Archive de la catégorie 'Pensées'

5 novembre 2005

Marion, la petite terroriste tricoteuse

Aujourd’hui, Marion, la petite terroriste tricoteuse, s’est rendue au magasin de laine pour acheter tout le matériel nécessaire à l’élaboration d’un étui à bombe. La laine qu’elle a choisie est mauve, jaune, verte et rose, comme le ciel quand il est gris et qu’on le colorie soi-même. C’est qu’elle est très coquette, Marion, comme toutes les petites filles de son âge.

A l’école, chacun la craint, Marion. Lorsqu’elle approche un de ses camarades, il devient tout pâle et tout froid et ça lui donne envie de faire pipi, car nul n’ignore ce que Marion dit aux enfants qu’elle aborde : «Dépêche-toi… Un jour, toi aussi tu me le donneras…».

Le dimanche, lorsque tous les enfants de son école vont à l’église ou au football ou à la piscine ou au jardin, Marion prend sa petite cruche au bout de son bras et s’en va faire le tour du village. Lorsqu’elle croise une grande personne, elle lui demande : «Bonjour Madame, bonjour Monsieur, avez-vous quelque chose pour moi ?». Les grandes personnes s’enfuient quand elles entendent cette question. Elles aussi, ça leur fait peur.

Pourtant, on en a vu, parfois, qui ne fuyaient pas, ou plutôt qui ne fuyaient plus, qui restaient devant cette coquette petite fille que personne n’aime et qui finissaient par déposer dans sa petite cruche ce qu’elle réclamait. Dans le village, chacun croit savoir ce qu’il y a dans cette petite cruche, mais chacun espère se tromper, c’est pour cela que personne n’en parle.

Hier, dimanche, en revenant de sa promenade au village, Marion constata que sa petite cruche était enfin pleine. Elle s’enferma dans sa petite maison où personne ne l’attend jamais, ôta le couvercle de la cruche et passa la soirée à en écraser le contenu pour en faire de la poudre. Elle perça ensuite un trou dans le couvercle, y fit passer une mèche et le replaça, scellant ainsi sa mystérieuse petite bombe.

Aujourd’hui, de retour du magasin de laine, elle a tricoté un étui tout coloré pour sa bombe. Le soir venu, elle est allée sur la place du village, elle a posé sa petite bombe tout au milieu et elle a allumé la mèche.

Tout le monde a entendu l’explosion. Toutes les maisons ont tremblé. Les grandes personnes et les enfants ont mis leurs mains sur leurs oreilles, comme pour se protéger une dernière fois de la vérité.

Demain lorsque la fumée grise de le bombe sera complètement absorbée par le gris du ciel, il retombera un peu partout des petits morceaux de couleurs, légers comme du fil, insaisissables comme l’avenir.

Et nul doute que dimanche prochain, lorsque la petite terroriste tricoteuse repassera dans le village avec une nouvelle cruche à remplir, on se pressera désormais nombreux auprès d’elle pour lui céder les petits morceaux séchés de nos cœurs que nous croyons avoir hérités encore frais de l’enfance mais qui nous gangrènent d’émotions inutiles, de nostalgies faussées et autres régressions pathétiques.

Car Marion sait qu’avoir un cœur d’enfant est une torture inhumaine et que tous nos rêves d’enfants nous furent prescrits par un monde d’adultes frustrés, inadaptés aux autres et à eux-mêmes, culpabilisés de n’avoir jamais trouvé les clefs de leur propre libération.

Si vous l’écoutiez, Marion, vous sauriez que les enfants n’ont qu’un seul rêve. Devenir grand.

[Et ici, il y en a une qui se dit : « Mais quel embigoudé ce pHiLo, elle est à moi et rien qu’à moi Marion, la terroriste tricoteuse». Et Ô combien a-t-elle raison puisque ce conte adultin m’est venu en flash à lecture des quatre mots bleus issus de ce post et qu’en plus je me suis servi sans lui demander son avis.]

