturbes souvent ?
Souvent quand je suis amoureuse.

Raconte…
Haha, quand je suis amoureuse, ça me… haaan !

Et ?
Et ça fait du bien, quoi, normal.

C’est où que tu as fait l’amour la première fois ?
Chez ma tante.

C’était comment ?
Comment c’est chez ma tante ?

Non, la première fois…
Oui, ben j’avais compris. Ben, ça va, ça picote tout chaud mais ça va. C’est juste un peu… sec. C’était avec son locataire d’en-dessous.

Et pourquoi chez ta tante ?
Non, chez lui, mais c’est chez elle, la propriétaire…

Avec ou sans jouissance ?
Je ne sais plus. De toute façon ce n’est pas…

«…ce n’est pas le plus important. Nous les filles, on ne se focalise pas là-dessus»
Ben quoi…

Non, je voulais te provoquer, mais ça n’a pas marché.
Me provoquer sur quoi ?

Sur le côté «Je ne jouis pas, mais j’ai quand même du plaisir».
Ah… bon !

Bon, un coup dans l’eau. Tu as combien de positions pour te masturber ?
Une seule.

Tu me la décris ?
Tu veux ?

Si tu veux… Mais avec plein de détails alors.
Haha… Bon… Ben… il me faut ma couverture. Je fais une grosse boule avec et je me couche dessus…

Sur le d… ? Ah, non, sur le ventre !
Oui, comme ça.

Un peu comme pour une levrette.
Non, simplement couchée sur le ventre, avec mon bon p’tit cul qui remonte un peu à cause de la couverture. Et je reprends toujours un bout de la couverture pour me couvrir les fesses.

OK, je visualise. Cambrée ?
Oui, quand même.

Et tes mains ?
Les bras le long du corps, comme ça.

Et les mains ?
Ben… [elle fait le geste de poigner].

Tu poignes dans quoi ?
La couverture hein, pas moi. Je ne me ferais pas ça [repoigne] aussi fort. Non. Je fais plutôt… Ben… Ben, j’ai jamais parlé de ça et je crois que je suis un peu gênée. Pas gênant, je ne sais pas quoi.

Oh, une vierge de la confession. Tu vas voir, je vais y aller doucement, ça picotera pas tout chaud, comme tu dis. Y’aura pas de sang.
Haha, non mais bon. Et puis c’est enregistré, c’est pas… tu vois ?

Bon, je continue. Si tu dis «je passe», je change de sujet, ça va ?
D’accord, merci.

Bon, alors tu fais quoi avec tes mains ? Tu poignes dans la couverture et tu fais quoi ?
Je fais deux boudins et je fais comme ça, je masse.

Tu masses comment ?
Ben j’ai ce côté-là comme ça. Donc j’enroule un peu la couverture et je rapproche mes deux mains.

De quoi ?
De quoi ? Ben de quoi… d’elles-mêmes, quoi ! L’une de l’autre.

Et ta chatte dans tout ça ?
Ben, ma chatte… euh… comme tu dis…

…comment tu dis, toi ?
Non, rien, comme ça, mais c’est un mot que je ne prononce jamais.

Tu vas voir, on va y arriver. Donc jusqu’ici tu passes ton temps à t’essuyer les mains dans ta couverture. OK. Et tu allais me dire qu’à un moment tu sors un gros gode triphasé qui est branché sur le pylône…
Hihihihi. Non, c’est ça l’astuce : je fais aller mes mains comme ça et ça me prend un peu ici.

Tout près du clito, ou bien large ?
Large, large. C’est vraiment ici.

Ben mets les, parce que comme ça, je ne sais pas si c’est en haut, en bas…
Ben, donc normalement, je suis sur le ventre et ça fait comme ça.

Ah, oui. Marrant. Comme les trucs pour le drainage lymphatique, là. Tu vois ce que je veux dire ? Un truc de télé-achat avec deux rouleaux qui te pincent la peau.

Tu regardes pas le télé-achat, c’est ça ?
Pffffft, hahaha.

Quoi ?
Non, rien. Hahahaha.

Tu as fait la danse classique ?
Non, pourquoi ?

C’est tes pieds, ta manière de les poser. C’est quoi tes fantasmes ?
J’en sais rien… Ben c’est vrai.

T’as pas de fantasme ?
Si, je crois, mais c’est des trucs que je ne saurais pas exprimer, c’est trop compliqué.

C’est quoi que tu ne saurais pas exprimer ?
Putain, justement…

Quoi, c’est trop cochon ? C’est trop comp…
Non, c’est pas cochon. C’est parce que je ne sais pas comment j’y pense. Je ne sais même pas si on peut appeler ça des fantasmes.

Bon, trouve les mots.
Ah la la, attends… Non, je ne sais pas, je ne sais pas.

Je peux essayer de poser des questions pour que tu trouves un moyen de me le dire ?
Ouuuuais ? Quoi, pas de l’hypnose, hein ? Hahaha…

Non, je vais juste repartir de plus loin. C’est quoi pour toi un fantasme ?
Et ben voilà, attends. Les gens qui ont des fantasmes, ils savent dire : je veux faire ceci ou ça avec, je sais pas moi, un acteur, dans tel endroit, avec plein de gens autour ou sous un cocotier. Moi, c’est pas des histoires. Je ne sais pas comment je ressens, mais c’est pas… c’est pas un truc de pensée.

Hé, intéressant… C’est pas un truc de pensée ?
Non. Je ressens quelque chose, je ne sais pas où, je ne sais pas comment et ça m’aide à aller plus loin.

Vers quoi ?
Je ne sais pas. La jouissance ? Je ne sais pas.

Donc le fantasme, enfin, toi, tes fantasmes, c’est du ressenti, pour aller plus loin, pour jouir…
[acquiesce avec l’air de dire que ce n’est pas exactement ça mais qu’on ne dira rien de mieux aujourd’hui]

Mais le fantasme, tu le ressens quand tu es dans le feu de l’action ou bien ça peut arriver quand tu rêvasses toute seule sur une chaise ?
Oui, non, dans l’action. Uniquement dans l’action.

Mais le… Plutôt… Laisse moi réfléchir. Tu choisis de fantasmer, ou bien ça te tombe dessus ?
Ben, je ne sais pas. Bon quand je fais… enfin, la chose avec ma couverture, hein, tu… Bon, et ben, là, ça va. J’appelle l’état de fantasme et il vient, si tu veux. Quand c’est à deux c’est plus compliqué. Il y a des mecs qui me font des choses qui m’empêchent de me mettre dans cet état là.

Qu’est-ce qu’ils font ?
C’est pas technique ou quoi. Non. C’est comment l’ambiance se met, au moment où on commence. Des fois ça part bien dès le début. Même s’il s’y prend comme un manche, je peux me mettre à fantasmer.

Le fantasme, ce serait pas un état d’abandon, de laisser-aller, pour toi ?
Oui, c’est quéqu’chose comme ça. C’est se dépouiller, chaque fois un peu plus, se dire que la prochaine respiration, tu seras un peu plus loin. Oui, un truc comme ça.

C’est quoi l’orgasme, pour toi ?
Putain, ça aussi, c’est compliqué.

Et bien, commence par me dire ce que c’est l’orgasme d’un mec.
Ben vous, c’est simple. L’orgasme, c’est aller chercher l’excitation et paf. C’est super visuel chez vous. Il suffit de voir pour être excité. Et puis quand vous jouissez, ça se voit.

Et vous ?
Ben moi en tout cas, c’est pas pareil. Il suffit pas de chercher l’excitation. Non, on peut la faire monter. Enfin, on doit la faire monter en nous, mais ça suffit pas. Faut encore déclancher quelque chose en plus. On peut monter… On… Moi je peux être super super super loin dans l’excitation et pas arriver à la jouissance.

Et tu peux aller pas très loin dans l’excitation et jouir quand même ?
Ouais. Pas… Faut quand même un peu, hein, quand même, mais la jouissance peut venir avec un petite excitation et aussi bien ne pas venir avec une grosse excitation. Enfin, pour moi. Je dis pas.

Et le fantasme, il intervient quand tu décides de ne plus aller plus loin dans l’excitation et de commencer à chercher la jouissance ?
Je ne sais pas si c’est ça. C’est un peu… je sais pas. Moi je vois plutôt ça comme… Tu vois, c’est un peu comme quand tu fais un saut périlleux. Y’a un moment, tu montes, tu montes, puis il faut décider de faire la vrille au bon moment pour retomber au bon endroit.

Et l’orgasme, c’est le bon endroit ?
Ouais. Non. Non, c’est un peu le tout. Dès le moment où je décide de chercher la jouissance, si c’est le bon moment, c’est que ça commence déjà. C’est pour ça, ça peut être long la jouissance. Pas seulement le moment où ça y est, c’est aussi avant. Quand tu sens que tout va bien, que tu n’as pas à te faire de stress. Oui, c’est déjà un niveau supérieur par rapport à «Je suis toute excitée».

Combien tu as déjà eu d’orgasmes en une seule soirée ? Ton record…
Quatre je crois…

Et com…
… mais jamais à deux. A deux, ça me suffit d’un. Je suis pas… Je ne fais pas des records, je préfère que ce soit intense.

Pas abuser des bonnes choses ?
Non, mais c’est pas la même chose. Toute seule, c’est plus… C’est plus pour toi. A la rigueur, tu t’en fous un peu. A deux, je ne fais pas ça comme un jeu. Si, c’est aussi un jeu, c’est pas ça, mais je ne sais pas, à deux, ça a un sens, c’est plus un aboutissement, un truc à partager.

L’amour, c’est nécessaire ?
Pour faire l’amour ?

Oui.
Honnêtement, tu connais des filles qui savent faire l’amour sans être amoureuse ? A part des putes.

Euh, oui, mais je sens que c’est la question pour s’enliser. Je peux changer de sujet ?
Ben, c’est toi le chef.

Tiens, quand on fait l’amour, il y en a un qui est le chef ?
Ben, a priori, non.

Et a posteriori ?
Non, c’est mieux quand c’est 50-50. Si tu dois tout mener, c’est pas marrant. Il faut trouver l’équilibre, que ça soit un échange.

Tu as déjà simulé ?
Jamais. Alors là, jamais.

Hé, je suis pas ton mec, tu peux…
Mais non, je fais pas… Simuler pour quoi faire ? Je préfère discuter, ou bien juste passer un moment câlin mais… Non, jamais.

Tu as eu beaucoup de mecs ?
Non, je suis difficile et je prends mon temps.

Genre ?
Euh… (fait non de la tête).

Passe ?
Oui, j’aime pas. Compter ça, c’est vulgaire.

Oh, pardon. Tu m’excuses ?
Ca va, c’est pas toi, c’est moi.

Quand tu fais l’amour avec quelqu’un, tu t’aides un peu ?
Ça dépend.

De…
Ben si c’est… Si c’est rapide ou pas.

Je ne suis pas…
Si c’est… [elle tape énergiquement sa paume sur le rebords de la table]… là, oui.

Quand ça claque, quoi.
Haha, oui.

Et sinon, pas besoin ?
Non, quand c’est doux, je peux toujours trouver une position qui me va.

C’est quoi, tes positions préférées ?
Hmmm, j’aime bien quand je suis dessus. Couchée dessus, les mains qui me tiennent bien à la taille.

Ça t’arrive, pendant que tu fais l’amour, de t’arrêter, de sucer ton mec, puis de recommencer ?
[Fait non de la tête avec une mine ahurie]

Y’a co…
De toute façon, j’aime pas faire des pipes. Je ne fais ça que si le mec a une panne. Et si ça lui va pas, il peut aller se faire voir.

Wow ! Haha !
Ben oui. Je sais bien, mais voilà, j’aime pas, je vais pas me forcer pour être à la mode. Et puis ça oblige à avoir d’autres atouts.

Ma question suivante, vas-y…
Alors, mademoiselle, quels sont vos atouts, je vous prie. Alors mes atouts, monsieur, c’est que je fais tout le reste mieux que tout le monde. Hahaha.

Hahaha…
Mes atouts, pfff… Je passe.

Merde. Je peux pas savoir ?
Non, je dis ça comme ça. Puis tous les mecs sont pas obsédés par ça. Y’en a aussi des normaux qui aiment faire l’amour à deux, sans forcer l’autre à faire des trucs qu’elle veut pas faire.

T’es pas une emmerdeuse, au lit, quand même ?
Non. Je crois pas. On me l’a jamais dit. Mais toi, tu crois que tout le monde fait des trucs comme ça, parler de sexe avec des gens ? C’est pas… Je suppose que t’es un tordu, toi, de ce côté-là.

Tordu, c’est quoi ?
Si, hein, je parie que oui.

N’empêche que tu réponds, ceci dit. Et que tu as dit oui.
Quoi oui ?

Et ben, oui pour répondre à mes questions.
Moi, c’était juste pour voir, mais n’empêche, toi…

Bon, Ok, je suis tordu. J’allais te raconter ma vie sexuelle, mais puisque tu ne veux rien savoir…
Oh, oh, oh, ça, tu fais bien, je risquerais de partir…

Bon, ben je vais couper alors, ça te va ?
Moi c’est bon.

10 février 2006

Interview sexe : Stéphanie

Une heure, montre en main, pour la faire revenir sur son oui initial ! Sachez en outre qu’à l’instant de commencer l’interview, nous avons changé deux fois de lieu et parlé plus d’une heure. J’ai oublié de lui demander son âge. Au pif, 25 ans, mais j’ai un pif qui a tendance à viser bas. Maximum 28. Elle a une soeur jumelle.

Quelle est la plus grosse cochonnerie que tu as déjà faite avec ta sœur ?
La laisser me faire des choses avec sa langue.

Euh…
Si. Il y a longtemps mais oui.

Allez !
Oui, mais je te dis, c’est quand on était petites, juste pour…

Ça t’a fait quoi ?
Rien, ce n’était pas pour aller jusqu’au bout, juste pour voir.

Et tu as vu quoi ?
Mais rien. C’était un jeu, un peu comme… On ne savait pas.

Vous aviez quel âge ?
Treize ans.