17 mars 2005

À mal gammer

Je dis pédé aux pédés.
Je dis nègre aux nègres.
Je dis youpin aux youpins.
Je dis cul-de-jatte aux cul-de-jatte.

Mais je dis imbécile aux cons,
qui pourraient s’offusquer.

6 mars 2005

Fellation… Trois entrées en matière

Pipe et civilisation
La pipe… quelle remise en jeu, à chaque fois, de la civilisation et de l’ordre qui la gouverne. Ce qu’il nous faut de foi machiste en la domestication des femmes pour oser glisser dans leur bouche cette partie somme toute bien tendre de notre carcasse quand on sait par ailleurs tout ce qu’elles s’estiment en droit de nous reprocher en nous abordant par la métadialectique des genres. Car n’oubliez pas que les dents sont les dernières dagues concédées à notre espèce par l’évolution pour le combat rapproché, lorsque les ongles, les mains, les pieds et les genoux ont cédé sur la ligne de front. Du “Slurp - tu aimes ça, hein, mon cochon !” au “Gniak ! - vengeaaaaance, connard !”, il n’y a que l’épaisseur de notre bite et celle du code civil qui punit l’émasculation par surprise.

Pipe et solitude existentielle
La pipe… l’expérience absolue de la frustration. Comprenez bien cela, mesdames et oiselles. Vous nous sucez et vous pensez nous prodiguer votre serpentaire tendresse dans le présent de l’instant et par le bout de votre langue, quand en fait, à votre insu, vous nous jouez de l’orgue à fantasmes, nous projetant dans des désirs de caresses toujours plus vertigineuses, d’enfouissements toujours plus tourbillonnants, de veloutés toujours plus suaves. Nous avons ontologiquement un coup d’avance sur votre rock’n roll buccolabialopalatal qui se révèle toujours, comprenez-le bien, toujours, en-deçà de nos espoirs. Et nous avons l’obstination de croire qu’un jour, un beau jour, vous décoderez par un lien magique, la partition fellatoire nirvanesque que nous composons au fil de vos pauvres coups de bave. Car notre aboutissement pipal serait que vous ne soyez plus qu’une abyssale gorge torique en révolution sur elle-même, musculeuse et sphinctérisée de partout, en dépression modulée, ondulante, ondoyante, aspirante et, et… Enfin, rien de ce dont la meilleure suceuse du monde est capable car la chose n’est pas à portée humaine. Mais il n’y a que vos satanés palais de velours pour nous rapprocher de notre dixième cercle pour la crémation infernale. Donc, finalement, continuez comme si je n’avais rien dit. Oui, comme ça. Un peu plus vite quand même s’il vous plaît et un peu plus miel et un peu plus long aussi et un peu plus… Vous voyez un peu comme ça nous prend ? Changez pas de main, camarades suceuses : comme le Shaddocks, pompez, pompez !

Pipe et dent bleue
La pipe… un peu de science-fiction. Imaginez un instant. Ma télépathiette bluetooth dissimulée dans la boule de mon piercing décode mes images mentales suscitées par la turlute de Mademoiselle Pompignole. Aussitôt, l’engin transmet la trame de cette image à la télépathiette bluetooth que Mademoiselle porte moulée dans sa boucle d’oreille. Celle-ci sert d’antenne pour réémettre ces trames, à la fréquence des synapses concernées, en direction du cortex de Mademoiselle Pompignole, prenant le pas sur ses propres images mentales, et la guidant ainsi vers l’exécution automatique de mes moindres desiderata. Ah ! A quand la fée thélépathiette dont on se demandera après comment on pouvait s’en passer avant ? Bon, et puis rien n’empêchera Mademoiselle Pompignole de mettre sa télépathiette bluetooth en mode Master quand lui viendra le sang de se faire chauffer la rirette : vous ne nous ferez pas croire que ce ne sont que nos pauvres coups de bite qui vous emmènent les doigts de pied à hue et à dia et vous font crier "Oh, oui, encore Brad, encore Brad", alors que nous nous appelons tous Roger, comme tout le monde.

25 octobre 2004

Univers clos

La nuance rapproche chaque chose de son contraire.

16 janvier 2004

I believe

J’observe la beauté du monde, son ordre et ses surprises.

Je découvre la vie à travers le miracle de mes sens et la rencontre de l’Autre.

Je goûte aux charmes de la nature et de l’âme.

Et toujours, au fond de moi, une petite voix me guide et me transcende.

Je n’ai que faire d’une quelconque logique et n’appelle le secours d’aucune démonstration car je fais partie des bienheureux qui reçurent la Révélation. Ma foi est intime, profonde, absolue, inébranlable.

Je vous le proclame car chaque jour qui se lève me le confirme comme une évidence : Dieu n’existe pas.

(Et si vous pensez le contraire vous avez tort. C’est tout.)

10 août 2003

Fumisterie, vous dis-je !

Ah ! enfin. Je viens de recevoir un commentaire pour le moins passionné d’un lecteur qui a quelques critiques à formuler à propos d’un ancien post intitulé pHiLoGrApH démonte l’astrologie (Pour plus de facilité je l’ai reproduit à la fin de ce post).

Voici donc dans un premier temps l’intégrale des remarques de ce lecteur. J’apporte ensuite une réponse à des extraits choisis. Régalez-vous…

********LA RÉPONSE DU LECTEUR********

quel mépris ! quelle suffisance ! quelle étroitesse d’esprit !
l’astrologie moderne n’a rien à voir avec ce que vous décrivez, ayez l’humilité de vous renseigner décemment avant de pondre toujours les mêmes arguments pseudo-scientifiques .. il y a aujourd’hui des chercheurs qui apportent des éléments de réponse .. mais ce n’est pas politiquement correct, n’est-ce pas .. c’est plus confortable de rester dans la pensée dominante ..
Hubert Reeves, Laborit, entre autres, se sont exprimés sur ce sujet.

“Si une quelconque énergie «bizarre» était transmise par les planètes, on pourrait à coup sûr la détecter (mais pas nécessairement la comprendre, soyons clair) or ce n’est pas le cas.” oh que cette conclusion est “scientifique” ! ! ! ! merveilleux ! ! l’homme est rendu tellement loin dans son évolution que vraiment, “à coup sûr” il pourrait détecter ces énergies “bizarres”
l’homme n’est déjà pas foutu de comprendre comment il fonctionne, c’est pas demain qu’il comprendra comment le ciel fonctionne !
Alain Aspect travaille au Centre d’Etudes et de Recherche Nucléaire.Ses récentes recherches montrent que “deux particules peuvent avoir une interaction physique forte et simultanée en étant si éloignée l’une de l’autre qu’en aucun cas la relation de cause à effet simple ne peut être invoquée : il s’agit là d’une causalité complexe qui relève d’une physique encore inconnue”
La critique est aisée, mais l’art est difficile .. que les détracteurs se donnent au moins la peine de savoir de quoi ils parlent au lieu de se baser sur des lieux communs, c’est lassant et sans intérêt.
pour en savoir plus sur la recherche en astrologie : astroariana.com
lire aussi les articles du biologiste Jean Paul Citron sur agora.qc.ca
pour conclure :
“celui qui ne sait pas .. et qui ne sait pas qu’il ne sait pas, fuis-le.
celui qui ne sait pas .. et qui sait qu’il ne sait pas, éduque-le.
celui qui sait .. et ne sait pas qu’il sait, éveille-le.
celui qui sait .. et qui sait qu’il sait, suis-le”




********MES RÉPONSES AU LECTEUR********

.. mais ce n’est pas politiquement correct, n’est-ce pas ..