La première fois qu’un mec te l’a fait jusqu’au bout, tu as repensé à ta sœur ?
La première fois, c’était une fille.

Tu es lesbienne ?
Non, pas trop. Des deux, c’est moi la moins lesbienne.

Tu as déjà fait l’amour en présence de ta sœur ?
Non, ça lui ferait trop plaisir.

Pourquoi ?
Non, je dis ça, c’est pour la provoquer mais comme elle n’est pas là, ça ne peut mal.

Il n’y a pas une part de vrai quand même ?
Ooorf ! Ouais, moyennement. Elle aime bien tout savoir sur moi et elle voudrait bien que moi aussi, mais je suis moins dépendante d’elle, qu’elle de moi.

Combien de mecs t’ont déjà proposé de faire venir ta sœur pour une partie à trois ?
C’est plutôt dans l’autre sens : combien qui n’y pensent pas. C’est justement un critère dès le départ. Le mec qui regarde trop ma sœur, c’est tout de suite pas mon genre.

Quel goût a ta cyprine ?
Ma cyprine ? Quel goût ? Je ne sais pas. J’en ai déjà peut-être goûté mais c’est plus par hasard, je ne goûte pas pour goûter, je ne recommence pas.

C’est mieux le jus des mecs ou ton jus ?
Ben, les mecs c’est plus consistant… Avant ou après, tu veux dire ?

Disons les deux…
Avant, ça va, c’est un liquide un peu sans goût, comme de la gélatine crue là, tu vois ? Tu goûtes que c’est pas comme ta salive mais tu ne sais pas quoi.

Et le foutre ?
Quoi déjà ?

Quel goût ça a ?
C’est aussi comme de la gélatine mais plus comme de l’œuf de poisson.

Tu grimaces pourquoi, là ?
Bah !

Il y a d’autres choses dans le sexe que tu fais sans aimer ?
Pas aimer vraiment, non. Ou alors c’est non. Mais des trucs que j’aime pas… Attends, je m’embrouille. T’as compris ce que je veux dire ?

Oui, tant que tu ne détestes pas activement, ça va…
Oui, voilà.

C’est quoi que tu détestes ?
Les mecs vulgaires. Les gros mots. Les trucs sado-maso. Tout ce qui fait mal.

Genre le petit trou aussi ?
Non, ça, ça va.

Ça ne fait pas mal ?
Si. Mais c’est encore un truc normal, ça va. Ce n’est pas non plus toujours mal, que ça fait.

Et ça fait du bien quand même ?
Ouais. C’est marrant quand c’est doux.

L’orgasme est possible par là ?
De moi ? Parce que du mec, oui, houlala, haha !

Oui, de toi.
Jouir comme ça, non, je ne saurais pas. Mais ça peut rentrer dans des préliminaires. Comme ça, ça va.

Tu préfères qu’on te prépare le petit trou avec le doigt ou avec la langue ?
Les deux, ça peut aller.

Tu préfères la salive ou le KY ?
On m’a déjà dit que c’était ce qui valait mieux pour ça, mais j’en ai jamais eu. Non, le Durex ça va aussi. En fait, le mieux, je trouve que c’est la vaseline mais c’est pour quand on a fait un test, on ne peut pas l’utiliser avec les préservatifs.

Tiens, tu lis les notices jusqu’au bout toi…
Ça va, on nous chose assez avec ça depuis assez longtemps.

Tu as remarqué que tu trembles un peu quand tu parles ?
Pfff, fait froid.

T’as froid ?
Oui, fait pas chaud.

Moi, je dis que c’est de parler de sexe qui te fait trembler…
Non, hé, ça va, je sais parler de sexe sans rougir.

C’est deux trucs différents. Tu rougis si t’es pas à l’aise. Mais moi quand je tremble des côtes, c’est toujours sur des sujets intimes, ça me rend fébrile. Pas toi ?
Mais non ! Mais enfin, tu ne trouves pas que ça caille ?

Si, mais avant qu’on parle de sexe tu ne tremblais pas comme ça.

Je ne continue pas tant que tu n’avoues pas.
Quééén mec, ti, çui-là ! C’est nin possîb ! J’ai froid, j’ai froid ! J’vais pas…

Comme tu veux !
Bon, oui !Ça te va comme ça ? Quééén mec !

[…]

Oui, je veux que tu me décrives cette sensation de tremblement.
Et Alleeeez !

Je te jure que je trouve ce tremblement merveilleux. Moi aussi, ça m’arrive tout le temps quand je parle de trucs intimes. C’est juste pour que tu m’expliques d’où ça vient, comment tu le vis. Allez, je peux poser des questions ?
Oui.

Il y a quelque chose de l’ordre du vertige ?
Hmmm… Oui, un peu.

Du froid ?
Oui, à fond.

Du chaud ?
Oui. Pas beaucoup mais un peu.

Du froid en surface et du chaud dedans ?
Ouais.

Tu sais que cela te dilate les pupilles ?
J’ai les pupilles dilatées ?

Oui et les yeux plus fixes qu’avant de commencer.
Ah bon.

Ça t’excite ?
Euh…

Intellectuellement, je veux dire. Tu n’as pas l’impression que ça te rend les idées plus rapides ?
Hmmm… Si. Si.

Et sexuellement, ça ne te met pas un peu en alerte ?
Tu veux savoir si tu m’excites ?

Non, je veux savoir si parler de sexe, toi, t’excite.
Ben souvent, oui. Là maintenant, je ne sais pas, j’ai surtout l’impression de perdre la boule, ça va trop vite.

Avec ta sœur, ça a été la compète pour perdre ta virginité ?
Non. Peut-être un peu pour elle, mais pour moi, non.

C’est toi qui as gagné ?
Tadammmm !

Il faudrait le sein gauche de qui et le sein droit de qui pour faire la paire parfaite à vous deux ?
Hahaha !

Quoi ?
Hahaha !

Quoi ?
Tu as un jumeau ?

Non, non…
On l’a déjà fait, on compare les jambes, les cheveux, haha.

Et alors, quels seins ?
Ben ce serait les deux de ma sœur, mais mes fesses et mes jambes à moi.

Sont pas bien tes seins ?
C’est pas moi qui peux le dire. Mais objectivement, ceux de ma sœur sont vraiment…(elle mime le OK des plongeurs en faisant une tête de Texan, voyez le genre ?)

Et tes fesses, elles sont comment ?
Ben…

Tu me le montres ?
D’habitude je mets un string mais là il faisait trop caillant [Elle se lève et fait lentement un tour sur elle-même].

Ah oui. Très joli p’tit cul… ça va c’est pas trop vulgaire, «p’tit cul»?
Ouééé, t’es un gros vulgaire… Haha.

Elles sont fermes ?
Je fais 20 minutes de steps tous les jours mais je ne sais pas ce qui leur faut.

Tous les jours, tous les jours ?
Oui, je suis plus régulière que pour ma pilule.

Tu as un mec ?
Oui.

Il baise bien ?
Je ne sais pas ce qu’il dirait si tu lui posais la question pour moi. Peut-être que je ne fais pas ça bien non plus.

Il te fait jouir ?
Si je l’aide un peu, oui.