Ouïe ! Le grand complot contre les avertis…

.. mais ce n’est pas politiquement correct, n’est-ce pas ..c’est plus confortable de rester dans la pensée dominante ..
La pensée dominante, celle-là même autour de laquelle gravitent tous les appétits du commerce, se repaît de l’astrologie à toutes les sauces, ne feignez pas de l’ignorer. L’astrologie est un produit de grande, de très grande consommation. Faites le compte des magazines scientifiques en regard des magazines ou bouquins d’astrologie présents dans les grandes surfaces, cela vous ramènera sûrement à moins de paranoïa.

Hubert Reeves, Laborit, entre autres, se sont exprimés sur ce sujet.
Reeves et Laborit sont avant tout des ambassadeurs de grands projets scientifiques internationaux et sont entre autres rémunérés comme tels. Ils remplissent merveilleusement leurs rôles de peluches à la télévision et leur mission consiste à développer une communication rassembleuse et élégante afin d’entretenir rêves et passions autour de recherches gloutonnes en deniers publics. A ce titre, il s’agit à tout prix de ne pas se priver du soutien de l’énorme frange de la population acquise à l’illusion de l’astrologie.

l’homme n’est déjà pas foutu de comprendre comment il fonctionne, c’est pas demain qu’il comprendra comment le ciel fonctionne !


Apparemment, c’est tout le contraire que prétend l’astrologie. Non ?

oh que cette conclusion est “scientifique” ! ! ! ! merveilleux ! ! l’homme est rendu tellement loin dans son évolution que vraiment, “à coup sûr” il pourrait détecter ces énergies “bizarres”
Permettez-moi de laisser ma réponse en suspens, elle se trouve dans le commentaire ci-après.

Alain Aspect travaille au Centre d’Etudes et de Recherche Nucléaire. Ses récentes recherches montrent que “deux particules peuvent avoir une interaction physique forte et simultanée en étant si éloignée l’une de l’autre qu’en aucun cas la relation de cause à effet simple ne peut être invoquée : il s’agit là d’une causalité complexe qui relève d’une physique encore inconnue”


Je constate une chose : ce monsieur découvre une énergie (interaction physique forte, c’est bien une énergie, ça, non ?) et puis paf ! il se rend compte qu’elle est si «bizarre» qu’elle est en fait inconnue de la physique actuelle.Il est quand même rendu drôlement loin dans son évolution ce bonhomme…


D’autre part, et presque sans lien avec notre petite causette, la littérature scientifique est truffée chaque mois de hors-champs impliquant le recours à une nouvelle physique. Le propre de la science est de remettre chaque concept en question sitôt qu’un nouveau se développe. La physique se réforme de manière écologique, en fonction des besoins réels. Les appels à la révolution font partie du domaine de la communication et du marketing. Suivez cette affaire, je vous fiche mon billet que vos enfants étudieront sensiblement la même physique que celle que vous avez étudiée (avec quelques aménagements mineurs pour les fondements et bien sûr de nouvelles découvertes entre-temps) alors que Monsieur Aspect aura sagement grimpé au sein de sa hiérarchie. Il a dû naître sous une bonne étoile ! ! !

La critique est aisée, mais l’art est difficile …
Vos commentaires étaient-ils art ou critique ? Que m’avez-vous dit sur l’astrologie ? Rien. Vous déployez une rhétorique désormais bien connue contre les arguments qui démontent votre petite popote, mais vous ne contre-argumentez pas, ce qui vous exposerait à la critique, à la vérification, à la ré-expérimentation… En cela, vous singez parfaitement les ambassadeurs médiatiques de la cause astrologique qui nous ramènent toujours le coup de la recherche récente qui va tout prouver aux yeux de tout le monde très prochainement, qui étalent à qui mieux-mieux des noms de scientifiques pour paraître plus informé, qui fuient toute forme d’affirmation précise, qui manient le sophisme comme outil de réflexion, qui s’offusquent facilement parce que le rôle de victime passe très bien dans les médias. Bref, le bruit de vos gros sabots est bien connu !