Tu l’aimes ?
Il me plaît bien mais au début, je suis toujours un peu hûûû (elle mime une sorte de zombie mongolien sous camisole chimique).

Ça pourrait être l’amour de ta vie ?
Je ne veux surtout pas de ça.

Tu as déjà trompé un mec ?
Jamais. Je ne dois pas me forcer, je n’ai jamais pu être attirée par quelqu’un d’autre quand je suis avec quelqu’un. C’est… je ne sais pas, y’a pas la place, je ne saurais pas, ça se ferme.

[…]

Penche-toi un peu vers moi.
Quoi…

…(je montre avec mon menton son –très, très– large col roulé)
Quoi, ça ?

Ben ouvre…
Pfff. Ça va ?

Pas de soutien-gorge ?
C’est un top, mais ça maintient comme un soutien-gorge de sport.

Ils sont magnifiques tes seins, qu’est-ce que tu me racontes ?
Ha, merci.

Recommence un peu, tu me les montres un peu ?
(elle se penche à nouveau, retrousse le bras droit vers l’intérieur de son pull et entrebaille très (trop !) légèrement son top).

Bon, je sens que je vais droit vers l’infar. Et sinon, le trou dans la couche d’ozone ?
Hihihi. Tu vas rougir.

Mais non, j’essaie jstdgmbl.
Hahahaha !

Merde ! Je bafouille, c’est la meilleure. Bon, je suis fait, appelez les pompiers.
Hahahaha, je suis bien contente, tiens !

[…]

Tu te masturbes en lisant quoi ?
Même des polars, pas nécessairement des livres érotiques. D’ailleurs je n’en ai pas. Non, n’importe quel livre, ce n’est pas en rapport avec le contenu. Quand je suis en état de lire, je suis aussi en état de «le» faire.

Purée si ça marchait dans l’autre sens, moi, j’aurais épuisé les Chiroux depuis longtemps.
Quoi, tu te masturbes souvent ?

[…je lui raconte, mais c’est vraiment trop pénible à retaper : en gros tout ce que je lui dis, je l’ai déjà dit en long et en large sur ce blog, puis la conversation se dilue un peu en eau de boudin, je vous l’épargne…]

20 décembre 2005

Interview sexe : Rigoberta

Bon, pour la structuration de l’interview, oubliez. Je crois que je n’en aurai jamais le cœur. Ce coup-ci, ce fut encore au pif et je crois que c’est comme ça que je préfère le faire.
J’ai sauté sur elle en haut de l’escalator. Au rez-de-chaussée, nous causions déjà de la baise dans les lieux publics. L’enregistrement commence après 10 petites minutes de conversation. “Rigoberta”, cherchez pas, c’est sur un détail physique que je n’ai pas le droit d’expliquer.
Rigoberta a 26 ans et une stature longiligne ponctuée d’une poitrine tout en aplomb. Son visage respire l’intelligence et la vivacité d’esprit selon des critères qui me sont propres. Lorsqu’elle parle, l’espace entre ses commissures passe du simple au double… une gymnastique particulièrement attachante.

Voilà, tu disais…
Ben c’est complètement ça, quoi. On se reconnaît entre nous. Quand on s’accepte comme on est jusqu’au bout, il y’a quelque chose qui se marque quelque part en nous… Et ceux qui le remarquent, comme par hasard, c’est ceux qui l’ont aussi. Allez, regarde comment on se parle. T’aurais eu rien qu’un doute, que je parte en criant au violeur, tu ne m’aurais jamais demandé [imitant ma manière de parler] «Tiens, voilà une fille, je vais lui demander : bonjour Mademoiselle, vous me payez un verre, vous me racontez vos phantasmes, et comme ça, ce soir, je vais pouvoir me… gnn-gnn … en réécoutant»

Ah zut, je l’ai dit ça, que je me branlais après ? Je suis démasqué alors, haha !
Non, mais allez, ça tient à quoi, pour toi ?

Oui, je crois qu’il y a quelque chose d’objectif, un signe concret. Le seul truc raisonnable que je peux imaginer, c’est un message transmis par phéromones. Des petites parcelles d’images mentales, composées avec un code chimique simple. C’est pas un truc qu’on a en plus que les autres. C’est comme pour la musique : tout le monde y est plus ou moins sensible mais certains sont plus réceptifs à la musiques classique et d’autres au blues. C’est pareil : certains captent plus les phéromones qui informent sur l’état sexuel de l’autre. Pour d’autres, ce sera… je ne sais pas moi… genre l’état de santé, l’humeur…
Une intuition, quoi…

Intuition… oui et non. Plutôt un élément qui génère, enfin, qui alimente l’intuition, qui l’oriente, une sorte de rappel d’un langage archaïque. Un truc qui nous annonce, quelques mètres à la ronde, pour préparer les rencontres. Bon, je commence l’interiew. Quand as-tu découvert ton clitoris ?
Ouf ti, depuis que je suis née. En tout cas, depuis que je sais parler. Je disais : «Mon kiri» et c’était mon clitoris, c’est vrai, je sais bien que c’est spéc’. J’ai jamais dit zizi-zézette. Chez nous on disait pénis, vagin, clitoris, cunnilingus… l’encyclopédie médicale, quoi.

Comment est-ce devenu un organe de plaisir ?
Ce l’est depuis toujours. Je me suis toujours penchée dessus, c’est pour ça que je suis si souple, hahaha.

Il n’y a pas eu un moment où tu as senti que ton clitoris devenait plus mûr ? Qu’il acceptait de plus en plus de traitements ?
Si, c’est pareil pour tout. Quand tu es petit, tu n’aimes pas l’alcool, tu n’aimes pas les chicons, tu n’aimes rien. Après, tu découvres les choses les unes après les autres.

Jamais d’affolement autour de ton clitoris, donc.
Tu veux dire quoi ?

Il n’y a pas une période, à l’adolescence par exemple, où tu as senti une accélération dans la découverte des sensations de ton clitoris ?
Ouais, si. Mais surtout, à l’adolescence, c’est l’obsession. Je ne pensais qu’à ça. Je voulais baiser avec tout le monde, tout le monde. Mais j’ai pas découvert plus de trucs sur mon clitoris. Ça me prenait que je baise avec un garçon sans me demander si c’était pour le sexe ou pour prendre mon pied… S’il y avait moyen, je baisais. Je voulais baiser, je baisais.

Le désir n’était pas lié au plaisir ?
Ce n’était pas un but. Le plaisir, il y avait des hauts et des bas, mais c’était pas pour jouir que je faisais l’amour. Le but, c’était de faire l’amour. Enfin, pas le but, l’envie.

Et maintenant ?
Oui, je dis «c’était», mais j’ai toujours fonctionné comme ça, encore maintenant.

Une bite, ça t’inspire quoi ?
Une belle queue, c’est une œuvre d’art. Vous avez une chance pas possible de pouvoir vous balader avec ça entre les jambes. Si j’en avais une, je ne saurais pas me tenir. On m’aurait demandé mon avis, moi, c’était garçon. Ah oui, je serais un mec avec une belle grosse queue, c’est sûr.

C’est vrai que tu as un petit air discret de garçon manqué, mine de rien.
Oui, c’est pas la première fois qu’on me dit ça. Pourtant…

Ben, oui, tes seins… C’est un sujet difficile à éviter, si j’ose dire. Alors ?
Alors quoi ?

Quelle tête ils font les mecs quand tu enlèves ton soutien-gorge ?
Je ne te les montre pas, hein ? Le plus…

Pas si tu n’y tiens pas…
C’est pas ça, mais nenni…

Attends, on ne va pas parler dans le vague, si ?
Mais non, mais si, de toute façon, il faudrait que je retire plein de trucs, j’ai plein de couches, là, ça le fait pas.

Bon, je ne savais pas qu’on monterait si haut dans l’abstraction, j’avais pas prévu, hahaha ! Alors, ces veinards, quelle tête ils font ?
On m’a déjà dit plusieurs fois que c’étaient les plus beaux qu’ils avaient jamais vus. Enfin, c’est pas pour me vanter, mais ils sont beaux. J’ai déjà posé et tout. Ouais !

Vraiment ? Je ne sais pas, je veux bien te croire mais j’ai un peu du mal à imaginer…
Hahaha, il faudra me supplier à genoux pour que je te les montre.

De toute façon, c’est trop tard, je ne veux plus les voir.
Tsss. Je t’enverrai une photo, si tu veux ? Tu veux ?

Moi ? Attends, c’est si toi tu veux… Moi, c’est tout juste si je ne m’en fiche pas complètement de tes seins, en fait.
Ah oui !

Genre si tu n’envoies pas la photo, je zigouille tout ton entourage dans l’ordre alphabétique…
Hahaha ! Bon, allez, pose-moi une question intelligente sur mes seins.

Une question intelligente ? Est-ce que le fait d’avoir –apparemment et en attendant un constat officiel– de très beaux seins n’incite pas tes amants à te sauter dessus et à ne plus s’occuper que d’eux ? Ou trop vite ?
THE question qui tue. Si. Il n’y en a pas beaucoup qui savent attendre le bon moment pour s’occuper des seins. Il y en a, tu as à peine accepté un baiser qu’ils sont déjà en train de te pincer le bout du sein, ça va pas.

Tu n’aimes pas qu’on te pince le bout des seins ?
Fort, non, en tout cas. Un petit peu, ça va, mais il faut respecter les étapes, sinon, tu as juste un gars qui te pince le bout du sein, quoi, tu vois ? Et tu te demandes pourquoi il fait ça, si c’est parce qu’il a envie de te faire mal, ou si c’est parce qu’il croit que ça te fait du bien ou je ne sais quoi.

Il faut quoi, pour que cela fasse du bien ?
Ce n’est jamais un truc vraiment «ouaaah !»… Parfois, ça accompagne juste une émotion que tu es en train de vivre à deux. C’est un bon moyen pour le mec de savoir si on est dans le même trip s’il a envie ce ça soit plus… au taquet.

Quelle est ta zone érogène la plus sensible, en dehors des classiques ?
Le bas du ventre et ici, les cuisses. Les fesses aussi et le cou. Et derrière les oreilles. Et les doigts de pieds, de ce côté-ci. Ma bouche aussi, ici autour.

Tu as eu beaucoup d’amants ?
J’ai plein, plein de choses à confesser, mon père. Je suis une fille de maintenant, quoi. Je veux avoir eu une vie avant de rentrer dans ce qu’on m’offrira.

Combien de tes amants ont négligé tes zones érogènes. Tes nombreuses zones érogènes ?
Ben, beaucoup quand même.

Plus de la moitié ?
Ouf ti, oui.

Combien t’ont demandé où tu aimais être caressée ?
Personne. Ça, on ne m’a jamais demandé.

Et tu aurais aimé le dire ?
Je ne chercherais pas à le dire pour le dire, mais si un mec est vraiment trop nul, je pourrais le dire s’il me le demandait.

Et pourquoi tu ne le dis pas toi-même ?
D’abord, tu ne sais pas tout de suite si un mec est nul. Puis la plupart du temps, ils se posent la question quand il est trop tard. S’ils se la posent, quoi !

Si c’est la majorité, peut-être que tu pourrais anticiper…
Tu te vois, toi, en train de dire à une nana «Ouais, je voudrais que tu me fasses une pipe comme ceci ou comme ça».

Peut-être pas comme ça, mais il y a moyen d’amener la chose discrètement…
Hahaha, non, moi, je ne pourrais pas. Si ça dure, oui, peut-être, mais le premier soir, tu te déshabilles et tu dis au mec «Moi, c’est ici, là, et puis là»… ciao, quoi !

Tu suces les yeux ouverts ou fermés ?
Moi, je ne suce pas, berk !

Sérieux ?
Nenni, hein. Haha, tu aurais vu ta tête…

Quoi ma tête ?
Tu t’es reculé : [imitant ma manière de parler] «Putain, c’est quoi cette folle ?».

Je ne me permettrais pas. Qu’est-ce qu’on disait ? Ouverts ou fermés, les yeux ?
Ouverts si le mec est bien réceptif, qu’il en remet un petit peu, là, tu vois… s’il se la joue un petit peu, ouaiiiiiiiis, ça, ça m’excite quand même de le regarder. Mais fermés… il faut que je réfléchisse. Si je ne regarde pas le mec, je crois qu’ils sont quand même un peu ouverts. Pas pour regarder ses poils ou quoi, mais je ne les ferme pas, quoi.

Tu n’as jamais su…
Ah si, attends, si, si, je les ferme. Il y a un moment où je les ferme. Quand je suce un mec pour la première fois et que je ne sais pas trop quand ça va venir… je les ferme quand je crois que ça va venir. Oui, je les ferme fort.

Ils le disent, les mecs que tu suces, quand ça va venir ?
Les étudiants, oui à 20 %, les ouvriers, non à 90%, hahaha ! Ouf ti, putain ! j’ai jamais répondu à des questions comme ça, tu me fais marrer.

Oui ou non ?
En général, oui, mon général.

Et pourquoi ils préviennent ?
Je suppose, pour ne pas me faire un coup comme ça, sans prévenir. Dans la bouche, j’aime pas trop. Ouais, pour faire plaisir, comme ça, mais c’est pas trop ma tasse de thé.

A ton avis, pourquoi est-ce qu’il savent qu’il vaut mieux prévenir pour ça alors qu’ils ne savent pas que tu as plein de zones érogènes.
C’est pas vrai, je crois que tout le monde le sait bien que les femmes ont plus de zones érogènes que les hommes.

Oui, mais ils ne les explorent pas, apparemment…
Ce n’est pas tout le monde, mais c’est vrai que ce n’est pas vite un réflexe. Le réflexe, c’est quand même les seins, les reins, les fesses, et puis…vas-y occupe-toi de moi, suce-moi, quoi.

Pourquoi, à ton avis ?
Ben, je ne sais pas. Pourquoi, pourquoi… tu le sais, toi ?

Je ne sais pas, mais j’ai des idées.
Quelles idées ?