celui qui ne sait pas .. et qui ne sait pas qu’il ne sait pas, fuis-le.
celui qui ne sait pas .. et qui sait qu’il ne sait pas, éduque-le.
celui qui sait .. et ne sait pas qu’il sait, éveille-le.
celui qui sait .. et qui sait qu’il sait, suis-le


J’hésite à vous fuir ou à vous éduquer. Sinon, chapeau ! Bel effet de manche, cette petite citation qui replace le débat ad-hominem. Ça ferait merveille comme dernier mot à la télévision. Oh oui ! Et juste après, on s’absorbe dans un regard inspiré, fondu au noir, musique de générique… Et hop ! Publicité : « Dans les kiosques, ce mois-ci, Marie-Claire avec, en couverture, le menu minceur miracle, la position qui ravive les flammes eteintes, votre thème astral à la loupe ». Fumisterie, vous dis-je !


********LE POST ORIGINAL********


Oui, l’astrologie a jeté les bases de l’astronomie. Et alors ? L’alchimie est bien à l’origine de la chimie et on n’a pas encore réussi à changer le plomb en or (1). Si vous croyez à ces couillonnades, c’est vraiment que vous avez un pot de Nutella à la place du cerveau !

Le ciel des astrologues est une fiction :


- Les signes du zodiaque désignent une position du soleil sur le fond des constellations. Votre signe est donc censé rappeler la position du soleil par rapport aux autres étoiles lors de votre naissance. Douze signes, douze constellations dans le zodiaque… Ah ben merde, déjà, ça foire : il y a treize constellations dans le zodiaque. Bon, passons puisque les constellations ne sont finalement que des figures arbitraires convenues par l’homme pour mieux s’y retrouver dans le ciel. Passons vraiment ? Ah ben merde, chacune de ces formes semble pourtant déterminer de manière très directe le destin de chacun selon les astrologues. Sachez donc qu’entre le scorpion et le sagittaire, se trouve un petit signe oublié : le serpentaire alias ophiucus (voir ICI). Qu’en est il donc du destin de ces dizaines de millions de gens qui sont nés alors que le soleil se trouvait dans la constellation du serpentaire ?


 -D’autre part, reportez-vous à une carte du ciel interactive (par exemple ICI). Réglez-la à la date de votre naissance et cherchez dans quelle constellation se trouvait le soleil à l’époque. Vous constaterez qu’il n’est absolument pas là où votre signe l’annonce. Il se fait que l’astrologie «moderne» se reporte à l’état du ciel de ses balbutiements. Ainsi, si le soleil se trouvait effectivement dans le capricorne à chaque premier janvier il y a environ quatre millénaires, il se trouve aujourd’hui dans les gémaux. Les signes zodiacaux ne représentent donc même plus l’état du ciel effectif lors de votre naissance.Rien qu’avec cet argument, vous devriez cesser de croire à cette esbroufe qu’est l’astrologie. En effet, celle-ci annonce une détermination directe de votre destin par la position des planètes lorsque vous fûtes accouché… avec quatre millénaires de délai d’action ? ? ?


 - Pour qu’il y ait un effet (détermination d’un destin), il faut bien qu’il y ait une cause. Oubliez la gravité : l’effet de l’attraction gravitationnelle auquel vous êtes soumis par la montagne d’à côté de chez vous est bien supérieur à celui de la lune. Quant à votre montre, elle exerce sur vous une attraction gigantesque comparée à celle de Jupiter. Or ni la position des montagnes, ni celle des montres ne sont prises en compte lors du calcul des thèmes astraux. Quelle cause alors ? Une onde ? Bien, sachant qu’aucune onde ne peut se déplacer plus vite que la lumière, prenons cette vitesse comme limite supérieure. Il faut alors prendre en compte que ces éventuelles ondes perçues par un individu au moment de sa naissance proviennent d’un état antérieur des planètes et du soleil (-1 sec. pour la lune, -8 minutes pour le soleil, -35minutes pour Jupiter, -4heures pour Neptune). Si même cette géométrie à rebours était calculée (ce qui n’est pas le cas et suffit à nouveau à foutre par terre l’astrologie toute entière), il faudrait encore déceler cette onde… Sachez qu’il existe une foultitude de moyens pour détecter l’existence d’une onde (et a fortiori d’une particule en mouvement), même si on ignore complètement son type : une onde est nécessairement une énergie. Et l’énergie, quelle qu’en soit la forme, c’est quelque chose qu’on peut détecter très facilement, par exemple en analysant les perturbations de température d’un élément porté aux environs du zéro absolu : la moindre énergie (peu importe son vecteur) fait remonter la températurede cet élément. Si une quelconque énergie «bizarre» était transmise par les planètes, on pourrait à coup sûr la détecter (mais pas nécessairement la comprendre, soyons clair) or ce n’est pas le cas.


La destinée établie par un thème astral est une fumisterie :
Pour établir des lois sérieuses et de véritables pronostics de destinées, il faudrait que les astrologues aient classifié absolument toutes les nuances du comportement de l’Homme et des événements qui le concernent. Il faudrait ensuite qu’ils aient analysé toutes les combinaisons possibles de positions d’astres et qu’ils aient relevé, pour chacune de ces combinaisons, des comportements (ou des événements) humains liés ces positions. Il faudrait enfin qu’ils aient étudié plusieurs millions de personnes pendant toute leur vie et au travers de tous leurs comportements et de tous les événements de leur existence pour arriver à effectuer des prédictions valables en rapport avec le ciel de leur naissance.


Une si gigantesque étude, si elle avait eu lieu, aurait eu un retentissement qui ne pourrait pas échapper aux historiens. Comme ce n’est pas le cas, les astrologues se défendent en assurant que le savoir astrologique s’est constitué petit à petit pendant des milliers d’années… On n’a pourtant découvert les trois dernières planètes de notre système solaire qu’au 18ème siècle. Or depuis ce temps, pas de traces de cette gigantesque étude des destinées humaines. On s’est contenté de puiser dans la mythologie pour attacher quelques symboles improvisés aux nouvelles planètes et le tour était joué. Voilà donc comment l’astrologie procède : par association de symboles évocateurs enfouis dans l’inconscient collectif. Rien de plus scientifique que les légendes et proverbes de nos campagnes…


Voilà, m’sieurs dames, si vous y croyez encore, allez vous faire plumer… parce que vous le valez bien !


(1) En théorie, on sait que c’est quand même possible. Quoi qu’il en soit, colle but des alchimistes n’était pas d’obtenir de l’or mais de se purifier en réalisant la transmutation et ça, y’a plus grand monde pour y croire, à part quelques celtiques fascisants…

27 juin 2003

pHiLoGrApH démonte l’astrologie

Oui, l’astrologie a jeté les bases de l’astronomie. Et alors ? L’alchimie est bien à l’origine de la chimie et on n’a pas encore réussi à changer le plomb en or (1). Si vous croyez à ces couillonnades, c’est vraiment que vous avez un pot de Nutella à la place du cerveau !

Le ciel des astrologues est une fiction :


- Les signes du zodiaque désignent une position du soleil sur le fond des constellations. Votre signe est donc censé rappeler la position du soleil par rapport aux autres étoiles lors de votre naissance. Douze signes, douze constellations dans le zodiaque… Ah ben merde, déjà, ça foire : il y a treize constellations dans le zodiaque. Bon, passons puisque les constellations ne sont finalement que des figures arbitraires convenues par l’homme pour mieux s’y retrouver dans le ciel. Passons vraiment ? Ah ben merde, chacune de ces formes semble pourtant déterminer de manière très directe le destin de chacun selon les astrologues. Sachez donc qu’entre le scorpion et le sagittaire, se trouve un petit signe oublié : le serpentaire alias ophiucus (voir ICI). Qu’en est il donc du destin de ces dizaines de millions de gens qui sont nés alors que le soleil se trouvait dans la constellation du serpentaire ?