Je me dis que la révolution sexuelle a conduit les femmes à assumer leur sexualité pour elles-mêmes, ce qui est un premier pas, mais il reste encore un stade d’expression et de visibilité à atteindre. C’est pas que c’est bon en soi que ça soit visible, mais comme l’érotsime pour les masses, c’est un érotisme fait par les hommes, pour les hommes, au moyen des femmes, la seule manière pour les femmes de diffuser les clefs de leur érotisme c’est de le proposer en concurrence avec celui des hommes, sur le même terrain : la pub, le cinéma, le porno, les bouquins, partout. Quand je te demandais tout à l’heure si tu parlais de tes zones érogènes aux mecs que tu rencontres, tu y as tout de suite pensé comme à une situation embarrassante. Je crois qu’il faut justement passer par là. Tu dis que tous les mecs le savent et tu vois qu’ils ne se branchent quand même que sur tes seins. Il doit y avoir un problème d’équilibre, de visibilité de tes attentes. Enfin, à toi… à toutes les femmes en général, je veux dire. Je suis sûr qu’il y a plein de mecs qui ne demandent que d’être de bons amants, mais pour cent fois où un ado entend «Oh, oui, suce ma bite bien profond», je ne sais pas combien de fois il entend «Oh oui, carresse-moi les cuisses, attarde-toi derrière mon oreille». Je crois vraiment que les femmes n’ont pas étendu leur révolution sexuelle à l’homme. Elles se sont arrêtées à elles-mêmes. Je trouve d’ailleurs que les lesbiennes font plus pour la visibilité de la sexualité féminine que les hétéros. C’est un domaine… si tu n’avances pas, tu recules. Je ne dis pas que les femmes doivent se répandre dans la pornographie, mais il y a d’autres espaces d’expression où elles pourraient gagner en consistance. Déjà, tous les témoignages à la con dans les magazines féminins, genre «Eté sexy : il veut me la mettre dans le cul, est ce que je vais avoir mal ?», c’est un truc qui mériterait la castration, si elles en avaient. Tout ce que j’ai lu dans ces magazines, c’était l’expression d’une sexualité vouée à la discrétion, genre «adaptons-nous pour faire le moins de vagues possible». Mais je ne sais plus pourquoi je raconte, ça, moi. Tu me posais une question ?
Oui, mais ce n’est pas grave. Je ne voulais pas t’énerver, hahaha.

Et t’es d’accord ou bien ce que je dis est complètement con ?
C’est pas con, mais pourquoi est-ce que la sexualité des femmes ne pourrait pas être effectivement quelque chose de discret ? Dans la nature des femmes, la sexualité peut très bien être aussi importante que celle des hommes sans que ça soit une raison de faire la une des journaux.

Je veux bien, mais il y a la nature des choses, ça, chacun s’en démerde à l’intérieur. Puis il y a son expression. Et c’est pas comme s’il n’y avait pas une expression de la sexualité féminine dans la société. Il y en a vraiment une, faite par les femmes elles-mêmes, mais je la trouve mal foutue, pas assez dense, pas ciblée sur les hommes ou pas assez quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Pas assez vraie, je crois.
Oui, mais tu comprends, c’est aussi dans la nature des hommes de croire que tout s’explique, qu’on peut mettre un mot sur tout, qu’il faut absolument dire les choses pour qu’elles existent.

Oui, c’est peut-être une question de temps alors, tu crois ? Que les hommes vont comprendre l’érotisme féminin à force, à tout petit feu ?
Ou peut-être que tout est bien comme ça. Qu’il comprennent ou pas, ça ne m’empêchera pas de prendre mon pied.

Explique-moi, quand tu jouis.
Tu veux que je t’explique quoi ?

Comment ça se passe… Comment tu aimes que ça se passe… Par exemple, est-ce qu’il y a un moment où tu sens qu’il est là, qu’il arrive et que tu ne pourras pas l’éviter ?
Ouaiiiiis, ça arrive ! C’est les grands jours ça…

Tu m’expliques ? Je veux des détails, des trucs vécus…
Ben je vais te raconter la dernière fois. Je l’avais bien-bien excité toute la matinée. Devant tout le monde, je me collais. Dans le train, partout. Dès qu’il y avait plein de gens collés à nous, je lui mettais la main, hop, sur le côté. Il me faisait des grands clins d’œil, mais il rougissait, j’adore. On devait retourner l’aprèm pour des trucs, ça je passe, toujours est-il qu’on a fini dans un local, à son étage, c’était un placard avec des fardes partout. On a juste enlevé le bas et on a baisé comme ça, debout, appuyés un peu sur les étagères, dans tous les sens. Il ne bandait pas très fort parce qu’il tremblait, mais ça allait, quoi, mais il a déjà bandé mieux que ça. Et ben, j’ai senti que ça lui prendrait du temps et que je pouvais vraiment me laisser faire, sans forcer. C’est vraiment venu comme quand on a allume la mèche d’une dynamite. C’est allumé, ça va exploser, t’as plus qu’à attendre.

Par rapport à un orgasme que tu t’arraches en te crispant complètement, c’est quoi la différence ?
Je ne suis pas crispée. Ça fait une belle différence.

L’orgasme est différent ?
Oui, c’est plus fort. Je prends mon pied plus en confiance, donc je peux vraiment me laisser baiser sans faire à ma manière.

C’est quoi ta manière ?
C’est moins… moins debout, hahaha. Je ne sais pas, moi. Je n’ai pas vraiment une manière. Je préfère quand c’est le mec qui me surprend. J’aime bien surprendre aussi, mais c’est toujours mieux de recevoir, quoi.

Tu peux me montrer un mouvement sexy que tu fais quand tu es assise sur un mec ?
Quand on fait l’amour ?

Ou alors quand tu épluches des patates…
Hahaha… Ben… comme ceci. Et regarde… Il y a ça aussi.

Joli…
Tu aimes ?

A fond, et ça tu sais le faire… genre ça…
Wow… Oui… comme ceci ?

Oui. Et comme ceci ?
Ouf ti, comment tu fais ça ? Remontre…

Ça ?
Oui. Ouf ti, c’est marrant. Comme tu rentres ton ventre. Comment tu fais ça ?

Tu appuies tes bras sur tes cuisses, tu tends, tu bloques le diaphragme et ça se creuse tout seul.
Ah ouais, comme ça.

Oui, et en fait, si tu es à genoux, ça creuse encore plus le ventre, en te penchant… c’est parce que là, on est assis. Et je te jure, quand tu fais ça à cheval sur un mec, sa bite suit le mouvement. On se sent vraiment aspiré par le haut, là. C’est divin.
Remontre encore une fois ? Et monte un peu ton pull.

Ah non, pas question, c’est le plus beau ventre du monde, j’ai plein d’épaisseurs, je t’enverrai une photo.
Hahaha, allez, montre… Ouf ti, j’adore ça, c’est vraiment terrible.

Une belle queue, pour toi, c’est circoncis ?
Circoncis, c’est pas laid, mais moi, j’aime bien jouer avec le prépuce. J’ai l’impression que c’est une partie un peu féminine chez vous, c’est un peu la même matière que nos lèvres. Mais la plus belle queue que j’ai vue, c’était quand même un arabe et il était circoncis.

Qu’est-ce qu’elle avait sa bite ?
Elle était bien rose jusqu’à la moitié et puis bronzée doré après. Et son gland ne faisait pas trop «champignon», je ne sentais pas le «clic» quand il pénétrait.

Merde, ça bipe. Vite, dernière question. Si la batterie coupe toute seule, je ne sais pas si elle garde le fichier.
Merde.

Dernière question, donc : tu as de quoi noter mon email ? Je veux la photo.
Ah, tiens, je croyais que c’est moi qui voulais. Alors ?

Bon, je coupe vite.

5 décembre 2005

Interview sexe : Emma

Ça faisait un moment que ça me trottait dans la tête : arrêter des femmes dans la rue, les isoler et les interviewer sur leur sexualité.
Voici la première entrevue. La retranscription de l’enregistrement est précise au mot près, à l’exception des élisions propres au langage parlé et de certains éléments trop précis supprimés à la demande de la personne. A sa demande également, j’ai retiré toutes les précisions de contexte (gestes, mimiques), ce qui me semble être un cap à tenir pour les interviews suivantes tant cela fluidifie la lecture.
Vous constaterez que je suis parti un peu dans tous les sens… En retranscrivant l’interview, j’ai pesté mille fois de n’avoir pas embrayé sur tel ou tel axe qui aurait donné un fil directeur à la conversation. Je tâcherai de m’en souvenir la prochaine fois.blockquote>

Comment je peux vous appeler pour cette interview ?
Je ne sais pas moi. Attendez… Je ne sais pas. Vous ne pouvez pas trouver un nom, vous ?

Vous préférez Gertrude ou Gwendoline ?
Non, c’est nul ça. Allez, Emma, comme […] Ça va, ça ?

Emma. Ok, Emma. Emma, vous avez quel âge ?
Quarante et un.

Hé, sérieux ?
Oui, je sais, mais non. J’ai quarante et un ans.

Vous êtes lesbienne ?
Ben non. Pourquoi ? J’ai l’air d’une lesbienne ?

Non, je ne crois pas. La première fois que vous avez vu un sexe masculin, c’était quand ?
Le tout premier ? Ça doit être celui de mon père ou de mon frère.

Quand est-ce que le sexe masculin vous a semblé devenir un organe érotique ?
Je ne sais pas moi… A quel âge est-ce qu’on sait ça ? 8 ans ? 9 ans ?

Et quand est-ce devenu érotique dans votre imaginaire…
Aaaah ! Pour moi ? Ça, c’est plus tard. Beaucoup, beaucoup plus tard. Il a fallu que j’en aie une en main, pour trouver ça beau. Ce qu’il y a, c’est qu’à l’époque, les rares sexes d’hommes que je voyais, c’étaient des sexes d’hommes mûrs. À la télé, hein. Je trouvais ça hideux, tout poilu, tout sombre… qui pendait complètement fripé.

Et quand est-ce que vous en avez eu une dans les mains ?
J’avais 21 ans.

Vous avez fait l’amour pour la première fois à 21 ans ?
Non, hein. J’ai couché ma première fois à 14 ans. Mais c’était… ça ne durait pas longtemps.

Sans plaisir ?
Sans jouir, mais pas sans plaisir. Et encore, jouir c’est vaste. M’enfin, je me posais des questions, quand même. Je devais faire quelque chose qui cloche. Mais je savais aussi que pour les garçons, il faut du temps pour apprendre.

Et la fois où vous en avez eu une en main ?
Et ben, j’avais 21 ans et c’était la première fois que je couchais avec un garçon plus jeune que moi. Il faisait très bien l’amour. Dès la première fois je savais qu’il y arriverait. Tout ce qui venait de lui me rendait heureuse. J’aimais bien tout, tout, chez lui. Tout ce qui venait de lui. Il me dorlotait…

Comment avez-vous joui avec lui, la première fois ?
Je ne sais plus, c’est venu petit à petit. C’était toujours mieux.

Et vous l’avez épousé…
Haha, oui, oui, oui, je l’ai épousé.

Et vous êtes toujours mariée…
Hé oui.

Combien de fois l’avez-vous trompé ?
Non. Je l’ai trompé mais ça, je préfère ne pas en parler.

6 fois ?
Oui, moins quand même. Deux ou trois fois mais je n’en suis pas fière.

Ça n’a pas marché ?
C’est plus compliqué que ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait sereinement en se disant que ce sera sans lendemain. C’est pas juste pour le sexe. J’avais besoin de revivre quelque chose, besoin d’autrement. C’était comme une pulsion plus forte que ma volonté et je m’en suis voulu, après.

Rien de marquant, sexuellement, lors de ces escapades ?
Non, rien. Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait et je préfère tout oublier.

Ça a produit quel effet dans votre couple ?
Beaucoup de souffrance. Je ne lui ai jamais rien dit mais il a beaucoup souffert. Il est très jaloux, il m’aurait prise pour une putain, je n’aurais pas tenu le coup, j’ai toujours tenu à lui. J’ai vu un psy à ce moment là, sinon, j’aurais tout détruit et je ne sais pas comment ça aurait fini, autrement.

Et sexuellement, ça a produit des effets ?
Oui, j’ai fini par accepter ses fantasmes. Je suis restée très classique pendant les premières années avec lui. Lui, il lui fallait plus de fun mais j’étais un peu beaucoup classique. À cause de cela on s’est déchirés. J’ai dû me forcer beaucoup pour entrer dans son univers et c’est à ce moment là que je suis allée voir ailleurs.

Et ailleurs, vous avez cherché vos propres fantasmes ?
Peut-être, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je n’ai rien trouvé de bien. Rien qui valait tout le mal que je lui ai fait.

Ça vous arrive quand vous vous endormez de repenser à la liste, dans l’ordre chronologique, de tous vos amoureux, depuis le début ?
Oui. Oui, je fais ça, vous aussi ? Ah c’est drôle, ça ! Oui, je fais ça.

Et vous faites des catégories aussi ? Ceux avec qui vous avez couché ou pas couché, ceux qui étaient beaux ou pas beaux, ceux qui…
Oui, oui. Ceux qui avaient de belles épaules, ceux qui embrassaient bien, ouiii…

Il y a une catégorie aussi pour ceux après votre mariage ?
Hmmm. Oui… aussi.

Quelle est la catégorie qui constitue le meilleur départ pour la masturbation ?
Je ne crois pas que je me masturbe comme ça. Laissez-moi réfléchir. Non, jamais comme ça.

Qu’est-ce qui constitue un bon départ pour la masturbation ?
Moi, ça vient quand je suis bien relax. Quand les enfants sont partis avec leur père et que je sais que je pourrai me regarder une cassette sans qu’on me dérange.

Porno ?
Non, jamais. Peu importe le film. C’est quand je suis allongée, au calme, avec une couverture sur moi. Surtout si on n’a pas fait l’amour depuis un moment.

Ça part d’une image mentale ou d’une sensation ?
Une sensation. C’est souvent en faisant un petit mouvement des cuisses que je sens qu’il y a un appel de ce côté-là. Et ça n’arrive que quand j’ai le temps de le faire sans stress, c’est cool hein ?