 -D’autre part, reportez-vous à une carte du ciel interactive (par exemple ICI). Réglez-la à la date de votre naissance et cherchez dans quelle constellation se trouvait le soleil à l’époque. Vous constaterez qu’il n’est absolument pas là où votre signe l’annonce. Il se fait que l’astrologie «moderne» se reporte à l’état du ciel de ses balbutiements. Ainsi, si le soleil se trouvait effectivement dans le capricorne à chaque premier janvier il y a environ quatre millénaires, il se trouve aujourd’hui dans les gémaux. Les signes zodiacaux ne représentent donc même plus l’état du ciel effectif lors de votre naissance.Rien qu’avec cet argument, vous devriez cesser de croire à cette esbroufe qu’est l’astrologie. En effet, celle-ci annonce une détermination directe de votre destin par la position des planètes lorsque vous fûtes accouché… avec quatre millénaires de délai d’action ? ? ?


 - Pour qu’il y ait un effet (détermination d’un destin), il faut bien qu’il y ait une cause. Oubliez la gravité : l’effet de l’attraction gravitationnelle auquel vous êtes soumis par la montagne d’à côté de chez vous est bien supérieur à celui de la lune. Quant à votre montre, elle exerce sur vous une attraction gigantesque comparée à celle de Jupiter. Or ni la position des montagnes, ni celle des montres ne sont prises en compte lors du calcul des thèmes astraux. Quelle cause alors ? Une onde ? Bien, sachant qu’aucune onde ne peut se déplacer plus vite que la lumière, prenons cette vitesse comme limite supérieure. Il faut alors prendre en compte que ces éventuelles ondes perçues par un individu au moment de sa naissance proviennent d’un état antérieur des planètes et du soleil (-1 sec. pour la lune, -8 minutes pour le soleil, -35minutes pour Jupiter, -4heures pour Neptune). Si même cette géométrie à rebours était calculée (ce qui n’est pas le cas et suffit à nouveau à foutre par terre l’astrologie toute entière), il faudrait encore déceler cette onde… Sachez qu’il existe une foultitude de moyens pour détecter l’existence d’une onde (et a fortiori d’une particule en mouvement), même si on ignore complètement son type : une onde est nécessairement une énergie. Et l’énergie, quelle qu’en soit la forme, c’est quelque chose qu’on peut détecter très facilement, par exemple en analysant les perturbations de température d’un élément porté aux environs du zéro absolu : la moindre énergie (peu importe son vecteur) fait remonter la températurede cet élément. Si une quelconque énergie «bizarre» était transmise par les planètes, on pourrait à coup sûr la détecter (mais pas nécessairement la comprendre, soyons clair) or ce n’est pas le cas.


La destinée établie par un thème astral est une fumisterie :
Pour établir des lois sérieuses et de véritables pronostics de destinées, il faudrait que les astrologues aient classifié absolument toutes les nuances du comportement de l’Homme et des événements qui le concernent. Il faudrait ensuite qu’ils aient analysé toutes les combinaisons possibles de positions d’astres et qu’ils aient relevé, pour chacune de ces combinaisons, des comportements (ou des événements) humains liés ces positions. Il faudrait enfin qu’ils aient étudié plusieurs millions de personnes pendant toute leur vie et au travers de tous leurs comportements et de tous les événements de leur existence pour arriver à effectuer des prédictions valables en rapport avec le ciel de leur naissance.


Une si gigantesque étude, si elle avait eu lieu, aurait eu un retentissement qui ne pourrait pas échapper aux historiens. Comme ce n’est pas le cas, les astrologues se défendent en assurant que le savoir astrologique s’est constitué petit à petit pendant des milliers d’années… On n’a pourtant découvert les trois dernières planètes de notre système solaire qu’au 18ème siècle. Or depuis ce temps, pas de traces de cette gigantesque étude des destinées humaines. On s’est contenté de puiser dans la mythologie pour attacher quelques symboles improvisés aux nouvelles planètes et le tour était joué. Voilà donc comment l’astrologie procède : par association de symboles évocateurs enfouis dans l’inconscient collectif. Rien de plus scientifique que les légendes et proverbes de nos campagnes…


Voilà, m’sieurs dames, si vous y croyez encore, allez vous faire plumer… parce que vous le valez bien !


(1) En théorie, on sait que c’est quand même possible. Quoi qu’il en soit, le but des alchimistes n’était pas d’obtenir de l’or mais de se purifier en réalisant la transmutation et ça, y’a plus grand monde pour y croire, à part quelques celtiques fascisants…

14 mai 2003

Mon ticket pour le lynchage

Croyez-le ou pas, mon sens de l’orthographe est intuitif. Il ne s’agit pas là d’un sixième sens, tout s’explique au contraire très simplement. La lecture m’a visuellement conditionné à un ordre établi de l’écriture. Par exemple, bien que je sois incapable d’énoncer la moindre règle concernant l’accord du participe passé, je ne sue généralement que sur les cas d’école. Bien sûr, ma vigilance s’effondre avec la fatigue, l’urgence, le désintérêt, la distraction, etc. Quoi qu’il en soit, c’est parce que j’ai toujours lu des textes correctement orthographiés que j’ai pu m’imprégner d’une certaine logique de la langue.

J’ignore comment font les autres mais la nouvelle orthographe SMS qui déboule sur internet et particulièrement dans les blogs ou les forums me demande des efforts considérables de compréhension. Mon œil n’y est pas rôdé et la logique de l’écriture phonétique m’échappe d’autant plus que bien souvient elle s’accompagne, si l’on peut dire, d’un abandon aléatoire de certains mots clefs qui permettent de structurer l’écrit et par conséquent le décodage de l’information. Je suis conscient que cela tient probablement à un manque d’assurance, d’habitude de la rédaction, ou simplement de pratique du clavier à 102 touches (ça fait tout de même presque dix fois plus que sur un GSM), mais il n’empêche que je classe assez vite tout les mésaj kodé dans la catégorie des interventions ras-des-pâquerettes, quitte à me faire violence ensuite pour réviser mon jugement.

Cette nouvelle écriture, très dépendante de certaines technologies ne survivra que si elle s’avère vraiment «rentable». Je ne crains pas son extension mais son éventuelle inscription prolongée dans le paysage de l’écriture sur internet, si consommée par les gosses : comment feront-ils le tri entre une écriture décomplex(ifi)ée mais immanquablement appauvrie et une écriture plus cadrée mais capable de véhiculer toutes les ressources possibles de l’expression selon un code éprouvé par le temps et l’usage. Il est clair que ça n’empêchera personne d’orthographier correctement s’il a envie d’en faire sciemment l’effort, mais cela empêchera peut-être certains flemmards comme moi d’y parvenir à l’usure, en se traînant dans les écrits et en laissant décanter.

La langue est nécessairement un goulot d’étranglement pour la pensée : on n’est JAMAIS capable de transmettre fidèlement et intégralement l’ensemble de ses propres pensées quand on communique. Plus on abandonne des détails capables de nuancer notre expression, plus on rétrécit ce goulot d’étranglement : on filtre notre intelligence en la verbalisant. Et je le dis au risque assumé de passer précocement pour un vieux con : on a beau être Einstein dans sa tête, si on n’a pas les outils pour le faire savoir, on reste un imbécile aux yeux des autres. Et n’oubliez pas qu’on finit souvent, parce que la vie n’aime pas les dissonances, par se conformer à ce que les autres pensent de nous.