Vous commencez comment ?
Je me referme un peu sur le côté. Je pose mes mains sur mes genoux et je me frotte les cuisses l’une sur l’autre.

Comme ça ?
Oui, mais couchée sur le côté, évidemment. Les cuisses frottent plus et je les bouge comme ceci. Je ne mets pas ma tête en arrière, non plus, je la mets un peu comme ça. Il faut que je sente ma mâchoire contre mon épaule.

Et puis ?
Ben la plupart du temps, ça vient très vite.

Et quand ça prend plus de temps ?
Sinon, je glisse mes mains entre mes cuisses.

Les deux mains ?
Les deux ? Oui, les deux. Souvent. Souvent les deux au début puis une seule à la fin.

Avec les deux mains, vous faites quel mouvement ?
Attendez… faut pas qu’on puisse me voir… Comme ça. Un peu comme ça et un peu comme ça, en fait. Si on me voit, j’ai l’air maligne, moi.

Et quand c’est avec une main ?
Là… attendez, parce que c’est plus… attendez. Comme ça, vous avez vu ?

Euh, pas trop. Plutôt comme ça, ou plutôt comme ça ?
Non, comme ça.

Avec les doigts qui écartent la vulve ?
Pas vraiment écartée. Je serre les cuisses et y’a juste ces deux doigts-ci qui passent vraiment entre les lèvres.

Vous touchez votre clitoris ou bien vous le contournez ?
Je ne touche pas directement. Soit je fais des pressions un peu à travers tout mon pubis, comme ça, ou alors je passe un peu mes doigts entre mes lèvres et je vais me caresser tout autour.

Vos petites lèvres sont très sensibles ?
Oui. Mais j’aime quand même bien sentir la langue, tout doucement.

La pointe de la langue ou le plat ?
La pointe, tout doucement.

La pointe dure ou la pointe ramollie ?
Comment, ça ?

Ben, comme ceci ou comme ça ?
Ah… ramollie, je crois. Je ne me suis jamais posé la question.

Plusieurs hommes à la fois, ça vous branche ?
Oh, oh ! Oui. Deux hommes, moi. Mon mari et un homme noir, un africain. Ça, c’est oui tout de suite. Mais bon.

Et quand vous vous masturbez, vous pensez à ça parfois ?
Oui.

Le Noir, il est comment ?
Tout, tout, tout noir, ha ha ha ha ha ! Tout brillant, tout musclé, avec de longues jambes et des fesses bien rondes.

Vous imaginez plutôt la pénétration ou les caresses ?
Surtout des caresses. Mais aussi un peu de tout.

Qui vous pénètre en premier ? Votre mari ?
Oui.

Avec le sexe de qui jouissez-vous ? Celui du Noir ?
Quand je jouis, il n’y a plus personne. Il y a un moment où ce n’est plus du tout des fantasmes qui me passent dans la tête. Je ne pense plus à rien, je sens mon corps qui devient comme une plume.

Quelle est la différence entre l’orgasme en solo et l’orgasme avec votre mari ?
Toute seule, c’est plus léger. Il vient de partout, du bas de mes cuisses jusqu’aux épaules. Ici, je sens vraiment que je me détache et que toute cette zone ici, jusqu’à mes seins, s’élève… ça… je ne sais pas comment dire… ici, ça fait un peu comme ça, comme quand on n’arrive plus à respirer, mais c’est bon. Quand c’est en faisant l’amour, c’est plus dans la tête. C’est physique aussi, mais c’est plus dans la chaleur, dans la plénitude… j’aime bien me serrer à lui et qu’il me serre, ça me fait du bien, c’est là qu’il y a le plus d’amour. C’est vraiment de l’amour.

Vous aimez qu’on vous prenne brutalement ?
Non, je déteste ça.

Et vous l’acceptez dans quelles circonstances ?
Quand il est vraiment trop stressé. Sinon, quand je lui dis de faire doucement, il comprend quand même.

Et vous simulez ?
Parfois oui, parfois non.

Quand vous simulez, il le sait ?
Oh oui, C’est pas dans le sens de «lui faire croire que», c’est pour l’exciter, il le sait.

Vous vous sentez comment après ?
Ça va. Je sais bien que pour les hommes, ce n’est pas toujours facile. Ça fait partie des hommes.

Racontez-moi la dernière fois que vous avez fait l’amour…
[…]

L’éjaculation sur vous, ça vous fait quoi ?
Ça va, je prends toujours une douche après.

N’importe où sur vous ?
Oui, ça ne me dérange pas.

Dans la bouche aussi ?
Hm hm. Mais pas sur la langue. Je ne sais pas sortir ma langue, je trouve ça vulgaire.

Quand vous jouissez, vous aimez bien qu’on y aille énergiquement ?
Des fois oui, des fois non. Ce qu’il faut c’est que ça ne change pas. Des fois ça me stresse les changements, ça peut faire partir complètement mon excitation. Une hésitation au mauvais moment, ça me fout tout par terre.

Vous avez des trucs pour jouir plus fort ?
Quel genre de truc ?

Des trucs à vous, des pensées qui vous stimulent à coup sûr, des positions qui ne ratent pas…
C’est jamais infaillible. J’aime bien être immobilisée, que ça soit dur de bouger, même mon derrière. Ses mains sur mes fesses, qui poignent fort, j’aime ça. Qu’il me serre par derrière à hauteur d’ici, sans écraser mes seins, avec l’autre main par en dessous qui me caresse, que je sois prisonnière.

Comment se décide la manière dont ça se passe ?
C’est un peu comme ça tombe. Soit il est très directif, soit ça se passe plus cool.

Vous n’êtes jamais directive ?
Non. Non.

Le meilleur, dans l’amour, c’est quoi ?
C’est l’amour qui dure toute la vie.

Vous voulez me poser une question ?
Non, j’ai pas de… ah, si… Pourquoi vous m’avez choisie, moi ? Je suis curieuse.

J’avais envie de commencer avec une jolie femme aux alentours de la trentaine. Bon, ne le répétez pas, mais je vous mettais 30 ans à tout casser. Aussi, vous aviez l’air pressé des gens qui flânent.
Alors là, je ne flânais pas, j’allais […].

À mon avis, c’est loupé. Vous ne m’en voulez pas ?
Non, c’était chouette. Bizarre mais chouette.

Si vous mettez à Zéro l’émotion sexuelle que vous avez en faisant vos sandwiches et à 10 celle que vous avez quand vous sentez que l’orgasme arrive… vous êtes montée à combien au plus haut pendant qu’on discutait?
Vous pouvez répéter la question ?

A Zéro, c’est aucune excitation, calme plat. A 10, l’orgasme arrive gros comme un camion. Vous êtes montée à quel niveau ? Le plus haut, dans cette discussion…
Hmmm, quatre. Oui, quatre.

Et quand vous sentez le truc, là, dans vos cuisses, avant de vous masturber, vous êtes à combien ?
Hi, hi… Cinq… Ou bien pareil, c’est pas vraiment la même chose.

Et moi, à votre avis, je suis monté à combien ?
Pareil, je dirais. 5 peut-être. Hein ? Combien ?

Un gros 5, on va dire… avec une grosse veine toute bleue, hahaha… On coupe ?
Hm hm.